Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 08:42

RESERVEZ VOTRE SOIREE DU 31 JUILLET !

           
Vous êtes invité à la projection du film du spectacle « ils ont tué Jaurès », en présence du metteur en scène,
Claude Moreau, le vendredi 31 juillet, jour anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès.

 

 Accueil à 20 heures 00 à  la Maison de la Musique,
sur le site de Cap’ Découverte,
près de Carmaux

(entrée gratuite)

Début du film à 20h30 précises 

Possibilité de repas à l’Auberge de la Découverte, en appelant le 05 63 80 21 35

           

        La projection du film sera suivie d’un débat sur la modernité de la pensée et de l’action de Jaurès, ainsi que sur la nécessité, aujourd’hui encore, de créer une dynamique de rassemblement de l’ensemble des forces de gauche, en présence de :

            - Rémy Cazals, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Toulouse-le-Mirail,

            - Patrick Le Hyaric, député européen, directeur de l’Humanité,

            - Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre.

 

Le nombre de places étant limité, il est préférable de s’inscrire.
 Envoyez un message à: ga81@orange.fr

 

            Rappel : A l’occasion de la commémoration du 80ème anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès, le spectacle évènement « ils ont tué Jaurès », conçu par l’Association Pays de Jaurès, présidée par Paul Quilès, a été présenté à Carmaux au cours de la première semaine d’août 1994.

            Sur le site de la Grande Découverte, encore en cours d’exploitation, plus de 40 000 spectateurs ont assisté à ce spectacle, mis en scène par Claude Moreau, avec pour auteur Alain Decaux et la participation de 150 acteurs amateurs et de plusieurs centaines de bénévoles, enfants du Carmausin. Bernard-Pierre Donnadieu y incarnait Jaurès.

            A cette occasion, François Mitterrand avait envoyé un message, dans lequel il conseillait de «toujours revenir à Jaurès, à ses actes, à sa parole ». Il est vrai que la pensée et l’action du grand tribun socialiste restent d’actualité, qu’il s’agisse de ses combats pour l’unité de la gauche, pour les droits des plus défavorisés ou pour la paix dans le monde.

 

Cette soirée est organisée par Gauche Avenir 81,
déjà à l’initiative de plusieurs rencontres-débats dans le Tarn.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 21:07

 Suite à la lettre que vient d'adresser Martine Aubry à six responsables de partis de gauche et écologiques (lire la lettre), nous avons publié le communiqué suivant:   
                                     
          "Marie-Noëlle LIENEMANN et Paul QUILES considèrent que la démarche que vient de proposer  Martine Aubry aux responsables des partis de gauche manifeste une inflexion intéressante de la part de la première secrétaire du PS en faveur du rassemblement de la gauche. 

            L’envoi et le contenu de la lettre qu’elle a fait parvenir à ses homologues s’inscrivent  dans une nouvelle dynamique, proche de celle proposée par le club Gauche Avenir, qui consiste à créer un comité national de rassemblement des forces de gauche. Celui-ci définirait la façon d’établir en commun un projet, un programme, un accord gouvernemental et législatif pour 2012, dans la perspective d’une candidature unique de la gauche aux futures présidentielles.

              Nous nous félicitons que le courrier de Martine Aubry fixe comme objectif  «  l’élaboration d’un projet commun de la gauche en 2012 », suggère la mise en œuvre d’ « une stratégie politique électorale commune pour l’emporter », reconnaisse que le rassemblement doit associer des militants au-delà des partis («La « maison commune » doit accueillir tous les citoyens qui se reconnaissent dans cette démarche de changement. »)

              Nous espérons que cette première initiative recevra un accueil constructif de la part des dirigeants des principaux partis de gauche et écologistes, car l’attente unitaire du peuple de gauche, dans le respect de chacun et de la diversité des points de vue, est considérable."

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 10:00

        Pour ceux qui regardent, au delà de leur clocher, les évènements qui se déroulent à travers le monde, la multiplication et l’accentuation des « désordres »* ont de quoi inquiéter.


La crise sans précédent que traverse le capitalisme financier n’en finit pas, contrairement aux propos lénifiants dont nous abreuvent tant de politiques et de commentateurs. Les déficits continuent à se creuser, sans qu’on sache très bien comment ils seront comblés. Quant aux plans de sauvetage et de relance qui se succèdent, chacun commence à comprendre que ce sont autant de replâtrages d’un système qui cherche à survivre, en tentant de faire croire que l’«après crise » sera « comme avant » !


Les inégalités et les déséquilibres s’accentuent entre les diverses parties du monde, touchant tous les domaines -économique, social, sanitaire, écologique- et constituant de graves menaces potentielles pour la paix mondiale.


Les risques de guerre restent, malgré les louables efforts de l’administration Obama, très préoccupants dans plusieurs régions. Pour ne citer que les foyers de tension les plus évidents, le Moyen-Orient, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan (où les Talibans sont de plus en plus agressifs) sont des lieux de conflit « exportables ». S’ajoute depuis peu à cette liste la Chine, avec les violents affrontements ethniques du Xinjiang.


      Les Etats les plus puissants et l’ONU (si elle en a les moyens !) vont avoir à faire preuve d’un esprit particulièrement responsable pour empêcher que des étincelles déclenchent des explosions qui pourraient se révéler redoutables.

 
     Est-ce par peur de regarder ce monde en face que les foules se grisent, s’enthousiasment pour de faux héros, cherchant, selon l’analyse d’un sociologue, des « modèles auxquels s’identifier » ?

Un modèle Michael Jackson, dont aucune des turpitudes ne nous a été épargnée ?
Un modèle les grands champions du Tour de France, empêtrés dans  les scandales du dopage ?
Un modèle les rois du ballon rond, dont les transferts financiers dépassent l’entendement (94 millions € pour Ronaldo) ?


     J’aime la musique, j’ai adoré le Tour de France et je reste un passionné de foot, mais je n’ai vraiment pas envie de m’identifier à ces modèles. Il ne suffit pas de rassembler, après sa mort, des centaines de millions de fans pour un « événement télévisuel planétaire » ou de se faire applaudir sur les routes des vacances par des millions de personnes, pour faire oublier l’odeur d’argent et l’hypocrisie sans nom que véhicule cette excitation, largement amplifiée par une médiatisation outrancière.


     A l’époque romaine, les empereurs régnaient en distribuant au peuple « panem et circenses » (du pain et des jeux). Aujourd’hui, le pain manque à certains, mais les jeux sont toujours là et, en se bouchant un peu le nez, on a le droit de rêver…..et d’oublier.
    

 

* pour reprendre le concept développé dans le livre (« Face aux désordres du monde »), que j’ai écrit avec Alexandra Novosseloff en 2005.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
commenter cet article
6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 17:56
A la suite du forum de Gauche Avenir sur "l'état de la gauche", qui s'est tenu le 2 juillet à l'Assemblée Nationale, je viens d'adresser, avec
Marie-Noëlle Lienemann,
la lettre ci-dessous aux
six principaux leaders de la gauche.
_______________________________________________________________________________________________________


Lettre adressée ce jour à :
Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, Marie-George Buffet, Jean-Pierre Chevènement,
Cécile Duflot, Jean-Luc Mélenchon
 

            Notre club, Gauche Avenir, créé en mai 2007, réunit des personnalités et des militants politiques, syndicaux, associatifs, issus des différentes  sensibilités de la gauche. Il s’est fixé comme objectif  d’œuvrer à son rassemblement, en s’efforçant notamment de l’aider à reprendre l’offensive idéologique.

            Nous nous adressons à vous aujourd’hui, parce qu’à trois ans de la future élection présidentielle, le temps nous est compté pour réaliser le rassemblement des forces de gauche et écologistes, sur la base d’une charte commune, d’un programme de gouvernement et d’un accord législatif. Notre conviction  est que, en dehors de cette démarche, aucune victoire n’est possible en 2012.

            Le 2 Juillet dernier, nous avons organisé un Forum sur « l’état de la gauche », qui a réuni de nombreux participants autour de responsables des différents partis, d’intellectuels, d’animateurs d’associations et de mouvements sociaux. Au-delà des différences, tous ont soutenu l’idée de constituer immédiatement un comité national de rassemblement des forces de gauche, réunissant non seulement les partis de la gauche et de l’écologie, mais aussi les associations, les clubs, les mouvements, voire les syndicats, qui se situent à gauche.

            Chacun voit bien qu’un simple accord électoral de dernière heure ne suffirait pas à créer une dynamique victorieuse. Le projet et le contenu des engagements qui le scelleront ne sauraient être  préparés en cercle restreint. Ils doivent être le fruit d’un travail sérieux, de débats approfondis, d’une volonté de synthèses nouvelles autour des valeurs fondamentales de la gauche, qui, pour la plupart, demeurent d’une grande actualité.

            Ce comité national pourrait, à travers des Etats généraux de la gauche,  associer à des « primaires du projet » ces milliers de femmes et d’hommes de gauche qui, trop souvent, ne se reconnaissent plus  dans le paysage politique actuel.

             Ainsi pourrions-nous reconstruire la confiance, l’espoir et un mouvement d’engagement politique et citoyen. C’est de cette attente et  de cette  proposition que nous  nous faisons ici les interprètes.

            A l’occasion du forum de Gauche Avenir, nous avons commandé un sondage. Celui-ci montre que  59% des Français  pensent que la création d’un tel comité* est une action qui va dans le bon sens. Ce score atteint près de 70% pour les électeurs de gauche et des Verts.

            Nous pensons, avec celles et ceux qui ont participé à notre forum, qu’il vous revient de prendre une initiative forte et unitaire en ce sens et nous espérons vivement que vous accepterez de vous y engager rapidement. 

            En vous remerciant par avance pour votre bienveillante attention et pour ce que vous pourrez entreprendre en ce sens, nous vous prions de croire à l’expression de nos sentiments les meilleurs.

                                   

   Marie Noëlle Lienemann                    Paul Quilès

______________________________________________________________________________________________________ 

* Ce comité serait chargé de mettre en place des Etats généraux de toutes les gauches (partis, associations, syndicats, cercles de réflexion), en vue de s’entendre sur un programme commun et de choisir un candidat unique de la gauche.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 10:51

12 intervenants, représentant les différentes sensibilités de la gauche,
140 participants, un débat passionnant, animé par Edwy Plenel, au cours de
2 tables rondes pendant 5 heures: le forum de Gauche Avenir
sur "l'état de la gauche" a tenu ses promesses!

Vous trouverez prochainement des informations détaillées sur le contenu de ce forum sur le
site de Gauche Avenir

D'ores et déjà vous pouvez prendre connaissance des documents qui ont été distribués:
-
la gauche dans la crise: état des lieux
- sociologie électorale, sociologie militante
- sondage commandé par Gauche Avenir à Opinionway:
 "les Français et la gauche: organisation et priorités"

Par ailleurs, vous pouvez visionner la vidéo de mon interview d'hier sur ce sujet 
par la chaîne parlementaire (LCPAN),
en
cliquant ici
(l'interview dure 5'30 et se situe entre 7' et 12'30)

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
commenter cet article
1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 16:29

Paul Quilès est l'invité de la chaîne parlementaire de télévision (LCP-AN) jeudi 2 juillet à 13h.
Il évoquera notamment à cette occasion
le
forum de Gauche Avenir sur "l'état de la gauche"  
et les résultats du sondage commandé par ce club concernant
l'opinion des Français sur les stratégies de la gauche. 

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Médias
commenter cet article
29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 21:11

 Je vous invite au "Forum sur l’état de la gauche",

organisé par le club Gauche Avenir 
(avec le concours de MEDIAPART)

le 2 Juillet 2009, de 17H à 22 H,

à l'Assemblée Nationale (Salle 6241)

126 Rue de l’Université

Paris 75007
 Entrée libre- Pour s'inscrire, cliquez ici 


     Des représentants de différentes sensibilités de la gauche et des écologistes (partis, associations, intellectuels) interviendront au cours des 2 tables rondes, animées par Edwy Plenel.

     Ce forum, qui a l'ambition de contribuer au rassemblement de la gauche, sera l'occasion de présenter les conclusions d’un tout récent sondage, commandé par le club et qui montre que les Français, notamment ceux de gauche :  

-    souhaitent fortement le rassemblement de toute la gauche

-    estiment prioritaire l’affirmation d’un projet collectif  

-    jugent nécessaire la création d’un comité chargé de mettre en place des Etats généraux de toute la gauche

                 **************************************************** 

 

    Programme du Forum:

 

- 17H à 17H45: présentation du rapport sur l’état de la Gauche
par un animateur du club Gauche Avenir

- 17H45 à 20H15 : 1ère table ronde

->    Thèmes : valeurs et idéologie de la gauche aujourd’hui ; actualité du clivage gauche-droite.

->    Participants:
. Pouria Amirshahi (Secrétaire national du PS)
. Guillaume Bachelay  (Secrétaire national du PS)
. Eric Coquerel (secrétaire national du Parti de Gauche)

. Jacques Cossard (secrétaire général du Conseil scientifique d’ATTAC)

. Jean-Luc Laurent (secrétaire national du MRC, maire du Kremlin Bicêtre)
. Jean-Vincent Placé (Secrétaire national adjoint des Verts)

- 20H15 à 20H30 : pause

- 20H30 à 22H : 2ème table ronde

->   Thèmes : Quelle stratégie pour la gauche ? Quels objectifs (conquête du pouvoir et objectifs de transformation sociale) ?

->    Participants:
. Etienne Butzbach (Sénateur MRC, maire de Belfort)
. Marianne Louis (Secrétaire nationale du PS)

. Gilles Candar (Historien)

. Jean-Claude Monod (Chargé de recherches au CNRS)

. Marie-Pierre Vieu (Membre du collège national exécutif du PC, vice-présidente de la région Midi-Pyrénées)
__________________________________________________________________________
Les propositions de Gauche Avenir se trouvent sur le site www.gaucheavenir.org et l’initiative en faveur d’un "nouveau Front populaire" sur le site www.gauche2012.org 

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
commenter cet article
26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 09:46

Une semaine avant les élections européennes, j'ai répondu à ces
11 questions concernant le PS et la gauche, qui m'ont été posées par
la Lettre de l'Institut François Mitterrand.
A la relecture, ces réponses me semblent aujourd'hui,
plus que jamais, d'actualité.
Et, vous, qu'en pensez-vous?
 Paul Quilès
________________________________________________________________

1-
  
De quoi la gauche actuelle manque-t-elle le plus ? De stratégie, de programme,
de leader, d'alliés ?

           

           Avant de répondre à cette question, qui taraude la plupart des Français qui se situent à gauche, je voudrais évoquer le climat dans lequel nous nous trouvons.  

           
          Chacun sait depuis longtemps que l’élection présidentielle au suffrage universel pèse lourdement sur la vie politique française ; la réduction du mandat à 5 ans et le rapprochement dans le temps des élections présidentielle et législatives en a même accru l’influence. Après avoir échoué trois fois de suite à l’élection présidentielle, la gauche est aujourd’hui en proie au désarroi et au doute. Elle se trouve en effet divisée, sans perspective crédible et mobilisatrice pour 2012, n’ayant pas su, ou voulu, tirer les leçons de ses précédents échecs.

            Et la voilà obligée d’assister au débauchage par N. Sarkozy de certains de ses anciens amis et au rapt idéologique de certaines de ses idées. Bien sûr, il lui est aisé de montrer le décalage entre les mots et les actes, de dénoncer les mystifications et les trahisons, de condamner la politique arrogante et injuste de la droite, qui s’attaque avec détermination à des pans entiers du modèle républicain. Mais cela ne suffit pas à redonner l’espoir d’un retour au pouvoir, qui permettrait de changer le cours des choses, ce qui est -et doit demeurer, au-delà des différences- l’objectif principal de la gauche. Il faut ajouter à ce constat peu réjouissant les graves conséquences sociales du séisme économique et financier actuel, qui accentuent le désarroi et le doute de bon nombre de nos concitoyens, enclins au scepticisme devant les discours et les actes des politiques.

            Pas étonnant alors que des élus de gauche, intériorisant le sentiment d’une victoire impossible, en viennent à théoriser le principe du partage des rôles entre la droite au pouvoir central et la gauche à la gestion des collectivités territoriales. Je me souviens avoir entendu des élus locaux et même des responsables nationaux tenir (à voix basse !) ce raisonnement dans les années 80, lorsque les difficultés de l’exercice du pouvoir leur faisaient craindre que l’impopularité se répercute au niveau local.

            Pour répondre à votre interrogation, on voit bien que, dans un tel climat, ce dont la gauche manque le plus actuellement, c’est de foi en elle-même et de foi en l’avenir. Le mot clé, rarement prononcé en ce public, est ici celui de « stratégie ». Et pourtant, ce n’est pas un concept archaïque, qui s’opposerait à des notions plus « modernes »….on se demande bien lesquelles, d’ailleurs! Sans stratégie, le cheminement vers l’échéance politique majeure qu’est le scrutin présidentiel s’assimile à la « navigation à vue », au gré des évènements conjoncturels, de la lecture sommaire des sondages, des ambitions individuelles, des intérêts de parti, de groupe ou de clan. Autant dire que l’échec est inévitable.

            La définition d’une stratégie de conquête du pouvoir amène naturellement à préciser dans le même temps qui sont les alliés et à élaborer avec eux un projet, puis un programme. Quant au leader qui devrait conduire cette bataille, il faudrait se faire à l’idée que ce n’est pas lui qui définit seul la stratégie, les alliés, le calendrier, le programme. Regardons les choses en face : le monde et la France ont changé et l’échiquier politique a beaucoup évolué depuis l’époque où le PS pouvait « imposer » son candidat à l’élection présidentielle, sur la base de son programme. Il est question aujourd’hui de chercher à conférer à ce candidat une légitimité dans l’électorat de gauche grâce à des primaires (aux contours confus). A aucun moment n’est évoquée la difficulté qui résulterait du refus des autres forces de gauche d’accepter ce schéma, qui interdit aux autres partis de faire entendre leur voix. On a d’ailleurs vu lors des 2 derniers scrutins comment cette erreur d’appréciation pouvait être fatale à la gauche. 
 
2- Quelle devrait donc être, selon vous, la stratégie de la gauche ?
           

           La stratégie que je propose, avec Marie-Noëlle Lienemann et de nombreux responsables et militants appartenant à différentes sensibilités de la gauche repose sur le choix d’un candidat unique de la gauche pour 2012, à l’issue d’un processus que nous appelons un « nouveau Front populaire ». 

 

            Pourquoi cette référence historique ? Comprenons-nous bien : il ne s’agit pas de copier le passé, parce que le paysage, les enjeux, les pratiques politiques ont changé. Pourtant, la dynamique qui fut celle du Front populaire reste un modèle, qui peut redevenir d’actualité, en proposant tout à la fois un débouché politique au mouvement social, un projet de société à nos concitoyens et une perspective de victoire à la gauche en 2012.

            Souvenons- nous en effet de ce qui s’est passé dans ces années 30. En dépit de très lourdes divergences idéologiques qui semblaient bloquer toute alliance entre la SFIO et le PC et face au péril des ligues fascistes, c’est le peuple qui appela à l’unité lors des manifestations de février 1934! Ensuite, il y eut la grande manifestation unitaire du 14 juillet 1935, à l’initiative de la Ligue des droits de l’homme, des syndicats, avec tous les partis de gauche et les radicaux, ainsi que de nombreuses associations. Cette rencontre se prolongea en un comité national pour le rassemblement populaire, chargé d'élaborer un programme commun et des accords de désistement dans la perspective des élections du printemps 1936.

            C’est donc le rassemblement de toutes les forces de gauche autour d’un programme qui assura la victoire électorale du Front populaire et d’importantes mobilisations ouvrières qui permirent de concrétiser de grandes  avancées sociales. Bien entendu, l’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle est riche d’enseignements qui peuvent nous aider à prendre nos responsabilités et à éviter les erreurs passées. Elle nous rappelle en particulier une loi d’airain, jamais démentie par les faits. Lorsque la gauche est  désunie, elle décourage les siens et elle perd. Impuissante à gouverner, à peser sur le cours des choses et à transformer une société qui en a tant besoin, elle laisse la place à toutes les dérives. Par contre, lorsqu’elle s’unit, elle ré-ouvre le champ du possible, redonne espoir et peut gagner.  Gagner pour changer et pour offrir une perspective, une alternative à tous nos concitoyens, en particulier les plus modestes, à la jeunesse, à celles et ceux qui vivent de leur travail, de leurs efforts, de leur création.

            Il s’agirait bien d’un accord global dans le respect de chacun et non d’un alignement sur le parti dominant ou sur son candidat. Un front large qui associe des clubs, des associations, voire même les syndicats s’ils le souhaitent et pas un simple cartel électoral des partis. Ainsi serait défini un rassemblement politique et citoyen qui permettrait l’accès au pouvoir et qui engagerait aussi une dynamique culturelle, idéologique, presque « civilisationnelle », où les militants, le monde du travail, tous ces hommes et ces femmes qui doutent de la gauche, retrouveraient le goût du politique et la confiance dans la démocratie, pour changer leur vie et le monde.  

3-
 
Par quelle procédure pensez-vous que le candidat de la gauche devrait alors être désigné pour 2012 ?

            La démarche du « nouveau Front populaire » repose sur l’idée que la gauche, pour gagner en 2012, devra mobiliser une majorité de Français autour d’un candidat unique porteur d’un programme élaboré en commun. Il s’agira de créer une dynamique de rassemblement des forces militantes de gauche. Cette dynamique entraînera par la suite l'électorat, grâce à la crédibilité du candidat et de son programme, qui seront portés par un vaste mouvement.

            Le processus que nous proposons comporte 5 étapes, échelonnées sur 2 ans :

1)     été 2009 : création, tout de suite après les élections européennes, d’un « Comité pour un nouveau Front populaire», avec le même souci d’associer, avec les partis, toutes les forces qui s’engagent à gauche. Ce comité préparerait des Etats généraux de la gauche, dégageant des thèmes fondateurs en vue de la mise au point de la Charte pour l’élection présidentielle.

2)     début 2010 : Etats généraux de la gauche

3)     été 2010 : adoption de la Charte pour l’élection présidentielle

4)     fin 2010 : mise au point, sur la base de la Charte, du programme du candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle et d’un accord législatif assurant une représentation de la diversité des composantes de la gauche.

5)     1er semestre 2011 : organisation des primaires, où les militants des organisations signataires de la Charte seraient consultés. Cette consultation prendrait alors tout son sens, dans la mesure où il s’agirait ici des adhérents appartenant aux structures (politiques, syndicales, associatives) ayant concouru à la rédaction de la Charte. Nous refusons l’idée de faire appel au concept vague de sympathisant, dont l’engagement se limiterait à procéder à une sorte de zapping occasionnel entre des leaders.          

            On le voit, cette démarche exige de la cohérence politique, du temps et surtout une volonté inébranlable. Elle tourne le dos aux discours confus ou contradictoires, souvent inspirés par l’air du temps, qui témoignent d’une absence complète de pensée stratégique. Elle ne se confond pas avec une approche arithmétique consistant à additionner les prévisions chiffrées des sondages et à en déduire la nécessité de telle ou telle alliance. Elle ne repose pas non plus sur les ambitions personnelles de « sauveurs » autoproclamés, hypnotisés par leur image médiatique et tellement conditionnés par les analyses d’opinion qu’ils en oublient que la mode d’aujourd’hui ne garantit pas la popularité pour demain.  

  
4- La gauche est-elle bien ou mal placée pour répondre à la crise ?

            La crise sans précédent que nous traversons est à l’évidence une crise grave du capitalisme. Elle a pour origine principale le fait qu’une grande partie de l’argent créé ou échangé ne va plus à l’économie réelle, c’est à dire à l’industrie, à l’emploi, à la création de ressources et de biens de consommation, mais à la rémunération des détenteurs de capitaux.

            Depuis longtemps, la gauche a dénoncé cette perversion, dont les effets ont été accentués par la dérèglementation de l’économie de marché et l’essor du libre échange généralisé. La crise valide donc sa critique fondamentale du capitalisme, mais peut-être sa dénonciation a-t-elle été insuffisante avant l’apparition des violentes conséquences économiques et sociales de la crise. Aujourd’hui, alors que les chantres de la mondialisation heureuse et de la libéralisation sans entrave n’hésitent pas à se réclamer de Keynes, voire de Marx et réhabilitent (en paroles) le rôle de l’Etat, la gauche a du mal à faire entendre un message clair.

            Il lui faut donc aujourd’hui, plus que jamais, expliquer, dénoncer et proposer. Pas besoin pour cela de se placer sur le terrain de la droite, dans une surenchère de chiffres financiers, si monstrueux qu’ils ne parlent plus à personne. Bien entendu, dans ses propositions, la gauche ne doit pas se désintéresser des aspects techniques, comme le contrôle des activités des banques ou des considérations morales, comme la lutte contre les excès scandaleux de certaines rémunérations. Mais elle doit surtout montrer qu’elle n’est pas démunie devant cette crise profonde du capitalisme, en s’appuyant sur des valeurs, en précisant ses choix, en fixant des perspectives. Il lui faudra faire des propositions claires, notamment sur trois thèmes majeurs : la modification de la répartition des richesses, le développement du rôle de l’Etat, les nécessaires restrictions au libre échange généralisé. C’est ainsi, me semble-t-il, que la gauche deviendra audible, en prouvant qu’elle a la volonté d’apporter une réponse historique, à la mesure du désarroi et de l’attente du plus grand nombre de nos concitoyens. 

  
5- Les gauches en Europe doivent elles chercher à avoir une ligne commune ?

            Vouloir uniformiser les stratégies et les alliances dans tous les pays européens apparaît difficile. Il suffit de constater les différences dans les modes de scrutin, dans la structuration des forces politiques ou dans les cultures politiques et historiques, souvent très éloignées les unes des autres, si l’on songe par exemple à la spécificité républicaine française ou aux conséquences de la fin des régimes communistes à l’Est. Il n’en demeure pas moins que nous devons plaider pour l’unité ou l’union des forces de gauche et contre les accords avec les conservateurs ou les alliances de centre gauche.

On voit bien aussi que, pour des sujets comme la défense ou la politique étrangère, l’approche inter étatique ne va pas disparaître de si tôt, ce qui se traduit par des différences d’appréciation, y compris au sein de la gauche européenne.

En revanche, il est possible de construire des convergences politiques claires sur des sujets clé pour l’avenir de l’Europe, tels que la sortie de la concurrence sociale et fiscale, les protections dans les échanges internationaux, le rééquilibrage entre la rémunération du capital et du travail.

A l’image de l’idée d’une Europe se développant en cercles concentriques –idée mise en avant par François Mitterrand il y a près de 20 ans et qui garde sa pertinence-, on pourrait envisager une structuration de la gauche européenne sur ce modèle et la définition de convergences fortes, portées par « un noyau dur » actif et volontaire.

Il faudrait aussi obliger les gauches à aller au fond de certains débats majeurs, pour que les peuples et les salariés -qui constituent notre base sociale- ne soient pas constamment mis en concurrence les uns contre les autres. C’est en partie grâce à de tels débats que l’on crédibilisera le concept de gauche européenne et même l’adhésion des peuples à l’Europe. Construisons sur ce qui peut avancer vite et apporter des progrès concrets aux citoyens, car il n’y aura pas de confiance dans la gauche si l’espoir de changements effectifs ne s’incarne pas davantage en Europe. 

6-
 
Que devrait dire la gauche aux électeurs tentés par l'extrême gauche ? A ceux tentés par Bayrou ?

         Si la gauche dispose d’une stratégie de rassemblement explicite et mobilisatrice, elle n’aura pas trop à se soucier de ces deux « tentations », ce qui ne veut pas dire qu’elle doit les ignorer. Par contre, il serait inutile, voire dangereux de se positionner par rapport à ces concurrents, en adoucissant le langage d’un côté, en pratiquant la surenchère gauchiste de l’autre.
         S’agissant de Bayrou, que les choses soient claires. Le leader du Modem, dont l’unique horizon est celui de l’élection présidentielle,  parie pour 2012 sur un éclatement du PS et sur une incapacité de la gauche à se rassembler. Tout son discours, soudain gauchisant, a ce seul objectif. Il a intérêt à laisser croire que les clivages entre droite et gauche ne sont plus d’actualité et à se présenter comme le meilleur rempart contre le sarkozisme. La meilleure attitude pour la gauche est de montrer les valeurs auxquelles elle est attachée et le projet qui en découle, tout en rassemblant ses différentes composantes sur ces bases.

         La « tentation » de l’extrême gauche est, d’une certaine façon, plus facile à contrer, dans la mesure où ses principaux dirigeants ont choisi explicitement de refuser de participer à l’exercice du pouvoir. L’objectif de constituer ce qu’ils appellent un « pôle de radicalité », opposé à une gauche présentée comme « réformiste et modérée » conduit à l’affrontement permanent au sein de la gauche et parie, en définitive, sur l’impuissance et l’échec. Il suffit donc de montrer, par le rassemblement des forces attachées à défendre un projet clairement ancré dans les valeurs de la gauche, que la conquête du pouvoir est le passage obligé pour mettre en œuvre les changements profonds auxquels aspire le « peuple de gauche ».

 7-
  
Y a-t-il encore aujourd'hui des leçons à tirer de la stratégie de François Mitterrand ?

            Je le crois, même si le contexte est aujourd’hui, à bien des égards, différent, notamment en ce qui concerne les rapports de forces à gauche. La pertinence de cette stratégie, qui n’était pas seulement celle de François Mitterrand, a été validée par le succès de 1981, mais il ne faut pas oublier qu’à partir du Congrès d’Epinay (1971), l’Union de la gauche a souvent été critiquée. Et pourtant, c’était la seule stratégie susceptible de créer une dynamique porteuse pour la gauche. Malgré les hésitations et parfois les attaques de la direction du PCF, François Mitterrand l’a défendue, contre vents et marées et c’est elle qui, ensuite, l’a amené au pouvoir.

            En ne déviant pas de l’objectif annoncé, il a pu rassembler au 2ème tour l’électorat de gauche, y compris la presque totalité de l’électorat communiste. S’y sont ajoutées les voix d’opposants gaullistes à Giscard, sans qu’il ait été besoin d’aller les démarcher auprès de leurs leaders, ce qui aurait eu un impact négatif et peut-être même ravageur sur une partie de l’électorat de gauche.

            Une autre leçon de cette période concerne l’attitude que devraient avoir les responsables politiques à l’égard des sondages. Elle pourrait s’énoncer de la façon suivante : « c’est la victoire qui rend populaire et pas la popularité qui garantit la victoire ! » On a en effet tendance à réécrire l’histoire, en confondant la popularité de François Mitterrand après et avant le 10 mai 1981. L’examen sérieux des niveaux –extrêmement bas- de sa popularité en 1979 et même fin 1980 laisserait rêveur celles et ceux qui pensent pouvoir construire durablement une stratégie sur la base de tels outils. Je me souviens avoir publié dans le Monde, 6 mois avant le 10 mai 1981, une tribune, que je concluais par: « Mitterrand fera mentir les sondages ». Cette prévision pouvait alors ressembler à une provocation, tant le sentiment dominant était opposé, mais en réalité, elle s’appuyait sur l’analyse des raisons objectives du bien fondé de la stratégie d’union. La même conviction nous anime aujourd’hui, quand nous proposons que la gauche mette en œuvre la démarche de « nouveau Front populaire ». 

8-
 
Avec la mondialisation, les lieux où se prennent les décisions ayant un fort impact sur notre vie quotidienne sont de plus en plus lointains, voire inaccessibles. Comment un parti politique peut-il encore espérer « changer la vie » dans ce contexte?

            Il est vrai que la mondialisation éloigne nombre de centres de décision des lieux de la vie quotidienne. Raison de plus pour porter certains combats au niveau mondial, qu’il s’agisse de lutter contre une globalisation désordonnée, génératrice d’inégalités et peu respectueuse de la planète ou de proposer de nouvelles formes de développement et d’échanges. Ce n’est pas la gauche qui doit s’en plaindre, elle dont la tradition est marquée par l’internationalisme, qui fait partie de ses fondamentaux.

            De même, le niveau européen devrait être pertinent pour donner un sens à des revendications fortes sur le plan économique, social ou environnemental. Malheureusement, la campagne des récentes élections européennes a montré que les citoyens ne percevaient pas concrètement le rôle que partis et élus exercent sur ces décisions. Ils ne croient pas non plus à leur capacité à faire émerger un véritable « modèle de société européen ». Ce constat devrait amener les responsables politiques à ne pas attendre les prochaines élections pour répondre à ces interrogations. Il leur faudra aussi réfléchir à un changement du mode de scrutin actuel, qui est absurde et qui éloigne un peu plus les citoyens des choix européens.
            Enfin, les leviers nationaux n’ont pas disparu et le rôle des pouvoirs publics n’est pas négligeable, à travers les décisions de l’Etat (au niveau central et au niveau déconcentré) ou celles des élus (Parlement, collectivités  décentralisées). Ici, les partis politiques ont la capacité d’intervenir directement. Pour ne prendre que quelques exemples, l’amélioration des services publics –à condition qu’ils ne soient pas mis en cause par des décisions européennes-, les choix de développement territorial, la politique de la ville, les aspects sociétaux, la vie culturelle sont autant de domaines où les partis peuvent proposer de façon tangible des actions destinées à « changer la vie ».
 

9-
  
Jusqu'au début des années 80, les principaux partis de gauche se voulaient des outils de transformation sociale. Est-ce encore leur vocation?

            C’est l’objectif même du socialisme depuis ses origines et, s’il a été oublié, il ne faut pas s’étonner que les électeurs s’y perdent ! Il est vrai que la gauche au pouvoir n’a malheureusement pas toujours su résister à la pression des contraintes libérales, même si, dans bien des domaines (économique, social, culturel, sociétal), elle a fait preuve d’un volontarisme politique qu’il ne faudrait pas oublier.

            La vocation des partis de gauche n’est pas d’être les loyaux gestionnaires du système capitaliste, en y ajoutant un zeste de social. Plutôt de réveiller le débat, souvent fumeux, entre réformateurs et révolutionnaires, il faudrait en revenir à la fameuse formule que Jaurès avait empruntée à Marx pour définir l’objectif des socialistes : la mise en œuvre de « l’évolution révolutionnaire »*. Par ses analyses, ses dénonciations, ses propositions, la gauche doit montrer la pertinence et la modernité des valeurs qui font son identité : la notion de « bien commun », l’objectif du progrès partagé, la recherche de l’égalité, la complémentarité entre les aspirations individuelles et collectives, la solidarité et la justice sociale, la valorisation du travail comme facteur d’épanouissement et de progrès social.

  

10- Comment éviter que le PS ne devienne la simple juxtaposition de comités électoraux ne se mobilisant plus que lors des scrutins?


           
Le risque existe effectivement que l’on se retrouve dans une situation qui fut celle de la SFIO dans les années 60. Trois échecs successifs à l’élection présidentielle ont conduit en effet nombre d’élus socialistes à s’accommoder du partage des tâches, que j’ai évoqué précédemment, entre la droite au pouvoir central et la gauche à la gestion des affaires locales. La décentralisation, qui a confié plus de responsabilités et de moyens aux collectivités territoriales et les succès de la gauche aux élections régionales, cantonales et municipales ont accentué le phénomène.

            Ceci explique en grande partie la sociologie actuelle du PS, où les élus et les militants qui leur sont « attachés » représentent globalement les 2/3 des effectifs et même beaucoup plus dans certaines sections. On comprend alors pourquoi les enjeux locaux deviennent prépondérants, faisant passer au second plan les préoccupations nationales et la bataille pour la conquête du pouvoir central.

            Pour contrer cette dérive, le meilleur remède consisterait à rénover profondément le parti en lui fixant des objectifs clairement affichés. Cela signifie par exemple que son fonctionnement et son organisation devraient évoluer, pour en faire :

·       un parti ouvert, avec un militantisme qui ne soit pas étriqué et coupé de la société ;

·       un parti bien organisé, efficace, mais ne concentrant pas l’essentiel de son énergie sur l’exercice des fonctions d’une machine électorale et d’un appareil au service d’élus locaux ;

·       un parti capable de définir des nouvelles formes d’engagement et de militantisme ainsi que des modes d’organisation permettant de toucher les catégories populaires (quartiers, monde ouvrier…) et d’assurer l’émergence de cadres politiques issus de leurs rangs ;

·       un parti où l’on retrouve la fraternité qui doit accompagner le combat politique (temps festifs, dimension culturelle de notre combat)

·         un parti qui mène des combats pour l’hégémonie culturelle face à la droite, qui respire avec la société, qui consulte, qui noue des partenariats, qui soutient des initiatives avec les forces de changements (ONG, associations, syndicats…)

·         un parti internationaliste et qui mobilise ses militants dans les instances progressistes mondiales. Avant chaque congrès de ces instances, le parti devrait  préparer son intervention par un texte d’orientation, soumis au vote des militants. Une journée annuelle de la solidarité internationale pourrait être organisée tant au niveau  national que local (fête, mise en valeur des initiatives de coopération décentralisée, débats sur le monde, invitation de partis amis…). L’action des parlementaires européens devrait donner lieu à des comptes-rendus réguliers, suivis de débats.

·         un parti capable de répondre aux motivations de l’adhérent potentiel, qui souhaite :

       - soutenir une organisation dont il se sent proche, lui communiquer des informations en provenance de la « société civile », participer à ses réflexions et ses actions, 

       - y voir clair dans la masse des informations politiques, économiques et sociales véhiculées par les médias,

       - exercer un mandat électoral,

       - participer au changement de la société, en articulant action syndicale, associative, culturelle, voire professionnelle avec des valeurs et un projet politique,

       - trouver un relais collectif à des initiatives individuelles,

       - agir dans une ambiance fraternelle.
 

       Une telle évolution serait certainement favorisée par la dynamique du « nouveau Front populaire », qui permettrait la confrontation des cultures politiques, anciennes et plus récentes, puis leur dépassement et leur synthèse.

11-
Avec les nouveaux moyens de communication, le militantisme dans sa forme traditionnelle est-il condamné?
           

            Il est certain que le militantisme doit évoluer. Dans le prolongement des objectifs que je proposais précédemment pour rénover en profondeur le PS, il faudrait promouvoir un nouveau militantisme, capable d’adopter les formes contemporaines d’engagement et de démocratie interne.

 

            Au cours des années 60-70, une partie du lien entre réflexion, débat et travail de terrain s’opérait à travers la thématique des «  luttes » : soutien aux salariés, lutte contre les expulsions..... Les mouvements sociaux ont pris d’autres formes (réseau « éducation sans frontière », actions pour le droit au logement, défense de l’environnement, refus des ventes à la découpe). Les militants de gauche y sont souvent présents, mais les partis s’engagent rarement en tant que tels pour les soutenir et leur apporter des prolongements politiques. Il faudrait nouer des liens plus solides avec ces engagements.

 

            De même, la réalisation par des non professionnels de documents de propagande (tracts, sites Internet,…) peut permettre aux responsables politiques et aux militants d’expliquer sans langue de bois les positions du parti et de les transmettre autour d’eux de façon non aseptisée. Pourquoi ne pas également envisager d’organiser un portail des blogs des militants et de leur demander de tous réagir au même moment sur un thème précis, afin de recueillir les meilleures argumentations et de nourrir le débat ?

 

            Par ailleurs, pour éviter de valoriser excessivement « l'entre soi » militant, qui renforce la coupure entre l'organisation et la société, il faut attacher une grande importance à la façon d’associer aux travaux et aux actions du parti, à tous les échelons, les associations,  les syndicats, les  parents d'élèves, le monde laïque, les acteurs culturels et artistiques. Ces liens sont indispensables pour accroître son rayonnement.

 

            Pour améliorer la vie militante, on pourrait envisager de créer un « observatoire de la démocratie interne », qui interrogerait régulièrement des militants, regarderait de près l’évolution des pratiques.  Grâce à des enquêtes, il serait possible de mieux connaître par exemple les attentes des militants des milieux populaires ou du monde ouvrier sur leur place dans le parti.

 

            Enfin, s’agissant de la « notabilisation », déjà évoquée, la limitation rigoureuse du cumul des mandats et l’instauration de comptes-rendus de mandats effectifs et réguliers peuvent aider à la combattre. Mais, plus fondamentalement, il ne faut pas hésiter à politiser le débat local, qui ne doit pas se limiter aux problèmes de gestion. Les communes de gauche sont souvent innovantes, mais leurs initiatives ne sont pas suffisamment organisées à travers le pays, pour présenter une cohérence plus large témoignant en profondeur de nos choix de société.  Or l’action de la gauche au niveau municipal a souvent apporté d’importants progrès (cantines, éducation populaire, colonies de vacances …), qui se généralisaient  ensuite lorsque la gauche venait au pouvoir.  La décentralisation devrait renforcer cette exigence, puisque les compétences sont plus directes, mais il faut veiller à ce qu’elle n’atomise pas les pratiques et les réponses… 


           
On le voit, il s’agirait, non pas d’apporter quelques retouches homéopathiques à un modèle ancien, mais bien de procéder à une véritable révolution militante à gauche, parallèlement à la mise en route d’une stratégie offensive, fondée sur le rassemblement des forces de gauche autour de valeurs et d’un projet mobilisateur.
 

______________________________________________________________________________________

* « L’évolution révolutionnaire consiste, selon moi, à introduire dans la société d’aujourd’hui des formes de propriété qui la démentent et qui la dépassent, qui annoncent et préparent la société nouvelle et, par leur force organique, hâtent la dissolution du monde ancien. Les réformes ne sont pas seulement, à mes yeux, des adoucissants : elles sont, elles doivent être des préparations. Ainsi, sous l’action socialiste, elles prennent un caractère et une efficacité révolutionnaires. »
Jean Jaurès (République et Socialisme, dans Etudes socialistes, 17 octobre 1901) 

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 19:16

A chacun son "discours de Versailles"!
Personnellement, je préfère celui-ci:
lire le discours de François Mitterrand
Et vous?

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 15:26

Je lis, j'entends que c'était un grand moment, un évènement historique. Je lis, j'entends qu'il est préférable que le Président de la République vienne annoncer sa politique devant les parlementaires plutôt qu'à la télévision.
La belle blague ! N'aurait-on pas remarqué que celui-ci ne cesse de se répandre à tout bout de champ, à la télévision, à la radio, à l'Elysée, dans ses déplacements programmés, en France comme à l'étranger ? C'est, comme dit l'adage, « fromage ET dessert ».....

     Passons -pour être aimable- sur le rôle effacé du Premier Ministre....pourtant seul responsable devant le Parlement. Comment ne pas voir qu'il s'agit simplement d'une grosse opération médiatique, toute à la gloire du souverain ?

     J'entendais ce matin à la radio Robert Badinter, dont j'ai partagé tous les combats, pour qui j'ai un grand respect, mais que j'ai trouvé mieux inspiré. Il parlait à juste titre de « mauvais coup porté aux institutions », de « mise en scène » et il n'avait pas de mot assez dur contre ce « roi, venu en majesté à Versailles ».....et, dans le même temps, il acceptait d'être présent, faisant ainsi en quelque sorte allégeance au souverain.

     Il paraît que cela n'aurait pas été « démocratique » ou « républicain » d'être absent de ce « sacre ». Comment se fait-il alors que le même argument ne soit pas utilisé lorsque, trop fréquemment, l'hémicycle se vide lors des grands débats du Parlement ? Encore une fois, les mots perdent vite leur sens et la vie politique, sous l'influence notamment de N. Sarkozy, devient de plus en plus l'esclave d'une communication effrénée, qui porte tort au vrai débat démocratique.

      Comme l'écrivait récemment Christian Salmon, pour décrire la vie politique actuelle, « les enchaînements narratifs se transforment en engrenages de coups d'éclats et d'effets de surprise qui détruisent à la longue toute attention prolongée.....Le style obligatoire pour tout le monde devient celui de l'agitation charlatanesque »

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez