Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 13:51
Le 1er mai, c’est quoi ?

       Alors que je me rends, comme chaque année, à la traditionnelle manifestation de mes amis syndicalistes de Carmaux, j’écoute à la radio les commentaires sur le 1er mai : la désunion syndicale, la désaffection des Français à l’égard des syndicats, la manifestation du Front national devant la statue de Jeanne d’Arc à Paris. Du classique, en somme…..

 

        Pour rester dans l’Histoire, on pourrait se souvenir de l’origine de la Journée internationale des travailleurs, ce Premier mai devenu jour férié et jour de célébration des combats des travailleurs.

 

         Plus près de nous, on pourrait rappeler la mort du jeune Marocain de 29 ans, Brahim Bourham, immigré régulier en France, qui trouva la mort le 1er mai 1995, jeté dans la Seine par des skinheads à la fin de la manifestation du Front National, sans que les passants réagissent !

 

     Plutôt que de gloser sur la saga de la famille Le Pen, ce serait l’occasion de montrer que l’affrontement entre le père et la fille n’est en réalité qu’une façon de camoufler la permanence de l’idéologie extrémiste du FN. Une occasion également de dénoncer l’imposture du discours prétendument "républicain", "laïque", "patriote" et "défenseur des classes populaires" de ce parti.

 

     Personnellement, le 1er mai me renvoie à un triste souvenir, la disparition tragique de Pierre Bérégovoy il y a 22 ans. Voici, comment, il y a quelques années, j’évoquais mon amitié pour lui, à l’occasion de l’anniversaire de ce tragique évènement :

 

     « Pierre Bérégovoy était un ami. C’était aussi un camarade socialiste et le chef du gouvernement dans lequel je fus ministre de l’intérieur. C’est dire si sa mort brutale le 1er mai 1993 m’a affecté.

 

     Pierre a eu un parcours exceptionnel: celui d’un syndicaliste ouvrier, devenu militant politique, puis responsable au plus haut niveau, avant de devenir ministre puis premier ministre.

       

      Qu’il ait commis des erreurs, c’est probable, mais qui n’en commet pas dans l’action politique ? Cela ne saurait pour autant justifier les campagnes haineuses dont il fut l’objet de la part de ses adversaires politiques et son honneur "jeté aux chiens", pour reprendre la formule de François Mitterrand lors des obsèques de Pierre Bérégovoy à Nevers.

 

        Il n’avait pas supporté la violence de cette mise en cause et je me souviens de sa tristesse lorsque certains « amis » se sont éloignés de lui, au moment où il avait besoin de soutien.

 

      Je me souviens aussi de sa réaction indignée, lorsque, ministre de l’intérieur, je l’ai informé des "révélations" qui allaient être publiées sur le prêt sans intérêt qui lui avait été consenti.

 

     Je me souviens de son écoeurement après cette séance pénible du Comité Directeur du PS à la Maison de la chimie, quelques semaines après les  élections législatives. Il s’agissait de tirer les leçons de la sévère défaite de la gauche et certains responsables socialistes avaient préféré le prendre comme bouc émissaire en le présentant comme responsable principal de l’échec.

 

       Je me souviens enfin de ce soir, quelques jours avant son suicide, où il est venu me voir dans mon bureau à l’Assemblée Nationale. Il était totalement déprimé et ne cessait de répéter : "Paul, franchement, est-ce que tu crois qu’on a mérité ça ?" Je me suis dit plus tard que ce devait être un message : " ça », c’était probablement ce qu’il subissait et le sentiment d’être abandonné par ses "amis".

 

      Alors, depuis ce jour, je sais qu’il faut utiliser avec beaucoup de discernement le beau mot d’ "ami"….surtout en politique, où il donne souvent lieu à un abus de langage, auquel je recommande à mes amis (les vrais) de ne pas se livrer. »

 

     Voici également le message adressé par François Mitterrand en avril 1995 à l'association des amis de Pierre Bérégovoy :

 

      "Il est juste et nécessaire d'entretenir, comme vous le faites, le souvenir que chacun garde de lui. Pour beaucoup, c'est la reconnaissance de sa valeur qui s'est imposée trop tardivement, mêlée à un attachement profond dont a témoigné et témoigne encore l'émotion sincère qui n'a pas quitté les cœurs depuis deux ans.

 

     Pour certains, dont je suis, c'est le souvenir d'un ami pudique, fidèle et généreux. Son regard exigeant, son sourire ne nous ont pas quittés. Tous se souviennent du militant sincère et désintéressé, de l'homme politique compétent et vigoureux qui a mis toute son énergie et sa vie même au service de la nation, d'une France forte, reconnue et généreuse.

 

      Il a consacré toute son énergie à convaincre ses concitoyens que la justice sociale doit être le but de toute action politique et qu'elle ne peut être construite que sur une économie solide, moderne et transparente. Il savait que ce sont d'abord les plus modestes qui paient les illusions de la facilité." (avril 1995)

Le 1er mai, c’est quoi ?

Partager cet article

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article

commentaires

Dubois 01/05/2015 20:19

Oui cher Camarade on pourrait se souvenir, mais qui aujourd'hui a le courage de s'exprimer publiquement comme tu le fais ?
Peu de monde malheureusement.
Pierre Beregovoy était normand et rouennais comme moi.
C'est toujours avec beaucoup de tristesse que je parle de lui.
Non pas que je le connaissais, je ne l'ai jamais rencontré mais il était et reste pour moi le plus bel exemple de l'homme qui s'est fait seul par son courage et son obstination.
J'ai signé et soutient la motion D bien évidement.
De Pauillac reçois mon amical souvenir.

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez