
Le blog de Paul Quilès
"Il vaut mieux faire que paraître (Jean Monet)"
Loin des rivalités de personnes et des enjeux de pouvoir, le club Gauche Avenir accueille des responsables
politiques, associatifs et syndicaux, des chercheurs, des militants et des sympathisants, d'origines et de sensibilités diverses, pour contribuer à donner une perpective à la gauche.
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Je lis, j'entends que c'était un grand moment, un évènement historique. Je lis,
j'entends qu'il est préférable que le Président de la République vienne annoncer sa politique devant les parlementaires plutôt qu'à la télévision.
La belle blague ! N'aurait-on pas remarqué que celui-ci ne cesse de se répandre à tout bout de champ, à la télévision, à la radio, à l'Elysée, dans ses déplacements programmés, en France
comme à l'étranger ? C'est, comme dit l'adage, « fromage ET dessert ».....
Passons -pour être aimable- sur le rôle effacé du Premier Ministre....pourtant seul responsable devant le Parlement. Comment ne pas voir qu'il s'agit simplement d'une grosse opération médiatique, toute à la gloire du souverain ?
J'entendais ce matin à la radio Robert Badinter, dont j'ai partagé tous les combats, pour qui j'ai un grand respect, mais que j'ai trouvé mieux inspiré. Il parlait à juste titre de « mauvais coup porté aux institutions », de « mise en scène » et il n'avait pas de mot assez dur contre ce « roi, venu en majesté à Versailles ».....et, dans le même temps, il acceptait d'être présent, faisant ainsi en quelque sorte allégeance au souverain.
Il paraît que cela n'aurait pas été « démocratique » ou « républicain » d'être absent de ce « sacre ». Comment se fait-il alors que le même argument ne soit pas utilisé lorsque, trop fréquemment, l'hémicycle se vide lors des grands débats du Parlement ? Encore une fois, les mots perdent vite leur sens et la vie politique, sous l'influence notamment de N. Sarkozy, devient de plus en plus l'esclave d'une communication effrénée, qui porte tort au vrai débat démocratique.
Comme l'écrivait récemment Christian Salmon, pour décrire la vie politique actuelle, « les enchaînements narratifs se transforment en engrenages de coups d'éclats et d'effets de surprise qui détruisent à la longue toute attention prolongée.....Le style obligatoire pour tout le monde devient celui de l'agitation charlatanesque »
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