Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Allende victime de Pinochet et de la CIA

Publié le 11 Septembre 2018 par Paul Quilès in International et défense

Allende victime de Pinochet et de la CIA

      Souvenons-nous, c'était il y a exactement 45 ans: le 11 septembre 1973, Salvador Allende, président socialiste du Chili, se suicidait dans le palais présidentiel de la Moneda, qui venait d’être investi par les soldats de la junte du général Pinochet.

      Celle-ci proclame l'état de siège dans tout le pays et dissout les partis. Dans les jours qui suivent, 45 000 personnes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago. 3000 d'entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires ; beaucoup sont torturées avant d'être exécutées. 200 000 Chiliens prennent les chemins de l'exil.

      Le rôle des Etats-Unis

      Le coup d'état de Pinochet n'aurait pas pu avoir lieu sans les manœuvres de la CIA de Nixon et l'arrosage financier des Etats-Unis.

       Ainsi, le 25 juillet 1973, la puissante fédération des camionneurs, "arrosée" de 2 millions de dollars par la CIA, déclare une grève illimitée et immobilise sa flotte de poids lourds pour empêcher les aliments de parvenir à la population.

      Les mesures de rétorsion se multiplient contre Santiago : blocage des biens et avoirs chiliens aux Etats-Unis, disparition des machines et pièces de rechange pour les mines, manœuvres à l’international pour empêcher la consolidation de la dette chilienne, pressions sur le cours du cuivre, saisie-arrêt des exportations de ce métal vers l’Europe...

    Quoi de plus facile ensuite de proclamer que "Le socialisme, c’est la pénurie" !

 

***************

     Merci à Cyrille Darrigade, jeune socialiste, qui ravive sur son blog

le souvenir des évènements marquants de "l’ancien monde",

pour ce billet sur le 11 septembre 1973:

 

"De la courte présidence de Salvador Allende, on retiendra cet élan pour la démocratie et les libertés. La sécurité sociale, la réforme agraire, la nationalisation des banques et de certaines entreprises, des mines de cuivres qui eut pour effet de doper l’économie du pays et de marquer immédiatement des résultats. Mais aussi de relancer le pouvoir d’achat par l’augmentation des salaires de 40 à 60%.

Nous ne ferons pas ici l’inventaire fabuleux des mesures prises par cet homme de bien qui a fait face à la polarisation internationale de la guerre froide. Il affronta avec une grande dignité la grave crise politique financière et économique du Chili. Face aux putschistes, grèves, attentats, complots, il a montré que le socialisme est un internationalisme et un humanisme d’abord et toujours pour les libertés humaines, économiques et sociales face aux puissances capitalistes, militaires.

Le 11 septembre 1973, ce furent les mots d’un homme qui va mourir, préférant la mort à l’exil : « vous ne pourrez plus entendre le son de ma voix. Peu importe, vous continuerez à m’écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d’un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et humilier. »

Ce même jour, François Mitterrand était en meeting à Rennes, lorsqu’il a appris la mort de Salvador Allende. Il écrivait à chaud un article paru le lendemain dans l’Unité, qui concluait : « Cette foi dans la raison de l’homme et dans la marche inéluctable des sociétés vers le progrès, que pèse-t-elle désormais tandis que sur l’autre plateau il y a maintenant la mort de Salvador Allende ? Nous n’avons pas fini de répondre à cette question que des millions d’hommes sur la terre poseront demain avec plus d’impatience et de colère encore. En cette matinée de deuil, je pense que s’il est d’autres richesses que l’or et l’insolence, le monde est plus pauvre aujourd’hui. »

L’histoire doit enseigner aux socialistes que seul le processus démocratique de conquête du pouvoir peut transformer l’individu, sa conscience, ses valeurs, ses habitudes et ses relations sociales pour le changement d’une société qui repose sur ceux qui la composent."

Commenter cet article