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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 10:56

regionales.jpgGrand « classicisme »….La soirée d’hier n’a pas échappé à l’ambiance habituelle d’une soirée électorale de premier tour d’élections locales. Je veux bien sûr parler des commentaires convenus et répétitifs, tant des vainqueurs que des déçus, des gagnants comme des perdants, des commentateurs et des sondeurs.

     Je n’ai donc pas l’intention d’en rajouter, sauf pour dire ma joie de constater la réussite de mon ami Martin Malvy, qui dépasse 40% dans la région Midi-Pyrénées et dans ma commune, Cordes, approchant de peu ce chiffre  dans mon département, le Tarn. Il réalise ainsi, avec ce score (plus que royal !) le meilleur résultat de la gauche en France métropolitaine. Juste appréciation par les électeurs de son travail à la tête de la région et de sa volonté de rassembler la gauche sur une ligne claire.

     Bien entendu, le beau succès de la gauche et du parti socialiste lors de ce 1er tour demande à être confirmé dimanche prochain. Je souhaite que la mobilisation et les bons reports de voix soient au rendez- vous, non seulement pour reconduire des majorités de gauche dans les régions, mais aussi pour sanctionner N. Sarkozy et sa politique. A ceux qui l’auraient oublié, le nez dans les sondages, oubliant les mouvements de fond de la société française, s’intéressant plus aux questions de personnes qu’aux stratégies….la gauche existe et le PS n’est pas mort !

     Par contre, il serait illusoire, voire dangereux, de chercher à tirer de ce vote du 14 mars 2010 des enseignements définitifs pour  2012. Beaucoup reste à faire à gauche pour définir la stratégie qui permettra la victoire à l’élection présidentielle et aux élections législatives, seules échéances qui pourront offrir aux Français le changement radical de politique qu’ils attendent.

     Chacun commence désormais à le comprendre un peu mieux: le rassemblement à gauche est indispensable, mais il ne se fera qu’à partir d’un débat sur le projet. Dès que les élections régionales seront passées, il faudra très vite en reparler pour donner un contenu à ces intentions si souvent proclamées et les traduire en actes. Le rassemblement, c’est un peu comme l’amour, il ne faut pas se contenter des mots…. 

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 10:00

r-chauffement.jpg   Le débat sur le changement climatique semble parfois tourner à la confusion.

   Faudrait-il négliger l’origine humaine du réchauffement constaté de planète, comme certains le suggèrent ? Pour ma part, je suis avec beaucoup d’attention les arguments échangés dans ce domaine qui m’a toujours passionné et je ne remets pas en cause l’analyse du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC), même si quelques erreurs ont été commises et si toutes les références ne sont pas vérifiables.

    Claude Allègre, de son côté, conteste les thèses du GIEC, avec la fougue et le goût de la provocation qu’on lui connaît. Cela l’a amené en particulier à s’appuyer sur pas mal d’approximations, ce qui affaiblit sa démonstration.

   Le débat scientifique est nécessaire et il ne doit pas craindre la contradiction. Pour autant, certaines polémiques conduisent à des dramatisations excessives, fondées sur des analyses hâtives et des propositions de mesures mal ajustées. Ce n’est pas la meilleure façon de crédibiliser l'indispensable promotion du développement durable.


 Clin d’œil historique !

A ceux qui pensent que le débat sur les causes des dérèglements climatiques est une innovation récente, je livre ce petit chef d’œuvre que j’ai retrouvé :
une note datant du 25 avril 1821,
dans laquelle le Ministre de l’Intérieur
de l'époque (Jérôme Joseph Siméon) 
demande une enquête sur les raisons des
« refroidissements sensibles dans l’atmosphère, des variations subies dans les saisons et d’ouragans ou d’inondations extraordinaires
auxquels la France semble devenir
de plus en plus sujette »
Lire la note de Jérôme Joseph Siméon

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Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 23:42

LE LIVRE NOIR DE LA LAÏCITÉ

Les actes du colloque organisé par le club Gauche Avenir sur la laïcité
 le 10 octobre 2009
viennent d'être publiés sous forme de brochure.
Vous pouvez trouver la version PDF
de ce document
en cliquant ici.

(pour lire plus facilement, cliquer ensuite
 sur "full", en bas et à gauche)
 

 

 

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 15:54

A la suite de la visite de N.Sarkozy au Rwanda, j'ai été interviewé
par France Info (25 février- 18h15)
Pour écouter, cliquer ici.

J'ai également participé à un débat
sur la chaîne de télévision
France 24 (25 févier-19h10)
Pour visionner, cliquer ici: 

1ère partie
2ème partie

Voir également sur ce blog de nombreux textes concernant le Rwanda, notamment::

lettre de Paul Quilès au secrétaire général de l'ONU
chercher la vérité sans manipuler
interview dans Libération
un rapport à charge
la France et le drame rwandais

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 17:03

Ecole-Cordes--simplifie-.jpg     On connaît la fameuse formule qui résume ce que devrait être la bonne démarche en matière de développement durable et de protection de l’environnement : « penser global et agir local ».


     Du fait de ma formation et de mon expérience professionnelle et politique (voir sur ce blog), j’accorde une importance toute particulière au « penser global », mais j’ai la chance depuis 15 ans, comme maire de Cordes et président d’une communauté de communes, de pouvoir « agir local », donnant ainsi une traduction concrète à ces préoccupations globales.


     L’ouverture de l’école bioclimatique du Pays Cordais dans quelques jours, en cohérence avec notre Agenda 21, en est un exemple très parlant. J’ai consacré beaucoup de temps et d’énergie à ce projet, que nous avons mené à bien avec des élus enthousiastes et des partenaires très motivés (architectes, entreprises, enseignants, parents d’élèves).


     La nouvelle école fera date. Respectueuse des principes du développement durable (optimisation de l’implantation des bâtiments, isolation thermique et acoustique, confort visuel, panneaux solaires pour la production d’électricité, toit végétalisé…..), elle est bien insérée dans le site remarquable de Cordes.

    
     Je suis heureux et fier d’avoir pu contribuer à cette réalisation exemplaire.

 

Voir la brochure de présentation « Une école bioclimatique »
Cordes école croquis 2

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Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 17:48

L'ensemble des débats du forum
"La gauche, c'est nous",
organisé par Gauche Avenir
le 28 janvier 2010,
est maintenant diponible sur le site du club.
Pour écouter les 20 interventions
cliquer ici

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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 11:14

Freche.jpgL'affaire Frêche ne concerne pas seulement quelques départements du sud de la France. Elle est révélatrice d'un malaise profond qui touche l'ensemble du monde politique.
   Pour ma part, cela fait des années que je mets en garde contre les conséquences de la dérive populiste du président de la région Languedoc Roussillon, bien loin des valeurs de la gauche (
voir sur ce blog).
    Il est regrettable que la direction du PS, après avoir exclu G.Frêche, n'ait pas adopté plus tôt la position ferme qu'elle a décidé de prendre aujourd'hui.
    Les soutiens que lui apportent en ce moment certains responsables socialistes (et non socialistes!) sont confondants. Ils relèvent à l'évidence de lamentables petits calculs.     
    Ils prouvent un peu plus le besoin urgent de redéfinir ce que sont véritablement les valeurs de la gauche.
   C'est pourquoi j'apprécie tout particulièrement  
cette prise de position argumentée et solide des élus socialistes du Gard, publiée ce matin sur le site de Rue 89.
    Je vous invite vivement à relayer ce message de salubrité politique!

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 12:37

inegalites.jpg     Dans la période de grave crise économique et sociale que nous traversons, les citoyens, quel que soit leur statut (travailleurs, chômeurs, retraités…..), sont particulièrement sensibles aux injustices et aux inégalités.

     Il faut dire que l’actualité est riche en excès difficiles à supporter et, pour beaucoup de Français, difficiles même à comprendre. La reprise des bonus, les résultats exorbitants des banques, les salaires indécents de certains grands chefs d’entreprise …..tout ceci a de quoi choquer, quand on sait par exemple que 600 000 chômeurs en fin de droits risquent de ne pas être indemnisés cette année ou que 3,5 millions de personnes sont logées dans des conditions indignes !

     C’est dans ce climat que le gouvernement et l'UMP cherchent à affoler l’opinion avec des phrases fortes et définitives (« il faut sauver le système de retraites », « il faut sauver la sécurité sociale »), à partir de chiffres présentés comme des évidences.

     Ecoutez-les justifier des mesures qui affaiblissent notre système de santé, pour résorber le déficit de la sécurité sociale….en oubliant que celui-ci est du même ordre de grandeur que le montant des exonérations de cotisations (30,7 milliards € en 2008).

     Ecoutez-les préparer une réforme des retraites qui va accentuer les inégalités et la précarité….en oubliant que d’autres réponses sont possibles (voir sur ce blog « le devoir de clarté de la gauche »).

     Ecoutez-les annoncer les mesures de RGPP* destinées à réduire le déficit du budget de l’Etat (149 milliards €), en se focalisant sur le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux…alors que ce dispositif ne rapportera que 500 millions €, soit 0,5% du déficit !

     La gauche, qui dit vouloir lutter contre les inégalités, doit avoir le courage et la volonté de:

1) poser clairement les problèmes, sans s’abriter derrière des slogans ou des formules ;

2) proposer des choix destinés à modifier la répartition des richesses et des charges, pour que la solidarité ne soit pas un vain mot, ce qui implique de dire qui gagnera et qui perdra ;

3) débattre des priorités, car on voit bien par exemple qu’il ne sera pas possible de faire disparaître toutes les exemptions -les fameuses « niches »- sociales et fiscales**, causes de tant d’injustices et de pertes de recettes. Certaines présentent un intérêt économique ou social (recherche, emploi…), mais ce n’est pas le cas de bon nombre d’entre elles. Pour ne prendre que quelques exemples:
- L’exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires, mesure coûteuse (3 milliards €) et scandaleuse en période de chômage
- Le « bouclier fiscal », moins coûteux (700 millions €) mais tout aussi scandaleux, puisqu’il concerne moins de 20 000 personnes et qu’un millier d’entre elles ont touché environ 500 millions € !
- La TVA à 5,5% dans la restauration (2,4 milliards €), cadeau aux effets particulièrement faibles, notamment sur le niveau des prix.
- L
’exonération d’impôt sur les sociétés des plus values de cessions de filiales***. Grâce à l’opiniâtreté de Didier Migaud, Président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, on a découvert que ce  cadeau fiscal, accordé par le Ministre des finances en 2004 (un certain N. Sarkozy !), a coûté à l’Etat 22 milliards € sur 3 ans…une bagatelle qui équivaut au déficit de la sécurité sociale en 2009 !! 

 

     Relever les omissions de la droite et ses présentations fallacieuses–qui sont autant de mensonges- est indispensable, mais ce n’est pas suffisant.
     Dans ce domaine si sensible de la justice sociale et fiscale, d’autres choix, à condition qu’ils soient débattus puis présentés par l’ensemble de la gauche, peuvent mobiliser une majorité de Français et leur rendre l’espoir qu’une autre politique que celle qu’ils subissent depuis plusieurs années est possible.

_______________________________________________
 

* Révision Générale des Politiques Publiques

** Ces niches représentent 140 milliards € chaque année (voir l’excellent dossier publié à ce sujet par Libération le 28 janvier 2010)

*** Ce dispositif permet aux entreprises de ne pas payer d’impôt sur les plus- values encaissées lors de la vente de filiales ou de participations, à condition de les avoir détenues au moins 2 ans. C’est ainsi que le groupe Danone a pu économiser 500 millions € !

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 14:30

Tribune publiée par Le Monde.fr
et que j'ai signée avec

Marie Noëlle Lienemann, David Cayla (économiste), Gérard Gaumé et Maxime Dumont (syndicalistes), membres du Conseil politique du club Gauche Avenir

 

            Depuis une vingtaine d’années, les replâtrages successifs des régimes de retraite n’ont répondu en aucune façon au problème de fond, tel qu’il est généralement posé : comment garantir à la fois le financement du système et le pouvoir d’achat des retraités ? Ils ont même, d’une certaine façon, aggravé les injustices et les inégalités de notre système.

            Cette question complexe, préoccupation majeure des Français, mérite mieux que les approximations, les positionnements tactiques, les campagnes politiciennes et les discours mystificateurs. La gauche ne doit pas tomber dans ce panneau et, sous prétexte de prouver son « réalisme »,  l’asseoir sur de fausses solutions.

            Il lui faut d’abord poser le bon diagnostic et rappeler quelques vérités peu fréquemment mises en avant. Ainsi, l’allongement continu de la durée de cotisation, l’indexation des pensions sur les prix (et non plus sur les salaires) et la remise en cause de droits sociaux spécifiques ont eu pour conséquence de faire fondre le niveau des pensions. Alors que la moyenne des pensions versées aux retraités actuels s’établit à 1300 euros, de nombreux retraités (surtout des femmes) touchent moins de 1000 euros par mois. Par ailleurs, plus de 600 000 personnes ne bénéficient que du minimum vieillesse, soit 677 euros par mois. Enfin l’OCDE a montré[1] que la France est un pays très inégalitaire dans le versement des pensions.

            La gauche doit aussi dénoncer l’idée, vieille antienne des tenants de la pensée unique, selon laquelle la répartition serait incompatible avec l’allongement de la durée de la vie. Plus on vit vieux longtemps, plus on touche de retraite et plus il serait difficile de la financer : l’équation paraît simple et imparable. On comprend que le gouvernement s’en saisisse pour faire peur. Il doit préparer une négociation difficile avec les syndicats de salariés dans le cadre du rendez-vous de 2010 et cherche à tout prix à faire passer pour une réforme l’allongement de la durée de cotisations des salariés.

            Face à cette menace de régression sociale, la gauche doit au contraire défendre ses valeurs et montrer  qu’elle n’adhère pas à cette logique. L’augmentation de l’âge légal de départ en retraite au moment où la crise fait exploser le nombre de chômeurs et où les générations de jeunes qui entrent sur le marché du travail ne trouvent pas d’emploi ne peut en aucun cas être une solution. Au mieux, cette méthode de « sapeur Camembert » permettrait de combler le trou des régimes de retraite en agrandissant le trou de l’indemnisation des chômeurs et du RSA. Au pire, allonger la durée d’activité entraînerait un accroissement des inégalités entre les générations et entre les salariés du haut de l’échelle (qui pourront effectivement travailler plus et toucher une bonne retraite) et ceux du bas de l’échelle, qui sont les premiers à être licenciés à 55 ans et qui doivent alors se contenter d’une retraite incomplète.

            Repousser l’âge de la retraite ne conduirait pas à un accroissement de la période de travail. En effet, depuis la réforme de 2003, malgré l’allongement de la durée de cotisation, le taux d’emploi des 55-65 ans n’a pratiquement pas bougé et se situe toujours en dessous de 40%. L’âge moyen de cessation d’activité, quant à lui, s’établit autour de 58 ans. Dans ce contexte, proposer de travailler jusqu’à 61 ou 62 ans est une fausse bonne idée, qui aurait pour conséquence de grossir les rangs des chômeurs et des retraités pauvres. Seule une minorité de cadres supérieurs pourrait alors bénéficier d’une pension complète.

            La gauche ne peut pas accepter qu’une telle situation se maintienne et elle doit refuser toute réforme qui conduirait à accentuer les inégalités et les injustices. Il n’est naturellement pas question de nier qu’il existe un problème du financement. De nombreuses solutions sont imaginables et il faut en débattre.

            Par exemple, il est possible de faire participer davantage les revenus du capital au financement de la protection sociale. Pourquoi ne pas instaurer une cotisation spéciale pour les entreprises qui abusent du travail précaire et qui ne jouent pas le jeu des négociations salariales ? On peut aussi envisager de mettre à contribution les revenus non salariaux, tels que les primes, les bonus, l’intéressement et la participation, les stocks options ou encore les indemnités que reçoivent certains grands patrons. Tous ces revenus sont aujourd’hui pratiquement absents du financement des retraites.

            Enfin, il ne faut pas craindre de proposer une hausse des taux de cotisations des employeurs et des employés, ce que suggèrent d’ailleurs les Français en premier lieu dans les sondages d’opinion. Cette hausse pourrait même être compensée par des augmentations salariales et une véritable politique d’emploi, dans la mesure où des salaires plus élevés et un emploi plus important facilitent le financement du régime de retraite.

            C’est par un diagnostic et des propositions de cette nature, loin des analyses de la droite et du gouvernement, que la gauche crédibilisera sa démarche visant à bâtir un système de retraites plus juste et plus solidaire. C’est ainsi qu’elle pourra rassembler une majorité de Français.



[1]  Dans une étude de 2007, l’OCDE montre que la France, avec un revenu de remplacement net moyen représentant 62,8 % du salaire médian, contre 72.1 % dans les pays de l'OCDE et se situe au 21ème rang sur les 31 pays en matière de générosité de son système de retraite.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 13:46

Rassemblement-populaire-36.jpgCet article, que j'ai signé
avec Marie Noëlle Lienmann,
a été publié
sur le site MEDIAPART
            

 

           
           Un retour sur le passé peut parfois aider à comprendre les contradictions de notre époque. Il ne s’agit naturellement pas de plaquer des recettes d’hier sur une situation d’aujourd’hui, mais il arrive que l’on puisse tirer des leçons utiles d’évènements forts de notre histoire.

            C’est ainsi que l’on considère le 6 février 1934 comme une date noire de notre « calendrier politique ». Ce jour là, une grande manifestation de l’extrême droite face à l’Assemblée Nationale dégénère dans un affrontement sanglant avec les forces de l’ordre. On se souvient moins du 12 février 1934, qui vit la gauche et les républicains se mobiliser contre les ligues fascisantes, dans une dynamique unitaire qui débouchera sur le Front Populaire et permettra la victoire de la gauche en 1936.

            Replongeons-nous dans le contexte de l’époque. Au lendemain du 6 février, se constituent  plusieurs comités antifascistes. Ils  réunissent des socialistes, des radicaux et des représentants de divers groupes de gauche, mais pas de communistes. A l’époque, de lourds clivages idéologiques persistent entre les deux grandes branches du mouvement ouvrier. Et en dépit d’un péril redoutable, les logiques d’appareils poussent chaque parti à prendre des initiatives propres et séparées. Le 9 février, le PCF et la CGTU organisent un grand rassemblement place de la République, contre le fascisme et pour dénoncer les ambiguïtés du gouvernement. La SFIO préfère, elle, relayer par une manifestation l'appel de la CGT à la grève générale pour le 12 février.

            Ce jour là, le PCF décide de se joindre à la manifestation et il place des groupes et des orateurs tout le long du cortège, espérant attirer à lui les militants socialistes. Mais c’est un tout autre scénario qui va s’imposer. Le peuple de gauche a d’autres priorités que la préoccupation des dirigeants des partis d’exercer le rapport de forces. Il a sans doute une conscience plus aigue du danger et de la nécessité d’imposer une autre politique. On voit alors la base communiste se joindre au cortège socialiste et, aux cris de "Unité ! Unité !",  les militants des deux partis défilent côte à côte.

            C’est donc un mouvement populaire puissant qui s’impose, contre la volonté des états-majors et des dirigeants des deux grands partis, malgré les ressentiments profonds qui se sont accumulés depuis près de 15 ans entre socialistes et communistes et malgré de réels désaccords idéologiques et politiques. La manifestation unitaire du 12 février 1934  préparera les esprits à l'idée du rassemblement de la gauche, des partis et, bien au-delà, des associations, des syndicats, de personnalités et d’intellectuels. C’est ainsi que le terme de Front populaire prendra tout son sens.

            La crise profonde que nous vivons n’est pas comparable à celle de 1929. Certes, la situation économique et sociale est très préoccupante et des dérives inquiétantes montrent que notre société perd ses repères et que parfois, les esprits s’égarent, comme on l’a vu avec certaines réactions malsaines qui ont jalonné le récent «  débat » sur l’identité nationale. Pourtant, la donne a radicalement changé, notamment en raison des nombreuses conquêtes sociales remportées depuis cette période. Quant à la menace fasciste, elle n’a fort heureusement pas la même acuité.

            En revanche, l’état de la gauche, ses divisions, une surestimation de la nécessité d’affirmer un rapport de force entre partis, révèlent d’étranges similitudes. Aujourd’hui comme hier, il est à craindre que les appareils politiques soient incapables, sans une pression populaire, de se dépasser, d’offrir un nouveau cadre unitaire où pourra s’exprimer la diversité de la gauche et du mouvement écologiste, où auront envie de s’engager toutes ces femmes et hommes qui aspirent à une victoire de la gauche en 2012 : une victoire pour changer leurs conditions de vie, notre société, notre mode de développement.

            Dans l’histoire politique de la France, les années 30 ont été un moment d’affrontements majeurs, à forte visibilité, où les citoyens étaient interpelés. Aujourd’hui, ce qui marque notre période, c’est plutôt un apparent désintérêt et l’abstention, manifestations d’une crise démocratique et politique réelle. La division de la gauche, son incapacité à s’unir autour d’objectifs porteurs d’espoirs, les querelles personnelles, les jeux d’appareil constituent autant de facteurs aggravants. Il faut donc inventer des formes nouvelles de mobilisation citoyenne, pour imposer à nouveau le slogan  « unité, unité » et lui donner un contenu, afin qu’il devienne le départ d’un nouveau rassemblement des forces populaires, porteur de progrès, d’espérance et de victoire !

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CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez