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Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Jaurès, naissance d’un géant

Publié le 15 Août 2020 par Paul Quilès in Jaurès

Jaurès, naissance d’un géant
Jaurès, naissance d’un géant
Jaurès, naissance d’un géant
Jaurès, naissance d’un géant

     Ce blog comporte de nombreux documents sur Jaurès et ce n’est pas un hasard, puisque j’ai été pendant 14 ans (1993- 2007) le député de sa circonscription (Albi- Carmaux).

    Mes interventions n’ont pas eu pour but de célébrer la mémoire d'une sorte de prophète, mais plutôt de réfléchir aux messages que Jaurès nous a laissés. Ses analyses, ses réflexions philosophiques, humanistes ou politiques, qui datent pourtant d’il y a un siècle, sont toujours d'actualité dans les temps difficiles que nous traversons. Alors que les références trop souvent se perdent, que les tensions internationales se multiplient, que des conflits risquent de dégénérer en guerres, il est encore utile de parler de Jaurès.

    C’est avec cet objectif que j’ai organisé 2 grands spectacles, mis en scène par Claude Moreau :

  • En 1994, « Ils ont tué Jaurès » (voir un extrait )
  • En 2013-2014 « Jaurès, une voix pour la paix », produit par l’association « Histoire(s) du Pays de Jaurès », présidée par Jean Padilla (voir un extrait)

     Vous pourrez aussi retrouver Jaurès dans le film « Jaurès, naissance d’un géant », avec notamment Philippe Torreton. Ce film, diffusé sur la chaîne Public Sénat le 15 août, est encore accessible en podcast.

     Résumé du film: "Le 16 août 1892 à Carmaux, 2.000 mineurs se révoltent parce que l'un des leurs, élu maire socialiste de la ville, a été licencié par le propriétaire de la Compagnie des Mines. Jaurès a 34 ans. C'est un jeune notable : normalien, agrégé, docteur en philosophie, professeur d'université. Il a été élu député, puis battu; c'est un espoir des républicains modérés. Son destin, selon Jules Ferry, est d'être ministre, voire Président du Conseil de cette peu sociale République. En quelques semaines durant cette grève, parce qu'il choisit le camp des opprimés, Jaurès joue son destin : il sera l'élu des pauvres, des sans grades, des exploités."

 

**************

     Je constate aussi que le texte qui suit et que j’ai écrit en septembre 2009 n’a pas pris beaucoup de rides!

« Etre fidèle à Jaurès aujourd’hui »  

   Les défis du monde auxquels Jaurès était confronté s’appelaient : la paix, l’unité de la gauche, la laïcité, la justice, les droits sociaux, les institutions de la République. Un siècle plus tard, les mêmes défis, sous d’autres formes, sont devant nous.

  Etre fidèle à Jaurès aujourd’hui, c’est s’inspirer de son exemple dans les combats que doit mener la gauche :

   - la recherche de « l’arbitrage international » dans les conflits, pour éviter le fléau de la guerre, qui doit rester notre objectif en matière de politique internationale ;

   - la lutte contre les inégalités et contre la précarité, que la crise déclenchée par les errements du capitalisme financier a accentuées ;

   - les efforts pour faire progresser –pas seulement en paroles- l’indispensable rassemblement de la gauche, déjà si difficile il y a un siècle, mais rendu possible par la volonté de Jaurès ;

   - le renforcement de la démocratie, affaiblie aujourd’hui par une évolution des institutions vers une sorte de "monarchie républicaine". Rappelons- nous que Jaurès proposait de remplacer le Sénat par une « Chambre du travail », qu’il souhaitait une Assemblée nationale plus forte, pour équilibrer le pouvoir exécutif et que, pour lui, la démocratie passait par un lien fort entre les élus, le peuple, les partis, les syndicats.

- la défense de la laïcité, alors que, de façon insidieuse, la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est à nouveau contournée et menacée.

    De façon plus générale, l’attitude de Jaurès dans le combat politique tranche avec bien des dérives que l’on constate aujourd’hui. Il répétait qu’il fallait "savoir dépenser sa popularité", en allant, lorsque c’était nécessaire, à contre-courant de l’opinion et de la mode. Belle leçon pour tant de responsables politiques –même à gauche-, obsédés par les sondages et le « politiquement correct » !

   Dans le débat, très « chaud » à l’époque sur la façon de combattre le capitalisme et de faire triompher le socialisme –réforme ou révolution ?-, Jaurès reprenait la fameuse formule de Marx sur « l’évolution révolutionnaire », en la précisant : « elle consiste à introduire dans la société d’aujourd’hui des formes qui la dépassent et préparent la société nouvelle… »

    Cet homme courageux, engagé, souvent révolté, défenseur des faibles contre les puissants, savait aussi faire les compromis nécessaires dans l’intérêt de la gauche. C’est ainsi qu’il accepta de voir certaines de ses idées fortes mises en minorité au congrès du Globe (1905), pour ne pas gêner l’unification des socialistes.

   Le monde a changé depuis un siècle, mais dans le climat de confusion, de doute et parfois de perte de repères qui est celui de notre pays, il est bon de revenir à Jaurès.

 

*****

     Extrait du texte de François Mitterrand, inséré dans la brochure de présentation du spectacle « Ils ont tué Jaurès » joué à Carmaux en juillet 1994 :

       « Sa pensée est une espérance, mais elle n’est jamais un système. Parce qu’elle plonge ses racines dans le goût pour la vie, elle en affronte toutes les contradictions. Ce sont les contradictions de la République elle-même : entre ordre et progrès, entre raison et liberté. Jaurès aura tenté, sans jamais se lasser malgré les épreuves, cette difficile synthèse (....)

       Il a toujours su s’écarter des deux périls opposés qui menacent tout engagement politique : l’excès d’idéalisme et l’excès d’opportunisme ; la tentation de préférer à l’homme une théorie de l’homme ; la tentation de capituler, au nom de la raison, devant les résistances du réel. C’est l’honneur de Jaurès d’avoir conjuré ces périls : d’avoir affirmé qu’il n’y a science, ni progrès hors de la démocratie ; d’avoir tracé la voie entre les dogmatismes qui conduisent à la terreur et les renoncements qui fomentent les servitudes. Puisse cet exemple de courage demeurer vivant dans les mémoires »

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N
je lis actuellement Le grand Jaures de Max Gallo passionnant
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D
Merci, Paul, pour tout le bonheur que tu as pu procurer à des centaines de bénévoles grace aux divers spectacles. Nous avons découvert un milieu qui nous était étranger. Nous nous sommes liés pour certains d’amitié, avec des professionnels et me concernant j’ai conservé avec Claude des liens devenu depuis peu Cordais. Je n’ai toujours pas compris pourquoi les Tarnais et les élus en particulier se sont opposés à tes projets alors qu’ils ne tarissent paS d’éloge sur les spectacles du Puy-du-fou Disney et autres. Si le projet de Cap Découverte avait eu plus de défenseurs que de détracteurs, ce sont aujourd’hui des milliers d’emplois divers et peut-être d’écoles de formation dans le spectacle qui auraient été créé.
Aujourd’hui nous avons un nouveau maire, agrégé de mécanique, entouré d’adjoints titulaires d’une agrégation. Espérons que nous allons trouver un nouveau dynamisme. Espérons que Claude va pouvoir travailler avec eux et renouveler ces festivités «  archaïques et désuètes ».Merci pour tout ce que tu as fait.
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J
Merci Paul pour ce rappel. J'avais assisté en 1994 au spectacle qui avait pour cadre le site de la Découverte et j'en garde encore un souvenir ému. Amitiés. Jean-José.
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