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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 18:14

      Mali, Syrie, austérité, budget européen….En apparence, rien de commun entre ces dossiers ! Et pourtant, dans la façon dont les dirigeants du monde décident ou ne décident pas, dans les arguments qu’ils utilisent pour justifier une position un jour et le contraire quelques mois plus tard, dans leur incapacité à tenir compte des délais, on retrouve des similitudes troublantes.

    

      Naturellement, dans le "concert des nations", les gouvernants ont tendance à faire passer la défense des intérêts de leur pays avant toute autre considération et ils rechignent souvent à engager des dépenses qu’ils estiment non "rentables" au plan électoral interne. Il n’en demeure pas moins qu’il est triste de voir la vie des hommes et le sort de peuples mis en danger par des attitudes de responsables politiques indécis, voire peureux, incapables de se dégager de visions politiciennes à court terme et de prendre la mesure des enjeux.

 

      Revenons rapidement sur ces 4 dossiers si différents.

 

      - Au Mali, pendant 9 mois, d’avril à décembre 2012, on a laissé la situation empirer et les djihadistes conforter leurs positions au nord du pays. Lorsqu’enfin, le 20 décembre 2012, le Conseil de sécurité de l’ONU décide la mise en place d’une mission africaine destinée à intervenir rapidement (résolution 2085), on laisse annoncer que celle-ci ne sera pas prête avant octobre 2013. On connaît la suite : la France obligée d’organiser seule une opération militaire, des encouragements internationaux sans lendemain, des promesses d’aide européenne qui se traduisent par des mesures pitoyables. Sans commentaire…

 

      - En Syrie, le martyr du peuple se poursuit depuis 2 ans. Les paroles et les discours de compassion n’ont pas manqué, mais une aide matérielle internationale aux combattants qui luttent courageusement contre le dictateur a été jugée jusqu’ici inutile, voire dangereuse, compte tenu du risque de détournement de l’armement livré vers les fractions djihadistes. Malheureusement, à force de tergiverser, ce danger s’est aggravé, en raison de la montée en puissance de ces groupes armés et l’opération devient encore plus compliquée aujourd’hui. Ici à nouveau, les erreurs d’appréciation vont coûter cher, non seulement à ceux qui souffrent, mais aussi à ceux qui n’ont pas su décider à temps.

 

      - L’austérité, même si l’on évite de prononcer le mot, est l’idée maîtresse de Bruxelles et du Conseil européen pour contrer la crise dans laquelle s’enfonce l’Europe depuis plusieurs années. La traduction la plus absurde de cette politique imposée aux Etats est la "règle des 3%", fixant cette limite intangible aux déficits budgétaires. Bien que dénoncée par de nombreux économistes comme génératrice d’un cercle vicieux susceptible d’accroître le chômage, les déficits et la dette, elle a été maintenue comme la seule potion susceptible de guérir le malade.

      Et voila les défenseurs les plus acharnés de cette médecine qui commencent, depuis peu, à nous expliquer, avec la même assurance, qu’elle risque de tuer le malade et qu’il va falloir y renoncer. On comprend la stupeur des défenseurs de la relance , dénoncés jusqu’ici comme incompétents et irresponsables, sans parler des simples citoyens, qui vont finir par ne plus croire les vérités si éphémères qu’on leur assène !

 

      - Le budget européen (environ 1000 milliards €), pourrait contribuer à lancer de grands projets d’avenir, avec le double effet de contribuer à renforcer les solidarités au sein de l’Europe et à préparer l’avenir. Pourtant, les 27 dirigeants européens ont décidé le 8 février dernier de le réduire et cela pour la première fois dans l’histoire de l’UE.

      Lors de ce sommet, François Hollande a estimé que le compromis entre chefs d'État et de gouvernement constituait "le moins mauvais accord" possible. Pourtant, s’il entrait en application, il entrainerait une perte de compétitivité supplémentaire pour l'économie européenne. Harlem Désir, de son côté, considérant que "l'Europe a besoin d'un budget plus ambitieux pour l'emploi et la croissance, pas de l'austérité sans fin proposée par la droite européenne", s’est associé mercredi au rejet par le Parlement européen de ce projet de budget.

      Qui croire désormais ? Quelle sera l’issue de cet affrontement entre Conseil et Parlement européens et de ces jugements contradictoires, qui affaiblissent malheureusement un peu plus la crédibilité de l’UE ?

 

      Entendons nous bien. Chacun peut se tromper*, chacun peut se contredire, même les gouvernants, mais lorsque cette attitude devient trop fréquente, elle risque d’entamer la confiance des citoyens dans le monde politique. Le récent exemple de l’Italie n’est pas pour nous rassurer.

 

*Errare humanum est, perseverare diabolicum ! 

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez