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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 23:04

     Cela devient presque lassant. A chaque fois qu’une crise grave affecte une région du monde, on s‘inquiète et on exhorte les responsables politiques à traiter le fond du problème à l’origine de la crise pour éviter une rechute.

 

      Dans les mois qui suivent, les médias en parlent moins, même si les violences continuent et l’opinion publique finit par s’en désintéresser. Et, quand la rechute survient, on assiste à nouveau aux mêmes indignations, aux mêmes interrogations, aux mêmes menaces et finalement à la même impuissance !

 

    Cette fois-ci, en l’espace de quelques jours, deux évènements tragiques sont venus nous interpeler : le bain de sang à Gaza, la mort des 298 passagers du vol MH 17 dans le ciel ukrainien.

 

   Dans les deux cas, cette escalade de la violence était malheureusement prévisible: 

« On voit les tensions se développer dangereusement aux frontières de l’Union Européenne, avec la crise ukrainienne, qui déstabilise les relations avec la Russie, dont le Président exacerbe les pulsions nationalistes, mais également au Moyen Orient, où le Premier Ministre israëlien s’ingénie à dresser des obstacles sur le chemin difficile du processus de paix avec les Palestiniens. » (extrait de mon texte sur ce blog, le 8 mai 2014 *)

 

     Cette escalade vient sanctionner :

     - d’un côté, l’échec de la médiation américaine pour relancer le dialogue israélo- palestinien ainsi que l’intransigeance de B. Nétanyahu, alimentée par les provocations du Hamas ;

     - de l’autre, les ambigüités et le double discours de V. Poutine, ainsi que l’incapacité des Etats-Unis et de l’Europe à apprécier la situation réelle en Ukraine.

 

    Concernant le crash du Boeing 777 à l’est de l’Ukraine, je suis assailli depuis quelques jours de questions qui témoignent de l’inquiétude de nos concitoyens devant un évènement dont ils craignent les conséquences. Pourra-t-on vraiment savoir qui est responsable ? Quelles vont être les réactions internationales ? Y a-t-il un risque de généralisation du conflit ?

 

    Au-delà de l’émotion légitime causée par le terrible bilan du crash, il faut regarder la réalité en face : c’est bien une guerre qui se déroule dans l’est de l’Ukraine. Même si elle est d’un type particulier, compte tenu des difficultés à clairement définir les protagonistes et leurs alliés (certains parlent de « guerre hybride »), elle a les mêmes conséquences qu’une guerre traditionnelle. Et une guerre, ça se termine toujours par la défaite d’un des 2 adversaires ou par un compromis, qui conduit à la paix.

 

     Comme on ne voit pas comment la première hypothèse pourrait concrètement se traduire, il faudra bien réfléchir aux conditions d’un compromis acceptable, en posant les vrais problèmes que sont l’avenir de l’Ukraine et les relations entre les Occidentaux et la Russie. J’ai eu l’occasion de dire à ce propos qu’il nous faudra savoir si nous souhaitons que la Russie soit un partenaire, un rival ou un adversaire:

     «  C’est le fond de la question pour nous, Européens. Considérer la Russie comme un adversaire nous replongerait dans une situation d’affrontement. Des confrontations militaires indirectes seraient inévitables, comme à l’époque de la Guerre froide, mais dans un contexte plus instable et donc plus dangereux. Si nous considérons la Russie comme un simple rival, des accords ponctuels sont concevables, mais sans entente durable et stratégique. Il ne peut alors plus être question d’action commune pour faire face aux grands défis de la planète : renforcement de l’ONU, lutte contre la prolifération et désarmement, développement, climat. Ce qu’il faut donc souhaiter, c’est la restauration d’une relation de partenariat entre la Russie et l’Europe et, plus largement entre la Russie et l’Occident. » (extrait de ma tribune sur ce blog le 30 mars 2014 **)

 

     En attendant, il me semble urgent d’éviter que le drame du vol MH 17 continue à alimenter les surenchères. Il faut notamment que les principaux protagonistes acceptent la même description des faits, de façon à établir sans ambigüité les responsabilités. On n’en est pas encore là, puisque B. Obama met en cause les Russes et que ceux-ci accusent l’Ukraine ! Espérons que la commission d’enquête internationale, voulue par l’ONU, sera en mesure d’apporter rapidement des réponses.

 

     Si l’hypothèse d’une « bavure militaire » des séparatistes ukrainiens (qui reste encore à prouver, malgré un faisceau d’indices troublants) se confirmait, V. Poutine pourrait hésiter entre deux attitudes : soit rester dans le déni, fort du soutien populaire dont il dispose en Russie, soit prendre prétexte de l’évènement et de la réprobation internationale pour interrompre son soutien aux groupes extrémistes est- ukrainien et participer à un dialogue élargi avec les Occidentaux. Cette dernière hypothèse semblera peut-être excessivement optimiste, mais j’aimerais savoir s’il existe véritablement une solution alternative pour calmer ces dangereuse tensions.

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http://paul.quiles.over-blog.com/2014/05/guerres-dans-le-monde-les-limites-de-l-indignation.html)

** http://paul.quiles.over-blog.com/2014/03/crise-ukrainienne-il-faut-retrouver-les-voies-du-dialogue.html)

La rechute

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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commentaires

PIEDNOEL Jean-Michel 21/07/2014 15:10

Je partage, j' approuve votre analyse et suis partisan de rechercher un partenariat, sauf à constater à regret qu' il y aurait matière à rivalité. Dans cette hypothèse, soyons lucides, prenons et exprimons les décisions préventives qui s' imposent. Le citoyen doit être acteur, responsable.
La partie d' en face doit savoir qui nous sommes ?! de l' Atlantique à l' Oural ...

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- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez