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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 11:00

 Tribune de Paul Quilès, publiée sur le site

Le Monde.fr

 

          Les cris d’orfraie qui ont suivi la sortie soigneusement médiatisée de Manuel Valls sur « le déverrouillage des 35 h » (sic) m’ont étonné.

            Non pas que j’approuve un seul instant cette déclaration, qui se veut provocatrice et qui fait le bonheur des leaders de l’UMP. Mais quand même….il faut être naïf ou inconscient pour ne pas comprendre que le feuilleton des primaires socialistes ne peut que conduire à de tels excès !

            Manuel Valls, on l’a déjà vu et on le verra encore, a fait le choix de prendre des positions ambigües, susceptibles de plaire au centre et même à la droite, quitte à choquer la gauche. Cela lui permet d’apparaître "raisonnable", "responsable", "moderne", autant de qualificatifs prisés par les commentaires et qui lui font gagner des points dans les sondages d’opinion.

            Tous les autres candidats, déclarés ou potentiels, de cette funeste compétition auront  -ou ont déjà- la même tentation. Quoi de plus normal, puisque chacun sait que les électeurs des primaires seront influencés, pour ne pas dire conditionnés, par les résultats des multiples sondages qui, sans aucun doute, vont fleurir dans les prochains mois !

            On sondera tout : l’image, la capacité présumée à gouverner, les idées originales des candidats….. et, bien sûr, malgré le caractère non significatif de ces chiffres, on donnera les intentions de vote sur le scrutin de 2012 dans divers cas de figure. Les chiffres seront alors disséqués, commentés, alors que chacun sait que ces prévisions à un an du scrutin ne signifient rien, comme on le vérifie régulièrement depuis 30 ans, à l’occasion de chaque élection présidentielle.

            Il n’est pas difficile d’imaginer que ce sont malheureusement ces données qui détermineront le choix des électeurs des primaires. Les responsables politiques les plus lucides ne l’ignorent pas. S’ils ne se laissent pas anesthésier par les discours grandiloquents et sans fondement sérieux sur les prétendus mérites des primaires, il leur suffit d’observer et d’analyser le passé. Ils constateront alors que des choix effectués sur de telles bases, qui négligent les programmes et les stratégies collectives, sont condamnés à échouer.

           Ce qu’attend au contraire l’électorat de gauche, c’est que la sélection du leader se fasse sur la base des idées, du programme et de la stratégie préalablement débattus dans un cadre plus large que celui de chaque parti politique. On peut imaginer par exemple à cet effet que se tiennent des Etats généraux de la gauche.

           Toute autre démarche que celle qui consiste à créer les conditions du rassemblement, indispensable à la mobilisation de toute la gauche ne pourra que causer de graves désillusions.

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Published by Paul Quilès - dans Primaires
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commentaires

Pierre PEREZ 06/01/2011 18:52


La conclusion de cet article est une vérité incontournable
Qu'attendent-ils pour agir ? Critiquer la politique de Sarko
ne suffit pas , il faut proposer un programme et ensuite
faire bloc . La piteuse sortie de Vals ne m'étonne pas !..
Je n'ai pas la mémoire courte et me souviens qu'il avait ,
en son temps, porté des jugements sur François Mitterrand
qui avaient ravi cette droite qui , aujourd'hui , le félicite pour sa position sur les 35h .Vite des Etats gérnéraux de la gauche !..Basta des prises de positions
démagogiques contraires à notre idéal !...


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- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez