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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 09:44

Un lecteur de mon blog (Frédéric Vincent, ingénieur, doctorant en astrophysique) 
me communique cette excellente chronique,
qu'il a publiée par ailleurs.
Elle concerne Nicolas Sarkozy, son mode de gouvernance
et ses approximations et mérite d'être lue !


********


     Il faut reconnaître certaines qualités à Nicolas Sarkozy : de l’énergie, un instinct politique et une capacité à capter son auditoire. Malheureusement, comme l’a fait remarquer Michel Rocard, « les qualités qu’il faut pour être élu ne sont pas celles qu’il faut pour gouverner ». Non seulement Nicolas Sarkozy n’a pas montré de qualités pour gouverner et mettre en place les réformes nécessaires, mais il a plutôt montré des prédispositions pour mettre la démocratie en danger : de l'ignorance, un déni de la réalité et un appétit insatiable pour le pouvoir.

     Lors de son entretien télévisé en direct du G20 de Pittsburgh, Nicolas Sarkozy a fait une confusion entre les gaz à effet de serre et les trous dans la couche d'ozone. Tout le monde peut se tromper mais ce n'est pas la première fois que le président s'emmêle les pinceaux et une telle erreur n'est pas acceptable de la part d'un dirigeant qui veut être en pointe sur le problème du climat.

     Le président devrait savoir que la couche d'ozone nous protège du rayonnement ultraviolet du soleil qui pourrait nous brûler la peau. La couche d'ozone a été menacée par l'emploi abusif de chlorofluorocarbures (CFC) qui sont utilisés notamment dans les bombes aérosols. Le protocole de Montréal en 1987 a permis de limiter les émissions de CFC et donc de préserver la couche d'ozone, indispensable pour la vie sur Terre.

    Le principal défaut du dioxyde de carbone (CO2) est d'être un gaz à effet de serre, facilement produit par l'activité humaine et s'accumulant dans l'atmosphère. Une quantité raisonnable de CO2 permet d'avoir une température viable sur Terre mais un excès entraîne une surchauffe avec un risque d'emballement du climat. Il est donc urgent et vital de limiter les émissions de CO2, car le climat ne négocie pas. Le sommet de Copenhague en décembre est donc une bonne occasion de faire des progrès majeurs et le président ne devrait pas négliger de réviser le sujet s'il veut s’assurer une certaine crédibilité.

     Lors de ce même entretien télévisé en direct du G20, Nicolas Sarkozy s'est félicité d'avoir mis fin aux excès de la finance, notamment les paradis fiscaux et les bonus. Les paradis fiscaux ne seraient plus des paradis fiscaux, car ils auraient signé des conventions avec un minimum de douze autres pays. Mais quand on regarde de près, on s'aperçoit que les paradis fiscaux ont signé une grande partie de leurs conventions avec d'autres paradis fiscaux : il est facile d'imaginer que les conventions en question ne soient pas spécialement contraignantes. Affirmer que « les paradis fiscaux, c’est fini », ça s'appelle « prendre les gens pour des cons ».

     Par ailleurs, réguler les bonus revient à combattre les symptômes d'une maladie au lieu d'attaquer le mal à la racine, c'est-à-dire une prise de risques inconsidérée. En dehors d'une obligation d'augmenter les capitaux propres, rien n'a été fait pour limiter le risque systémique et empêcher une nouvelle crise économique. Personne ne semble décidé à présenter l’addition aux banquiers et aucune personnalité politique ne semble s'inquiéter des dettes publiques qui atteignent des proportions inouïes.

     Affirmer que les problèmes sont résolus constitue, au mieux de l'aveuglement, au pire du cynisme qui se cache derrière un mélange de mauvaise foi et de démagogie. Le président préfère laisser la France s'endetter jusqu'au cou, plutôt que de remettre en question un bouclier fiscal qui protège surtout les déjà très riches.

     Enfin, le plus grave est l'actuelle dérive monarchiste, type « république bananière », qui entretient une confusion des pouvoirs. Nicolas Sarkozy a renforcé son pouvoir de nomination sur le président de France Télévisions, portant un premier coup à la liberté de parole des journalistes qui y travaillent. Il a par ailleurs lancé une mise au pas de l’université, en augmentant les pouvoirs des présidents d’université, sous couvert d’une réforme pour l'autonomie qui n’en a que le nom : la recherche ne se pilote pas comme une industrie, sinon ce ne serait plus de la recherche. Pour finir, et c’est clairement la plus dangereuse des réformes, le président remet en question l'indépendance de la justice, en supprimant le juge d'instruction.

     Cerise sur le gâteau : l'affaire du Prince Jean. Jean Sarkozy, ayant déjà redoublé ses deux années de droit, a quatre ans de retard et aucune expérience professionnelle suffisante pour présider l'EPAD. Contrairement à ce qu'affirment ses courtisans, il n'est pas un élu comme un autre. Il a profité d’une élection dans un fauteuil, dans les Hauts de Seine qui votent toujours à droite, et où les candidats de droite sont régulièrement élus dès le premier tour. Jean Sarkozy n’est pas un petit génie de la politique : c’est un fils à papa, dont le papa est président de la République.

     Au lieu de se vautrer dans ses privilèges comme un nouveau riche, Nicolas Sarkozy devrait se méfier : les Français ont une nature rebelle, ils n'aiment guère l'injustice et ils pourraient bien détrôner le roi en 2012.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 21:29

Plus de 250 personnes ont participé à la réunion animée par Paul Quilès à Pia (Pyrénées orientales), sur le thème "la gauche aujourd'hui". 
Cette réunion a été organisée par le GESA,
association fondée par Renée Soum,
ancienne députée du département.
Elle a connu un réel succès, si l'on en juge par la qualité du débat qui a suivi l'intervention de Paul Quilès.
Lire le compte rendu sur le site du GESA

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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 16:17
Le 2 juillet dernier s'est tenu le forum de Gauche Avenir sur 'l'état de la gauche": de nombreux intervenants*, représentant les différentes sensibilités de la gauche, 140 participants, un débat passionnant, animé par Edwy Plenel, au cours de 2 tables rondes, pendant 5 heures.

- Pour regarder la vidéo de mon intervention en conclusion du forum...... cliquer ici 
- Pour regarder la vidéo de toutes les interventions.....cliquer ici


* Pouria Amirshahi (Secrétaire national du PS), Guillaume Bachelay  (Secrétaire national du PS), Eric Coquerel (secrétaire national du Parti de Gauche), Jacques Cossard (secrétaire général du Conseil scientifique d’ATTAC), Jean-Luc Laurent (secrétaire national du MRC, maire du Kremlin Bicêtre),  Jean-Vincent Placé (Secrétaire national adjoint des Verts), Etienne Butzbach (Sénateur MRC, maire de Belfort), Marianne Louis (Secrétaire nationale du PS), Gilles Candar (Historien), Jean-Claude Monod (Chargé de recherches au CNRS),
Marie-Pierre Vieu (Membre du collège national exécutif du PC, vice-présidente de la région Midi-Pyrénées).


- Consultez aussi le site de Gauche Avenir

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 15:57

Plus de 180 participants, représentants de partis, de syndicats, d'associations et simples citoyens, plus de 5 heures de discussion attentive, à partir de présentations de haut niveau : le colloque que Gauche Avenir a consacré à la laïcité des institutions républicaines, le 10 octobre, à l'Assemblée Nationale, a connu
un succès remarqué.


Le texte des principales interventions figurera prochainement sur le site de Gauche Avenir.

En attendant, vous pouvez les écouter ainsi que la conclusion que j'ai faite à la fin du colloque en cliquant ici.

Pour lire le "manifeste du 10 octobre 2009", présenté à l'issue du colloque, cliquez ici

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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 15:17

Voici le manifeste présenté par le club Gauche Avenir , à l'issue du colloque sur la laïcité qui s'est déroulé à l'Assemblée nationale le 10 octobre
                                  

  Le 9 décembre 1905, les représentants du peuple inscrivaient dans la loi les principes indéfectibles de la laïcité, valeur universelle d'unité, de liberté, d'égalité, de concorde et pierre angulaire de la République

            Par son article 1er, la loi proclamait la liberté de conscience, le droit de croire ou de ne pas croire, et le libre exercice des cultes. De ce fait, la laïcité n'est pas hostile aux religions, contrairement à une contre-vérité courante.

            Par son article 2, elle proclamait l'indépendance réciproque de l'Etat et des cultes. De ce fait, elle s'opposait au cléricalisme, c’est à dire l'intrusion d'autorités religieuses dans la vie politique et les lois de l'Etat. En stipulant que « la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte », elle posait comme un principe l’universalité de son orientation, condition de l’égalité de traitement de tous les citoyens, qu’ils croient en Dieu ou non.

            Aujourd'hui, la laïcité est bafouée par les agissements et les intentions déclarées des plus hautes autorités de l'Etat. La République est fragilisé par la progressio du communautarisme social, ethnique, religieux, qui divise de plus en plus la société. Elle subit de plus en plus fortement les pressions d'un cléricalisme renaissant, qui s'installe dans l'Union Européenne et en particulier en France, comme en témoigne la récente violation du Code de l’éducation, qui confie la délivrance des diplômes universitaires au seul Enseignement Supérieur Public.


           
Gauche Avenir dénonce ce recul de plus d'un siècle et souhaite le réveil des consciences, pour que renaisse la République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

           

            Ce 10 octobre 2009, nous appelons à un réengagement de toutes les forces laïques et à leur conjonction dans une structure de coordination, à l’image de ce que représenta le CNAL dans l’enseignement, afin de redonner corps et vigueur à l'idéal laïque.

            Nous appelons les partis politiques qui se réclament de cet idéal à s'opposer résolument à toute tentative de modifier la loi du 9 décembre 1905, à inscrire dans leur programme les mesures nécessaires à cette renaissance et à s'engager solennellement à les appliquer, le moment venu, notamment :

Ø  réhabiliter dans ses applications l'article 2 de la loi de 1905 et, en conséquence, s'engager à légiférer dans le sens d'un retour à l'autofinancement des établissements privés d’enseignement ;

Ø  s'opposer à l'intrusion à tous les niveaux (mondial, européen, national) des pouvoirs religieux dans l'élaboration des lois régissant la vie civile et œuvrer à la création d’une « organisation mondiale de la laïcité », à l’image de l’ «Organisation internationale de la francophonie », appelée à intervenir à l’ONU, dans les instances européennes ;

Ø  stopper la désorganisation des services publics et leur mise en concurrence, notamment dans l'éducation, la santé, la recherche scientifique ;

Ø  renforcer au contraire les services publics par l’élaboration d’une « charte des services publics », garantissant leur indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques, religieux, économiques, charte que devrait signer tout postulant à un emploi de la Fonction Publique ;

Ø  développer l’enseignement à l’école de la laïcité et notamment de la loi de 1905.

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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 09:28

Avant la réunion du G20 de Pittsburgh (24 septembre), nous avons été plus de 3500 à signer une pétition dénonçant le scandale des bonus. Il s’agissait d’exprimer modestement mais fermement notre dénonciation de ce dérèglement caricatural du système financier international, emblématique des pratiques immorales et dangereuses dont il se nourrit. 
     Les décisions prises à Pittsburgh sont très modestes, mais, malgré cela, les banques ont déjà imaginé les moyens de contourner les restrictions imposées !

     On vient par exemple d’apprendre (le Monde du 9 septembre) qu’à Londres, « Barclays et la Société générale rendent leur liberté à leurs responsables des activités à risque. Ces derniers créent des structures privées style hedge funds, qui peuvent fixer les bonus comme elles l’entendent. Ces PME indépendantes sont souvent financées par la banque mère elle-même qui, en échange, bénéficie des commissions sur les opérations de marché ».

     Décidemment, il y a encore du travail pour que « demain ne soit pas comme avant » !

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 09:18

        Comment ne pas apprécier l’excellent billet de l’historien Christian Delporte dans Libération du 9 octobre (« En politique, le règne naïf du faux parler vrai ») ?

     Son analyse de la tendance de plus en plus fréquente des hommes politiques à se relâcher dans leur expression publique est particulièrement bien venue.

      On savait Nicolas Sarkozy expert dans l’utilisation de cette méthode, qui consiste à faire croire que « je parle comme vous, donc je suis comme vous ». Alain Juppé vient de lui emboîter le pas avec sa formule « C’est tout de même se foutre du monde ». Certaines récentes déclarations de responsables de gauche sur des « questions d’actualité » font malheureusement appel au même type de motivation.

     Avec Christian Delporte, je pense que toutes ces « indignations télégéniques et ces propos « cool » sur les plateaux des talk- shows, répétés en coulisses, ne sont que le dernier avatar d’une novlangue en construction, débarrassée de ses lourdeurs technocratiques et fondée exclusivement sur l’émotion. Confondre relâchement de l’expression et parler vrai, n’est-ce pas un peu « se foutre du monde ? »

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 08:00

Cet article, que j'ai écrit avec David Cayla et Marie-Noëlle Lienemann, animateurs, comme moi, du club Gauche Avenir, a été publié* dans le quotidien Libération
du 12 octobre 2009
 


           
Les banques vont mieux, les indices boursiers s’envolent, les bonus continuent à fleurir. Après avoir été au bord du collapsus, le secteur bancaire renoue avec les profits insolents d’il y a quelques années. Aux Etats-Unis, JP Morgan Chase annonce des bénéfices en hausse de 36% au second trimestre, tandis que ceux de Goldman Sachs ont bondi de 90% ! Même la convalescente Citigroup, renflouée à hauteur de 45 milliards de dollars par l'État fédéral américain, affiche un bénéfice net de 4,27 milliards de dollars au deuxième trimestre.

            La France n’est pas épargnée par cette avalanche de profits. Il suffit de voir le redressement spectaculaire de la banque du génial Kerviel : en trois mois, la Société Générale est passée d’une perte de 278 millions d’euros au premier trimestre à un bénéfice de 309 millions. Quant à BNP Paribas, devenue première banque européenne après avoir avalé la belge Fortis, elle annonce plus de 3,1 milliards d’euros de profit pour les six premiers mois de l’année 2009.

            Si ces profits avaient un lien avec l’activité de l’économie réelle, cela serait une bonne nouvelle. Or, avec un chômage qui augmente (le secteur privé américain a encore détruit plus de 260 000 emplois en septembre), les entreprises n’investissent pas et les ménages étranglés par la dette sont légion. Dans un tel contexte, où les pratiques bancaires n’ont pas changé, il est illusoire d’espérer, comme le fait le gouvernement, un redémarrage du crédit qui serait susceptible de relancer la production et la consommation.

            Les banques n’investissent pas prioritairement dans l’économie réelle, parce que ce n’est pas assez rentable. D’où viennent alors leurs fabuleux profits ? Tout simplement de leurs activités spéculatives et de la hausse des marchés financiers. Avec la baisse des taux d’intérêt des banques centrales, les profits des activités de marché s’envolent, alors que la banque de détail reste au point mort. Retrouvant les bonnes vieilles méthodes de « l’effet levier », les salles de marché empruntent massivement pour maximiser leurs revenus à partir de produits à haut rendement, dont la complexité et l’absence de transparence n’ont rien à envier aux fameux crédits « subprimes ».

            Les banques ont tiré au moins tiré une leçon de la crise. Elles savent à présent qu’aucun gouvernement ne laissera l’une d’entre elles faire faillite. L’épisode « Lehman Brothers » a fait plus de mal à ce pauvre Paulson (le secrétaire au trésor de George Bush) qu’il n’en a fait aux banques. Elles y ont même gagné. Les plus fortes ont profité des faillites des petites pour se renforcer, en rachetant à vil prix les actifs des « canards boiteux ». Le secteur bancaire en est sorti concentré, au point qu’une nouvelle faillite serait politiquement inenvisageable. Ainsi, fort de la garantie implicite des contribuables, le secteur bancaire peut spéculer sans risque et engranger des profits.

            En France, l’État aurait pu, comme à Londres ou à Washington, procéder à la nationalisation totale ou partielle des banques qu’il a aidées. Il aurait pu, dans une logique d’optimisation des deniers publics, récupérer une partie de ces profits sous forme de dividendes. Il aurait pu, en revendant sa participation une fois la crise passée, dégager des plus-values, dont le montant s’exprime en milliards d’euros (12 milliards d’euros de plus-values potentielles pour les seules BNP Paribas et Société Générale). « L’État ne spécule pas », répond Christine Lagarde….qui oublie d’ajouter : « On laisse la spéculation aux banques » ! S’il avait vraiment voulu « refonder » le capitalisme financier comme il l’avait promis, Nicolas Sarkozy aurait pu faire participer pleinement l’Etat au capital des banques, en nommant des administrateurs publics et en exigeant la fin de cette spéculation mortifère.

            On ne peut rester passif devant de tels scandales. Il faut aller à l’essentiel.
- L’essentiel, c’est d’abord d’arrêter cette folle logique, qui veut que, puisque la crise serait derrière nous, la spéculation effrénée peut reprendre « comme avant ».
- L’essentiel, c’est que l’État cesse de conforter un système rapace, dont l’activité normale consiste à détourner massivement la richesse créée dans l’économie réelle vers les casinos des marchés financiers.
- L’essentiel, c’est d’empêcher que se creuse le gouffre de la prochaine crise, en laissant les banques faire des profits qui ne correspondent pas à leur contribution réelle à l’économie.

            Pour cela, il y a une solution simple: c’est d’imposer le plafonnement des profits bancaires par l’impôt, comme le propose Frédéric Lordon. Puisque les banques sont incapables de se réguler elles-mêmes, puisque le G20 n’a réussi à leur imposer qu’un encadrement cosmétique, il faut exiger que les profits bancaires retournent à l’économie réelle, en leur permettant de financer les dépenses de santé, d’éducation, de recherche, en donnant à l’État les moyens d’investir dans les transports, de mieux assurer la sécurité et de financer les services publics. C’est cela l’essentiel, si l’on veut vraiment que « demain ne soit pas comme avant ».
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* sous le titre "Les banques ont appris qu'elles pouvaient faire n'importe quoi" 

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 17:44

- jeudi 8 octobre: invité du débat sur le thème "service public: quel avenir?", organisé à l'occasion du Congrès de la FAFPT (fédération Autonome de la Fonction Publique Territoriale) à Cap'Découverte.
- samedi 10 octobre: participation au colloque sur la laïcité organisé à l'Assemblée Nationale par Gauche Avenir et intervention en clôture des travaux.
- vendredi 16 octobre: invité de l'association GESA et du Président du Conseil Général des Pyrénées Orientales pour animer une réunion sur le thème "la Gauche aujourd'hui".
- lundi 26 octobre: à l'invitation du Président du Conseil Général du Puy de Dôme, participation au vernissage de l'exposition sur Jaurès et à une conférence sur "Jean Jaurès, l'époque et l'histoire".
 

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Published by Paul Quilès
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 22:21

Quelques extraits du long et passionnant article que notre ami Rémi Lefèbvre, professeur de sciences politiques à l’université de Lille2, signataire de l'appel de Gauche Avenir, a publié dans le Monde diplomatique d'octobre.                            
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    Les élections européennes passées, l’agenda des partis de l’ex-gauche plurielle est dominé, en cette rentrée, non par la crise économique et sociale, mais par les préparatifs des élections régionales et l’épineuse question de la composition des listes. Le mode de scrutin proportionnel confère aux partis politiques un rôle essentiel dans cette élection qui leur permet de rétribuer ou de reconvertir tout un ensemble de responsables (anciens élus battus, aspirants à la carrière politique sans ancrage municipal, collaborateurs ou proches d’élus, adjoints de grandes villes, responsables de courants…). Les associés-rivaux socialistes, écologistes et communistes ont beaucoup à perdre ou à gagner dans ces élections régionales. Les socialistes cherchent à préserver la quasi-totalité des régions (20 sur 22) qu’ils dirigent depuis leur écrasante victoire de 2004. Quelques jours après les élections européennes, Martine Aubry a déjà concédé aux présidents de région sortants une grande liberté dans les stratégies d’alliance locales et la composition des listes pour permettre de conserver le maximum de régions. Le pragmatisme électoral sera dès lors de mise. Les Verts, dont la structuration locale dépend de leurs 170 élus régionaux, entendent capitaliser leur victoire aux élections européennes et  construire un nouveau rapport de forces avec le PS en vue des prochaines élections législatives. Le PCF enfin hésite entre la poursuite du Front de Gauche et une alliance classique avec le PS, moins aventureuse, qui aurait l’avantage de lui assurer d’emblée un minimum de mandats. L’intérêt des appareils politiques prime ici sur toute autre considération : les enjeux internes à la gauche ont pris le pas sur les enjeux externes et les intérêts des groupes que la gauche est censée défendre.

   Depuis 2002, la gauche se trouve dans une situation paradoxale. Affaiblie nationalement, écartée de la sphère du pouvoir central, idéologiquement dominée, privée de toute perspective structurante, elle n’a jamais autant prospéré localement. Le PS et les Verts ont accru de manière considérable leur nombre d’élus, dont les pouvoirs ont été renforcés avec la décentralisation. Le PCF, dont les scores aux élections présidentielles sont catastrophiques, parvient à maintenir un groupe parlementaire grâce à ses maires et survit grâce à ses réseaux d’élus. La « logique des élections intermédiaires », qui pénalise aujourd’hui les gouvernements de droite en place profite à la gauche. En rééquilibrant localement le partage du pouvoir, elle assure une rente de situation aux partis de gauche, qui font ainsi vivre des milliers de professionnels de la politique, dont les logiques de carrière pèsent en retour sur les stratégies partisanes. Le développement de l’intercommunalité depuis 1999, dans un total déficit démocratique, a contribué à considérablement augmenter les indemnités électives et à professionnaliser un nombre croissant d’élus de plus en plus nombreux à vivre de et pour la politique*. La question sensible des indemnités et des carrières, souvent occultée et déniée publiquement, joue en coulisses un rôle essentiel et surdétermine tout un ensemble de prises de positions et de stratégies. Le PS est par exemple incapable de forger une position commune sur la question de la réforme des collectivités territoriales, tant les intérêts départementalistes et régionalistes de ses élus divergent.

   La gauche se structure ainsi de plus en plus par rapport à cette spécificité française institutionnelle : le nombre considérable de mandats électifs liés à l’empilement des collectivités locales. C’est d’ailleurs ce marché des postes électoraux que Nicolas Sarkozy cherche à tarir dans la réforme des collectivités locales, qui doit être un temps fort de la fin de son mandat. La création du mandat de « conseiller territorial » doit permettre de réduire le nombre de postes de conseillers régionaux et cantonaux de 6000 à 3000.

   Il est convenu depuis quelques années de parler de « la crise » du PS confronté à des problèmes de « leadership », de divisions permanentes, la démobilisation de ses militants… Mais cette « crise » est toute relative. De nombreux socialistes ne connaissent pas la « crise » et se sont repliés dans le confort de leurs bastions. Le PS vit plutôt une crise de croissance locale qui a vampirisé le centre partisan. Jamais il n’a compté autant d’élus. Depuis la défaite présidentielle de 2002, le PS a considérablement renforcé son implantation locale.  

(…) Dans ce contexte, chez de nombreux dirigeants socialistes, les vieux réflexes « molletistes » resurgissent : « Laissons le pouvoir à la droite, il y a trop de coups à prendre dans un environnement économique hostile à la social-démocratie, replions nous sur nos positions locales qui font vivre le PS ». Les élus en place mesurent bien qu’une hypothétique victoire socialiste aux prochaines élections présidentielles aurait mécaniquement, par la logique des « élections intermédiaires », des effets négatifs sur leur ancrage local. Ils se désolidarisent ainsi du devenir national de leur organisation et cultivent leurs fiefs. Mais le pouvoir local pour quoi faire au juste? Ces bases locales n’apparaissent pas aujourd’hui comme des leviers de politisation. Les contours du « socialisme municipal » apparaissent aujourd’hui particulièrement flous. Le local, pourtant doté de marges de manœuvre réelles avec la décentralisation, malgré le désengagement de l’Etat, n’apparaît plus comme un levier de transformation sociale (comme ce fut le cas dans les années 70).  On se défend de « faire de la politique » au niveau local, pensé comme relevant essentiellement de la gestion. Le programme socialiste municipal de 2007 n’était qu’une vague déclaration de principes qui n’inspira que secondairement les candidats locaux. Les régions arrachées à la droite en 2004 devaient constituer des « vitrines » du socialisme. Il n’en fut rien. Que sont devenus par exemple  les « emplois tremplins » ? L’apolitisme tient souvent lieu de projet dans le discours d’élus qui cherchent avant tout à conforter leur implantation et répugnent à tout marquage partisan trop net de leur action.

(…) Le PS et ses notables furent longtemps un contre-modèle pour les écologistes. Un même processus de professionnalisation les affecte pourtant, sur une population militante plus limitée. Il est loin le temps où les écologistes défendaient « la politique autrement » et cherchait à subvertir le jeu politique professionnel. Les Verts ont longtemps cultivé une forte méfiance à l’égard de la politique traditionnelle et des principes de la délégation politique (logique de carrière, concentration du pouvoir, personnalisation, leadership…) Ils ont un temps expérimenté des formes alternatives d’exercice des mandats (refus du cumul, pratique du tourniquet…) un peu comme les partis ouvriers avaient tenté de le faire à la fin du XIXe siècle. Ces velléités n’existent plus. Les Verts, convertis au « réalisme » électoral, se sont normalisés et ont pleinement intériorisé les règles du jeu de la démocratie représentative telle qu’elle est. La rotation des mandats n’est plus appliquée. Le cumul des mandats est toléré et largement pratiqué même si les statuts du parti, non respectés, le réglementent toujours**. Noel Mamère est député-maire de Bègles depuis trois mandats et Dominique Voynet, après s’être engagée à ne pas cumuler, est devenue, suite aux dernières élections municipales, sénatrice-maire de Montreuil. Cette pratique du cumul est justifiée par les arguments traditionnels de ses défenseurs. Est invoqué qu’il faut mettre en avant des personnalités connues, reconnues et compétentes.  

(…) La problématique du PC est un peu différente. On observe certes un renforcement du pouvoir des élus dans un parti qui cherchait historiquement à les contrôler pour éviter toute dérive de personnalisation notabiliaire (le cumul était globalement interdit jusque dans les années 70). Le parti communiste retrouve « l’implantation en archipel » qui était la sienne dans l’entre-deux-guerres : son électorat se dénationalise et se rétracte sur ses bases locales. Le parti s’appuie sur ses élus, poursuivant par là une stratégie d’amortissement du déclin dont le prix est leur large autonomie. Cette posture de survie explique très largement le grand écart du PC pris entre sa proximité idéologique avec l’extrême gauche et la stratégie de préservation des positions locales que permet (pour combien de temps ?) la stratégie d’alliance avec le PS.

   L’historien du parti communiste Roger Martelli analyse les écueils de cette stratégie: « On est dans une situation d’entre deux. Il s’agit de maintenir le capital d’élus pour sauver l’appareil, coller au PS pour préserver les positions locales. Mais enrayer le déclin plus que de reconstituer de nouvelles dynamiques, c’est une démarche défensive. Le poids de la question électorale et des intérêts locaux s’est incontestablement renforcé mais ils sont conçus comme une condition du maintien de l’appareil qui demeure le noyau considéré comme nécessaire de l’organisation communiste. Le parti cherche à avoir des élus, leur poids s’est accru mais le poids dans les organismes de direction n’a pas grandi. La structure partisane verticale et hiérarchique reste une culture enracinée dans le parti. En même temps, les responsables de parti sont devenus élus, ce qui a toute une série d’effets. Les régionales de 1998 ont été de ce point de vue un tournant. La consigne a été de mettre systématiquement les secrétaires fédéraux sur les listes. Ils sont pris des responsabilités dans les exécutifs. C’est une rupture. C’est une manière de salarier sur des fonctions électives des permanents. Jusque là, les secrétaires fédéraux restaient en retrait des responsabilités gestionnaires pour se consacrer au parti. On entendait alors beaucoup ‘moi, si je ne suis pas élu, je n’ai plus de poste de permanent mais ma fédération éclate ou se désagrège’ ». De nombreux élus d’origine ouvrière qui vivent de la politique depuis longtemps craignent un retour à la vie professionnelle qui leur poserait de redoutables problèmes de reconversion.

    De fait, aujourd’hui le fonctionnement et la viabilité du PC dépendent de ses élus. Les contributions des élus représentent plus de la moitié des ressources du parti pour l’exercice 2007  (un peu plus de 17 millions d’euros sur des ressources s’élevant à 32 millions), les cotisations d’adhérents représentant 3 millions d’euros et le financement public 3,7 millions. Le PCF est de loin la formation dont la contribution des élus au fonctionnement est la plus forte (en 2007, 17 millions pour le PCF, 1,8 million pour l’UMP et 12 millions pour le PS). Le PCF revendique près de 10 000 élus locaux et 500 municipalités de toutes tailles, dont 89 dans des villes de plus de 9 000 habitants.

    Au total, les institutions locales tiennent les partis de gauche beaucoup plus que l’inverse.

(…) Cette professionnalisation est aussi un obstacle à la recomposition de la gauche. Le patriotisme de parti est à la mesure des intérêts de carrière. Les stratégies individuelles de maintien de position élective priment avant tout et confortent les stratégies d’appareil..
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* Les indemnités des élus locaux ont connu une hausse très forte ces dernières années : plus 50,5% entre 2000 et 2001, plus de 37,1% en 2002 et plus 13,4% en 2003. Les exécutifs des intercommunalités sont pléthoriques, comme le dénonce régulièrement la Cour de Comptes.  
**  Le cumul des mandats constitue une véritable assurance-vie politique et un réducteur d’incertitude électorale. Il permet de construire l’inamovibilité électorale en renforçant l’implantation locale, en neutralisant la concurrence ou en permettant de rester dans le jeu en cas de perte d’un des mandats. C’est une donnée structurelle du jeu politique.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez