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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 12:05

         En ce 69ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, j’ai lu ce matin, devant le monument aux morts de Cordes, le message du secrétaire d’Etat aux anciens combattants. Celui-ci se terminait par un appel à mesurer le chemin parcouru depuis 70 ans en Europe, qui « a su nous préserver de la guerre et à garantir la fraternité des peuples »

 

         Pouvons-nous pour autant ne pas nous sentir concernés par les affronts faits chaque jour à la paix et à la dignité des hommes à travers notre monde globalisé, où conflits, massacres et tensions dangereuses ne cessent de se multiplier ?

 

         Lorsque l’on observe la situation internationale, les occasions de nous indigner -pour reprendre l’exhortation de Stéphane Hessel- ne manquent pas. Depuis la chute du Mur de Berlin, qui devait marquer l’avènement d’une nouvelle époque, favorable à la paix et à la démocratie, les conflits ouverts et leurs cortèges de drames se sont accumulés : ex-Yougoslavie, Somalie, Rwanda, Afghanistan, Irak, Congo, Darfour, Lybie, Syrie, Mali….pour ne prendre que les exemples les plus visibles. Le bilan est terrible : des millions de morts, des territoires ravagés, des haines tenaces, un développement entravé, des populations en perte d’espoir.

 

         Depuis quelque temps, d’autres menaces sont apparues. On parle à nouveau de risque de génocide en Centrafrique et au Soudan du Sud. On assiste à des actes d’une brutalité extrême avec par exemple l’enlèvement de plus de 200 lycéennes au Nigéria pour en faire des "esclaves sexuelles". On voit les tensions se développer dangereusement aux frontières de l’Union Européenne, avec la crise ukrainienne, qui déstabilise les relations avec la Russie, dont le Président exacerbe les pulsions nationalistes, mais également au Moyen Orient, où le Premier Ministre israëlien s’ingénie à dresser des obstacles sur le chemin difficile du processus de paix avec les Palestiniens.

 

         Il y a donc de quoi s’indigner et même s’inquiéter, mais cela ne suffit pas, lorsque l’on est un citoyen conscient, attaché à ce bien précieux qu’est la paix.

 

         On ne peut pas, dans une posture blasée voire résignée, attendre que « ça passe », en espérant ne pas être touché par ces affrontements lointains.

 

        On ne peut pas, de façon irresponsable, suggérer que seule l’utilisation de la force mettra un terme à ces conflits, alors que l’exemple des récentes "séquences" syrienne et iranienne a montré les limites de ce positionnement. Il faut dire que le fiasco de l’opération américaine en Irak et de la guerre sans fin en Afghanistan a fait la preuve du manque de pertinence de la réponse exclusivement militaire !

 

         On ne peut pas, malgré les échecs de l’ONU et de son Conseil de sécurité –censés représenter la Communauté internationale- négliger leur rôle, souvent déterminant, pour prévenir les conflits, permettre les compromis et, chaque fois que c’est nécessaire, agir par la force pour les faire respecter.

 

         Alors, que faire ? Les "citoyens de base" d’un pays démocratique comme le nôtre, éloigné de ces conflits, ont toutes les raisons de se sentir démunis. Pourtant, les plus conscients d’entre eux devraient s’efforcer de dépasser le stade de l’indignation, pour analyser les causes de ces drames et de comprendre les enchaînements qui y ont conduit. Par leurs prises de positions, individuelles ou collectives, par les débats auxquels ils participent, ils peuvent contribuer à faire pression sur les parlementaires -dont le rôle devrait être plus visible et plus efficace- et sur les décideurs politiques.

 

         Ceux-ci ont le devoir de mieux informer sur les enjeux de ces conflits et sur l’action qu’ils mènent pour aider à leur résolution, sans considérer qu’il s’agit là de questions d’un intérêt secondaire par rapport aux soucis hexagonaux .

 

         Au moment où l’on commémore l’anniversaire du 8 mai 1945, mais aussi le centenaire du déclenchement de la Grande Guerre, il me revient en mémoire le discours prémonitoire de Jaurès prononcé le 25 juillet 1914 (une semaine avant son assassinat le 31 juillet, 2 jours avant le début des hostilités), dans lequel il mettait en garde contre les erreurs qui pourraient conduire à une guerre qu'il décrit comme une immense boucherie. Je vous conseille à ce propos de visionner les remarquables émissions d'ARTE « Des armes et des mots » 

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez