Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Hassan Rohani remporte la présidentielle américaine

Publié le 7 Novembre 2020 par Paul Quilès in International

Hassan Rohani remporte la présidentielle américaine

Excellente analyse de mon ami Jean Colomès sur une des conséquences en matière internationale de la probable élection de Jo Biden à la Présidence des Etats-Unis.

 

**************

 

     Il est 7 heures, ce samedi matin et officiellement, on ne sait toujours pas quel sera le nom de celui qui, le 20 janvier prochain, sera investi quarante-sixième Président des Etats-Unis.

 

     Officieusement, les choses se précisent. Et le président iranien Hassan Rohani, se rapproche de son objectif à savoir réintroduire son pays dans le concert des nations.

 

     Ce pays, Trump s'était promis de l'étrangler et de sceller la fin du régime des mollahs. Evidemment, le pouvoir instauré par l'ayatollah Khomeini après le départ du Shah en janvier 1979, n'est pas un modèle dé démocratie. Le Shah avait, avec l'appui des Etats -Unis, instauré en Iran une dictature. D'immenses manifestations l'avaient à la fin des années 70 contraint au départ. De retour de Neauphle-le-Château Khomeini imposera à l'Iran, l'instauration d'une république islamique.

 

     Si le pouvoir autoritaire qui gouverne l'Iran s'apparente aujourd'hui aussi à une dictature, les valeurs démocratiques en ont également pris un sacré coup outre-atlantique au cours des quatre dernières années. Le spectacle auquel nous assistons actuellement est affligeant !

 

     Un président battu dans les urnes et qui refuse d'admettre sa défaite, on pensait qu'il s'agissait d'une spécialité vénézuelienne. Il n'en est rien, le pauvre Guaido qui, pour chasser Maduro, s'était auto-proclamé président du Vénézuela avec le soutien de Trump, va perdre son allié le plus fidèle.

 

     Au Brésil c'est pire, son président Jair Bolsonaro voit son modèle américain disparaître, et va devoir se tourner vers le Reïs turc Erdogan s'il veut trouver un allié à sa taille.

 

     Quant à la marionnette de Corée du Nord, elle sera privée d'un troisième sommet au cours duquel elle aurait pu montrer à l'actuel président américain combien les missiles dont elle a doté son pays peuvent le concurrencer dans les menaces que l'un et l'autre font peser sur la paix mondiale.

 

     Ces menaces, le Président Obama les avait éloignées en acceptant de signer le 13 juillet 2015 les accords portant sur le processus de dénucléarisation de l'Iran. Ce pays acceptait sous contrôle international de mettre un terme au processus devant aboutir à le doter de l'arme nucléaire, moyennant quoi, les sanctions économiques frappant l'Iran étaient progressivement levées.

 

     Ces accords avaient permis de soulager le peuple iranien qui avait vu la situation économique du pays s'améliorer alors que la menace que le régime des mollahs faisait peser sur la paix mondiale, se trouvait muselée par le strict contrôle qu'exerçait l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA). Une telle situation ne pouvait satisfaire le président américain qui, sitôt élu, s'était empressé de dénoncer ces accords et avait adopté de lourdes sanctions contre les pays qui continueraient à entretenir des relations commerciales avec l'Iran.

 

     Il en fit de même avec les Accords de Paris sur le climat entraînant aussi son ami Bolsonaro qui  à son tour refusa de prendre des engagements à ce titre, lors de la COP 25 en décembre 2019.

 

   On peut raisonnablement espérer que la prochaine administration américaine révisera la position de la précédente et que les Etats-Unis reprendront leur place sur ces sujets qui menacent la paix et notre sécurité. Quelques engagements ont été pris par celui qui sera installé le 20 janvier. Même si le Sénat reste à majorité républicaine ce qui ne facilitera pas les choses, il conviendra de les respecter.

 

     En Iran, l'actuel président Rohani élu au suffrage universel, doit ferrailler avec son opposition ultra-conservatrice qui lui reproche de s'être fait « rouler dans la farine » par le monde occidental et d'avoir signé des accords qui nuiraient gravement aux intérêts du pays. On sait que dans l'ancienne Perse, le pouvoir suprême est entre les mains de l'actuel "Guide de la Révolution".

     La bouffée d'oxygène viendra très certainement du « grand Satan » et de son nouveau président qui devrait permettre au Président de la République Islamique de desserrer l'étau économique qui étrangle actuellement l'Iran.

 

    Au point que l'on peut se demander si Hassan Rohani ne sera pas le vainqueur de cette élection qui n'en finit pas de retarder son dénouement.

Commenter cet article