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Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Un ami, des amis…..

Publié le 1 Mai 2008 par Paul Quilès in Réflexions à haute voix

Pierre Bérégovoy était un ami. C’était aussi un camarade socialiste et le chef du gouvernement dans lequel je fus ministre de l’intérieur. C’est dire si sa mort brutale le 1er mai 1993 m’a affecté.

 Or, en me réveillant ce matin et en écoutant la radio avant d’aller, comme chaque 1er mai, à la rencontre de mes amis syndicalistes de Carmaux, j’ai eu la surprise d’entendre un reportage qui m’a révulsé.   

Il s’agissait d’un long commentaire sur une enquête journalistique concernant les conditions du suicide de Pierre Bérégovoy. Je passe sur les détails morbides, pour en arriver à la conclusion : toutes ces supputations semblent « sans fondement », mais il fallait bien en parler….puisque certains, qui exploitent et alimentent sans vergogne la rumeur, en ont parlé ! 

En ce jour du 15ème anniversaire de sa mort tragique, j’aurais préféré qu’on rappelle l’homme qu’il a été et son parcours exceptionnel: celui du syndicaliste ouvrier, devenu militant politique, puis responsable au plus haut niveau avant de devenir ministre puis premier ministre. 

Qu’il ait commis des erreurs, c’est probable, mais qui n’en commet pas dans l’action politique ? Cela ne saurait pour autant justifier les campagnes haineuses dont il fut l’objet de la part de ses adversaires politiques et son honneur « jeté aux chiens », pour reprendre la formule de François Mitterrand lors des obsèques de Pierre Bérégovoy à Nevers. 

Il n’avait pas supporté la violence de cette mise en cause et je me souviens de sa tristesse lorsque certains « amis » se sont éloignés de lui, au moment où il avait besoin de soutien. 

Je me souviens aussi de sa réaction indignée, lorsque, ministre de l’intérieur, je l’ai informé des « révélations » qui allaient être publiées sur le prêt sans intérêt qui lui avait été consenti. 

Je me souviens de son écoeurement après cette séance pénible du Comité Directeur du PS à la Maison de la chimie, quelques semaines après les  élections législatives. Il s’agissait de tirer les leçons de la sévère défaite de la gauche et certains responsables socialistes avaient préféré le prendre comme bouc émissaire en le présentant comme responsable principal de l’échec. 

Je me souviens enfin de ce soir, quelques jours avant son suicide, où il est venu me voir dans mon bureau à l’Assemblée Nationale. Il était totalement déprimé et ne cessait de répéter : « Paul, franchement, est-ce que tu crois qu’on a mérité ça ? ». Je me suis dit plus tard que ce devait être un message : « ça », c’était probablement ce qu’il subissait et le sentiment d’être abandonné par ses « amis ». 

Alors, depuis ce jour, je sais qu’il faut utiliser avec beaucoup de discernement le beau mot d’ « ami »….surtout en politique, où il donne souvent lieu à un abus de langage, auquel je recommande à mes amis (les vrais) de ne pas se livrer.

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G
Bonjour Monsieur le Ministre, <br /> Cher Monsieur le Maire, <br /> Ami et camarade, et à tous.<br /> <br /> J'habitais encore Marseille lorsque ce tragique événement s'est produit! Un 1er Mai, et des circonstances pareilles ne peuvent s'oublier lorsqu'on est militant cheminot(CGT). <br /> Aussi, lorsque j'ai reçu votre billet, puisque je suis abonné à votre newsletter, j'ai pensé à "utiliser" sa substance en hommage à Pierre Bérégovoy, un temps cheminot (FO), et devenu 1er Ministre, pour en faire le Post scriptum à mon C/R du 1er Mai 2008 à Pertuis en Luberon, où nous sommes retirés aujoud'hui, bien que Bitterrois d'origine et Michèle et nos enfants natifs de Saint-Pons de Thomières(34).<br /> <br /> "La Fête du Travail le 1er mai, des origines à la mise en place, un peu d'Histoire:<br /> La journée internationale des travailleurs, devenue fête du Travail est l’occasion d’importantes manifestations du mouvement ouvrier.<br /> <br /> En France, dès 1793, une fête du Travail est fixée le 1er pluviôse (en janvier), et fut instituée pendant quelques années par Fabre d’Églantine.<br /> <br /> Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de débuter leur action le 1er mai parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là.<br /> <br /> C’est ainsi que le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs d’obtenir la journée de huit heures. D’autres travailleurs, dont les patrons n’ont pas accepté cette revendication, entament une grève générale. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays.<br /> <br /> Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers.<br /> <br /> C’est alors qu'une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. À la suite de cet attentat, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort ; quatre seront pendus le vendredi 11 novembre 1887 (connu depuis comme Black Friday ou vendredi noir) malgré l’inexistence de preuves, le dernier s’étant suicidé dans sa cellule. Trois autres sont condamnés à perpétuité.<br /> <br /> Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l’un des condamnés, August Spies : <br /> <br /> « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui. »<br /> <br /> <br /> Trois ans plus tard, la IIe Internationale socialiste se réunit à Paris pour le centenaire de la Révolution française et l’exposition universelle.<br /> <br /> Sur une proposition de Raymond Lavigne, elle décide le 20 juillet 1889 de faire de chaque 1er mai une journée de manifestation avec pour objectif la réduction de la journée de travail à huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé).<br /> <br /> Le 1er mai 1891, à Fourmies, dans le Nord, la manifestation tourne au drame : la police tire sur les ouvriers et fait neuf morts ( voir la Fusillade de Fourmies et Ravachol ). Avec ce nouveau drame, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.<br /> <br /> Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l’Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai...<br /> <br /> En France, Au début du XXe siècle, il devient habituel, à l'occasion du 1er mai, d'offrir un brin de muguet, symbole du printemps en Île-de-France. Une tolérance de l'administration fiscale permet aux particuliers et aux organisations de travailleurs de vendre les brins de muguet sans formalités ni taxes.<br /> <br /> Le 23 avril 1919, le Sénat ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant une journée chômée.<br /> <br /> Le 24 avril 1941, le maréchal Pétain, instaure officiellement le 1er mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale ». À l’initiative de René Belin, ancien dirigeant de l’aile anticommuniste de la CGT (Confédération Générale du Travail) devenu secrétaire d’État au Travail dans le gouvernement de François Darlan, le jour devient chômé. La radio ne manque pas de souligner que le 1er mai coïncide aussi avec la fête du saint patron du maréchal, saint Philippe. L’églantine rouge, associée à la gauche, est remplacée par le muguet.<br /> <br /> En 1947 le 1er mai devient de droit un jour férié chômé et payé pour tous les salariés sans conditions ( art. L.222-6 du Code du travail; mais il n’est pas officiellement désigné comme fête du Travail ). <br /> <br /> Ce n’est que le 29 avril 1948 qu’est officialisée la dénomination « fête du Travail » pour le 1er mai.<br /> <br /> Beaucoup à gauche voudraient que la fête du Travail redevienne la fête des Travailleurs, ils refusent la mesure de Pétain, par contre l’églantine rouge (d’origine révolutionnaire) n’est plus vraiment une revendication, d’autant que la vente libre du muguet par tous ce jour-là (sans taxe ni autorisation préalable, ce que dénoncent souvent les commerçants fleuristes qui jugent cette concurrence déloyale) donne l’occasion aux syndicats de rencontrer la population et faire connaître leurs activités et revendications.......................<br /> <br /> - En Vaucluse, ce 1er MAI 2008, PERTUIS renoue avec la tradition; <br /> <br /> Marseille et Avignon d'accord, et pourquoi pas dans notre commune de 20 000 habitants! 200 citoyens, peut-être un peu plus? Peu importe, nous y étions!<br /> <br /> Dès 10h30, au bas du Cours de la République, et autour de l'UL-CGT organisatrice, un tracteur surmonté d'une sono "balbutiante" est sur le point d'être décoré; l'UL-CFDT a répondu présent; la Ligue des Droits de l'Homme est bien en vue avec ses fanions, la LCR et les siens, les Verts, le collectif du NPA, le Parti Communiste, les Lycéens et leur banderole du Val de Durance, ATTAC-Sud-Luberon, des militants socialistes ...et des élus: le Conseiller Général Maurice Lovisolo, trois Conseillers municipaux de Pertuis, Fabien Pérez, Christina Bérard et Lucette Reynaud, le Maire de La Tour d'Aigues Jean-François Lovisolo, par ailleurs 1er Fédéral du PS84, et Chantal Dufour, Gérard Pastor, Hélène et Jean-Louis Maigron, Annie avec sa petite fille, et bien d'autres que j'oublie bien involontairement...<br /> <br /> La petite manif a remonté le Cours, puis a emprunté le Bd Pécout, l'Avenue Maréchal Leclerc, la rue Colbert, la rue Danton, la Place Mirabeau, pour occuper qqs instants la Place Jean Jaurès, où Georges, jeune Lycéen a pris la parole, puis Lydie Antonelli au nom de l'UL-CGT et Daniel Lamorlette au nom de l'UL-CFDT.<br /> <br /> Les allocutions ont été seulement interrompues par une automobiliste rageuse et son Klaxon puissant qui a refusé d'effectuer une manoeuvre pour un demi-tour pourtant facile, et a fendu notre petit meeting de circonstance, "non découragée" en celà par le lieutenant de la Police Nationale! ( CQFD )<br /> <br /> Ensuite, direction le boulodrome pour un pique-nique en famille.<br /> <br /> Très amicalement, <br /> <br /> Gilbert.<br /> <br /> Cadre Honoraire SNCF-CGT.<br /> <br /> Ps) Clin d'oeil pour clin d'oeil, je regrette sincèrement que FO ait été absent de notre manif, mais encore bien d'autres! J'exprimerai donc une pensée particulière en ce jour du 15e anniversaire de la mort tragique de Pierre Bérégovoy, syndicaliste cheminot FO, devenu militant politique, puis responsable au plus haut niveau avant de devenir 1er Ministre de la France: < http://paul.quiles.over-blog.com/article-19204066.html >; <br /> <br /> Dans cet esprit, Lydie aura réussi à regrouper en ce 1er MAI 2008 à PERTUIS CGT, CFDT et FO.<br /> <br /> Merci, Gilbert de Pertuis en Luberon
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B
Merci pour ce rappel de qui fut Pierre BEREGOVOY surtout aujourd'hui avec le président que nous avons !
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