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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 22:13

Raffinerie-Berre.jpg     Emotion et colère: ces deux sentiments m'ont étreint en arrivant cet après miidi sur le site de la raffinerie de Berre, à la rencontre du personnel en grève.

     Emotion de retrouver cette usine où j'ai débuté ma vie professionnelle à 22 ans comme jeune ingénieur. C'est ici que j'ai commencé à m'intéresser au secteur de l'énergie, dans lequel j'ai travaillé pendant près de 15 ans, dans divers secteurs (production, bureau d'études, engineering, international, économies d'énergie...). C'est ici que j'ai appris à connaître le fonctionnement et la logique implcable des multinationales. C'est ici que j'ai découvert le militantisme, syndical d'abord....ce qui me conduira quelques années plus tard à m'engager en politique.

     Cette émotion s'est accompagnée d'un sentiment de colère, quand j'ai constaté le gâchis qui se préparait. Imaginez un énorme site pétrochimique*, dont l'activité directe concerne 1250 salariés et qui touche, avec les sous traitants, plusieurs milliers d'emplois. Imaginez un groupe américain**, propriétaire du site  (acheté à Shell) décidant, depuis Houston, la fermeture de la raffinerie, jugée "non rentable".

     A aucun moment, le personnel et ses représentants n'ont été correctement informés de ce qui se tramait. Les chiffres réels -marges, déficits, prix de transfert des produits entre raffinerie et usine chimique, affectation des frais généraux- ne sont pas fournis et ceux qu'avance la direction ont pour seule vocation de montrer que la fermeture est inéluctable.

     Une autre solution est possible: la vente de l'ensemble du site (raffinerie et usine chimique), qui est globalement rentable, à un acquéreur moins sensible à la logique boursière que le groupe américain propriétaire du site. Il est intéressant de savoir à cet égard que le PDG de LyondellBasell s'est vu attribuer l'année dernière
des millions de stock-options, qu'il est en train de vendre depuis 4 mois, empochant au passage 2 millions de dollars supplémentaires par mois. Moins d'un an après leur attribution, il a déjà vendu 20 % de ses actions. On comprend son intérêt pour l'abandon de la raffinerie de Berre, qui doit permettre de maintenir à un bon niveau le cours de l'action!!

     Je sais bien que l'industrie française du raffinage subit le contre coup de l'évolution inéluctable du marché de l'énergie. Mais ce n'est pas une raison pour laisser de telles opérations de gribouille se multiplier, à l'image de ce qu'on a déjà vu avec le triste feuilleton de Molex.

     Si le gouvernement actuel ne se montre pas capable d'agir en ce sens -ce qui semble probable- la gauche doit annoncer qu'elle saura, le moment venu, prendre ses responsabilités pour endiguer cette véritable désindustrialisation de notre pays.

     Ces instants passés sur le site de Berre m'ont permis de manifester ma solidarité profonde avec le personnel qui, toutes catégories confondues, s'est engagé dans un combat courageux et déterminé, qui mérite d'être popularisé et soutenu.
____________________________________________________

 

* site comprenant une raffinerie de pétrole et une usine chimique appprovisionnée par cette raffinerie en naphta et en VGO (gasoil) pour la production de plastiques.

** LyondellBasell

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez