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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 09:48
Donald Trump et la Russie : quelles relations ?

     L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis n’est pas une bonne nouvelle. Ses diatribes racistes et misogynes, son style de campagne agressif et méprisant étaient inacceptables.

 

     Mais son élection doit aussi donner à réfléchir : c’est l’expression du mécontentement profond d’un électorat de classe moyenne ou populaire qui n’a pas perçu de réduction des inégalités, que la mondialisation inquiète et que l’évolution du monde mécontente parce que les États-Unis n’y exercent plus leur ancienne prépondérance.

 

      Quant aux soutiens naturels d’Hillary Clinton, les minorités noires ou hispaniques, les femmes en butte aux discriminations, ils n’ont pas été assez forts pour lui donner la victoire. Sans doute par méfiance à l’égard d’une responsable politique perçue comme lointaine, sans réelle proximité avec les difficultés de leur vie quotidienne.

 

     S’y sont ajoutées des peurs exagérées dont le candidat Trump a su jouer : peur de l’immigration latino-américaine qui submergerait l’Amérique traditionnelle, peur d’étrangers musulmans qui transporteraient la menace terroriste sur le sol même des États-Unis, peur d’une implication dans des conflits perpétuels sans perspective et sans utilité pour la défense du pays.

 

     Au plan des relations internationales, le nouveau président est le contraire d’un pacifiste : il veut encore augmenter le budget militaire américain, qui, avec 600 milliards de dollars, est le premier du monde. A titre de comparaison, le budget militaire russe, malgré une forte croissance, représente moins d’un sixième de ce montant et celui de la Chine, environ un tiers. Il demande que les membres européens de l’OTAN portent leurs dépenses militaires à 2 % du PIB, ce qui représenterait pour l’Allemagne, premier pays concerné, un doublement de son effort actuel.

 

      Le nouveau président américain est un familier des changements de position. Sur l’arme nucléaire, il a lancé beaucoup d’affirmations contradictoires, par exemple sur la possibilité pour le Japon de s’en doter pour dégager les États-Unis du fardeau de sa défense face à la Corée du Nord. Mais il a aussi déclaré que la politique militaire qu’il préconisait avait pour objectif de rendre l’arme nucléaire moins nécessaire et que l’utilisation d’une arme nucléaire serait « une horreur ». Il s’est montré sceptique sur l’éventualité d’un tir nucléaire américain pour la défense du territoire de pays alliés.

 

      Mais Donald Trump dit aussi qu’il veut se rapprocher de Vladimir Poutine pour mettre fin aux tensions actuelles entre l’Occident et la Russie.

 

      Alors, prenons-le au mot et imaginons que, comme Reagan devant Gorbatchev au sommet américano-soviétique de Reykjavik, en octobre 1986, Trump accepte, sur la proposition de Poutine, de s’engager dans la voie du désarmement nucléaire. Imaginons alors que, contrairement à l’attitude de Reagan lors de ce sommet, il parvient à écarter l’obstacle de la défense anti-missile, en donnant à la Russie une garantie solide qu’elle n’est pas dirigée contre elle.

 

      Bien entendu, avec le caractère imprévisible, incohérent et très souvent excessif de Trump, rien n’est certain, mais il est légitime de se poser la question : face à la même réalité d’une absurde course aux armements nucléaires, les dirigeants américain et russe ne seront-ils pas contraints, par la force des choses, à y mettre fin d’un commun accord, dès lors que leurs relations seront redevenues à peu près normales ?

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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez