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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 09:39

Sarko-TF1.JPGJe ne reprendrai pas la somme des critiques, au demeurant justifiées, auxquelles a donné lieu l’émission indigeste de Nicolas Sarkozy de l’autre soir sur TF 1 (« Paroles de Français »), mais, avec quelques jours de recul, je m’interroge.

         Comment se fait-il que l’on ait si peu souligné à quel point ce type de prestation dénote d’une dérive évidente de nos institutions ? Car c'est bien d’un fonctionnement quasi-monarchique qu’il s’agit ici: le monarque parle de tout et surtout de n’importe quoi, il a réponse à tout, il fait croire qu’il agit sur tous les sujets de la vie des Français, des plus graves aux plus futiles, des plus généraux aux plus particuliers. Et personne ne semble plus s’en étonner, tant cette attitude est en quelque sorte passée dans les mœurs !

         L’étonnant est que le Président, fasciné par sa propre audace, semble finir par se convaincre lui –même de l’efficacité de son discours, de la pertinence de ses analyses, de l’efficacité de ses réponses. Peu lui importe les contradictions, peu lui importe les approximations de cette logomachie…Il sait que, dans le buzz médiatique, ce qui compte, c’est d’être vu et entendu, souvent et en parlant de tout. Un bruit couvre l’autre, une émission télévisée ou une déclaration soigneusement mise en scène fait oublier la précédente.

         Si l’on veut sortir de cette hyper-présidence hyper-médiatisée, il va bien falloir se décider à poser les bases d’une réforme qui ramène d’abord  les prérogatives du Président de la République aux fonctions normales qui devraient être les siennes dans une vraie démocratie. Est-il incongru de rappeler qu’il existe un Premier ministre, chef du gouvernement, dont le rôle effacé en dit long sur la réalité de ce régime ?

         Il faudra aussi permettre aux instances de contrôle –en tout premier lieu, au Parlement- de réguler l’action de l’exécutif, faute de quoi la concentration du pouvoir dans les mains du président-monarque va devenir insupportable.

         Combien de temps encore les Français accepteront-ils ce système, qui s’éloigne de plus en plus d’une véritable démocratie dans laquelle le peuple a son mot à dire ? Le climat actuel fait d’affaires, de scandales, de dysfonctionnements, de crispations, d’affrontements, sans parler de l’angoisse du lendemain que ressent un nombre élevé de nos concitoyens……tout cela devrait inciter ceux qui gouvernent la France à redonner la parole au peuple*.

         Je sais, les élections nationales sont dans 15 mois. Je sais, le contexte n’a rien à voir avec celui des révolutions arabes, mais ce qui vient de se passer dans ces pays (et que personne n’avait prévu !) devrait faire réfléchir ceux qui s’obstinent, contre vents et marées, à exaspérer nos concitoyens avec cette façon autocratique de gérer les affaires de la France.

 

* Lire ou relire « 18 mois chrono », qui raconte comment la dissolution de l’Assemblée nationale peut redonner de la vigueur au débat politique.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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commentaires

Yves Béguin 20/02/2011 20:37


Merci pour ces éclairages très pertinents sur des sujets qui nous préoccupent tous.
Autres graves interrogations, celles des enseignants, qui ont, cette semaine, renvoyé leurs palmes académiques au ministre de tutelle, Luc Chatel, pour lui signifier leurs refus de la politique
destructrice de l’éducation nationale qu’il mène depuis qu’il est installé à ce poste.



En effet la prime à la casse est de retour ! Elle a quitté le secteur automobile pour reprendre du service dans l’Education Nationale. Elle coutera moins cher à l’état mais elle sera, à n’en pas
douter, plus efficace dans l’œuvre de dynamitage des fondations de notre système éducatif que ne l’a été la même prime appliquée au redressement du secteur automobile.



Avec seulement 7500€ de prime distribuée aux recteurs, plutôt retissants à supprimer les 16 000 postes exigés cette année pour ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite à
l’Education nationale, on va leur redonner du cœur à l’ouvrage et ils pourront accélérer sans complexe ni retenue la course engagée vers les classes surpeuplées et la chute consécutive des
résultats scolaires. Et ceci tout en prétendant être inspirés par la stratégie de Lisbonne qui fait de la société de la connaissance l’avenir de l’Europe !



Encore un méfait d’un régime qui périclite sous les erreurs accumulées dans tous les domaines, et qui s’acharne dans son aveuglement à contretemps des évolutions indispensables vers la société de
la connaissance de demain. Vivement l’arrivée de 2012 pour arrêter toutes les primes à la casse inutiles et dangereuses qui nous conduisent à la casse… de la France que nous aimons et que le monde
nous a envié pendant des décennies !
Yves Béguin


Manuela Delahaye 15/02/2011 17:18


Il est évident depuis longtemps même à l'époque où il n'était que ministre mais bien plus encore depuis 2007 que Nicolas Sarkozy utilise et dévoie les rouages démocratiques pour établir un pouvoir
autocratique. Il existe en France aujourd'hui un risque réel de glissement vers une dictature que les contre pouvoirs (dont le parti socialiste mais pas seulement) sont en mesure de contrecarrer.
Sinon la rue se chargera de le faire. Nous avons une expérience plus que bicentenaire sur cette question. A lire et relire après la démocratie d'Emmanuel Todd
http://www.herodote.net/articles/article.php?ID=531


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- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez