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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 17:18
Congrès du PS : 6 questions

Six questions à Jean- Christophe Cambadélis et Christian Paul

 

     Lors du vote du 21 mai 2015 sur les 4 textes présentés au Congrès de Poitiers, les militants socialistes ont placé vos 2 motions (A et B) en tête. Selon nos statuts, vous devez être départagés le 28 mai par un vote des militants qui désignera celui qui deviendra le nouveau Premier secrétaire du Parti socialiste.. 

 

      Celles et ceux qui, comme moi, ont fait le choix de la motion D par leur vote du 21 mai sont attachés aux idées fortes qu’elle contient. Ils tiennent également au caractère concret de leurs propositions, loin des formules générales, trop souvent confuses et parfois ambigües.

 

      Avant de se prononcer le 28 mai, ils prendront connaissance de vos professions de foi (qui doivent être déposées demain, lundi 25 mai). Ils espèrent y lire vos positions sur plusieurs questions clés pour l’avenir du PS, que je formule ici à titre personnel, mais je sais que ces interrogations sont partagées par de très nombreux militants socialistes.

 

      1- Trop souvent, l’opinion publique, les électeurs et même les militants doutent de l’utilité du PS. Cela prouve la nécessité d’élaborer une position sur tous les grands dossiers, de la communiquer au gouvernement et de s’efforcer de le convaincre.

 

      Comment comptez-vous concrètement tenir compte de cette exigence vitale dans l’organisation et le fonctionnement du PS ?

 

      2 Au-delà des "pré-synthèses" réalisées au moment de la rédaction des textes soumis aux militants pour ce congrès, les 4 motions ont insisté sur le caractère indispensable du rassemblement et de l’unité des socialistes.

 

     Quelle traduction concrète comptez-vous donner à cet engagement ?

 

   3- Les militants demandent avec insistance à être régulièrement consultés sur les dossiers importants, notamment ceux qui viennent en discussion au Parlement.   

 

     Comment comptez-vous concrètement organiser ces consultations ?

 

     4- Le débat doit être libre à tous les niveaux du PS, y compris au sein des groupes parlementaires. Pour autant, la ligne tranchée collectivement doit être respectée.

 

     Comment comptez-vous concrètement agir pour que cette règle soit effectivement mise en œuvre ?

 

     5- Les nombreux chantiers cités dans les 4 motions sont la preuve qu’un travail considérable reste à réaliser dans les prochains mois au sein du PS.

 

    Acceptez-vous d’engager rapidement un travail de réflexion et de proposition sur les 3 thèmes prioritaires suivants : les nouveaux droits sociaux, le pouvoir d’achat et la réforme fiscale, l’écologie et la transition énergétique ?

 

     6- Le parti qui se dit héritier de Jean Jaurès est bien timide dans sa réflexion et ses prises de position sur la question de la paix et du désarmement (notamment nucléaire).

 

     Quand le PS engagera-t-il enfin ce débat, que je demande depuis des années ?

Congrès du PS : 6 questions

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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commentaires

Paul 26/05/2015 17:13

Cher Paul,

J’ai pris connaissance des six questions que tu as rendues publiques, et c’est avec plaisir que je t’adresse cette réponse détaillée, tant il me semble en effet essentiel que le vote des militants lors de l’élection du Premier Secrétaire de notre Parti se fasse dans les conditions les plus transparentes et éclairées possibles.
1) Tu m’interroges tout d’abord sur la manière dont j’entends faire respecter les prises de position du PS, et lui permettre de peser sur les orientations gouvernementales.
Cette question est essentielle. Je crois que nombre des difficultés que nous avons rencontrées ces derniers mois viennent d’un sentiment de faible utilité de notre Parti, qui n’a pas su trouver sa vraie place entre l’exécutif et le Parlement. Relais a posteriori de réformes gouvernementales dont il n’avait pas délibéré ou peinant à défendre des positions qu’il aurait dû soutenir fermement, il n’est plus vraiment respecté.
Il est impératif qu’un profond changement de méthode intervienne sans retard, pour que le Parti socialiste retrouve les moyens d’être l’éclaireur, l’inspirateur des positions gouvernementales, dans le respect de ses convictions et de ses valeurs.
Un mois au plus tard avant la présentation d’un texte de loi important au Conseil des Ministres, un travail d’expertise, d’audition et d’avis doit être confié à un groupe de travail animé par le/la secrétaire national(e) en charge du sujet, associant les rapporteurs du texte, dans le but de la présentation d’un rapport en Bureau National. Afin d’éviter que des textes majeurs n’échappent à une telle procédure, comme cela a malheureusement été le cas lors de projets de loi récents, la demande d’avis et de prise de position sur un texte doit être de droit dès lors que plusieurs membres du Bureau national en font la demande.
De ce rapport, doit découler une position précise du Bureau National, qui doit être discutée avec le Gouvernement. Je rajoute à cette procédure, qui doit donc devenir systématique dès lors qu’un texte présente des enjeux majeurs, deux éléments :
- Les positions du Bureau National doivent se prolonger dans les positions prises par le Groupe Parlementaire : elles doivent se traduire par des amendements conséquents, par des votes, de manière à faire du groupe socialiste au Parlement un instrument efficace au service du Parti pour le relais de ses positions ;
- Lorsqu’arrivent au cours de la discussion parlementaire d’un texte des éléments nouveaux et décisifs qui n’ont pas pu faire l’objet d’une discussion dans les instances du parti en amont, et qui sont sujets à débat entre socialistes, un Bureau National est systématiquement convoqué en urgence, afin que ces nouveaux éléments fassent également l’objet d’une position du Bureau National.
2) Sur l’unité et le rassemblement : tout au long du débat dans les fédérations, j’ai insisté sur le capital commun et indispensable que constitue l’unité du Parti. Elle doit ressortir du Congrès de Poitiers, et chacun doit faire des efforts. Pour autant, à vouloir confondre en amont unité et pensée unique, on courrait le risque de voir stériliser notre intelligence collective ! La confrontation des idées n’est pas le déchirement. Face aux épreuves et face à la droite et à l’extrême-droite, l’unité ne doit pas faire défaut. Deux conditions lui sont nécessaires : la loyauté de la prise de décisions, et la clarté des idées. Tu conviendras que nous avons là de grands progrès à accomplir ensemble.
3) Il est essentiel que les militants socialistes retrouvent le sentiment de leur utilité, que leur voix soit respectée, que leur avis soit sollicité, y compris entre les périodes de congrès. Notre parti, ses élu(e) s, n’existent d’abord et avant tout que grâce aux militantes et militants. Des formes de consultations nouvelles doivent être inventées en dehors des congrès et des conventions nationales ; c’est aussi l’une des conditions du renouvellement de notre fonctionnement et de nos pratiques, renouvellement profondément attendu par les adhérents.
La gauche au pouvoir, si elle prend des virages illégitimes, loin de ses engagements et sans consultation de ses militants, prend le risque de se couper de ses soutiens.
Nous devons faciliter toutes les nouvelles formes permettant aux militants de s'impliquer (plateformes numériques, e-démocratie active…) dans la vie du Parti socialiste.
La réflexion doit être le fruit de la synthèse entre le travail des commissions d’experts et celui des militants et des sympathisants. Elle pourrait s’organiser à partir de forums :
- Au niveau national, des forums traiteraient de thèmes tels que : écologie, logement, éducation, entreprises/droit du travail/syndicalisme/temps de travail, solidarité internationale, réforme des institutions etc. Les secrétaires nationaux pourraient, dans ce cadre, s’engager à valoriser les contributions thématiques du congrès.
- Au niveau départemental, deux forums annuels (associant militants et sympathisants) seraient obligatoirement organisés, autour de thèmes choisis localement parmi les thèmes des forums nationaux. Nos sections et nos fédérations doivent évoluer en des maisons communes, ouvertes aux débats pour tous ceux qui veulent changer la société dans le sens du progrès. Des expérimentations pourraient être lancées dans quelques fédérations volontaires pour définir ce que devraient être les « fédérations du futur ».
Deux votes militants annuels au moins seraient organisés sur les principales conclusions et propositions issues des travaux de ces forums.
Entre deux congrès, l’organisation des conventions thématiques préparées par ces forums permettrait l’association et le vote des militants. La tenue régulière de Conseils nationaux, qui doit devenir le parlement du PS, avec des résolutions opérationnelles soumises au vote.
4) Nous avons ces derniers mois vécu une situation inédite au Parlement. A plusieurs reprises, des députés de notre groupe n’ont pas voté des textes gouvernementaux, parce qu’ils leur semblaient que ceux-ci comportaient des dispositions contraires à leurs valeurs, et qu’ils seraient préjudiciables pour nos concitoyens. A plusieurs reprises, le Parti Socialiste a essayé de faire évoluer les textes en question, sans que le résultat ne soit véritablement probant ; le plus souvent, il a laissé faire.
Cette situation est préjudiciable. Comme je l’ai dit plus haut, la dépasser repose sur plusieurs conditions qu’il faudra désormais réunir : organiser, en Bureau National d’abord, puis dans le groupe parlementaire, les conditions d’un véritable débat. Faire en sorte ensuite que le Parti Socialiste prenne une position ferme et précise. Organiser enfin le respect de cette position par le Gouvernement comme par les parlementaires. C’est ainsi que seront créées les conditions d’une position partagée qui ne mettra personne en porte-à-faux avec ses valeurs et ses convictions, qui pourra être ensuite collectivement portée et défendue en direction des Français.
Dans cet esprit, le groupe parlementaire à l’Assemblée nationale pourra redevenir un lieu de régulation politique.
5) Les trois sujets que tu évoques sont parmi ceux qui ont nourri le projet du Parti avant 2012, ainsi que notre motion. Après trois années à l’épreuve du pouvoir, il faut les approfondir méthodiquement. Cela exige un dispositif bien coordonné de travail et d’expertise, entre le Parti, les expertises dans la société civile, les équipes ministérielles et les groupes. Personne n’en a le monopole, et ces travaux doivent être mutualisés.
Le point 6) ne saurait plus longtemps figurer parmi les questions orphelines. Les négociations avec l’Iran, la situation du Moyen-Orient et de l’Afrique ne peuvent laisser les socialistes ignorants et indifférents.
Espérant avoir répondu à tes questions, j’ajoute mon souhait que l’ensemble des propositions d’amélioration et d’exemplarité de notre démocratie interne, faites par les quatre motions, soit débattu avant trois mois au conseil national.
Amitiés fidèles

Christian PAUL

Ducome Patrick 26/05/2015 10:44

Entièrement en phase avec les questions que vous posez aux deux motions, j'ajouterai de la nécessité qu'il y aurait à légiférer afin que les grands groupes, industriels de l'armement, ne puissent pas devenir propriétaires de nos médias audiovisuels et de presse écrite.
Qu'en pensez-vous ?

Gilbert SOULET 26/05/2015 09:51

Bonjour et bien d'accord avec vos 6 questions.
J'ajouterai personnellement que nous devrions tous pouvoir faire le distingo entre le PS au Gouvernement et le PS dans l'Hexagone et Outre-mer.
Nous ne pouvons nous permettre de confondre l'un avec l'autre; Celui qui dirige le Pays le fait aussi bien pour la Gauche que pour la Droite; Le Parti Socialiste doit savoir être et faire autre chose!
Très amicalement,
Gilbert de Pertuis (25-11-1939)

Benchiha Larbi 25/05/2015 16:25

Les trois questions que Paul Quiles propose au PS de répondre sont primordiales: la paix, le pouvoir d'achat et la question de la transition énergétique, sont des questions indépassables !

Bonnaud Marie 25/05/2015 16:10

J'aurais aimé une question sur le TAFTA, c'est une proposition concrète de la motion D, seule, me semble-t-il à avoir soulevé le problème. Il me semble que c'est vital.

Paul Quilès 25/05/2015 16:19

Je suis totalement d'accord sur l'importance du sujet et j'ai d'ailleurs contribué à ce que ce thème soit dans la motion D. Il était difficile de tout mettre dans le questionnement limité que j'ai adressé aux 2 candidats, mais je resterai attentif à ce que la question soit traitée sérieusement par le PS. Voir sur ce blog ma position: http://paul.quiles.over-blog.com/2014/07/refuser-le-traite-transatlantique.html

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- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez