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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 10:09
Premier tête à tête entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan le 11 octobre 2016 à Reykjavik (Islande). Les deux hommes ont été tout proche d’éliminer toutes les armes nucléaires en 10 ans. Crédit: National Archives/Ronald Reagan Presidential Library

Premier tête à tête entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan le 11 octobre 2016 à Reykjavik (Islande). Les deux hommes ont été tout proche d’éliminer toutes les armes nucléaires en 10 ans. Crédit: National Archives/Ronald Reagan Presidential Library

Présentation par Guillaume Sérina de son livre

 

"Reagan/Gorbatchev. Reykjavik 1986, le sommet de tous les espoirs"

 

      Il y a 30 ans, Reagan et Gorbatchev ont voulu éliminer les armes nucléaires de la planète. Ce fut un échec, mais la question mérite aujourd’hui d’être posée, dans un contexte international bien plus complexe qu’à l’époque : et si on décidait de vivre dans un monde sans arme nucléaire?

 

      Décrite par ses critiques comme un “dogme”, la dissuasion nucléaire coûte cher. Trop cher par rapport à son utilité stratégique dans le monde d’aujourd’hui, où elle semble inadaptée. Plusieurs voix respectées et des organisations se font entendre. Il est grand temps d’ouvrir le débat.  (…)

 

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 23:10
Ils ont failli renoncer à l’arme nucléaire !

     Cela s’est passé à Reykjavik (Islande) il y a exactement 30 ans, les 11 et 12 octobre 1986, au cours d’un sommet américano-soviétique. Les discussions entre Reagan et Gorbatchev auraient pu se conclure par un accord historique sur l’élimination de l’armement nucléaire des deux grandes puissances en l’espace de 10 ans [1].

 

      Pour rappeler cet évènement, un livre passionnant vient d’être publié[2]Il révèle le contenu des débats et des négociations qui se sont déroulés au cours de cette rencontre, les réactions et les arguments échangés par les leaders des deux super- puissances, le rôle de leurs conseillers, les causes de l’échec.

 

     On comprend mieux par exemple comment l’obstination de Reagan – qui voulait rendre les armes nucléaires « impuissantes et obsolètes »- à conserver l’IDS [3] (Initiative de Désarmement Stratégique, plus connue sous le nom de Guerre des étoiles) est en grande partie responsable de l’échec du sommet.

 

     La rencontre de Reykjavik a néanmoins ouvert la voie à des traités de réduction des arsenaux nucléaires et à des accords concrets sur les fusées à portée intermédiaire et sur les armes stratégiques, mais il est vrai que l’objectif du désarmement nucléaire général n’a pas été atteint.

 

      Certains en tirent argument pour affirmer que cette idée est impossible à envisager, qu’elle est utopique, voire irresponsable ! Alors que la course aux armements (notamment nucléaires) reprend de plus belle aux Etats-Unis, en Chine, en Russie, que les discours bellicistes rappelant l’époque de la Guerre froide se multiplient, la France devrait au contraire manifester sa volonté de faire évoluer le « contexte stratégique », comme l’a souhaité François Hollande dans son discours d’Istres sur la dissuasion nucléaire (février 2015).

 

     Une occasion va lui être donnée dans les prochains mois, à l’ONU, de montrer, comme il l’affirmait dans ce même discours, que « l’outil diplomatique de la France, la politique étrangère de la France, restent pleinement mobilisés en faveur du désarmement ». Il suffira que la France ne s’oppose pas à la résolution « Pour faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire » déposée à l’ONU le 28 septembre 2016, soutenue par plus d’une centaine d’Etats.

 

     Ce projet prévoit que, dès 2017, une conférence de l’ONU négociera un traité d’interdiction des armes nucléaires conduisant à leur élimination totale, ce qui constituerait une avancée majeure pour le renforcement de la sécurité internationale et l’universalisation du régime de non-prolifération nucléaire.

 

« Le désarmement nucléaire ne peut pas être une incantation ou même une invitation ! Il doit être démontré et d’abord par l’Etat qui le proclame. » (François Hollande)

____________________________________________________________________

 

[1] Voir le reportage du JT d’Antenne 2 du 12 octobre 1986 (Claude Sérillon et Georges Bartoli).

 

[2] Lire les 11 premières pages du livre.

 

[3] J’avais eu l’occasion, comme ministre de la défense, de dénoncer fin 1985 ce projet délirant qui aurait conduit à une militarisation de l’espace….et qui sera abandonné par les Américains dans les années 90.

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 11:22
Qui sommes-nous?

Un peu d'humour peut parfois aider à remettre les idées en place!

Pour répondre au délire et à certaines analyses sommaires

qui ont cours dans cette période de démagogie extrême,

rien de tel que d'écouter

cette courte intervention de François Mitterrand. 

 

Ecouter   (1'47)

 

      "Nous sommes français, nos ancêtres les Gaulois, un peu germains, un peu romains, un peu juifs, un peu italiens, de plus en plus portugais, un peu polonais, et je me demande si nous ne sommes pas de plus en plus arabes (rires dans la salle), voici une phrase imprudente, c'est celle qui sera épinglée...

 

      Tout cela se lie à des choix politiques, je voudrais que ces choix n'altèrent pas ces convictions, que tous, quelle que soit leur appartenance politique, sachent s'allier pour refuser tous les appels de l'inconscient, d'un subconscient mal réglé, pour choisir l'unité de la France à construire... "

 

(Extrait de l'allocution prononcée par François MITTERRAND à l'occasion d'un colloque sur "La France et la pluralité des cultures" organisé à la Sorbonne le 18 mai 1987) 

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 09:34
Le lobby nucléaire s’invite à l’Université de la Défense

Tribune de Michel DRAIN,

membre du bureau d'IDN et de Justice et Paix  

publiée sur le Forum de La Croix                

 

      L’Université d’été traditionnellement organisée par les présidents des commissions de la Défense de l’Assemblée nationale et du Sénat a donné aux différents lobbys de la défense l’occasion de faire valoir leurs intérêts sans que ceux-ci soient toujours en phase avec les réels besoins de sécurité du pays. Un certain corporatisme militaire s’y est allié avec les porte-parole des industries d’armement pour demander une hausse substantielle du budget de la Défense, ce qui le ferait passer d’ici 2020, de 32,7 à 41 milliards d’euros.

 

     Notre environnement stratégique, notre participation à de nombreuses opérations extérieures et nos engagements dans le cadre de l’OTAN, rendent sans doute inévitable un certain accroissement des dépenses de défense. Il est en revanche extrêmement surprenant, pour ne pas dire choquant, que cet accroissement serve d’abord à financer un doublement de la part du nucléaire dans le budget de la Défense.

 

      En effet, la préoccupation essentielle des tenants du « budget militaire à 2% du PIB » est en réalité de garantir la « modernisation » d’ensemble des forces nucléaires. Ce projet a un coût considérable : plus de six milliards d’euros annuellement, soit le double de l’effort actuel. Lorsque notre association, IDN, avait publié ce chiffre, les experts et les autorités militaires ou gouvernementales avaient refusé de le confirmer : la vérité sur le coût de l’arme nucléaire transpire seulement maintenant.

 

Un danger pour la paix

 

      Pour une large part, ces nouveaux programmes doivent rendre les armes nucléaires plus précises, d’une puissance réglable en fonction des objectifs retenus et donc plus utilisables dans des scénarios dits de « rétablissement de la dissuasion ». C’est donc la guerre nucléaire qui se prépare, en France comme aux États-Unis ou en Russie. Il s’agit non seulement d’un danger pour la paix et pour l’existence même de l’humanité, mais aussi d’une violation flagrante du traité de non-prolifération (TNP) qui oblige les États nucléaires signataires à mener « de bonne foi » des négociations en vue de la cessation de la course aux armements nucléaires « à une date rapprochée ». Que dirait-on si des Etats non nucléaires prenaient autant de liberté avec la lettre et l’esprit du TNP ?

 

     La France de ce fait s’engage dans une nouvelle course aux armements nucléaires sans aucune légitimité stratégique et sans aucun débat public ou parlementaire, alors que nos besoins de sécurité réclament de nouveaux concepts et de nouveaux moyens. C’est donc une autre politique de sécurité et de défense qu’il convient de suivre : une politique centrée sur les menaces réelles auxquelles notre pays est confronté ; cohérente avec une diplomatie de paix visant la résolution des conflits générateurs de terrorisme ; en harmonie enfin avec une stratégie résolue de désarmement écartant les risques grandissants de guerre nucléaire.    

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 16:32
Alep : à qui profite le crime ?

     Comme toutes les images de guerre, de destruction de bâtiments, de massacres de civils, ce qui nous est montré du carnage d’Alep ne peut que nous bouleverser. Notre indignation, nos cris d’horreur devant ce déchaînement de barbarie ne suffiront malheureusement pas à convaincre les parties en présence  d’arrêter le terrible engrenage.

 

    Trop souvent la compréhension des conflits est obscurcie par des approximations, des mensonges et des affirmations de propagande, qui empêchent de juger les responsabilités des acteurs. Cela se traduit par des discours hypocrites, qui ne valent pas mieux que certains silences honteux.

 

     Dans cette « bataille d’Alep », quels sont précisément les acteurs et leurs objectifs ?

 

     Non, ce n’est pas de la guerre contre Daech qu’il s’agit. Celle-ci est menée par la coalition internationale à 300 kms d’Alep. Ici, c’est l’insurrection contre le régime syrien, née en mars 2011, que Bachar el Assad veut éliminer. Son seul objectif est de conserver le pouvoir à tout prix. Les Russes, qui entendent faire la preuve de leur capacité d’intervention au Moyen-Orient, lui apportent, sans état d’âme, leur aide militaire pour écraser le territoire tenu par la rébellion sous leurs bombes.

 

     La motivation unique de ces rebelles est le départ immédiat d’Assad, ce qui est contraire aux termes des négociations ayant fixé les conditions de la trêve. A leurs côtés combattent les djihadistes du Front Al Nosra (rebaptisé Fateh Al-Cham et issu de la mouvance d’Al Qaïda), ce qui donne un alibi à Assad et aux Russes pour prétendre qu’ils luttent contre les « terroristes ».

 

     D’autres forces (Arabie Saoudite, Qatar), moins visibles, mais toujours présentes en sous-main dans le conflit syrien, poussent les rebelles à prendre des positions « jusqu’au-boutistes » (jusqu’au dernier civil ?) pour combattre Assad, l’allié de l’Iran chiite.

 

    Dans cette confusion, les Etats-Unis semblent impuissants à faire respecter la trêve qu’ils ont négociée avec les Russes.

 

     Quant à l’ONU, dont le secrétaire général n’a pas de mot assez dur pour dénoncer les crimes de guerre commis à Alep, on aimerait qu’elle consacre tous ses efforts à exiger un retour à un cessez le feu durable et à la mise en place d’un couloir humanitaire.

 

     A qui profite le crime ? Parmi tous ces acteurs du drame syrien, il en est probablement qui pensent tirer parti de ces affrontements criminels pour atteindre leurs objectifs. Ce qui est sûr par contre, c’est que la population civile en est la principale victime.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 14:23
Shimon Peres et Yasser Arafat, en 1994, peu après la remise du prix Nobel de la paix que les deux hommes ont partagé avec Ytzhak Rabin | UMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

Shimon Peres et Yasser Arafat, en 1994, peu après la remise du prix Nobel de la paix que les deux hommes ont partagé avec Ytzhak Rabin | UMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

    A la suite de la disparition de Shimon Peres, les réactions sont nombreuses* et, pour la plupart, élogieuses.

 

      Rien de plus normal, s’agissant d’un homme qui a marqué fortement l’histoire de l’Etat d’Israël et qui fut un personnage clé dans les multiples tentatives pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien.

 

       Coïncidence, j’ai appris sa mort quelques heures après avoir regardé sur ARTE les 2 films (premier film, second film) du réalisateur israélien Shimon Doton  intitulés « les colons ». Même s’il ne présente qu’un volet de cette violence (le côté israëlien), ce documentaire remarquable montre comment la violence et la haine se sont développées depuis les premières implantations de colons en Cisjordanie …..à l’égard desquelles Shimon Pérès eut d’ailleurs une attitude ambiguë.

 

       J’ai rencontré Shimon Pérès, ainsi qu’Yitzhak Rabin, au cours d’une visite en Israël dans les années 80 et je me souviens de l’opposition, parfois vive, qui existait entre les deux leaders du parti travailliste. Elle ne les a pas empêchés de signer avec Yasser Arafat les fameux « accords d’Oslo » le 13 octobre 1993 et de recevoir le prix Nobel de la paix quelques mois plus tard. Les campagnes de haine des extrémistes eurent raison de ce projet de paix, qui passait notamment par un compromis territorial entre Israéliens et Palestiniens.

 

     De façon paradoxale, Shimon Peres, qui fut le « père » de la bombe atomique israélienne**, est reconnu comme un artisan de la paix, en raison de sa contribution aux « accords d’Oslo ». Il a montré que la recherche de la paix passe toujours par des compromis avec les adversaires, même si ce combat n’est jamais définitivement gagné, comme on l’a malheureusement vu après l’assassinat d’Yitzhac Rabin en 1995. Encore faut-il, bien entendu, que les dirigeants aient la volonté d’être des artisans de paix qui ne considèrent pas que seule la violence des armes peut régler les conflits. Vaste programme….

___________________________________________________________________

 

* Voir notamment l'analyse de Cyrille Louis dans Le Figaro et la vidéo d'Alain Frachon sur le site du Monde

 

** Voir ici l’origine de cette bombe atomique israélienne, dont on se demande bien à quoi elle peut servir aujourd’hui…..à supposer qu’elle ait pu être d’une quelconque utilité dans le passé !

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 15:52
Le Rafale, la France, l’Inde et la prolifération nucléaireLe Rafale, la France, l’Inde et la prolifération nucléaire

      Chacun se félicite que la vente d'avions Rafale à l'Inde, en négociation depuis des années, ait abouti, en vantant les conséquences heureuses que ce marché aura sur le commerce extérieur de la France, sur l’emploi, sur les résultats de Dassault…..

 

      Fort bien, encore que certains chiffres devraient être regardés de plus près (lire cet intéressant article ).  Mais sait-on vraiment pourquoi la négociation s’est débloquée ?

 

     Il semble que le feu vert à la signature de ce contrat ait été donné par le Premier ministre indien, Narendra Modi, parce que l’armée a décidé de faire du Rafale le vecteur de sa dissuasion nucléaire. Cet élément a été déterminant dans la dernière ligne droite, " l'avion de combat français étant capable d'être utilisé pour lancer la bombe atomique" (The Sunday Express)

 

      Alors que François Hollande vient de prononcer un discours fort en faveur de la paix à la tribune de l’ONU le 20 septembre, il est pour le moins contradictoire de favoriser l'emploi de l'arme atomique par un Etat qui n'a pas signé le TNP (Traité de non-Prolifération) et qui se trouve dans une situation de tension forte avec ses deux voisins, également puissances nucléaires, le Pakistan et la Chine.

 

      En ce sens, la vente de ce matériel à l’Inde peut être considérée comme un acte de prolifération dont on peut craindre qu’il incite le Pakistan à poursuivre la montée en puissance de son arsenal nucléaire.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 22:06
Le complexe militaro-industriel, toujours et encore!

 

      Alors que les lobbys de la défense viennent de se manifester de façon éclatante avec la récente annonce d’un quasi doublement du budget consacré au nucléaire militaire, il n’est pas inutile de méditer le texte qui suit.

 

      Il s’agit d’un extrait du discours de fin de mandat du Président des Etats-Unis Dwight Eisenhower, le 17 janvier 1961, connu sous le nom de "discours du complexe militaro-industriel".

 

      Cet ancien général en chef des forces alliées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, membre du Parti républicain, qui a contribué au développement de l’armement nucléaire américain, sait donc de quoi il parle quand il dénonce le "complexe militaro-industriel, qu'il faut empêcher d'acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales".

 

      Nous sommes 55 ans plus tard. Le monde a changé….mais pas les mauvaises habitudes, y compris en France !

 

Extrait du discours du Président Eisenhower

 

    « La présence simultanée d’un énorme secteur militaire et d’une vaste industrie de l’armement est un fait nouveau dans notre histoire. Cette combinaison de facteurs a des répercussions — d’ordre politique, économique et même spirituel – perceptibles dans chacune de nos villes, dans les chambres législatives de chacun des États qui constituent notre pays, dans chaque bureau de l’administration fédérale.

 

      Certes, cette évolution répond à un besoin impérieux. Mais nous nous devons de comprendre ce qu’elle implique, car ses conquences sont graves. Notre travail, nos ressources, nos moyens d'exitence sont en jeu, et jusqu'à la structure même de notre société.

 

    Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales, qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant.

 

  Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. 

 

      Nous ne devons jamais rien considérer comme acquis. Seul un peuple informé et vigilant réussira à obtenir que l’immense machine industrielle et militaire qu’est notre secteur de la défense nationale s’ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble. […] »

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 22:07
Pour un Traité d'interdiction totale des armes nucléaires

Cette tribune a été publiée

dans la revue de l’école Polytechnique, 

 en réponse à un texte

qui ne présentait que des arguments en faveur

du maintien et du renouvellement des armes nucléaires.

 

Elle est signée par:

 

Paul QUILES (promotion 1961)  ancien ministre de la défense
Jean-Pierre DUPUY (promotion 1960), philosophe, professeur à l'université de Stanford
Jacques BORDE (promotion 1964), physicien, ancien directeur de recherche au CNRS

 

     Le dossier que La Jaune et la Rouge a consacré aux « Perspectives à long terme de la Défense » met, à juste titre, l’accent sur le lien dorénavant plus étroit entre défense et sécurité et sur le long terme puisque, sauf menace immédiate, penser le système de défense et sécurité nécessite en effet anticipation et pérennité.

 

    Mais, sur ces deux points précisément, l’article sur la dissuasion nucléaire ne répond pas aux interrogations fondamentales que la dissuasion suscite : l’article balaye du revers de la main « le sentiment d’obsolescence qu’ont les opinions publiques sur la dissuasion » et « l’impression inexacte de son inadéquation à la situation géostratégique », puis il ne présente que les arguments en faveur du maintien et du renouvellement des armes nucléaires, arguments bien connus et martelés au peuple français depuis plus de 50 ans par le complexe militaro-industriel (il n’y manque que l’argument de la fierté de la France d’être possesseur de le bombe !).

 

     Il nous semble donc nécessaire de préciser les arguments des voix qui s’élèvent maintenant un peu partout pour refuser un monde dont la paix et la sécurité seraient  « assurées » par des armes de destruction massive, pour refuser la pérennité de l’équilibre de la terreur. Ce qui est plus actuel que jamais, ce n’est pas la dissuasion, mais la nécessité de la remettre en cause.

 

    Voici quelques-uns des arguments contre la dissuasion nucléaire (résumé):

 

     La dissuasion encourage la prolifération  (….)

 

     La Corée du Nord ne fait que reproduire la dissuasion du faible au fort prônée par la France contre l’URSS. C’est pour cette raison que le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon,  a souligné qu’« il n'y a pas de bonnes mains pour de mauvaises armes. »  .(….)

 

     La dissuasion n’est pas sûre (….)

 

     Nos intérêts vitaux et moraux en valent-ils la peine ?  (….)

 

     La dissuasion pèse excessivement sur le budget de la défense (….)

 

*****

     La France s’honorerait en sortant de sa posture nucléaire à tout prix, en cessant de faire croire que la possession de la bombe est source de fierté et qu’elle assurera sa sécurité et la défense de ses intérêts.

    La défense de nos valeurs passe par notre humanisme, par notre participation à l’avènement d’un monde pacifié,  même si sa perspective en est lointaine, par la promotion de mécanismes de résolution des conflits fondés sur le dialogue et sur la loi et non sur les menaces d’extermination d’une partie de l’humanité.

     La dissuasion a pu servir la paix durant la guerre froide, mais elle n’est pas un moyen fiable sur le long terme et son échec peut avoir des conséquences catastrophiques : il est temps d’inventer d’autres mécanismes et de montrer qu’enfin la raison l’emporte sur la violence et la force brute.

 

Lire toute la tribune

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 17:51
Doublement du budget du nucléaire militaire !

    Crédit photo: N.Guibert/Le Monde

 

La décision de doubler le budget de l’armement

nucléaire a été prise sans aucun débat démocratique

     Nous venons d’apprendre que le budget de l’armement nucléaire français doit doubler dans les prochaines années et atteindre 6 milliards d’euros par an.

     Cette hausse, que nous annoncions depuis des mois et qui avait donné lieu à des démentis, vient donc d’être confirmée par les plus hautes autorités civiles et militaires.

      IDN considère qu’il n’est pas acceptable que ce choix lourd de conséquences budgétaires, militaires et de sécurité ait été fait en dehors de tout débat parlementaire. De plus, contrairement aux commentaires qui ont accompagné cette annonce, la situation internationale ne peut être invoquée pour justifier un changement de dimension aussi brutal du budget nucléaire militaire.

      La question de l’armement nucléaire et des systèmes d’armes qui la mettent en œuvre est essentielle, compte tenu des conséquences humanitaires catastrophiques auxquelles pourrait conduire l’emploi d’une seule de ces armes. Toutes les décisions qui les concernent doivent donc être prises dans la clarté, selon des procédures démocratiquement légitimes et en pleine connaissance de leurs conséquences de toute nature.

    L’armement nucléaire doit cesser de bénéficier d’un régime d’exception. Il doit être replacé sous le régime du droit commun démocratique.

Communiqué d’IDN (8 septembre 2016)

                                                    http://www.idn-france.org

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez