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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 14:37

     La disparition de Kadhafi ne règlera pas tous les problèmes auxquels est confronté le CNT, le gouvernement provisoire de la Libye, mais elle devrait faciliter sa tâche pour reconstruire le pays et mettre en place des institutions nouvelles. 
    Les 42 années de la dictature exercée par ce mégalomane sanguinaire ont fait soufrir le peuple libyen et détruit les structures politiques et sociales du pays.
    Elles ont aussi perturbé les relations internationales, puisque Kadhafi a réussi à abuser les dirigeants du monde entier par ses contorsions, ses virages, ses menaces, ses mensonges....et son argent. Après avoir financé les mouvements terroristes, il est devenu terroriste lui même (attentats UTA et Lokerbie), puis il s'est présenté comme un bon élève de la lutte des Américains contre le Jihadisme d'Al Qaïda. Il a acheté le soutien de nombreux pays qui l'ont courtisé et fréquenté sans aucune gêne, comme le rappellent cruellement les images d'archives qui repassent cet après midi sur les chaînes de télévision.
    On aurait souhaité un jugement pour celui qui a été accusé par la Cour Pénale Internationale de crimes contre l'humanité, mais Kadhafi a finalement péri de la violence qu'il avait lui même suscitée et entretenue.

    Je m'honore d'avoir été un des premiers à demander l'intervention de l'ONU, comme on peut le voir sur ce blog dans mes nombreuses interventions depuis le mois de février 2011. Aujourd'hui, l'évènement de la disparition de Kadhafi devrait être l'occasion pour notre pays de réfléchir aux relations qu'il devrait entretenir avec les dictatures. La proposition que j'ai déjà faite (Libye: quels enseignements?) prend toute sa valeur et je la rappelle:

Quelles relations avec les dictatures

      Le redressement de l’image de la France dans le monde arabe ne peut faire oublier les graves erreurs de sa diplomatie et son incapacité à comprendre les révolutions tunisienne et égyptienne. Elle n’efface non plus l’indulgence dont a fait preuve pendant longtemps notre pays à l’égard de Kadhafi et l’ambigüité de ses relations avec les régimes dictatoriaux.

     Quitte à paraître excessivement idéaliste ou même naïf (mais c’est peut-être ainsi que l’on aurait qualifié il y a un an celui qui aurait osé de parler de « printemps arabe »), je fais une proposition : que la France fasse un inventaire des rapports qu’elle entretient avec les pouvoirs qui violent systématiquement les droits de l’Homme (pas uniquement au Moyen-Orient… ) et que soit élaborée une charte définissant des « règles de dignité » dans nos relations avec les Etats.        
    Elles concerneraient notamment les contrats économiques, les ventes d’armes, les accords de coopération et de défense, les conventions d’extradition, les rapports du Président de la République et de son gouvernement avec leurs homologues étrangers.

    Cette réflexion pourrait être engagée au niveau européen. Incapable de dépasser les intérêts particuliers de ses membres et grande absente de cette dernière période, l’Europe a en effet bien besoin d’un souffle nouveau, si elle veut apparaître comme un pôle du monde multipolaire.

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez