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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 17:07

Voici la lettre que je viens de signer avec les responsables

nationaux du courant "Maintenant la gauche"

Cette lettre est adressée aux militants du PS

et à sa direction nationale

 

Chères et chers camarades,

 

       Au lendemain de la défaite historique du PS aux dernières élections municipales, il nous paraît essentiel d’analyser lucidement la situation et d’en tirer de fortes conséquences. Il en va de l’avenir de la gauche, de celui de notre parti et, avant tout, de la crédibilité même du projet que nous avons présenté aux Français il y a 2 ans.

 

       Si le Parti socialiste a traversé bien des crises dans le passé, sa situation est extrêmement préoccupante aujourd’hui, parce que, cette fois-ci, il se trouve confronté simultanément à trois crises :

 

- une crise électorale exceptionnelle, avec la perte de 10 villes de plus de 100 000 habitants et d’un tiers des villes de plus de 10 000 habitants, qui s’accompagne d’un début d’implantation du FN dans la gestion communale. Par ailleurs, l’éloignement des urnes atteint des sommets, avec près de 40% de Français qui se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. Quant aux perspectives des prochaines élections (européennes, sénatoriales, régionales, départementales), elles sont, de l’avis général, assez sombres.

 

- une crise de fonctionnement qui se prolonge, avec une évaporation des militants, de moins en moins nombreux, de plus en plus démotivés et de moins en moins formés, sans parler d’une procédure de désignation des dirigeants qui abaisse le rôle des militants.

 

- une crise existentielle que l’on n’ose pas aborder de face, parce qu’elle conduit à poser la question dérangeante : à quoi sert le PS aujourd’hui ?

 

       Cette dernière question résume bien la somme des interrogations à laquelle nous devons répondre aujourd’hui, si nous ne voulons pas connaître à nouveau les grands échecs du passé (1969, 1993, 2002). Il ne faut pas oublier non plus que les grands partis ne sont pas éternels : à gauche, les exemples du délitement du parti radical et du parti communiste sont là pour nous le rappeler.

 

       La crise existentielle est accentuée par le poids du fonctionnement quasi régalien de la Vème République, que les socialistes n’ont pas réduit, malgré leurs déclarations (quand ils ne l’ont pas accentué, comme en 2000, avec l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral). Les dernières décisions pilotées par l’Elysée en sont une nouvelle preuve éclatante.

 

       La question « à quoi sert le PS aujourd’hui ? » doit maintenant être posée collectivement. L’objectif de ce travail sera de définir, sans se limiter à des formules incantatoires, le rôle du PS et les moyens qu’il doit se donner s’il veut être un acteur de ce changement tant annoncé et non le spectateur passif et désolé d’un scène où il n’a pas sa place.

 

      Nous ne pouvons pas rester insensibles à l’interpellation de ces militants qui nous quittent en reprochant au PS de ne pas être un « outil de transformation de la société » et qui ne comprennent pas comment nous pouvons accepter sans trop réagir les changements de position sur des dossiers emblématiques (Europe, austérité,…)

 

      La gravité de la situation exige que la parole soit donnée aux militants, ce qui sera la première étape pour leur rendre le pouvoir. Ils doivent intervenir à la fois sur le fond de la ligne politique, sur le fonctionnement démocratique et pluraliste de leur parti, ainsi que sur son rôle.

 

       C’est pourquoi nous proposons la mise en place d’une direction collégiale, car il serait impensable qu’un changement de premier secrétaire se fasse sans que les militants aient pu en décider, ce qui suppose qu’ils puissent voter entre des candidatures alternatives claires.

 

       Cette direction collégiale serait chargée d’organiser rapidement des Etats généraux des socialistes, qui se saisiraient d’ici la rentrée des "cahiers de doléances et de propositions" transmis par les militants. A l’automne, un congrès viendrait conclure ce processus.

 

      Au-delà de l’avenir du PS, c’est celui du pays et de la gauche qui se joue, car il faudra aussi trouver les voies de l’indispensable rassemblement des forces de gauche et des écologistes. Pour cela, il est essentiel et primordial que le PS redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un parti socialiste au cœur du peuple de gauche, capable de porter l’espérance des couches populaires.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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commentaires

MAILLET François 15/04/2014 11:17

MERCI pour cet appel aux militants, Paul. Ce n'est que de la réflexion collective , en effet , que pourra venir ce sursaut nécessaire au renouveau de notre parti. Les décisions politiques prises contre l'avis des militants , décrédibilisent notre travail de terrain. Un bel exemple en est l'élection municipale de Châteaubourg ( I. et V. ) où la maire apparentée socialiste (encartée seulement en 2013) vient d'être balayée par deux tiers des votants ( seulement 30 % d'abstention ) Cette "politicienne" avait été propulsée au sénat, par manoeuvre interne à la direction de la Fédé d'I. et V. soi-disant pour fragiliser Pierre Méhaignerie, le "seigneur" de Vitré. Beau résultat , celui ci vient pour la 7ème fois d'être réélu , au 1er tour , avec plus de 76% des voix. Il n'en revenait pas lui même ! Marie-Noëlle Lienemann , à qui j'en avais parlé à Rennes, au moment des primaires de 2012, faisait la même analyse politique que moi; à savoir , 1° erreur de jugement politique de la Fédé et 2° élue qui ne ferait qu'un mandat national avant d'être désavouée par les électeurs à la première élection directe... Dans ce contexte national difficile , tendu, il va nous falloir maintenant tout reconstruire ici dans notre secteur.

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- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez