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Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Non, les militants socialistes ne sont pas des grenouilles

Publié le 20 Mai 2008 par Paul Quilès in Réflexions à haute voix

Quand on observe ce qui se passe aujourd'hui au Parti socialiste, la lecture des fables de La Fontaine a quelque chose de distrayant.

Dans la galerie de portraits animaliers qui nous sont présentés, j'ai retenu celle des "grenouilles qui demandent un roi", tant l'insistance des médias (et de certains socialistes) est grande pour nous convaincre que l'enjeu du prochain congrès serait avant tout et presque exclusivement de trouver un chef, un leader, un candidat .....bref une sorte de roi.

Relisons ensemble:

 

                "Les grenouilles se lassant
            De l'état démocratique, 
            Par leurs clameurs firent tant 
Que
Jupiter les soumit au pouvoir monarchique.

Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique: 
Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant,
            Que la gent marécageuse, 
          
Gent fort sotte et fort peureuse, 

            S'alla cacher sous les eaux, 
            Dans les joncs, les roseaux, 
            Dans les trous du marécage, 
Sans oser de longtemps regarder au visage 
Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau. 
            Or c'était un
soliveau

De qui la gravité fit peur à la première 
            Qui, de le voir s'aventurant, 
            Osa bien quitter sa tanière. 
            Elle approcha, mais en tremblant; 
Une autre la suivit, une autre en fit autant: 
            Il en vint une fourmilière; 
Et leur troupe à la fin se rendit familière
            Jusqu'à sauter sur l'épaule du roi.

Le bon sire le souffre et se tient toujours
coi.

Jupiter en a bientôt
la cervelle rompue:

«Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue.» 
Le monarque des dieux leur envoie une grue,
            Qui les croque, qui les tue, 
            Qui les gobe à son plaisir; 
            Et grenouilles de se plaindre. 
Et Jupiter de leur dire:« Eh quoi? votre désir
            A ses lois croit-il nous astreindre? 
          
Vous auriez dû premièrement

            Garder votre gouvernement;
Mais, ne l'ayant pas fait,
il aurait dû vous suffire

Que votre premier roi fut débonnaire et doux
            De celui-ci contentez-vous, 
            De peur d'en rencontrer un pire."

Bien entendu, comme on dit au cinéma, "toute ressemblance avec des faits ou des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence".

Mais redevenons sérieux et éloignons nous des comparaisons animalières: éléphants, gazelles, grenouilles...Les militants socialistes souhaitent, dans leur grande majorité, que l'enjeu du prochain congrès ne soit pas réduit à des questions de personnes. Ils veulent que la priorité clairement affichée soit le débat et les choix politiques. Ils attendent que soient réaffirmées les valeurs qui distinguent la gauche de la droite, que le PS dise avec netteté les réponses qu'il entend apporter dans le contexte de crise du capitalisme mondialisé, que soient définies les étapes du nécessaire rassemblement de la gauche.

Ce n'est qu'ensuite que le "leader", c'est à dire celui ou celle qui devra appliquer cette ligne politique sera désigné....comme le prévoient très exactement les statuts du PS. Agir à l'inverse et se focaliser jusqu'au ridicule sur la recherche du "roi" ne peut conduire qu'à des désillusions, comme nous l'a si bien et si drôlement montré La Fontaine.
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G
Bonjour,<br /> Je viens de recevoir d'un ami et camarade ce petit conte réalisé par Olivier Clerc, écrivain et philosophe. Je me permets de l'ajouter, avec votre permission, à la fable de La Fontaine commentée sur le sujet semblable.<br /> <br /> Amicalement, <br /> <br /> Gilbert.<br /> <br /> <br /> Il s'agit du principe de la grenouille chauffée :<br /> Imaginez une marmite remplie d'eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille.<br /> - Le feu est allumé sous la marmite, l'eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède.<br /> - La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.<br /> - La température continue à grimper. <br /> <br /> L'eau est maintenant chaude. C'est un peu plus que n'apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s'affole pas pour autant.<br /> <br /> - L'eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence trouver cela désagréable, mais elle s'est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien.<br /> <br /> - La température continue à monter jusqu'au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir.<br /> <br /> - Si la même grenouille avait été plongée directement dans l'eau à 50°, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l'aurait éjectée aussitôt de la marmite. <br /> <br /> Cette expérience montre que, lorsqu'un changement s'effectue d'une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte.<br /> <br /> - Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques décennies, nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons.<br /> <br /> Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y a 20, 30 ou 40 ans, ont été peu à peu banalisées, édulcorées, et nous dérangent mollement à ce jour, ou laissent carrément indifférents la plupart des gens.<br /> <br /> <br /> AU NOM DU PROGRÈS et de la science, les pires atteintes aux libertés individuelles, à la dignité du vivant, à l'intégrité de la nature, à la beauté et au bonheur de vivre, s'effectuent lentement et inexorablement avec la complicité constante des victimes, ignorantes ou démunies.<br /> <br /> Les noirs tableaux annoncés pour l'avenir, au lieu de susciter des réactions et des mesures préventives, ne font que préparer psychologiquement le peuple à accepter des conditions de vie décadentes, voire DRAMATIQUES.<br /> <br /> <br /> <br /> Le GAVAGE PERMANENT d'informations de la part des médias sature les cerveaux qui n'arrivent plus à faire la part des choses...<br /> Lorsque j'ai annoncé ces choses pour la première fois, c'était pour demain; Là, C'EST POUR AUJOURD'HUI. <br /> <br /> Alors si vous n'êtes pas, comme la grenouille, déjà à moitié cuits, donnez le coup de patte salutaire avant qu'il ne soit trop tard.<br /> <br /> -----------------
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