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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 15:30

Paul Quilès est intervenu sur France 3 Sud le 17 avril pour évoquer "l'actualité de la pensée de Jaurès".
Pour regarder la vidéo, cliquer ici 
                          
                            ****************
Paul Quilès a également participé à une table ronde sur ce thème, dans le cadre d'un colloque organisé le 17 avril par le journal l'Humanité, en partenariat avec la mairie de Toulouse.
Pour lire le résumé du débat avec Patrick Le Hyaric et Stéphane Rozès, cliquer ici
Le compte rendu des 3 tables rondes, qui ont donné lieu à de passionnants débats avec des historiens et des philosophes, sera  publié début mai par l'Humanité.
                                    
                                                *****************   
A propos de la scandaleuse tentative de récupération de Jaurès par le Front national, lire:
- l'excellent papier de Michel Soudais, de Politis, sur son blog: "Un peu de mémoire que diable!"....
Cliquez ici
-l'article "l'affiche, la honte", dans l'Hebdo des socialistes, cliquer ici (aller page 29)
- la tribune d'Alain Boscus, Rémy Cazals, Jean Faury, Rémy Pech, Rolande Trempé, Bruno Antonini et Jacques Poumarède, "Quand le FN assassine Jaurès une seconde fois".....
Cliquer ici
- sur ce blog, "Non à la récupération de Jaurès".....Cliquer ici

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Published by Paul Quilès - dans Jaurès
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 16:00

         Dans une interview à l’Express, l’ancien 1er secrétaire du PS vient de proposer une démarche dont il est souhaitable que la direction du PS se démarque au plus vite. S’écartant délibérément de la ligne fixée par le dernier congrès de Reims (le refus de l’alliance avec le centre), le voici en effet qui propose un dialogue à F. Bayrou, pour une « clarification des convergences et des divergences ».

          Contre-pied…..En pleine campagne des élections européennes, cette invite au dialogue à un concurrent, le Modem, est pour le moins maladroite.

           Contretemps….Plus fondamentalement et plus inquiétant, ne pas commencer par proposer une telle démarche à l’ensemble des forces de gauche est un « oubli » qui dénote d’une absence de stratégie, malheureusement fréquente dans la gauche aujourd’hui.

           Comment oublier qu’à la présidentielle, c’est toujours le camp le plus uni qui l’emporte ! Il s’agira en 2012 de présenter un projet collectif en phase avec les attentes du peuple de gauche. Sans l’unité, il ne sera pas possible d’élaborer une nouvelle synthèse dépassant les antagonistes passés, les rancœurs accumulées, les procès d’intention plus tournés vers le passé que vers l‘avenir. Sans l’unité, les Français demeureront dubitatifs sur la capacité de la gauche à gouverner et à transformer.

           Voila pourquoi il est urgent, comme je l’ai proposé récemment avec Marie Noëlle Lienemann, de lancer un nouveau Front populaire ! Une telle démarche devrait mettre en avant le projet, le programme, de façon à créer les conditions d’une reconquête et d’une victoire. Elle comprendrait:

1)    L’organisation immédiate d’une « convergence des gauches » (politiques, syndicales, associatives, citoyennes) pour faire reculer le gouvernement, imposer des mesures plus justes, présenter une autre logique que celle de N. Sarkozy.

2)     La création d’un « Comité pour un nouveau Front populaire», avec le même souci d’associer, avec les partis, toutes les forces qui s’engagent à gauche. Ce comité préparerait des « Etats généraux de la gauche », dégageant des thèmes fondateurs en vue de la mise au point d’une charte pour l’élection présidentielle, à achever avant mi 2010.

3)     L’élaboration, sur la base de cette charte, du programme d’un candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle.

4)     L’organisation de primaires, où les militants des organisations signataires de la Charte seraient consultés, prendrait alors tout son sens.

         La constitution de ce nouveau Front populaire est aujourd’hui la seule voie sérieuse pour organiser la victoire de la gauche en 2012. Les responsables politiques de la gauche, s’ils suivent la démarche de F. Hollande, risquent de ne pas être à la hauteur de cette attente.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:29

En 3 jours, en plein week-end pascal, près de 30 000 personnes se sont connectées sur le site Rue 89 pour lire et commenter ma tribune sur l’absentéisme parlementaire et la nécessité du « mandat unique ». (texte ci-dessous)

     Je ne pensais pas que le thème de la revalorisation du Parlement intéressait autant nos concitoyens. On les disait un peu blasés et même indifférents devant les dysfonctionnements de nos institutions et voici qu’ils s’indignent de voir que l’hémicycle est déserté par les députés au moment des grands débats.

     J’ai eu l’occasion à de multiples reprises de dénoncer cet état de fait, qui nuit à la démocratie et je me réjouis de voir que mon point de vue est partagé par de nombreux internautes…..en attendant qu’il le soit par les décideurs politiques !

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         "Les commentaires vont bon train à propos du résultat du vote des députés sur la loi Hadopi : 15 voix pour, 21 voix contre ! Coup de théâtre, manœuvre, défaite de la majorité, victoire de l’opposition, claque pour le Président de la République…. Tous ces jugements peuvent sembler dérisoires, si on rapporte l’ « évènement » au nombre ridicule de députés qui ont participé au vote : 36, soit 6,2 % de la « représentation nationale » !

          Alors que ce thème du piratage sur Internet passionne l’opinion publique, qu’il mobilise les débats dans les médias et sur le Web……541 députés ont préféré vaquer à d’autres occupations, probablement plus importantes à leurs yeux. Où étaient donc hier ces 541 députés ? La réponse à cette question serait instructive et ferait certainement apparaître le peu de considération qu’ont les parlementaires eux-mêmes pour les tâches essentielles de leur fonction.

          Le même spectacle avait été donné par l’Assemblée Nationale, le 14 janvier dernier, lorsque le débat  sur l'intervention israélienne à Gaza s'était déroulé en présence d’une quarantaine de députés! Le monde entier s'inquiétait de ces affrontements sanglants, que toutes les télévisions nous montraient presqu'en permanence; des manifestations se déroulaient partout, y compris en France; l'ONU et les grandes puissances s'efforçaient de trouver une issue à ce terrible conflit qui embrasait le Proche Orient; on s'inquiétait de la montée des passions et des risques de "contagion" dans notre pays......et voici que 500 députés au moins avaient  considéré qu'ils avaient plus urgent et plus important à faire que d'être présents à ce débat!       

     Cet état de fait, qui nuit à la crédibilité du Parlement,  est la preuve évidente que l’institution parlementaire elle-même a reconnu sa propre faiblesse et qu’elle s’en accommode. Depuis des années, j'ai montré* que le Parlement resterait une chambre d'enregistrement -quelles que soient les mini réformes engagées- tant que les parlementaires eux mêmes n'auront pas une conception plus exigeante de leur fonction, en y consacrant plus de temps et en utilisant totalement les prérogatives, même mineures, qui sont les leurs.

      Chacun le sait, la cause principale de l’affaiblissement du Parlement est le cumul des mandats. Cette « particularité » française s’est accentuée sous la Vème République : en 1936, environ 33% des députés exerçaient un mandat local ; sous la IVème République, ce chiffre est monté à 40% ; il a dépassé aujourd’hui 90% ! Malgré quelques modestes limitations apportées aux plus gros cumuls depuis une vingtaine d’années, la situation actuelle demeure difficilement défendable dans une démocratie digne de ce nom.

      Dommage que trop d’intérêts communs aux députés et aux sénateurs, de droite comme de gauche, empêchent que ce vrai débat ait lieu. Si l’on veut vraiment (pas seulement dans les discours et les motions de congrès !) revaloriser le travail et la fonction des parlementaires, si l'on veut donner plus de poids au Parlement, la seule voie efficace est celle du « mandat unique », rendant impossible le cumul entre mandat national et mandat local.  C’est ainsi que l’on mettra fin au discrédit que le Parlement s'inflige ainsi à lui- même.

          J'attends avec impatience que les médias, à défaut des partis politiques, se saisissent sérieusement de cette question, essentielle pour redonner plus de poids au Parlement, afin qu’il soit à la fois "la voix de la France" et cet outil, irremplaçable dans une vraie démocratie, de contrôle de l'exécutif et de ses risques de dérive."
                                                              Paul Quilès
 

* Dès 2001, j’ai dénoncé cette situation et fait des propositions dans mon livre, écrit avec Ivan Levaï : « les 577, des députés pour quoi faire ? » (Stock)

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 21:39

      Coup de théâtre, manœuvre, défaite de la majorité, victoire de l’opposition, claque pour le Président de la République…. Les commentaires vont bon train à propos du résultat du vote des députés sur la loi réprimant le piratage Internet : 15 voix pour, 21 voix contre !

     Tous ces jugements peuvent sembler dérisoires, si on rapporte l’ « évènement » au nombre ridicule de députés qui ont participé au vote : 36, soit 6,2 % de la « représentation nationale » !

     Alors que le thème du piratage sur Internet passionne l’opinion publique, qu’il mobilise les débats dans les médias et sur le Web……541 députés ont préféré vaquer à d’autres tâches, probablement plus importantes à leurs yeux.

     Où étaient donc ces 541 députés ? La réponse à cette question serait instructive et ferait certainement apparaître le peu de considération qu’ont les parlementaires eux-mêmes pour les tâches essentielles de leur fonction.

      Je le répète depuis des années (voir sur ce blog « Le Parlement reste une chambre d’enregistrement ») : tant que le « mandat unique » ne sera pas la règle, de tels évènements se reproduiront et terniront malheureusement un peu plus l’image du Parlement et de la politique.

 

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Published by Paul Quilès - dans Cumul des mandats
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 12:17


Le quotidien Le Monde vient de publier cet article que j'ai
co-signé avec Marie Noëlle Lienemann.


Animateurs du club Gauche Avenir, nous sommes aussi signataires
de l'appel
Gauche 2012,
qui
vise à 
convaincre les responsables de gauche
-  
que le rejet de N. Sarkozy et de sa politique ne suffira pas et que, pour gagner, la gauche devra montrer qu’elle sera apte à conduire le changement;
  - que, pour cela, son candidat devra porter un projet crédible et largement partagé par les forces politiques qui le soutiennent.
 
****************
 

          La crise s’approfondit, les mécontentements se multiplient et l’attente de changement est là, mais la gauche n’incarne, pour l’heure, ni une véritable alternative, ni une alternance prometteuse. L’une et l’autre sont pourtant nécessaires, urgentes, indissociables, car l’incertitude des temps et le malaise social  peuvent enclencher un cycle bien connu dans l’Histoire : désespérance, impasse, peur, révoltes, restauration de l’ordre et durcissement réactionnaire.

          L’absence d’un débouché politique crédible apparaît comme un danger majeur pour la démocratie. Cependant, rien n’est joué, à condition que les dirigeants de gauche veuillent bien sortir de l’anesthésie actuelle, en posant enfin la question de la stratégie pour gagner la prochaine élection présidentielle.   

          La posture du PS, qui consiste à présenter quelques propositions programmatiques, à chercher à assurer sa position dominante par rapport aux autres candidats de gauche et à compter sur le rejet de  Nicolas Sarkozy  pour capitaliser les voix de gauche au second tour s’est avérée par trois fois inefficace.

          Cela risque de durer si les nombreuses ambitions personnelles, faciles à décrypter et contradictoires, continuent à paralyser tout choix stratégique.  

          Certains proposent de conserver la réponse « classique », en la complétant par l’organisation de primaires, afin de trouver le « bon » candidat censé sauver la gauche. Outre le fait que la méthode n’a pas été suffisante en Italie pour empêcher la défaite et que la culture politique américaine est très différente de celle de la France, chacun mesure bien que le choix des Français ne se fera pas seulement sur la personnalité du présidentiable, mais sur sa capacité à proposer une sortie de crise. De plus, cette méthode fait l’impasse sur la question majeure, qui constitue la condition essentielle de la victoire : l’unité de la gauche.

          A la présidentielle, c’est toujours le camp le plus uni qui l’emporte. Il s’agira en 2012 de présenter un projet collectif en phase avec les attentes du peuple de gauche. Aucune des forces en présence ne peut prétendre le porter seule, pas même le PS. Sans l’unité, il ne sera pas possible d’élaborer une nouvelle synthèse qui dépasse les antagonistes passés, les rancœurs accumulées, les procès d’intention plus tournés vers le passé que vers l‘avenir. Sans l’unité, les Français demeureront dubitatifs sur la capacité de la gauche à gouverner et à transformer. Il y a urgence à lancer un nouveau Front populaire !

           On ne plus s’en tenir à une référence formelle au rassemblement, sans définir comment le réaliser, sur quelles bases, avec qui, selon quel calendrier. Nous proposons au contraire une démarche éloignée des tentations mortifères de l’hyper présidentialisation, qui mette en avant le projet, le programme, de façon à créer les conditions d’une reconquête et d’une victoire. Cette démarche comprendrait:

1)    L’organisation immédiate d’une « convergence des gauches »  (politiques, syndicales, associatives, citoyennes) pour faire reculer le gouvernement, imposer des mesures plus justes, présenter une autre logique que celle de N. Sarkozy.

2)    La création d’un « Comité pour un nouveau Front populaire», avec le même souci d’associer, avec les partis, toutes les forces qui s’engagent à gauche. Ce comité préparerait des « Etats généraux de la gauche », dégageant des thèmes fondateurs en vue de la mise au point d’une charte pour l’élection présidentielle, à achever avant mi 2010.

3)    L’élaboration, sur la base de cette charte, du programme d’un candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle.

4)    L’organisation de primaires, où les militants des organisations signataires de la Charte seraient consultés, prendrait alors tout son sens.

 

          La constitution de ce nouveau Front populaire est aujourd’hui la seule voie sérieuse pour organiser la victoire de la gauche en 2012*. Les responsables politiques de la gauche seront-ils à la hauteur de cette attente ? 

 

* www.gauche2012.org     

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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 09:58



15 ans après le début du génocide,
Paul Quilès, ancien président de la mission parlementaire d'information sur le Rwanda, est interviewé par France culture, dans l'émission
"
En toute franchise"

(6 avril, 18h20-18h30)

      Pour écouter, cliquer ici

Lire aussi sur ce blog l'article de Paul Quilès et de Bernard Cazeneuve: "Chercher la vérité sans manipuler"

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 10:48

Paul Quilès a participé le 3 avril au débat organisé à Berlin par ARTE sur l'OTAN.
Etaient présents:
 * Janusz Reiter, ancien ambassadeur de Pologne en Allemagne et aux Etats Unis 
 * Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Sécurité de Munich

 * Michael Dobbs, historien et membre de l'American Academy à Berlin

              Regarder le débat

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 17:19

Paul Quilès était sur le plateau de France 3 le mercredi 1er avril 2009.
Il a participé, en tant qu'ancien ministre de l'Intérieur, à un débat sur le thème du renseignement,
dans le cadre de l'émission "Droit d'inventaire",   animée par Marie Drucker.
Pour regarder la vidéo du débat, cliquer ici,
(sélectionner: 1er avril- "Dans les secrets de la police",
puis Plateau 3)

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:00

 

Réponses de Paul Quilès aux questions du Monde.fr

          publié sous le titre:  "L'Alliance atlantique ne saurait se substituer à l'ONU"
 

1- Lors du sommet de l’Otan de Strasbourg-Kehl, les Alliés souhaitent redéfinir leur concept stratégique, ce qui n’a pas été fait depuis 10 ans. Que pensez-vous de cette redéfinition ? N’est-elle que symbolique, pour le 60e anniversaire, ou d’une grande importance ?


Elle n’a rien de symbolique, dans la mesure où elle a pour objet de décrire une vision partagée des menaces qui peuvent affecter les Alliés et d’en déduire des missions ainsi que les moyens militaires correspondants.
  

Le dernier concept stratégique, adopté lors du sommet de Washington en 1999, a voulu tirer les leçons des guerres balkaniques, au moment même où débutait l’opération aérienne de l’Otan au Kosovo. Il a traduit une inflexion dans les missions de l’Alliance, les opérations extérieures prenant de plus en plus d’importance au détriment des missions de l’article V.

La place prise par la lutte contre le terrorisme à la suite de l’attentat du 11 septembre justifie sans doute une réflexion sur la contribution de l’OTAN à cette lutte. Par ailleurs, certains Etats-membres mettent en avant de nouvelles menaces plus diffuses, comme la sécurité de l’approvisionnement en énergie. Il va falloir veiller à ce que le nouveau concept stratégique précise clairement que l’OTAN est exclusivement une alliance militaire défensive. Elle ne saurait devenir une organisation de sécurité à compétences universelles, civiles et militaires.

 

2-    Deux dossiers majeurs devraient être évoqués lors du sommet : Afghanistan et Russie. Comment peuvent évoluer ces dossiers ? A court et moyen terme ? Quels sont les enjeux de ces deux dossiers ?

Les pays d’Europe centrale et orientale ont adhéré à l’Otan pour bénéficier de la clause d’assistance mutuelle de l’article V, face à ce qu’ils considéraient comme une résurgence de la menace russe. Ils ont été confortés dans leur analyse par les récentes crises (différend ukraino-russe sur le prix du gaz, conflit russo-géorgien). Si leurs préoccupations doivent être entendues, il ne saurait être question, pour les membres plus anciens de l’Alliance, de revenir à une nouvelle guerre froide. La Russie est en effet un partenaire stratégique parfois incontournable (pression sur les Iraniens, afin qu’ils abandonnent leur programme nucléaire, voies logistiques vers l’Afghanistan). Le partenariat avec la Russie s’impose également dans le domaine  économique (énergie).
  

 

S’agissant de l’Afghanistan, le Président Obama vient de rendre publique sa nouvelle stratégie, intéressante par certains aspects, mais qui fait la preuve, s’il était besoin, de l’échec de la politique suivie jusqu’ici. Ce revirement de la politique américaine, aussitôt approuvé par l’ensemble des Européens, prouve bien la faible autonomie de l’OTAN en matière de définition stratégique. Elle pose aussi la question de savoir quel peut bien être le rôle de cette organisation à une telle distance de la zone du Traité de l’Atlantique nord, dans une région instable et réticente aux présences militaires étrangères. En outre, la solution de cette crise très complexe relève plus de politiques civiles que de l’action militaire, comme le Président Obama vient d’ailleurs de le souligner.


 

3-  La réintégration complète de la France dans l'OTAN doit être entérinée pendant le sommet. Permettra-t-elle à la France d'infléchir le concept stratégique en préparation, la nature des missions de l'Alliance, les pays que l'OTAN intégrera à l'avenir ? Si oui : quelles missions pour l'Alliance selon la France ?

L’élaboration d’un nouveau concept stratégique résultera d’une négociation politique au sein du Conseil atlantique. L’influence des différents Alliés dans cette négociation est indépendante de leur position dans les structures militaires intégrées.
 

S’agissant des missions de l’Alliance, deux principes doivent prévaloir :
- en premier lieu, l’OTAN est une
organisation de solidarité militaire destinée à garantir la sécurité des pays qui en sont membres contre une agression non provoquée. Même si cette sécurité peut à l’occasion exiger des missions militaires lointaines (Afghanistan), l’extension de facto du champ d’action de l’OTAN ne doit être qu’exceptionnelle, limitée dans le temps et subordonnée à un mandat de l’ONU.
- en second lieu, l’OTAN ne doit pas, au prétexte de sécurité, chercher à concurrencer des organisations aux compétences essentiellement civiles. Chaque fois que des moyens civils sont plus adaptés et efficaces pour la gestion des crises, l’OTAN doit s’effacer au profit d’autres organisations comme l’ONU ou l’Union européenne.

 
4-     Estimez-vous que la PESD sera renforcée à l’issue du sommet ? Quels autres moyens de la promouvoir envisagez-vous ?


L’avenir de la PESD doit se décider au sein de l’Union européenne et non à l’OTAN. Sauf à priver la PESD de sa signification politique profonde, elle ne saurait se limiter à la sous‑traitance d’opérations modestes auxquelles les Américains ne souhaitent pas participer.
   

Il n’y aura de véritable politique européenne de sécurité et de défense que le jour où les Européens sauront faire entendre collectivement leur voix après de Washington. L’Alliance pourrait alors évoluer vers une association de deux partenaires égaux : les Etats-Unis d’une part et l’Europe d’autre part. Actuellement, ni les Américains ni la majorité des Européens ne le souhaitent.

5-    
En 60 ans, l’OTAN est passée de 12 à 26 membres ? Pensez vous que l’extension peut et va se poursuivre ? Pourquoi ?


Certaines adhésions à l’OTAN, comme celle de la Croatie, ne soulèvent pas de difficulté majeure. Par contre, l’adhésion d’autres pays de l’Ex-Yougoslavie comme la Bosnie‑Herzégovine ou la Macédoine pourrait entraîner des tensions à caractère ethnique au sein même de l’Alliance, ce qui nuirait à sa cohésion et à son efficacité. Quant à l’élargissement à la Géorgie et à l’Ukraine, il serait irresponsable, alors que des risques de conflit territorial subsistent. L’appartenance à l’OTAN implique en effet le droit de demander aux Alliés une assistance militaire (article V). L’entrée de ces pays dans l’OTAN n’est envisageable que sur la base d’un accord de sécurité avec la Russie, pour que cet élargissement n’apparaisse pas comme dirigé contre elle.

6-    
L’exemple afghan, mais aussi celui de Bosnie, a montré la nécessité d’associer le militaire et le civil. Va-t-on vers une multiplication de ce type de missions ? L’Alliance est-elle adaptée ?


La raison d’être de l’Alliance est fondamentalement militaire. Les activités civiles de l’OTAN ne peuvent donc que rester marginales. Lorsque l’action militaire doit s’intégrer à une stratégie plus vaste mettant également en œuvre des moyens civils, l’OTAN doit coopérer avec les organisations internationales à compétence civile et, en tout état de cause, respecter l’autorité prééminente de l’ONU.

7-    
L’OTAN doit-elle s’impliquer dans des types de missions globaux, tels que la lutte contre le terrorisme, la protection des intérêts énergétiques, etc ? L’organisation peut-elle être efficace dans ces domaines ?


L’OTAN a pour objet de garantir la sécurité militaire du territoire de ses membres. Sa mission est donc intrinsèquement liée à la défense d’une zone géographique limitée. Si elle intervient en dehors de cette zone, c’est en principe uniquement pour combattre des menaces qui risquent d’affecter sérieusement la sécurité de ses membres. Il est d’ailleurs possible à cet égard de s’interroger sur la pertinence de l’engagement de l’OTAN en Afghanistan.

L’OTAN ne saurait en tout état de cause prétendre se substituer à l’ONU. Ce serait contraire au traité qui l’a instituée.

8-    
Y a-t-il une évolution des valeurs de l’OTAN ? L’idée d’une Global Nato fait-elle encore sens ? Pourquoi ?


L’OTAN a une mission d’équilibre géopolitique, liée à la défense d’un territoire donné. Ce n’est pas une coalition idéologique se préparant à affronter, le cas échéant, les adversaires des valeurs occidentales, comme le suggère le projet de « global NATO ».

L’OTAN ne saurait être l’association des missionnaires armés de la démocratie, comme certains le préconisaient au sein de l’Administration Bush. La promotion de la démocratie est une tâche patiente, politique qui incombe essentiellement aux peuples concernés. La situation de l’Irak et de l’Afghanistan illustre les dégâts d’une politique d’imposition de la démocratie de l’extérieur par l’action militaire.

9-    
L’OTAN a-t-elle finalement les moyens de s’adapter aux nouveaux défis qu’elle a identifiés ?


Il ne semble pas que l’OTAN souffre de faiblesse militaire. Ses membres réalisent environ les trois quarts des dépenses militaires mondiales. Elle joue trop souvent le rôle d’une « courroie de transmission » des décisions américaines, en particulier parce que l’Europe ne parvient pas à définir collectivement une politique de défense qui reflète ses intérêts spécifiques.

Si elle rencontre des échecs en Afghanistan, c’est parce qu’une insurrection ne se combat pas principalement avec des moyens militaires. L’Afghanistan souffre d’un engagement trop militaire et pas assez civil des pays qui y interviennent. Il aurait été plus efficace de limiter l’influence des « seigneurs de la guerre » locaux et de s’opposer à temps à la reprise de la culture du pavot que d’augmenter sans cesse l’effectif des forces et de multiplier les bombardements souvent meurtriers pour les populations civiles.

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 10:31

A l'occasion du sommet de l'OTAN, des émissions spéciales sont programmées par les chaînes de télévision.

Paul Quilès sera présent:

sur ARTE, pour participer au débat organisé
à Berlin sur le plateau de la chaîne

                                       vendredi 3 avril, de 20h45 à 23h.
                                                  avec:
 * Janusz Reiter, ancien ambassadeur de Pologne en Allemagne et aux Etats Unis 
 * Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Sécurité de Munich

 * Michael Dobbs, historien et membre de l'American Academy à Berlin

            sur LCI, pour participer à l'émission spéciale
                       samedi 4 avril, à 9h30.

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Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez