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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 22:54
Un livre de Paul Quilès et Alexandra Novosseloff

Parution le 10 juin aux éditions "Les Portes du Monde"

Résumé

Notre monde ne va pas bien. L’affirmation est banale, mais elle ne doit pas conduire au fatalisme. C’est justement le mérite de ce livre que d’expliquer les causes des désordres du monde afin que demain, on ne puisse plus dire : « nous ne savions pas », ou encore « ce n’est pas notre faute ».

Cet ouvrage est en premier lieu un plaidoyer pour une politique de prévision et de prévention de ces crises. Gouvernants et gouvernés se doivent de réagir le plus tôt possible, au lieu de subir des choix présentés dans l’urgence et alors paraissent comme inéluctables. La mise au point de solutions réalistes passe donc par un bon diagnostic engendrant les démarches susceptibles de faire accepter ces solutions par le plus grand nombre, avant de les mettre en oeuvre. On verra que, face aux désordres du monde, seule la gestion collective des grands problèmes de la planète -ce que l’on appelle le multilatéralisme– peut répondre aux défis ainsi posés par les menaces et permettre de nous éviter de vivre en permanence à l’ombre du chaos.

Les auteurs s’efforcent de comprendre les causes multiples de ces désordres,puis de cerner ensuite le rôle des principaux acteurs du monde d’aujourd’hui.

Après cette analyse, ils font le point sur les grandes menaces qui pèsent sur le monde. L’ONU en a identifié six : la guerre entre Etats ; la violence à l’intérieur des Etats provoquée par les guerres civiles ; les génocides ou la violation massive des Droits de l'Homme ; la pauvreté, les maladies infectieuses, la dégradation de l'environnement ; les armes nucléaires, radiologiques, chimiques et biologiques ; le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

Autant de menaces qui peuvent être le fait d’agents non étatiques, aussi bien que des Etats. Elles concernent à la fois la sécurité des personnes et celle des Etats, car, à l’heure de la mondialisation, elles sont interdépendantes.

1 - COMBATTRE LE TERRORISME INTERNATIONAL

La lutte antiterroriste est un combat de l’ombre. Elle ne peut être conduite par un seul Etat. Elle doit être globale et s’appuyer sur un système international de coopération et de coordination. Il faut en effet tarir les sources – financières, militaires, humaines – du terrorisme, neutraliser les liens et les réseaux qui le nourrissent, modifier l'environnement qui lui a permis de prospérer.

2 - RÉFORMER L’ONU : UNE NÉCESSITÉ

Une évolution profonde de l’ONU peut faire avancer le multilatéralisme comme méthode de gouvernance globale. L’ONU retrouverait auprès de tous les Etats, même les plus puissants, une plus grande légitimité et une plus grande autorité.

3 - RÉGULER LES RELATIONS ÉCONOMIQUES INTERNATIONALES

Il faut tout d’abord repenser le rôle des institutions financières et commerciales multilatérales. Il faut aussi donner aux pays en voie de développement les moyens de s’insérer par eux-mêmes dans les échanges internationaux, en réduisant leur vulnérabilité au risque. L’idée d’une taxation des mouvements financiers internationaux pour décourager les mouvements spéculatifs est une piste à ne pas abandonner.

4 - NE PAS TRICHER AVEC LE DÉSARMEMENT

La maîtrise du désarmement constitue un mécanisme efficace au service de la paix et de la sécurité, à condition qu’il règne parallèlement un climat de confiance entre les Etats et dans les rapports internationaux.

5 - ÉNERGIE ET ENVIRONNEMENT : LES BONNES INTENTIONS NE SUFFISENT PAS

La démarche de Kyoto semble timide lorsqu’on mesure les efforts à réaliser pour éviter la crise énergétique et climatique qui nous menace. Afin de ralentir le réchauffement de la planète, il faudrait une réduction beaucoup plus drastique des émissions de gaz à effet de serre de la part des plus gros pollueurs – les Etats-Unis et les grands pays émergents comme la Chine et l’Inde, que le régime de protection du climat soit durci et que l’on ne compte pas sur le seul marché pour le garantir. La création d’une Organisation pour l’environnement aiderait cette évolution en permettant de mieux coordonner l’ensemble des actions.

Alors, comment convaincre de la pertinence de ces réponses ? Est-il naïf d’imaginer que le monde, ses dirigeants et ses peuples pourraient suivre une autre voie que celle de la marche vers les « catastrophes annoncées » ? Peut-on envisager que la raison finira par s’imposer dans les relations internationales comme le moyen le plus pertinent de défendre l’intérêt collectif de l’humanité ?

Pour que les politiques décrites dans ce livre aient une chance d’être mises en oeuvre, il faut ensuite investir plusieurs champs d’action :

• celui de l’action politique nationale. Un débat démocratique informé, authentique peut faire naître en France une politique étrangère cohérente, clairement défendue devant les citoyens et orientée sans ambiguïté vers les priorités du développement durable, du désarmement et de l’instauration d’une gouvernance mondiale juste et efficace ;
• celui de l’Europe. Il serait illusoire de vouloir conjurer les risques de ce début de troisième millénaire à partir d’une approche étroitement nationale. Il faut donc construire un espace européen, au sein duquel pourra s’affirmer cette opinion publique dont on a vu les prémices à l’échelle de l’Europe tout entière, lorsqu’elle a tenté d’arrêter la marche vers la guerre d’Irak.
• au-delà de l’Europe, il faut oeuvrer à un partenariat stratégique avec le monde en développement, en s’appuyant sur les mouvements qui traversent les sociétés civiles en éveil dans un nombre croissant de pays ;
• aux confins de l’Europe, s’impose la tâche de construire avec l’Est un espace paneuropéen de paix et avec le Sud une association méditerranéenne de co-développement.

Il sera alors possible d’accompagner le processus actuel de constitution d’une « opinion publique mondiale », capable de peser sur les gouvernants et sur les acteurs de la scène internationale. Dans cet appel à l’intelligence et à la lucidité collective, la mise en avant de la prééminence du système de gouvernance mondiale est fondamentale, dans la mesure où seule une ONU réformée, plus efficace, garantira la pérennité des solutions.

Si cet espoir ne se concrétise pas, il est à craindre que surviennent les catastrophes si souvent annoncées, conduisant alors à des excès qui mettraient en cause la liberté et la démocratie.

Les auteurs ont choisi d’illustrer leur analyse en faisant intervenir différentes personnalités, politiques, scientifiques, intellectuels. Ce sont Jérôme Bindé, Patrick Champagne, Dominique David, Alain Dejammet, Jean-Yves Le Déaut, Patrice Sartre, Serge Sur, François-Xavier Trégan, Hubert Védrine. Leurs contributions traitent d’une série de thèmes qui sont au coeur de la vie internationale. Il ne s’agit pas seulement d’un constat ou d’un diagnostic des désordres de ce monde et des menaces qui en découlent, mais aussi de propositions réalistes, susceptibles d’y remédier.

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Published by Paul Quilès
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez