Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 12:02

 

Article de Paul Quilès, publié dans le quotidien l'Humanité du 31 octobre 2009, sous le titre "Il est regrettable que Nicolas Sarkozy oppose désarmement et lutte contre la prolifération" 

    
  
La stratégie de dissuasion nucléaire n’apparaît plus aujourd’hui comme une réponse adaptée aux principaux risques auxquels font face les
États qui la mettent en œuvre. Selon le Livre blanc, elle n’a pour objet que « d’empêcher une agression d’origine étatique contre les intérêts vitaux du pays ». On voit mal, dans la situation actuelle, d’où pourrait provenir cette agression.
      De plus, un système international dans lequel quelques États nucléaires considéreraient qu’ils ont seuls le droit de détenir un armement supposé leur assurer une garantie absolue de sécurité ne serait pas viable à terme. Les États non nucléaires qui estimeraient que leurs intérêts fondamentaux de sécurité ne sont pas pris en compte dans ce système s’efforceraient alors d’avoir accès à la bombe. Après Israël, l’Inde, le Pakistan, la prolifération s’étendrait de manière irrésistible à l’Iran puis à d’autres pays.         

         Il y a donc nécessité de se libérer des dogmes de la dissuasion, pour s’orienter vers une politique de sécurité coopérative prenant en compte les intérêts légitimes de tous les États. Défense et désarmement doivent être considérés par les puissances nucléaires comme des instruments complémentaires pour la garantie de leur sécurité.

         Les nouvelles orientations de la politique étrangère américaine peuvent aider à rétablir la confiance dans des processus de désarmement, vidés de leur contenu par l’équipe Bush. Déjà, les États‑Unis et la Russie se sont engagés à conclure un accord pour succéder au traité START de réduction des armements stratégiques[1]. Celui-ci aura surtout l’avantage de reposer sur un système de vérification, qui autorisera de nouveaux progrès vers une réduction contrôlée des armements. L’administration américaine s’est aussi fixé deux priorités : la ratification du traité d’interdiction complet des essais nucléaires et la négociation d’un traité d’arrêt de la production de matières fissiles à usage militaire. Un succès dans ces domaines créerait une véritable en faveur du désarmement nucléaire. 

         La lutte contre la prolifération ne sera cependant crédible et légitime que si elle s’accompagne d’un effort des puissances nucléaires pour « poursuivre de bonne foi des négociations » de désarmement nucléaire[2]. C’est ce caractère indissociable du désarmement et de la lutte contre la prolifération que vient de reconnaître le Conseil de sécurité de l’ONU[3]. 

         Il est regrettable que N. Sarkozy ait, à cette occasion, semblé opposer désarmement et lutte contre la prolifération, laissant entendre que seule la seconde répondait à une urgence réelle. Une telle position ne peut qu’entretenir l’idée, chez beaucoup de dirigeants de pays émergents, que la France cherche avant tout à défendre un monopole[4], sans beaucoup de préoccupation pour les intérêts de sécurité légitimes des autres États. 

         Les progrès du désarmement nucléaire passent aussi par le développement des contrôles sur les matières fissiles. Les négociations doivent porter, dans un premier temps, sur l’arrêt de la production des matières fissiles militaires. À plus long terme, il faudrait aboutir à un contrôle international de la production de toutes les matières fissiles. On atteindrait ainsi trois objectifs : une garantie solide contre toute tentative de prolifération, une transparence complète des arsenaux nucléaires et une protection efficace contre le danger de terrorisme nucléaire.

          Par ailleurs, si l’on veut persuader l’Inde, le Pakistan et Israël d’adhérer au Traité de non‑prolifération, il faut viser une réduction effective des arsenaux existants jusqu’au plus bas niveau possible, comme cela a commencé à être fait par les États‑Unis et la Russie.  

         Quant à la France, elle pourrait participer plus activement à ces efforts, en entrant dans un processus de négociation sur son armement nucléaire, sans se limiter à l’annonce de réduction du potentiel nucléaire français faite par N. Sarkozy en mars 2008[5]. Elle pourrait également interrompre totalement ou partiellement des programmes de modernisation des arsenaux existants[6], ce qui constituerait un pas décisif dans la voie du désarmement nucléaire.  


[1] Traité qui vient à expiration dans un mois.

[2] Comme le prévoit l’article 6 du Traité de non‑prolifération.

[3] Résolution 1887, adoptée le 24 septembre 2009.

[4] Il s’agit peut‑être aussi de justifier une position privilégiée de membre permanent du Conseil de sécurité.

[5] Réduction d’un tiers de la composante aéroportée, fixation d’un plafond de 300 unités pour les têtes nucléaires

[6] La France pourrait par exemple interrompre son programme de missile stratégique M 51, qui apparaît plus comme un héritage de la guerre froide que comme un instrument de défense adapté.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 20:36

Charles Pasqua, après avoir été condamné à un an de prison ferme dans l’affaire de l’Angolagate a demandé la levée du secret-défense sur la vente d’armes à l’étranger. 

Cette levée du secret-défense est-elle souhaitable ? Au niveau d’un gouvernement, dans ce genre d’affaires, qui est au courant de quoi ?

La commission sur le secret-défense créée par Lionel Jospin en 1998 a vu le jour dans quel but ? Faut-il mettre noir sur blanc dans un texte législatif ce qui encadre le secret-défense ?
Les réponses de Paul Quilès, ancien Ministre de la défense, ancien Président de la commmission de la défense de l'Assemblée  nationale (5' 43).

Pour écouter,  cliquer ici

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 15:21
Paul Quilès
sur France Culture,
dans le journal
de la mi-journée


"Laure de Vulpian nous expliquera pourquoi les familles de deux soldats français, tués lors d'une embuscade pendant l'été 2008 en Afghanistan, vont porter plainte. Et notre invité est Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense, avec qui nous examinerons également la situation générale en Afghanistan."

Pour écouter,
cliquer ici
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 11:44

 A l'occasion du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, j'organise une rencontre exceptionnelle
à Cordes sur ciel
.



Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
commenter cet article
22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 10:04
Pour écouter l'interview de Paul Quilès à Sud Radio  sur l'actualité politique
cliquer ici:
Sud Info Matin / Paul QUILES - Mercredi 21 Octobre 2009
(rubrique "réécoutez les émissions")
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Médias
commenter cet article
21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 11:35

J'ai trouvé intéressante cette initiative de la BBC, pour participer concrètement à la lutte contre les GES (gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique)*.
                                                      
 GB : les équipes de la BBC devront remplacer leurs vols courts par des trajets en train


    Tel est l'engagement pris récemment par le groupe audiovisuel pour réduire ses émissions de GES. Cette décision s'applique aussi bien aux destinations domestiques qu'aux voyages vers le reste de l'Europe.
     La règle sera dorénavant la suivante : les journalistes et autres employés de la BBC ne pourront prendre l'avion que si le choix du train ajoute plus de trois heures au voyage. De même, concernant les vols long courrier, chacun devra justifier avant de réserver son billet que son déplacement ne peut être remplacé par une vidéoconférence.
     Cette politique de transports durables serait l'une des plus ambitieuses jamais menées par une entreprise en Grande Bretagne.
_______________________________________________________
* Information lue dans le bulletin d'Utopies News Service
  Voir aussi sur le site du Guardian

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
commenter cet article
21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 09:44

Un lecteur de mon blog (Frédéric Vincent, ingénieur, doctorant en astrophysique) 
me communique cette excellente chronique,
qu'il a publiée par ailleurs.
Elle concerne Nicolas Sarkozy, son mode de gouvernance
et ses approximations et mérite d'être lue !


********


     Il faut reconnaître certaines qualités à Nicolas Sarkozy : de l’énergie, un instinct politique et une capacité à capter son auditoire. Malheureusement, comme l’a fait remarquer Michel Rocard, « les qualités qu’il faut pour être élu ne sont pas celles qu’il faut pour gouverner ». Non seulement Nicolas Sarkozy n’a pas montré de qualités pour gouverner et mettre en place les réformes nécessaires, mais il a plutôt montré des prédispositions pour mettre la démocratie en danger : de l'ignorance, un déni de la réalité et un appétit insatiable pour le pouvoir.

     Lors de son entretien télévisé en direct du G20 de Pittsburgh, Nicolas Sarkozy a fait une confusion entre les gaz à effet de serre et les trous dans la couche d'ozone. Tout le monde peut se tromper mais ce n'est pas la première fois que le président s'emmêle les pinceaux et une telle erreur n'est pas acceptable de la part d'un dirigeant qui veut être en pointe sur le problème du climat.

     Le président devrait savoir que la couche d'ozone nous protège du rayonnement ultraviolet du soleil qui pourrait nous brûler la peau. La couche d'ozone a été menacée par l'emploi abusif de chlorofluorocarbures (CFC) qui sont utilisés notamment dans les bombes aérosols. Le protocole de Montréal en 1987 a permis de limiter les émissions de CFC et donc de préserver la couche d'ozone, indispensable pour la vie sur Terre.

    Le principal défaut du dioxyde de carbone (CO2) est d'être un gaz à effet de serre, facilement produit par l'activité humaine et s'accumulant dans l'atmosphère. Une quantité raisonnable de CO2 permet d'avoir une température viable sur Terre mais un excès entraîne une surchauffe avec un risque d'emballement du climat. Il est donc urgent et vital de limiter les émissions de CO2, car le climat ne négocie pas. Le sommet de Copenhague en décembre est donc une bonne occasion de faire des progrès majeurs et le président ne devrait pas négliger de réviser le sujet s'il veut s’assurer une certaine crédibilité.

     Lors de ce même entretien télévisé en direct du G20, Nicolas Sarkozy s'est félicité d'avoir mis fin aux excès de la finance, notamment les paradis fiscaux et les bonus. Les paradis fiscaux ne seraient plus des paradis fiscaux, car ils auraient signé des conventions avec un minimum de douze autres pays. Mais quand on regarde de près, on s'aperçoit que les paradis fiscaux ont signé une grande partie de leurs conventions avec d'autres paradis fiscaux : il est facile d'imaginer que les conventions en question ne soient pas spécialement contraignantes. Affirmer que « les paradis fiscaux, c’est fini », ça s'appelle « prendre les gens pour des cons ».

     Par ailleurs, réguler les bonus revient à combattre les symptômes d'une maladie au lieu d'attaquer le mal à la racine, c'est-à-dire une prise de risques inconsidérée. En dehors d'une obligation d'augmenter les capitaux propres, rien n'a été fait pour limiter le risque systémique et empêcher une nouvelle crise économique. Personne ne semble décidé à présenter l’addition aux banquiers et aucune personnalité politique ne semble s'inquiéter des dettes publiques qui atteignent des proportions inouïes.

     Affirmer que les problèmes sont résolus constitue, au mieux de l'aveuglement, au pire du cynisme qui se cache derrière un mélange de mauvaise foi et de démagogie. Le président préfère laisser la France s'endetter jusqu'au cou, plutôt que de remettre en question un bouclier fiscal qui protège surtout les déjà très riches.

     Enfin, le plus grave est l'actuelle dérive monarchiste, type « république bananière », qui entretient une confusion des pouvoirs. Nicolas Sarkozy a renforcé son pouvoir de nomination sur le président de France Télévisions, portant un premier coup à la liberté de parole des journalistes qui y travaillent. Il a par ailleurs lancé une mise au pas de l’université, en augmentant les pouvoirs des présidents d’université, sous couvert d’une réforme pour l'autonomie qui n’en a que le nom : la recherche ne se pilote pas comme une industrie, sinon ce ne serait plus de la recherche. Pour finir, et c’est clairement la plus dangereuse des réformes, le président remet en question l'indépendance de la justice, en supprimant le juge d'instruction.

     Cerise sur le gâteau : l'affaire du Prince Jean. Jean Sarkozy, ayant déjà redoublé ses deux années de droit, a quatre ans de retard et aucune expérience professionnelle suffisante pour présider l'EPAD. Contrairement à ce qu'affirment ses courtisans, il n'est pas un élu comme un autre. Il a profité d’une élection dans un fauteuil, dans les Hauts de Seine qui votent toujours à droite, et où les candidats de droite sont régulièrement élus dès le premier tour. Jean Sarkozy n’est pas un petit génie de la politique : c’est un fils à papa, dont le papa est président de la République.

     Au lieu de se vautrer dans ses privilèges comme un nouveau riche, Nicolas Sarkozy devrait se méfier : les Français ont une nature rebelle, ils n'aiment guère l'injustice et ils pourraient bien détrôner le roi en 2012.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 21:29

Plus de 250 personnes ont participé à la réunion animée par Paul Quilès à Pia (Pyrénées orientales), sur le thème "la gauche aujourd'hui". 
Cette réunion a été organisée par le GESA,
association fondée par Renée Soum,
ancienne députée du département.
Elle a connu un réel succès, si l'on en juge par la qualité du débat qui a suivi l'intervention de Paul Quilès.
Lire le compte rendu sur le site du GESA

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
commenter cet article
17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 16:17
Le 2 juillet dernier s'est tenu le forum de Gauche Avenir sur 'l'état de la gauche": de nombreux intervenants*, représentant les différentes sensibilités de la gauche, 140 participants, un débat passionnant, animé par Edwy Plenel, au cours de 2 tables rondes, pendant 5 heures.

- Pour regarder la vidéo de mon intervention en conclusion du forum...... cliquer ici 
- Pour regarder la vidéo de toutes les interventions.....cliquer ici


* Pouria Amirshahi (Secrétaire national du PS), Guillaume Bachelay  (Secrétaire national du PS), Eric Coquerel (secrétaire national du Parti de Gauche), Jacques Cossard (secrétaire général du Conseil scientifique d’ATTAC), Jean-Luc Laurent (secrétaire national du MRC, maire du Kremlin Bicêtre),  Jean-Vincent Placé (Secrétaire national adjoint des Verts), Etienne Butzbach (Sénateur MRC, maire de Belfort), Marianne Louis (Secrétaire nationale du PS), Gilles Candar (Historien), Jean-Claude Monod (Chargé de recherches au CNRS),
Marie-Pierre Vieu (Membre du collège national exécutif du PC, vice-présidente de la région Midi-Pyrénées).


- Consultez aussi le site de Gauche Avenir

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
commenter cet article
17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 15:57

Plus de 180 participants, représentants de partis, de syndicats, d'associations et simples citoyens, plus de 5 heures de discussion attentive, à partir de présentations de haut niveau : le colloque que Gauche Avenir a consacré à la laïcité des institutions républicaines, le 10 octobre, à l'Assemblée Nationale, a connu
un succès remarqué.


Le texte des principales interventions figurera prochainement sur le site de Gauche Avenir.

En attendant, vous pouvez les écouter ainsi que la conclusion que j'ai faite à la fin du colloque en cliquant ici.

Pour lire le "manifeste du 10 octobre 2009", présenté à l'issue du colloque, cliquez ici

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez