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Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Risque de conflit (suite)

Publié le 29 Août 2015 par Paul Quilès in International et défense

Risque de conflit (suite)

       J'ai reçu ce commentaire très pertinent d'un lecteur de mon blog à la suite de la publication de ma tribune "D'inquiétants obstacles à la paix"

 

      Je pense utile de le publier ici, en remerciant son auteur pour ses remarques, qui complètent mon analyse sur certains points . 

 

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      Merci pour cette analyse géopolitique qui jette une lumière sur des déterminismes économiques à l’œuvre dans les tensions mondiales actuelles. A propos des nombreuses guerres « chaudes » lors de la guerre froide, je ne suis pas convaincu qu’il s’agissait seulement de conflagrations par procuration. A mon sens, de nombreux conflits avaient certes éclaté avec le soutien respectif de part et d’autre de l’Occident et du bloc dit communiste. Mais ceci n’était qu’un aspect des conflits dont les racines locales ne peuvent pas être occultées car déterminantes. A contrario, certaines guerres oubliées ont pu se dérouler sans le soutien manifeste, ou même dans l’indifférence de l’un ou l’autre des grands protagonistes que vous évoquez.

      A mon avis, les dirigeants américains ont voulu croire à la fable de la « fin de l’Histoire » du fait de la quasi-généralisation du modèle capitaliste libéral après la chute de l’URSS. Une victoire qu’ils considéraient comme leur fait. Obsédés par l’anticommunisme, ils analysaient les conflits essentiellement en termes d’affrontement idéologique entre l’Est et l’Ouest et non dans une perspective bien plus longue de luttes de libération nationale ou de conflits entre nations. La manière dont les responsables politiques américains envisageaient la guerre du Viêt-Nam en est une terrible démonstration. Dès la chute du mur de Berlin, des conflits éclataient dans les Balkans, au sein même de l’Europe, dans un déchainement de nationalismes longtemps contenus.

      De manière quasi-symétrique, les dirigeants de l’URSS considéraient d’abord les rivalités entre leur pays et les USA comme un conflit idéologique qui devait se terminer par la victoire du « socialisme », but ultime qui ne fit longtemps aucun doute pour eux.

      Notre réveil est douloureux : nous savons désormais que les rivalités entre nations demeurent le plus grand danger de destruction pour notre civilisation. Dans un monde rongé par les déséquilibres économiques et les injustices sociales, le risque est accru par la possession d’armes nucléaires et leur dissémination. Ces antagonismes sont longtemps artificiellement passés sur le compte de la concurrence entre modèles de société. 

      Ainsi, je ne suis pas sûr que Poutine ait besoin de se trouver un nouvel ennemi pour exacerber le nationalisme russe. Cet adversaire est tout désigné à travers la lutte pour la suprématie aux frontières de l’ex-URSS et même à l’intérieur de celle-ci comme c’est le cas en Ukraine.

     Oui, bien d’accord, le risque de conflit est réel. Il ne devrait pas être oublié car perçu comme moindre que d’autres grands problèmes, réels et préoccupants, tels que le terrorisme ou l’évolution climatique.

 

            Bernard Pradines                                          

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