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Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Cérémonie du 11 novembre: gagner la paix

Publié le 11 Novembre 2019 par Paul Quilès in International et défense

Cérémonie du 11 novembre: gagner la paix

Intervention de Paul Quilès le 11 novembre 2019

Monument aux morts de Cordes sur Ciel

 

     Vous venez d’entendre la lecture du message traditionnel de la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées.

     Elle y rappelle que le 11 novembre 1919 fut « le premier de la paix retrouvée » et que « les traités avaient été signés ». C’est vrai, sauf qu’il s’agit ici d’un raccourci, négligeant le fait que le fameux traité de Versailles (28 juin 1919), avait été élaboré en l’absence totale des vaincus, consacrant l’écrasement de l’Allemagne et préparant par nombre de dispositions excessives et maladroites l’évolution politique qui conduira au populisme, au nazisme et à Hitler.

     Ce traité comprenait aussi l’annonce forte de la création de la SDN (Société des Nations), première organisation internationale supposée régler les conflits, mais qui sera sabotée par les Etats-Unis et qui fera rapidement la preuve de son impuissance.

     Quant aux autres traités, qui devaient prendre en compte le démantèlement de l’immense empire ottoman, ils eurent aussi un sort peu enviable s’agissant de la paix au Moyen-Orient. Le traité de Sèvres (1920) avait certes créé des Etats indépendants (Arméniens, Kurdes, royaume arabe) et donné mandat à la Grande Bretagne sur l’Irak, la Jordanie et la Palestine, ainsi qu’à la France sur la Syrie et le Liban. Il avait surtout posé l’obligation de respecter la liberté religieuse et les droits des minorités.

     Mais voilà, de nouvelles conquêtes turques ont redessiné les frontières et du pétrole est découvert dans le sous-sol, attisant les convoitises. Un nouveau traité, celui de Lausanne (1923), remet tout en cause et attribue aux grandes puissances les territoires promis aux Arabes, aux Kurdes et aux Sionistes. Pire, il légalise l’épuration ethnique en répartissant les populations sur la base des appartenances religieuses !

     Ainsi, une grande part des conflits et des guerres du XXème siècle et de ce début de XXIème siècle trouvent leur origine dans l’incapacité des dirigeants après la première guerre mondiale à « gagner la paix » après avoir « gagné la guerre ».

   Aujourd’hui, le monde est encore instable et dangereux, malgré la chute du Mur de Berlin, dont on a commémoré le 30ème anniversaire avant-hier. On pensait qu’en mettant fin à la confrontation entre les 2 blocs Est et Ouest (la fameuse Guerre froide), elle ouvrirait une nouvelle période de paix dans le monde. Il n’en a rien été. Les conflits se sont multipliés, avec des millions de victimes. Le sur- armement (notamment en armes nucléaires) est toujours de rigueur. Le lobby militaro- industriel est toujours aussi puissant et inspire les discours officiels sur la sécurité des pays (notamment en France). Le populisme se développe dangereusement, attisé par les discours irresponsables de grands dirigeants, obsédés par leur égo, qui ne craignent plus d’abandonner les fondements de la démocratie et qui se livrent à des surenchères pouvant conduire à des catastrophes.

     Plus que jamais, il est nécessaire de s’informer, de parler, de proposer (chacun à son niveau). C’est pourquoi je me félicite de la présence de jeunes du collège à cette cérémonie. C’est à eux que doit être passé le témoin.

   Pour ma part, c’est la 25ème fois (et la dernière) que je parle devant ce monument aux morts pour réfléchir ainsi à haute voix à l’occasion du 11 novembre. Vous imaginez mon émotion !

     Je continuerai bien entendu à militer comme je le fais depuis des années pour la paix, pour le désarmement nucléaire et à proposer avec d’autres des solutions crédibles, sans craindre de dénoncer les positions hypocrites et les attitudes dangereuses.

     Je souhaite que mes successeurs continuent à inciter à la réflexion à tous les niveaux (local, national, associatif, politique…) autour de ce thème « ne pas seulement gagner la guerre, mais surtout gagner la paix »

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