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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 08:36

Voici le texte à partir duquel je suis intervenu lors du Conseil National d'hier, qui portait sur "la rénovation" et notamment sur la question

des"primaires ouvertes" pour désigner un candidat à l'élection présidentielle de 2012.

 

Pour visionner la vidéo de l'intervention,

cliquer ici

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- Notre débat peut sembler très éloigné des préoccupations des Français, de la situation de la France et du monde….Et pourtant, il touche à un sujet essentiel pour tous ceux, dont nous sommes avec une majorité de Français, qui considèrent comme une nécessité absolue le changement (mot qui prend tout son sens, quand on voit où nous en sommes aujourd’hui avec le système sarkoziste) : changement politique, économique, social, institutionnel, des moeurs politiques….


- Ce sujet essentiel, c’est la stratégie à mettre en place pour gagner, pas seulement du fait de l'alternance, mais pour mettre en oeuvre une alternative……Pour durer au pouvoir (ce qui ne sera pas évident, vu l'état probable de la France en 2012 : crise économique, sociale, des valeurs, modèle social endommagé, précarité, individualisme/atomisation de la société ….), il faudra non seulement un bon candidat, à la forte personnalité, mais aussi et surtout un bon projet, mobilisateur, crédible, soutenu par les forces vives de la gauche….

 

- C’est dire qu’il ne faut pas se tromper dans l’ordre des opérations à mener pour mettre en oeuvre une stratégie gagnante (les idées, le projet, les programme, les personnes), parce que la victoire n’est pas certaine, 2 ans avant l’échéance (voir sur ce blog : « Attention aux fausses évidences »).

L’urgence n’est donc pas de se quereller pour savoir comment et à qui répartir le pouvoir demain. L’urgence, qui doit occuper toutes nos pensées et transparaître dans nos propositions et nos actes, c’est le rassemblement de la gauche, autour d’idées et de projets. Il est heureux qu’on ne parle plus du Modem, comme il y a  an, lorsque l’idée des primaires ouvertes a donné lieu à des colloques et des pétitions fort heureusement oubliées aujourd’hui.

 

- Pour rassembler la gauche, il faut aussi et d’abord rassembler le PS. Le résultat du vote des militants le 24 juin aurait pu être un meilleur signe de ce rassemblement, si le texte proposé n’avait pas été boudé par près de ¾ des adhérents (73,8%). On aurait pu souhaiter à cet égard un vote distinct sur chacun des 5 thèmes, assez différents dans leurs objectifs. D’où l’obligation du vote négatif sur l’ensemble, quand on était en désaccord avec une proposition et d’accord sur les 4 autres : cela a été mon cas, puisque je n’ai pas approuvé le texte sur les primaires.

On sait que ce texte est le résultat d’un compromis entre les courants. C’est peut-être pour cela qu’il n’évite pas les ambigüités, qui n’ont pas pu donner lieu à un véritable débat avec les militants.

Là où le débat a pu avoir lieu, les critiques ont porté sur quelques points, que je résume :

 

1- la contradiction entre d’une part les discours (parfois très éloquents) sur la 6ème République, la critique (justifiée) de la présidentialisation du régime et d’autre part un système qui donne une importance majeure au choix d’une personne, dont le projet et le programme pourront prendre beaucoup de libertés avec ce qu’une Convention extraordinaire du PS aura défini quelques mois auparavant. Quant à savoir si l’ensemble de la gauche s’y retrouvera, c’est pour l’instant le mystère, puisqu’aucune procédure n’est prévue pour le vérifier.

 

2- la minoration du rôle des partis politiques, que certains responsables considèrent comme « une forme historiquement dépassée ». Je suis très dubitatif devant certaines prédictions comme celles-ci, extraites des rapports de la commission Montebourg :

« Les primaires pourront féconder le programme du candidat, ainsi conduit à préciser ses choix, ses stratégies, ses objectifs et les moyens pour les atteindre »

« Projet, choix du candidat, alliances : tout est donc lié dans un nouvel ensemble architectural. Nous pourrons utiliser les primaires comme le déclencheur d’un formidable espoir populaire, en reprenant pied dans la société française, tout comme un moyen de moderniser notre parti dans ses pratiques et ses comportements et peut-être….réorganiser ultérieurement l’architecture de la gauche »

 

3- Le risque d’une élection sous influence d’une partie hostile du corps électoral, ce qui pourrait conduire à l'élection d'un candidat avec l’appui d’électeurs de droite (voir mon analyse chiffrée). Pour seulement 1 euro…., pourquoi se priveraient-ils? Les conséquences seraient graves.

 

4- Dernière critique et la plus importante : le système proposé ne correspond pas exactement au choix qu’avaient fait les militants  lors du vote du 1er octobre 2009 ; 69% d’entre eux avaient choisi l’option 2 qui prévoyait «des primaires dans le cadre d’un rassemblement des forces de gauche autour d’une plateforme commune ». On rétorquera que les partenaires n’en veulent pas (ou plus). Ce n’est pas une raison pour se cantonner à la désignation d’un candidat du seul parti socialiste et pour abandonner ce que devrait être une démarche susceptible de créer une véritable mobilisation citoyenne.

 

A supposer qu’il ne soit pas possible d’avancer vers une candidature de large rassemblement de la gauche et des écologistes, il faudrait au moins faire des propositions pour arriver à la réalisation d’un manifeste, d’une plateforme législative commune, avant la désignation de tout candidat à la présidentielle. Le calendrier retenu ne présente la participation éventuelle d’autres forces à ces primaires que comme un ralliement à la procédure décidée unilatéralement par le PS, ce qui a peu de chance de convaincre nos partenaires.

 

Tout devrait donc être fait d’ici l’été 2011 pour assurer l’établissement d’une plateforme législative avec nos partenaires de gauche et écologistes, évaluer avec eux s’ils souhaitent différentes candidatures à la présidentielle ou s’il est possible de se mettre d’accord sur une candidature de large rassemblement. Dans ce cas seulement, des primaires peuvent avoir un sens. C’était l’objet de l’amendement que j'ai présenté avec Marie Noëlle Lienemann et qui a été voté dans plusieurs fédérations et sections. Nous en avons débattu hier soir à la commission des résolutions et je me félicite qu’une partie de ce texte ait été acceptée.

 

- Depuis près de 20 ans, nous avons souvent voulu réformer le PS. Les formules et les promesses ont varié selon les périodes : « nouvelles pratiques », « refondation », « big bang », révolution culturelle »….. avec des résultats incertains et des déceptions.

Cette fois-ci, les militants ont accepté d’engager le chantier de la rénovation. C’est bien, mais il ne faut pas perdre de vue pourquoi et comment. Pour ma part, si j’approuve les 4 autres propositions faites aujourd’hui (non cumul des mandats, parité, renouvellement et diversité, organisation des congrès et des instances, Haute Autorité), je suis obligé de dire que je suis un peu inquiet des conséquences que pourrait avoir le système des primaires socialistes. 

  

- Certains m’ont dit qu’il s’agissait d’un « pari ». Je dois dire que je trouve le mot et l’idée peu adaptés à l’obligation qui est la nôtre aujourd’hui : mettre fin à la politique de Sarkozy, qui détruit une bonne partie du modèle français et qui désespère un nombre de plus en plus grand de nos concitoyens.  

- A 10 mois du 30ème anniversaire du 10 mai 1981, permettez-moi de formuler un vœu, sans aucune nostalgie mais avec espoir : celui que toutes nos décisions, tous nos actes permettent de créer les conditions non seulement d’un retour de la gauche au pouvoir.....mais d'un retour durable afin que nous puissions, comme nous le chantions alors...."changer la vie".

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Published by Paul Quilès - dans Primaires
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commentaires

GILLERON Bernard 06/07/2010 12:23


Un grand merci aux promoteurs de "l'amendement Quilès-Lienemann-Filoche" pour l'avoir porté, défendu et parfois, heureusement, fait adopter par leurs sections voire leurs fédérations.
Si j'ai bien compris le film, ce sont les mêmes qui avec leur pugnacité et leur tact coutumier, on réussi à le faire aussi adopter par la Commission des résolutions le 2 juillet au soir.
J'ai suivi avec beaucoup de craintes à propos des "primaires ouvertes", "pari" insensé de Montebourg qui s'imagine qu'un Parti de Gauche responsable peut ainsi jouer à la roulette russe l'avenir du
Pays,en hypothéquant à l'avance le rassemblement de la Gauche et des écologistes, par "l'invention" de cet absurde système de désignation interne aux socialistes(+ aux quelques -rares-
sympathisants sincères qui y participeront, et + encore aux nombreux électeurs avérés du centre ou de la droite qui viendront fausser le "jeu").
Et ce sans discussions préalables du Projet avec les autres partis et organisations de gauche du Candidat en 2012(d'Union, forcément!:le PS n'est pas le seul parti de gauche, même s'il est le plus
gros en nombre de voix [de second tour surtout!]),et des députés qui le soutiendront s'il est élu!!!
Ce fut donc pour moi une heureuse surprise d'entendre le florilège des interventions des délégués plutôt dubitatifs ou franchement opposés à l'intérêt des "primaires" à la sauce Montebourg, et
Olivier Ferrand de Terra-Nova.(à quel titre d'ailleurs représentait-il Montebourg à la tribune de la convention?Avait-il été régulièrement élu à la commission "Rénovation"-on peu en douter quand on
lit les remerciements chaleureux de Montebourg à celui qui fut un "collaborateur" de la commission, mais pas forcément un membre?)
Bref ce fut un grand "OUF" de soulagement pour moi d'entendre à la fin de débats, François Lamy annoncer que l'amendement cité plus haut avait été repris par la Commission des Résolutions.
On sait depuis que la troisième partie du texte ne l'a pas été.
Raison de plus pour être fermes, à tous les niveaux de débat et de décision, pour que le deux premiers points retenus soient scrupuleusement appliqués:
"1- La convention mandate la direction nationale du PS pour prendre les contacts nécessaires avec nos partenaires dans le but d'élaborer une plateforme commune et d'engager des discussions afin
d'évaluer la possibilité d'une candidature de rassemblement désignées par des primaires"
"2- La convention demande qu'un bilan de l'action entreprise et des contacts réalisés soit présenté en fin d'année 2010."
Comme je soupçonne quelque peu une forte partie de la Direction Nationale* d'être plutôt dure à la détente sur ce mandat...
(*)l'officielle, et aussi l'officieuse[qui s'agite beaucoup sur le net, dans ses Clubs et Fondations, et dans les médias influents qui survivent et qui se revendiquent tous de la "deuxième
Gauche"(cf. Interview de Jean Daniel, sur France Inter,et parution d'une lettre "commune" ahurissante de Rocard et Veil dans le Monde d'hier["Halte au feu!"])
...Je préconise quant à moi, que sans tarder des Réunions Unitaires en Régions et/ou Agglomérations soient organisées (en toute transparence, pas en conspirateurs!) par les militants qui se
reconnaissent dans cet amendement, avec nos amis des autres formations de gauche et écologistes et des syndicats (auxquels eux généralement appartiennent , en application des statuts du PS),pour
d'en bas, pousser la Commission ASSOULINE (instaurée par la Direction nationale, et affichant des objectifs ambitieux)à agir dans le bon sens, et en enrichir les travaux.


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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez