Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 18:57

Buzz   L'histoire de l'humanité est jalonnée de découvertes d'outils et de procédés utiles à l'Homme et qui ont permis son développement, mais dont l'utilisation peut être détournée et mettre alors en danger ceux qui les utilisent ou ceux contre qui ils sont employés.

    Les nouvelles technologies de communication font partie de ces outils et il serait stupide, comme on l'entend parfois, de les condamner au motif que certains de leurs usages sont jugés dangereux ou d'une utilité discutable. Elles représentent une formidable avancée pour les hommes, qui disposent désormais d'une capacité sans précédent de s'instruire et de s'informer sans intermédiaire.

    Je me souviens d'un discours que j'ai fait au Japon, au début des années 90, au cours d'une visite ministérielle où je présentais les technologies françaises de télécommunications. Lorsque j'ai annoncé la perspective d'une information instantanée et mondialisée avant la fin du siècle, j'ai rencontré quelques sourires moqueurs.

    Et pourtant, les choses sont allées très vite. Le phénomène s'accélère même de façon impressionnante et nous ne sommes qu'au début de l'explosion entraînée la conjonction du numérique, de la miniaturisation et des télécommunications. Les innombrables développements promis par des innovations comme l'iPhone ou l'iPad posent quand même la question de l'utilité de certaines applications censées répondre à des besoins...créés pour l'occasion.

    Il n'est cependant pas question de contester l'utilité de cet outil exceptionnel pour rapprocher et instruire les hommes. Par contre, il me semble indispensable de s'interroger sur les risques d'une utilisation détournée, qui le rendrait dangereux, aliénant et qui pourrait le transformer en moyen de manipulation.

    Cette réflexion salutaire devrait être abordée de façon directe et sérieuse, notamment avec les plus jeunes, en évitant les anathèmes (les "ringards", les "archaïques") et les affrontements caricaturaux (les "pour" et les "contre").

    J'ai bien aimé à ce propos l'intervention courageuse de Barack Obama, qui, devant des étudiants de l'université de Hampton, a osé émettre des réserves sur les bienfaits des nouvelles technologies, regrettant que .  l'information devienne "une distraction, une diversion, une forme d'amusement, plutôt qu'un outil d'épanouissement ou un moyen d'émancipation";

    Le président américain a ensuite regretté que "certaines informations les plus folles" puissent "rapidement être amplifiées" par des blogs ou des stations de radio. "Tout cela non seulement met de la pression sur chacun de nous, mais aussi sur notre pays et notre démocratie", a-t-il jugé.

            Lire l'article du Point.fr à ce sujet.

  

    Puisque j'ai évoqué la possibilité de manipuler avec les nouveaux moyens de communications, je vous suggère de lire cette dénonciation par le journaliste Daniel Schneiderman du "buzz" organisé sur Internet pour imposer (!) un point de vue. En voici un extrait:

 

    "Loin de moi, l'intention sacrilège de critiquer ce merveilleux instrument, que sont les sondages, et qui offre de si délicieux aliments au buzz du matin. Pourtant, une descente dans les profondeurs du même sondage Ifop-Match, sous-section popularité, recèle bien des mystères. Pourquoi Borloo a-t-il gagné cinq point de "bonnezopinions" depuis avril ? Pourquoi Lang en a-t-il perdu 6 ? Pourquoi Morin en a-t-il gagné 7 ? Pourquoi Devedjian en a-t-il perdu 4 ? Quelles interventions décisives, quels actes courageux, quels prodiges d'éloquence, de ces très estimables personnalités, expliquent de telles variations ? Envoyez vos perspicaces réponses au site.
    Vous n'en savez rien ? Rassurez-vous : les buzzeurs non plus. Et pourtant, ils buzzent, c'est leur fonction, avec une unanimité qui rappelle les jités de lundi, s'ouvrant comme un seul homme sur les miraculeux rebonds boursiers, qui indiquaient évidemment, c'était entendu, que l'Euro avait terrassé la spéculation. Le point commun des traders et des journalistes politiques, c'est le panurgisme. Et un toujours stupéfiant court-termisme. Seul existe l'instant présent. Leurs facultés cérébrales semblent s'être racccourcies à 24 heures environ. Le chiffre éphémère, le chiffre dérisoire, le chiffre indéchiffrable, est leur aliment quotidien."

    Consulter cet article sur le site "Arrêt sur images"

 

    Enfin, je vous recommande, dans un autre style, cette tribune assez décapante de Michel Onfray publiée par le Monde, sur les dégats du fonctionnement "compulsif" des rubriques de commentaires sur Internet. 

Partager cet article

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
commenter cet article

commentaires

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez