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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 09:46
   Paul Quilès interviewé
par Frédéric Rivière sur RFI
 
    «A partir du moment où un Etat ne protège pas ses concitoyens mais les utilise comme cible, tel que le fait Kadhafi, la communauté internationale a le devoir d'intervenir pour maintenir la paix».  
    Le colonel Kadhafi a lancé ce mercredi 2 mars une violente offensive dans l'est de la Libye. On parle désormais d'au moins 6000 morts depuis le début des événements.
    Invité de RFI, Paul Quilès, maire de Cordes-sur-Ciel, ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense et ancien président de la commission de la Défense nationale et des Forces armées à l'Assemblée nationale, commente l'actualité en Libye et esquisse quelques pistes pour une sortie de crise.
                 
                    Ecouter l'interview sur RFI 

    J'ajouterai à ce que j'ai dit au cours de cette intervention sur RFI que je suis choqué par les tergiversations de l'ONU et des grands pays concernant une intervention en Libye. Hier, Kadhafi a déjà bombardé 2 villes qui sont aux mains des opposants. Va-t-on attendre qu'il se livre à des actes fous, comme Hitler, reclus dans son bunker et qui voulait détruire Berlin avant de disparaître?

 

    Il ne s'agit pas d'intervenir au sol, mais de mettre en place une zone d'interdiction aérienne ("no fly zone"). Il ne s'agit pas non plus d'agir sans mandat explicite du conseil de sécurité de l'ONU et sans demande des opposants libyens à Kadhafi. Une telle aide aux populations civiles n'est pas une "ingérence", mais l'application du principe codifié par l'ONU depuis 2005 sous le nom de "responsabilité de protéger".

 

    La non- intervention a malheureusement une histoire: le Rwanda, le Darfour....ou, plus loin dans l'histoire le terrible massacre de Guernica le 26 avril 1937 à la suite du bombardement de la ville espagnole par les escadrilles de la légion Condor de l'aviation allemande, protégée par des avions de chasse de Mussolini.

 

    Il ne faudrait que demain, certains disent: "On ne savait pas...." ou "on n'a rien pu faire.....parce que c'était difficile"! 

 

                                                               Paul Quilès

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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commentaires

Véronique Pons 06/03/2011 16:49


Je ne comprends pas A. Juppé qui déclare à la fois que l'instauration d'une no-fly-zone est à l'étude avec ses partenaires mais que toute intervention militaire est exclue par la France. R. Gaites
a pourtant clairement précisé que cette opération constitue un acte de guerre (et donc une opération militaire). Qu'est-ce que les propos d'A. Juppé signifient exactement ?
1 - Si une telle intervention s'inscrit dans le cadre légal onusien, elle nécessite un vote favorable de la Russie et de la Chine qui n'y seraient pas favorables par principe.
2 - En cas de veto, les USA et la GB seraient prêtes à intervenir hors cadre légal onusien à condition de disposer d'une large assise internationale.
Est-il donc possible que la France favorise la mise en oeuvre d'une no-fly-zone sans y participer activement ? Par des autorisations de survol de son territoire, d'atterrissage, de fourniture de
carburant, de moyens humanitaires... ne mettant en oeuvre ni pilotes ni bombes françaises ?


Christine TABOURET 05/03/2011 18:06


La politique étrangère n'est pas toujours facile à appréhender par le citoyen (même quand il est un peu attentif à l'actualité).Si l'analyse des évènements est relativement accessible, la
compréhension des enjeux et des forces impliquées l'est beaucoup moins. Merci pour cet éclairage très utile. Merci aussi pour avoir rappelé Guernica qui fut une tragédie et une horreur absolues.


marc trinquet 03/03/2011 19:19


Comme Robert Gates disait hier, une resolution de "no-fly zone" n'est pas si simple.
"No fly zone" implique d'abord une intervention armee contre le pays en question, a savoir la destruction de toutes les installations radars de Lybie. Ensuite, maintenir une force de combat aerien
sur porte avion et en alerte 24/24. La France est-elle capable logistiment et financierement de remplir une telle mission? Politiquement La France est-elle prete a assumee l'enorme resonsabilite et
le stigma associes avec une telle action aupres des pays musulmans et Africains qui y verrait ni plus ni moins qu'une attaque de plus de l'Ouest contre un etat souverain?
Ou bien la France compte-t-elle sur un autre pays pour porter le chapeau?


Paul Quilès 05/03/2011 16:14



Comme je l'ai dit dans mes interventions sur les différents médias, il n'est pas question que la France s'engage seule, ni de faire porter le chapeau à un autre pays. C'est au Conseil de sécurité
à donner mandat à une force internationale (à laquelle peut participer la France). Il faut aussi qu'il y ait une demande des opposants à Kadhafi, ce qui est désormais le cas (après des
hésitations). Quant à savoir si l'opération est difficile ou non, c'est une étrange attitude, alors que cette "no fly zone" a été mise en oeuvre à 2 reprises au moins (Irak en 1991 et Kosovo),
qu'on en connaît bien les modalités. Mon sentiment est qu'il n'y a pas -pour l'instant- de volonté politique et que les grands pays cherchent des prétextes de nature technique (et même
financière) pour ne pas décider. Il ne restera ensuite qu'à verser des "larmes de crocodile", quand Kadhafi passera aux actes.....



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