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Le blog de Paul Quilès
"Avoir de l'espoir, ce n'est pas croire que les choses vont se passer bien, mais c'est croire qu'elles auront du sens" (Vaclav Havel)
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dont Paul Quilès est le maire.
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C'est un club lancé en juin 2007, par des personnalités issues des diverses sensibilités de la gauche, qui ont été rejointes par des milliers de signataires.
Le club s’est fixé un double objectif : œuvrer au rassemblement de la gauche, reprendre l’offensive idéologique et affirmer sans complexe les valeurs de gauche.
Pour mieux connaître les réflexions et les activités de Gauche Avenir ,
Ce texte a été
publié sur le site MEDIAPART sous le titre
Syrie: insupportable veto
La Russie et la Chine viennent d’empêcher, par leur veto, que le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte une résolution condamnant la répression sauvage en Syrie.
En apprenant la nouvelle, j’ai été pris de colère, me rappelant le triste précédent de l’inaction de l’ONU à l’égard du Rwanda en 1994, laissant libre cours au génocide qui fit 800 000 morts en quelques mois. Je me suis replongé dans le rapport de la Mission parlementaire d’information que j’ai présidée en 1998 et j’ai retrouvé ce texte édifiant du secrétaire général de l’ONU de l’époque, M. Boutros-Ghali :
« La réaction tardive de la communauté internationale à la situation
tragique que connaît le Rwanda démontre de manière éloquente qu’elle est totalement incapable de prendre d’urgence des mesures décisives pour faire face aux crises humanitaires étroitement liées
à un conflit armé. (...)
Nous devons tous reconnaître, à cet égard, que nous n’avons pas su agir pour que cesse l’agonie du Rwanda et que, sans mot dire, nous avons ainsi accepté que des
êtres humains continuent de mourir. Nous avons démontré que notre détermination, notre capacité d’engager une action, étaient, au mieux insuffisantes et, au pire désastreuses, faute d’une volonté
politique collective. »
Ce terrible aveu, extrait du rapport de M.Boutros-Ghali, date du 31 mai 1994…..c'est à dire
2 mois après le déclenchement du génocide, qui se poursuivait !
Certes, une résolution du Conseil de sécurité ne peut avoir la prétention de tout régler dans un pays agité par un mouvement révolutionnaire, mais elle pose des limites et empêche en tout cas de donner à un dictateur sanguinaire ce que l’opposition syrienne appelle « un permis de tuer » !
C’est malheureusement ce que révèle le triste bilan des exactions de la famille Al-Assad : 230 morts avant-hier à Homs et 6000 morts depuis 11 mois dans le pays avec Bachar Al-Assad et l’épouvantable massacre de Hama il y a juste 30 ans, en février 1982, perpétré par le père, Hafez Al-Assad (10 000 à 40 000 victimes, selon les estimations !)
On voit trop bien les raisons des vetos russe et chinois. Raisons commerciales (notamment ventes d’armement), raisons stratégiques (ne pas se couper de certaines alliances au Moyen-Orient), raisons internes (ne pas donner le sentiment de soutenir des révoltes populaires, alors même que les régimes russe et chinois sont l’objet de violentes contestations dans leurs pays).
Il n’en demeure pas moins que ce qui vient de se passer à New York, au Conseil de sécurité de l’ONU, est grave. C’est un évènement qui rajoute un peu plus d’instabilité dans une situation internationale déjà particulièrement délicate. Le sang froid, mais aussi la détermination politique des dirigeants des grands pays seront plus que jamais nécessaires.