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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 11:00

    Vu de l’extérieur, un congrès socialiste est un moment étrange où des responsables politiques et des équipes s’affrontent dans des combats, souvent difficiles à décrypter par des non-initiés.

 

    Pour faire simple, disons que l’objet d’un congrès est (devrait être) de définir la « ligne » qui doit s’imposer au parti et à sa direction, élue à cette occasion. Par leur vote, les militants départagent des textes -les fameuses « motions d’orientation»- , qui sont censés proposer des orientations différentes. A l’issue de ce vote, un rassemblement, nécessaire pour gérer le PS, peut se réaliser sur la base de compromis.

 

    Ce mécanisme, respectueux du point de vue des militants, n’a de sens que si on leur propose des choix clairs. En leur présentant des motions qui sont elles-mêmes des compromis, ou de simples additions de points de vue très différents, on rend le débat confus. Rapidement, les affrontements de personnes et les intérêts locaux peuvent prendre le pas sur le débat d’idées.

 

    Aujourd'hui, le PS se trouve dans la tourmente, en raison d’une accumulation inquiétante de signes négatifs : une succession de graves échecs électoraux successifs, une désunion profonde de la gauche, une défiance manifeste des électeurs de 2012 à l'égard du pouvoir exécutif et de ses choix, la montée inquiétante de l’extrême droite, le désarroi des militants socialistes, qui ont le sentiment que leur parti est inutile. Leurs interrogations concernent autant les questions idéologiques que les choix de la politique gouvernementale ou le fonctionnement et le rôle de leur parti.

 

    Pour apporter des réponses à ces inquiétudes et tenter de fixer un nouveau cap au PS à l'occasion du prochain congrès de Poitiers, diverses sensibilités et plusieurs courants de la gauche du Parti socialiste ont décidé de présenter une motion commune. Je considère que l’hétérogénéité de cette sorte de pré-rassemblement ne permettra pas aux militants de faire un choix clair, ce qui est pourtant l’objet même d’un congrès.

 

    Pour ma part, j’aurais préféré que soit conservée la cohérence de la ligne clairement définie et défendue depuis 2 ans et demi par « Maintenant la gauche ». Dans les choix que j’ai été amené à faire tout au long de mon action politique, je me suis toujours engagé avec force et conviction, à condition d'être pleinement convaincu par la démarche à laquelle j’adhérais. Cela a été notamment le cas pour la construction d'un courant de gauche du Parti socialiste, à laquelle j'ai participé depuis plusieurs années avec enthousiasme, malgré les difficultés de la tâche et les écueils rencontrés.

 

    C’est la raison principale pour laquelle je n’adhère pas à la démarche de la motion de « Vive la gauche », incertaine à bien des égards. Je sais que Christian Paul, pour qui j’ai de l’estime, est conscient de la difficulté de la tâche qui va être la sienne.

 

     J’ai donc décidé de soutenir la motion intitulée « La Fabrique socialiste », présentée par Karine Berger, qui met les militants au cœur de l’action politique, afin qu’ils se réapproprient leur parti et que leurs débats soient entendus par le gouvernement.

 

    Cette démarche, au service d’un projet pour un « socialisme exemplaire, moderne, renouvelé et de combat », décliné dans un grand nombre de propositions, est stimulante. On y retrouve la consultation régulière des militants, la réhabilitation du rôle de l’Etat et de l’impôt citoyen, l’égalité réelle entre les hommes et les femmes, la fin de la baisse des dotations aux collectivités territoriales, le développement des énergies vertes, la réforme des institutions.

 

    Lors du congrès de Poitiers, j’espère que le rassemblement indispensable pour faire vivre le PS pourra se réaliser dans la clarté, devant les militants, entre celles et ceux qui souhaitent contribuer à sauver le quinquennat et à rendre la plénitude de son rôle au Parti socialiste.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez