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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 10:01

           Intervention de Paul Quilès, à l'occasion de

la plantation de "l'arbre de la laïcité" à Cordes sur ciel,

le 7 décembre 2010

 

Regarder le reportage de France 3 Tarn

 

             Il ne s’agit pas seulement d’une commémoration, même si nous tenons à ce que la date du 9 décembre 1905 demeure présente dans l’Histoire de notre pays et dans l’esprit des citoyens. Ce jour-là, les députés donnaient à la République le socle laïque qui lui assurerait un fonctionnement démocratique fondé sur la liberté de conscience, l’égalité de tous les citoyens devant la loi commune, la fraternité.

 

            Cette manifestation est l’occasion de rappeler :

  • que la République est "indivisible, laïque, démocratique et sociale" (ce sont les épithètes qui figurent dans l'article 1er de la Constitution) ;
  • que l'article 2 de la loi de 1905 proclame la séparation des Eglises et de l'Etat ;
  •  que le communautarisme comme organisation de notre société est dangereux pour le  « vivre ensemble pacifiquement ». La République faisait œuvre d’unité nationale en ouvrant l’enseignement gratuitement à tous les enfants sans considération de croyance, de situation sociale…. De plus en plus, la tendance est à la séparation des enfants dans des établissements privés à caractère religieux, régionaliste, linguistique, social, voire politique.
  • qu’il n’est pas bon qu’on affaiblisse l’enseignement public (réduction des moyens,  fermetures de classes, suppression de la carte scolaire, suppression des RASED….), en même temps que l’on renforce les privilèges des établissements privés et que l’on ouvre la concurrence à leur avantage.          

            Il faut redire, pour éviter les ambigüités et les procès d’intention, que la laïcité n’est ni pour ni contre les religions, qui relèvent de la vie privée. La laïcité est clairement définie dans la loi de 1905 :

  • l’article 1er dit que «L’Etat assure la liberté de conscience : chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Il garantit la liberté des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public » Tout croyant peut donc pratiquer sa religion.
  • l’article 2 sépare ce qui relève de l’Etat et ce qui relève des Eglises. Il affirme ainsi l’indépendance de l’un et de l’autre. Il exclut donc le cléricalisme qui, comme le définit le dictionnaire, est l’intrusion des clergés dans les affaires publiques.           

            Malheureusement, on constate des évolutions inquiétantes dans de nombreux pays (pas seulement islamiques) et parfois même en France. Exemples :

- aux Etats- Unis, la doctrine créationniste, sous couvert d’une relation entre science et croyance, cherche à contrôler la recherche et fait effort pour s’introduire dans les programmes scolaires ;

- en Europe, les Eglises chrétiennes ont obtenu (traité de Lisbonne) qu’une procédure de consultation pré-législative, des sessions de travail régulières et un bureau de liaison leur permettent d’être consultées sur les lois en préparation.

-  en France, un décret du Ministre des Affaires Etrangères met en cause le monopole de la délivrance des diplômes universitaires qu’avait l’Etat, depuis une loi de 1880. Si ce décret était validé, des facultés privées délivreraient des baccalauréats, des doctorats ayant valeur de diplômes d’Etat, c'est-à-dire valeur universelle !

 

            C’est donc pour commémorer cette loi de 1905, fondamentale pour notre démocratie, que nous plantons aujourd’hui cet « arbre de la laïcité » devant l’école publique du Pays Cordais.

            Nous affirmons que démocratie et laïcité sont indissociables et qu’elles exigent l’égalité des droits entre tous les citoyens.

            Par ce geste symbolique qui défiera le temps, nous voulons aussi tirer la sonnette d’alarme devant les reculs et les régressions qui menacent et que nous n’accepterons pas.

            Cet arbre manifestera notre attachement à la loi de 1905, à la laïcité, qui n’a pas besoin

d’épithète et qui demeure une valeur universelle de paix entre les peuples.

 

                                        **********

Je vais maintenant vous lire ce message émouvant d'un ami, Pierre Pérez, bien connu des plus anciens

 d'entre vous.

 

 " Cher ami, 

          En ce mardi 7 décembre, vous allez planter un arbre de la laïcité à la nouvelle école de Cordes. Je considère cela comme un heureux événement, qui réveille chez moi des souvenirs d’une peu tendre enfance. Arrivé à Cordes à l’âge de 7 ans, au cours du mois de Février 1939, après avoir traversé la frontière dans les conditions que tu connais, c’est au groupe scolaire de Cordes que j’ai appris la langue française.

            C’était une bien triste époque et nous, petits Espagnols, souffrions du froid, de la faim et de la peur. Une classe fut créée avec un cours semi CP et semi CE1. Notre institutrice, Mademoiselle Pierrette Palis, était issue d’une famille très  estimée dans le Cordais. Malgré mon jeune âge, j’étais très au courant des évènements qui agitaient la France et le monde à cette sombre époque. J’avais vite repéré que mon institutrice était une opposante au régime en place et que c’est de très mauvaise grâce qu’elle nous amenait au lever du drapeau qui se trouvait au fond de la cour, où nous devions chanter le tristement célèbre « Maréchal nous voilà ! »

            J’avais aussi une très grande estime pour notre Directeur d’école, Monsieur Véronat, sachant qu’il aurait maille à partir avec les fanatiques pétainistes du village. Le canton de Cordes était peuplé par un afflux de Sarrois, d’Espagnols et de Juifs fuyant la zone occupée.

            Il y avait une école dans presque toutes les communes du canton. Après l’école de Cordes, j’ai fréquenté celle de Mouzieys-Panens. Après la Libération et le retour de mon père des camps nazis, j’ai fait mon cours de fin d’Etudes Primaires à l’école des Cabanes avec un maître dont je garde un très bon souvenir, Monsieur Paul Najac. J’ai passé mon Certificat d’Etudes Primaires à l’école de Cordes.

            L’école de la République, l’école laïque publique m’a accueilli sans me demander si mes parents étaient de droite ou de gauche, s’ils étaient croyants ou pas ou s’ils étaient riches ou pauvres ! Ses institutrices et ses instituteurs m’ont appris à lire, à écrire, à compter, à penser, à m’exprimer et aussi à aimer la France et la République! Grâce à la précieuse aide de toutes et tous les membres de l’enseignement, j’ai obtenu le prix de Français à cet examen qui avait tant de valeur à cette époque.

            De tout cela vient ma reconnaissance, sans faille, pour la France et pour sa grande Ecole Publique Laïque ! 

            Amicales salutations de ton ami Pierre."

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Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez