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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 15:40

        printemps-arabe.jpg Extraits de la tribune de Paul Quilès publiée par le site MEDIAPART

          "Les bouleversements que connaît le monde arabe depuis six mois placent la France et l’Europe devant des responsabilités inédites, mais les actions menées jusqu’à présent ne paraissent pas à la hauteur de ce défi historique.

            En effet, la Tunisie et l’Egypte sont entrées dans une période de transition aux difficultés et aux risques considérables : baisse sensible de la production (près de 8 % en Tunisie), chute dramatique des recettes du tourisme, afflux des réfugiés de Libye, crise des paiements extérieurs. Quelles initiatives les Européens ont-ils pris pour aider ces pays à faire face à la seule urgence ? Le G8 a bien annoncé un « paquet financier » de 40 milliards de dollars, mais il s’agit pour l’essentiel de prêts à des pays déjà lourdement endettés. (....)

            En Libye, les incertitudes demeurent, en raison du risque d’enlisement, conséquence de deux erreurs : une mise en œuvre tardive de la zone d’exclusion aérienne et un transfert de l’essentiel de la gestion de l’intervention à l’OTAN. Le résultat est jusqu’à présent mitigé : beaucoup d’actions militaires aériennes, trop peu d’initiatives politiques et des objectifs de paix peu lisibles, alors qu’ils devraient être clairement exposés par les pays de la coalition, de manière à rallier l’ensemble des Libyens à une solution démocratique durable.

            L’OTAN étant d’abord par nature une organisation militaire, c’est aux gouvernements de la coalition qu’il revient de tracer les voies d’une paix qui ne pourra être que l’œuvre des Libyens eux-mêmes.  (....)

            La situation est également dramatique en Syrie. L’opposition à la dictature des clans alaouites fédérés par Bachar el Assad et le parti Baas semble résolue, mais elle ne parvient pas à mobiliser suffisamment le peuple syrien pour transformer à son profit le rapport des forces. Une part significative de la classe moyenne sunnite et surtout les minorités chrétiennes et druzes restent hésitantes. L’opposition est divisée. Une partie appelle au dialogue et accepte l’idée de réformes démocratiques progressives, une autre a choisi la confrontation. Les évènements semblent lui donner raison. Le régime a en effet décidé de réduire toute opposition au silence par le recours systématique à la force armée sous la forme la plus brutale, en encerclant les quartiers protestataires, dont il coupe les communications avec le monde extérieur et en déployant des tireurs embusqués pour terroriser les manifestants.

            Ces méthodes barbares, qui ont fait plus d’un millier de morts depuis mars, sont inacceptables. Il est urgent d’y mettre fin et d’exiger du régime syrien les changements politiques profonds qu’attend son propre peuple. (....)

            Cette lutte, comme celle des peuples tunisien et égyptien, a des dimensions qui s’étendent à l’ensemble de la région. Ses échos sont en particulier perceptibles en Palestine, face à un gouvernement israélien muré dans son refus de toute concession réelle. N’oublions pas en effet, dans notre soutien au printemps arabe, que la création d’un État palestinien souverain, aux côtés d’Israël, fait aussi partie des enjeux de ce vaste mouvement démocratique."

 

Lire la tribune sur le site MEDIAPART

                                        

                                            ****

Ecouter l'interview de Paul Quilès:

la répression en Syrie

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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commentaires

Ami 23/06/2011 16:27


Je vous écris parce que je souhaitais abonder votre analyse en vous indiquant que les instances économiques (FMI, Banque Mondiale, et créanciers du Club de Paris) devraient elles aussi participer à
la reconstruction de la démocratie dans les pays arabes.

Ces pays arabes, sous l'emprise des dictateurs, ont appliqué une économie "trop" libérale (qui a permis aux dirigeants de s'enrichir) qui a annihilé toute forme de solidarité économique.

Nous pouvons voir les conséquences des choix économiques passés sur les inégalités importantes dans les populations arabes.

La révolution démocratique devra s'accompagner par un nouveau choix économique (une économie libérale mais qui n'oublie pas les moins favorisés).

Ces interrogations sur le choix économique devraient aussi se poser dans les pays européens qui font face aux difficultés économiques (PIGS). Il me semble qu'il est nécessaire de mener de nouvelles
réflexions sur la démocratie économique afin de préparer l'émergence de nouvelles sociétés plus démocratiques et qui réduiraient les inégalités et le sentiment de frustration ressentie par les pays
du sud de l'Europe qui trouvent qu'ils supportent les conséquences d'une crise qui a permis à d'autres de s'enrichir.


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- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez