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Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Il y a 40 ans, des engagements

Publié le 29 Avril 2021 par Paul Quilès in Politique française, PS

Il y a 40 ans, des engagements

Dans cette rubrique de mon blog « Il y a 40 ans », je fais revivre pendant 2 semaines quelques souvenirs d’une campagne qui a marqué beaucoup d’entre nous.

Premier souvenir publié ici"Il y a 40 ans, le 26 avril "

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Aujourd'hui, second souvenir: "Il y a 40 ans, des engagements"

Des promesses ? Ce mot, souvent utilisé dans les discours politiques de Charles Pasqua et Jacques Chirac, dont la définition assez cynique "les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent", s'inspirait d'une formule d'Henri Queuille, au cours de ses nombreux mandats de parlementaire et de ministre (21 fois sous la 3ème et la 4ème République !). 

Je préfère donc parler ici de trois engagements de François Mitterrand dont j'ai été le témoin et qui m'ont marqué :

  • L'abolition de la peine de mort

Le 16 mars 1981, François Mitterrand participe à l'émission politique Cartes sur table présentée par Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach sur Antenne 2. C'est la première émission télévisée publique de François Mitterrand depuis le début de sa campagne. Il y présente les raisons de sa candidature et détaille quelques-unes des « 110 propositions pour la France », le programme du Parti Socialiste. 

A la toute fin de l'émission, Alain Duhamel lui pose une question :il y a actuellement cinq condamnés à mort dans des cellules. Je voudrais savoir, si vous étiez élu président de la République, si vous les gracieriez ?"

Je suis au premier rang de la salle et je me rends compte que les techniciens de la régie vont envoyer le générique de fin. Je m'inquiète : François Mitterrand aura-t-il le temps de formuler sa position et j'en veux aux présentateurs de procéder ainsi.

Voici la réponse de François Mitterrand

  • L'abandon du projet de la centrale nucléaire de Plogoff

Le projet d'EDF d’installer une centrale nucléaire sur le site de Plogoff à la pointe de Bretagne avait été décidé sans réelle concertation. Il s'en suivit une vaste mobilisation de la population locale et des premiers écologistes politiques pendant plusieurs années.

Dans l'avion qui nous conduit au meeting de Brest, je peux me retrouver seul avec François Mitterrand et je lui suggère d'annoncer l'abandon de ce projet s'il est élu. Sa réponse est évasive, mais une fois sous l'immense chapiteau qui accueille le meeting, il s'aperçoit des réactions hostiles des opposants et il débute son intervention par cette phrase : « Plogoff ne figure pas et ne figurera pas dans mon plan nucléaire ».

Je suis heureux d'avoir contribué à cet engagement, qui se concrétisera par une annonce lors d'un des premiers conseils des ministres du septennat.

La réponse de François Mitterrand

  • La terre du Larzac rendue aux paysans

François Mitterrand avait promis de rendre la terre du Larzac aux paysans. Sa victoire le 10 mai 1981 signifia la fin de leur lutte contre l'extension du camp militaire.

C'est cet anniversaire qui a été fêté à Millau le 27 mai 2011, en présence de personnalités, de militants et d'anciens paysans qui avait appartenu aux "103 du Larzac". J'ai eu le plaisir de participer à cette soirée, qui a donné lieu à des témoignages émouvants.

J'ai pour ma part rappelé dans quelles conditions, jeune député, ceint de mon écharpe tricolore, je les accueillis pour leur grande manifestation à Paris le 2 décembre 1978, après leur marche à travers la France. Malgré les provocateurs, qui avaient failli faire dégénérer la manifestation, ce fut un beau succès. Immédiatement après, je pris dans ma voiture une délégation de paysans pour rencontrer François Mitterrand au siège du PS, place du Palais-Bourbon.

Encore imprégnée de l'odeur infecte des gaz lacrymogènes, la délégation lui explique la démarche pacifique des manifestants confrontée à la violence de provocateurs et des forces de police. Elle confirme que leur revendication est bien le refus de l'extension du camp militaire aux dépens des terres des paysans. François Mitterrand s'engage à les soutenir.

La décision officielle d'abandonner l'extension du camp militaire fut prise au Conseil des ministres du 3 juin 1981.

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R
Merci Paul pour cette information, aux grandes retombées républicaines.<br /> Amitié.<br /> René
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