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Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Europe: la prophétie de Pierre Mendès France

Publié le 4 Octobre 2012 par Paul Quilès in Politique française

      PMF.jpgJ'étais hier à Créteil pour présenter la motion "Maintenant la gauche", que je soutiens pour le prochain Congrès de Toulouse du PS.
    
     Au cours du débat, amical mais très animé, j'ai noté avec satisfaction que les thèmes que nous développons rencontrent un écho certain auprès des militants socialistes. 

    
     J'ai pu également constater avec satisfaction que le sens de ce congrès ne leur échappe pas et qu'ils comprennent que notre soutien du gouvernement de J.M.Ayrault ne doit pas interdire la réflexion collective sur des sujets aussi importants que : le refus de l’austérité, la volonté de créer enfin une Europe sociale, la redistribution des richesses par une réforme fiscale d’ampleur, la lutte contre les licenciements boursiers et les délocalisations, les outils pour la réindustrialisation, l’urgence écologique, l’égalité réelle, une autre mondialisation, une VIèmeRépublique davantage parlementaire et limitant le cumul des mandats.
   
     Le thème de l'Europe a naturellement été évoqué à des multiples reprises au cours de la soirée. J'ai rappelé, comme je l'avais fait sur ce blog il y a 3 ans, la terrible prophétie de Pierre Mendès France à propos de la construction européenne.  

     Plusieurs militants m'en ont demandé les termes exacts. Les voici:

     « Le projet (.....) tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XX ème siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens large du mot, nationale et internationale.»  (Assemblée nationale- 18 janvier 1957).
     
      Dans le climat d'incertitude et de confusion qui règne autour du débat sur l'Europe que nous voulons, cette redoutable lucidité devrait interpeler la gauche et tous ceux qui, à juste titre, considèrent Pierre Mendès France comme une référence morale et souvent comme un visionnaire.
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omnitech support reviews 09/09/2014 14:58

The question that was raised here posses a great relevance and was a pointer to the current political scenario. Even though I am not quite interested in the political games, it is at times so fun to watch one.

foue 25/10/2012 13:48

superbe citation. Question à M Quiles : pourquoi dès lors avoir participé à une politique qui va dans le sens craint par Mendes France depuis la fin de la préference communautaire dès le premier
septennat de Mitterand ?
que ça soit PS ou UMP/RPR, on ne fait que renforcer le volet economique de l'europe, en ne progressant qu'aux marges dans le domaine social. On a perdu de vue l'objectif et remis les clés aux
ultra-libéraux européens.

On répondra que l'acte unique, l'euro devaient impulser un mouvement qui allait entrainer des progrès sociaux et politique. Au mieux, c'etait très naif (moi compris puisque j'ai voté oui à
Maastricht); integrer l'economie sans rien faire dans le social, puis diluer l'alliance européenne à 25 (puis 27), est l'erreur majeure de notre génération. L'Europe telle que nous l'avons rêvée
est morte. Nous avons un monstre economique qui dirige l'europe fort peu démocratique - l'issue n'est plus de réformer le malade, il faut en sortir et repartir sur d'autres bases

Paul Quilès 01/11/2012 11:40



Je partage une bonne partie de votre commentaire.....mais pas la conclusion. Une sortie de l'Europe conduirait à une aventure dont nul ne peut prévoir l'issue. Les mouvements extrêmistes
(d'extrême droite en particulier) trouveraient là une aubaine pour prospérer! On ne doit pas prendre ce risque.