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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 18:57

      On m’a proposé de commenter à la télévision le grand événement « Sarkozy, le retour », mais, n’étant pas critique de cinéma, j’ai préféré refuser….Il m’a également semblé qu’il est actuellement des sujets de réflexion autrement plus préoccupants que cette nouvelle saison d’une mauvaise série.  

 

      En effet, où que l’on porte actuellement son regard sur le monde, on constate que les désordres se multiplient et parfois s’amplifient : Irak, Syrie, Ukraine, Libye, Gaza, Centrafrique, pour ne prendre que les exemples les plus médiatisés.

 

      Autant de raisons de s’inquiéter, mais il ne suffit pas d’agiter la peur des engrenages et de ne commencer à se mobiliser que lorsque se manifeste la crainte de subir les retombées du conflit. Il faut analyser avec lucidité toutes les menaces, avant qu’elles deviennent de vrais dangers, à la fois pour la sécurité des personnes et celle des Etats.

 

      Il y a quelques années, l’ONU les identifiait de la façon suivante :

 

- les guerres entre États ;

- la violence à l’intérieur des États provoquée par les guerres civiles ;

- les génocides ou la violation massive des droits de l’Homme ;

- la pauvreté, les maladies infectieuses, la dégradation de l’environnement ;

- les armes nucléaires, radiologiques, chimiques et biologiques ;

- le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

 

    Aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut à lui seul se mettre complètement à l’abri de telles menaces, qui sont interdépendantes et qui exigent donc des réponses de la part de ce qu’on appelle la « Communauté internationale » et notamment de son expression institutionnelle, l’ONU.

 

      Malheureusement, trop souvent, pour des raisons politiques, financières ou de mauvaise organisation, ces menaces sont prises en compte de façon tardive. C’est ce qui semble s’être produit avec l’explosion de l’épidémie liée au virus Ebola.

 

      La directrice générale de l’OMS avait alerté il y a plus d’un mois sur le risque d’une dynamique non maîtrisée de l’épidémie, qui a déjà causé 2630 décès sur 5357 personnes contaminées. Avec retard, le Conseil de sécurité vient d’intervenir de façon solennelle en qualifiant « la progression sans précédent de l’épidémie….de menace pour la paix et la sécurité internationale » (résolution 2177, adoptée à l’unanimité).

 

     Une aide urgente d’1 milliard de dollars va être dégagée, mais le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a prévenu que l’aide nécessaire sera de 20 fois plus élevée que celle fournie actuellement. Autant dire, si l’on veut éviter une véritable catastrophe humanitaire, sanitaire (et même économique et sociale, dans certains pays africains), qu’il va falloir prendre des décisions courageuses et coûteuses.

Ebola : trop tard ?

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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commentaires

berthier christian 22/09/2014 09:04

souvenons nous de la propagation du SIDA! Mais les commentaires sont hypocrites: l'ONU a raison, ce sont d'abord les guerres entre états et les guerres civiles qui font le plus de morts et de blessés. Et avec le Moyen Orient, nous sommes en pleine remontée. L'invocation des couts est encore plus hypocrite : pour l'instant le cout d'un F16 ou d'un Rafale suffirait a juguler l'épidémie. Les larmes de crocodile de la "communauté internationale" sont surtout versées sur les risques pesant sur les investissements miniers occidentaux et ceux de la progression de l'influence chinoise dans la région. Faute de quoi, pas un dollar ne serait versé dans la médiatisation d'une "épidémie" qu'une fraction du budget NBC des USA suffirait à endiguer. Pour l'heure, c'est le nombre de citoyens US morts et blessés par faits de police qui sont en train de croitre aux USA, bien au delà de ceux dus à Ebola.

Pradines 21/09/2014 08:29

J’opterais volontiers pour une explication plus cynique. Aussi longtemps qu'Ebola ne nous menaçait pas personnellement, un certain laxisme pouvait être de mise. Au fond, tout va bien aussi longtemps que la distance nous sépare d'un problème préoccupant. Je prendrai seulement quelques exemples : aller soigner des personnes avec Médecins Sans Frontières est bien perçu par la plupart de nos concitoyens. Par contre, les soins aux étrangers en France et même l'immigration deviennent des problèmes.
Dénoncer la déforestation en Afrique ou en Amazonie est un lieu commun. Par contre, quand cela arrive chez nous, le changement de paradigme est immédiatement perceptible.
Les guerres éloignées, sans nous laisser indifférents, ne suscitent pas forcément l’émotion qui devrait leur échoir. Par contre, si nous nous sentons menacés, des actions lointaines plus ou moins justifiées peuvent être entreprises.
La sécurité nucléaire civile nous préoccupera si nous sommes les voisins d’une centrale. Sinon …
Ainsi, si la menace nucléaire militaire demeure impensable, inconcevable, au pire réservée à des conflits lointains tels que la rivalité indo-pakistanaise, nous pouvons à tort dormir sur nos deux oreilles.

Quilès 21/09/2014 09:10

Totalement d'accord avec vous.
La difficulté pour les responsables est de surmonter l'égoïsme "naturel" des hommes et des nations. Il faut pour cela qu'ils ne soient pas uniquement guidés par le cynisme que vous évoquez. Vaste programme!
Souvent, ce sont des catastrophes (naturelles ou déclenchées par les hommes) qui facilitent les prises de conscience, permettant que l'intérêt collectif de l'humanité prenne le pas sur les égoïsmes. Ainsi va le monde....

Lamarque 20/09/2014 22:46

Ebola, il y a déjà 20 ans qu'on en parle, voire plus et des esprits sérieux avaient prédi ce qui arrive. Ils avaient évoqué une la possibilité d'une contamination européenne, mais comme d'habitude on les a pris pour des fous. On a toujours tord d'avoir raison trop tôt !

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- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
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