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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 14:21

A l'occasion du 150ème anniversaire de la naissance de Jean Jaurès, l'hebdomadaire "l'Echo du Tarn" publie un dossier, avec des interviews:
-   de Paul Quilès :
     cliquez ici
-  de Gilles Candar (président de la Société d'études jauressiennes et membre du club Gauche Avenir): cliquez sur les 2 pages: 
     1ère page    2ème page
                                                           

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Published by Paul Quilès - dans Jaurès
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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 12:00

Cette tribune, que j'ai co-signée avec Marie-Noëlle Lienemann,
a été publiée par le site MEDIAPART

aujourd'hui (27/8/2009) 

 

             La « pétition des 100 » du club Terra Nova commence bien, avec cette interpellation[1] : « Nous appelons à une primaire populaire ouverte aux citoyens de gauche… ».

            Mais, très vite, le malaise s’installe. Dans la liste hétéroclite des signataires, on  trouve, entre autres, Jean Peyrelevade, vice-président du Modem, les principaux soutiens socialistes à la ligne d’alliance du PS avec le centre…..mais aussi des responsables socialistes, qui faisaient pourtant partie des deux tiers de militants du congrès de Reims opposés à cette alliance ! Si de nouvelles formes de démocratie doivent être inventées, elles ne sauraient se substituer à des délibérations collectives organisées. Chacun se souvient que ce débat est d’une importance capitale dans l’histoire de la gauche française. On sait par exemple ce qu’il en est advenu de l’idée que la « démocratie à la base » devait se substituer à la « démocratie bourgeoise »!

            Alors, soyons clairs, ce débat sur les primaires ne doit pas être l’occasion de faire passer par la « petite porte » un accord politique avec le Modem -nouvelle mouture de la vieille lune de la « troisième voie »-, qui se révèlerait doublement  inefficace :

- en empêchant l’unité de toute la gauche, ou au moins de toute la gauche prête à gouverner ;

- en réduisant les ambitions à quelques références, à des valeurs « communes » qualifiées de « progressistes » et dont on ne sait qui les définirait.

            Le malaise s’accroît, lorsque l’on essaie de comprendre ce qui est proposé. S’agit-il de désigner le candidat du PS ou un candidat du « centre gauche » ou un candidat du rassemblement de la gauche et des écologistes ? Tout au long du texte et des déclarations qui l’accompagnent, la confusion est entretenue et, comme on n’aperçoit nulle part de volonté d’associer l’ensemble des forces politiques à une démarche commune, large et globale, on en déduit qu’il s’agit de désigner le candidat socialiste. Les partenaires du PS, invités à se rallier et placés en position subalterne, ne pourront que refuser cette démarche méprisante. Au passage, cela arrangerait bien les tenants de l’alliance au centre…… et, sans doute, Nicolas Sarkozy!

            Le chemin vers une candidature unique de la gauche et des écologistes, qui est la seule stratégie susceptible de permettre la victoire de la gauche en 2012, passe par la définition d’un cadre commun, qui ne saurait se limiter à l’organisation de primaires.  Il faut un accord global pour une majorité alternative (et pas seulement un président), sur la base d’un projet, puis d’un programme. C’est cela l’urgence. Toute prise de position préalable du PS qui ne chercherait pas à être partagée et établie en commun avec ses partenaires serait une grave erreur et conduirait à l’échec.

            Pour sortir de l’ambigüité, il faut dire clairement:

1- que les primaires ont vocation à désigner un candidat unique de la gauche et des écologistes ;

2 –qu’elles doivent être préparées dans un cadre unitaire, à l’issue d’une démarche globale, qui aura permis de jeter les bases, en commun, d’un accord de gouvernement et d’un programme.

            Notons que la préparation du programme doit faire appel à un processus aussi participatif que le choix du candidat, sauf à définitivement basculer dans le présidentialisme, en confortant la logique dévastatrice de la 5ème République. Comment comprendre à cet égard que les promoteurs d’une 6ème République parlementaire semblent faire de la désignation du président l’alpha et l’oméga du renouveau de la gauche ?

            Prenons garde, à travers ce choix de ne pas accélérer une évolution « à l’américaine » de nos institutions. Outre le fait que les traditions politiques américaines sont très éloignées de notre culture politique, elles ne sont pas cohérentes avec les idéaux de la gauche, qui privilégient le collectif et ne croient pas en l’homme providentiel ! Partir tête baissée dans cette direction, c’est faire la même erreur qu’au moment de la décision de passer au quinquennat et d’inverser le calendrier électoral, décision alors plébiscitée dans les sondages, mais peu soutenue dans les urnes et dont on voit aujourd’hui les nocives dérives !

            Les signataires de la pétition ont bien senti que l’on ne saurait éluder le fond, puisqu’ils indiquent : « Le périmètre de la primaire ne pourra être arrêté qu’à l’issue d’un travail préalable sur le fond, permettant d’élaborer des fondamentaux idéologiques communs. Mais le principe doit être arrêté dés maintenant, sereinement et non dans l’urgence pré- électorale ».

            Cette idée – la recherche de « fondamentaux idéologiques communs »-  ne nous semble pas bonne. En effet, elle risque de conduire à se limiter à des formules creuses sur les valeurs, sorte de « fourre tout », que certains, même à droite, pourraient accepter ! Ou alors, il s’agira de tenter d’unir largement toute la palette idéologique de la gauche derrière une forme de pensée unique. Mission quasiment impossible, compte tenu de la diversité des courants culturels qui s’expriment dans la gauche française (communiste, écologiste, social-démocrate, altermondialiste, libertaire, chrétien de gauche, républicains sociaux, …), peu enclins à noyer leur identité idéologique dans un discours minimal, qui risque, de plus, de ne pas être clivant avec la droite.

            En revanche, ils peuvent s’unir autour d’objectifs de transformation sociale concrets et actuels, fondés sur des valeurs communes.  C’est à ce travail que doivent être conviées une large part des forces vives de la gauche et de l’écologie, tant dans le monde associatif, les ONG, les clubs, les syndicats, parce qu’ils s’intéressent d’abord aux propositions et aux changements effectifs qui doivent être engagés, avant de se préoccuper de la personnalité qui l’incarnera.

            C’est avec cette, préoccupation que nous avons proposé de constituer un Nouveau Front Populaire qui associe, à la démarche de définition d’un programme et de désignation du candidat, non seulement les partis mais aussi les nombreux  citoyens engagés dans différentes organisations militantes et de réflexion et qui ne se reconnaissent plus dans le paysage partisan actuel. Ils ne conçoivent pas la politique comme un « zapping électoral » et veulent être acteurs de choix politiques précis ; pour eux, le projet de la gauche doit se construire « tous ensemble ».

            L’appel que nous avons lancé en ce sens il y a 6 mois (« Gauche 2012 : le logiciel de la victoire ») et qui a rassemblé 900 signatures de militants, d’élus et de responsables issus des diverses sensibilités de la gauche, nous semble toujours pertinent. Il propose un calendrier comportant 6 phases:
-  1ère phase (été 2009). Décision de mettre en place un Comité de préparation des « Etats Généraux de la gauche ».

-  2ème phase (2ème semestre 2009).  Travaux du Comité de préparation : 

               * fixation des objectifs des Etats Généraux, du mode de débat, de la date et du fonctionnement des Etats généraux

               * rédaction de textes introductifs et choix des enjeux prioritaires à débattre.

- 3ème phase (décembre 2009 - janvier 2010). Préparation des Etats généraux nationaux par des rencontres décentralisées

-  4ème phase (juin 2010, après les élections régionales). Etats Généraux : vote du projet en vue de la préparation d’un accord de gouvernement, détermination du mode de fonctionnement des primaires (auxquelles participeront les militants et adhérents de toutes les organisations ayant accepté le projet).

-  5ème phase (2ème semestre 2010). Mise en place d’un comité unitaire de préparation des primaires et arrêtant les grandes lignes d’un programme ; établissement de la liste des votants ; campagne des candidats se présentant aux primaires.

-  6ème phase (début 2011). Primaires.

 

            Ce dont la France a besoin, ce n’est pas seulement d’une alternance, mais aussi d’une politique alternative à la logique dominante. Sans l’unité de toute la gauche, pas de victoire possible ; sans « rupture », pas de mobilisation du peuple de gauche, des employés, du monde du travail, qui risquent fort de bouder ces primaires ». C’est par une nouvelle dynamique unitaire que deviendra possible la reconquête des couches populaires. Cette tâche est certainement plus prioritaire que la méthode de désignation du candidat, pour rénover la gauche et assurer sa victoire en 2012.

 


[1] Ainsi que cela est rappelé en première page de Libération (26/9/2009)

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 09:21

    Je viens d'entendre à la radio un éminent spécialiste de la finance internationale affirmer que rien de sérieux ne sortirait du prochain G 20, si l'opinion publique mondiale ne se mobilisait pas pour exercer une forte pression sur les dirigeants!

    Fort bien.....mais c'est ce que je ne cesse de répéter depuis des semaines (voir encore ce matin ma tribune dans l'Humanité) et c'est pour aider à cette sensibilisation que j'ai pris l'initiative de lancer la "pétition internationale contre les bonus".

    C'est avec ce même objectif que les présidents de l'Internationale socialiste (IS) et du Parti socialiste européen (PSE) viennent d'être interpelés par Marie Noëlle Lienemann.
    Dans son courrier, celle-ci déclare notamment:
"Les socialistes et sociaux démocrates ne peuvent pas rester passifs ou demeurer  dans une posture classique de bonnes  intentions, non suivies d’effet. Il est urgent de réinventer un internationalisme militant. La limitation des bonus des traders peut être la première mobilisation qui sonne le réveil de l’Internationale Socialiste et du Parti Socialiste Européen, ainsi que leur retour sur la scène mondiale comme acteurs majeurs de la transformation sociale.
C’est pourquoi je m’adresse à vous pour que soit lancée par l’IS et le PSE une pétition citoyenne internationale, pour faire pression sur les dirigeants de la planète en vue du prochain G20.   (......) 
A quoi serviraient l’IS et le PSE, si, dans pareille crise et face à de pareils excès, ils se contentaient de protestations formelles, sans agir, sans agir avec les citoyens du monde ?»

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 09:04

Tribune de Paul Quilès, publiée dans le quotidien l'Humanité
 le 25 août 2009

 

            Il y a quelques mois, les responsables des grands pays de la planète, réunis au G 20, nous annonçaient solennellement que « la moralisation de la finance internationale » était en marche, que les excès et les pratiques qui avaient conduit au désastre allaient disparaître. N. Sarkozy, jamais à cours de formule, n’hésitait pas à parler de « refondation du capitalisme » !

            Force est de constater que la réalité est bien différente de ce qu’ils voulaient nous faire croire. Des banques, aidées par les Etats, parfois sauvées de la faillite par les pouvoirs publics, grâce à l’argent du contribuable, continuent à agir comme s’il ne s’était rien passé : mêmes pratiques, mêmes surenchères, mêmes justifications vaseuses sur le thème du « mérite » ou de la « prise de risque ». Songez qu’un trader américain réclame à sa banque 100 millions de dollars, alors que celle-ci a eu recours à des fonds publics à hauteur de 45 milliards de dollars ! En France aussi, on trouve des situations aussi indécentes: la BNP, par exemple, vient de provisionner 1 milliard d’euros pour les bonus, après avoir reçu de l’Etat 5,1 milliards de fonds propres.

            Certes, la question des bonus des banques n'est qu'un aspect des dérèglements du système financier international, mais il est indispensable de le dénoncer, parce qu’il est emblématique des pratiques immorales et dangereuses dont il se nourrit. C’est pour cette raison qu’une « pétition internationale contre les bonus »* a été lancée. Il s’agit de dénoncer et de proposer, afin de prendre au mot les responsables politiques des grands pays, qui ne cessent de se plaindre de leur impuissance. Pour Madame Lagarde, il est « impossible d’agir au niveau d’un seul Etat », de crainte de créer une « distorsion de concurrence avec les autres places financières ». Quant à Barack Obama, il confesse: « on n’a pas l’impression que ce qui s’est passé ait provoqué un changement de culture ou d’attitude ». On croit rêver !

            Cette apparente impuissance devant les acteurs arrogants de la finance internationale n’est peut-être qu’une façon de masquer leur intention de ne pas bouleverser les règles du système. Se contenter, comme ils le font, de donner des conseils de bonne conduite aux banques et aux traders est aussi ridicule que de recommander à un alcoolique de réduire sa consommation, dans l’intérêt de sa santé et dans celui de son entourage ! Auraient-ils oublié que le rôle de l'Etat est de fixer des règles, de mettre en place des mesures de rétorsion, lorsque celles-ci ne sont pas respectées ?

            Si l’on n’en finit pas avec ces comportements -dont les excès et l’immoralité sont de plus en plus souvent dénoncés[1]-, les déséquilibres de l’économie mondiale vont s’accentuer et ceux qui souffrent des effets de la crise risquent d’être poussés à bout. Comment accepter en effet que l’argent des contribuables soit ainsi bradé ? Comment supporter que les banques aidées par l’Etat[2] préfèrent engranger des bénéfices et distribuer des bonus, plutôt que de remplir leurs obligations de prêt à l’économie et aux particuliers ?  

            Avant le prochain G20, qui se tiendra fin septembre à Pittsburgh, les citoyens de toute la planète doivent se mobiliser, pour exiger des décisions mondiales effectives. Par exemple :

  • l’instauration d’une taxe sur l’ensemble des réseaux de la finance internationale. Les sommes prélevées contribueraient au financement des grandes causes mondiales : protection de l’environnement, lutte contre le réchauffement climatique, politique de l’eau, lutte contre la faim….
  • la limitation de la rémunération variable des traders, en pourcentage de leur rémunération fixe ;
  • la fixation d’un impôt dissuasif sur les hauts revenus[3] ;
  • le contrôle strict de l’activité des banques par l’Etat, chaque fois qu’il est présent dans leur financement.           

           Cette pétition vise à redonner du sens à l’internationalisme. Les citoyens du monde doivent dénoncer, proposer et montrer qu’ils ne résignent pas à voir leurs dirigeants abdiquer devant ce système fou et devant les ravages économiques et sociaux qu’il engendre.

___________________________________________________________________________
* Pour signer la pétition :

 -  http://www.facebook.com/group.php?gid=143635741468

- http://www.mesopinions.com/Petition-internationale-contre-les-bonus-petition-petitions-7ddf068d8745418dd0a9576cfe4d1db5.html 



[1]  Voir le très critique « Rapport Cuomo », qui vient d’être publié aux Etats-Unis

[2]  18,7 milliards d’euros de fonds propres

[3]  Il est savoureux de rappeler qu’aux Etats-Unis,  le taux marginal d’imposition des revenus supérieurs à un million de dollars était supérieur à 90%, dans les années 1930. 

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 17:41

Sur ce sujet si important pour la démocratie et pour la crédibilité de l'action politique, que j'ai abordé à de multiples reprises sur ce blog , il est réconfortant de constater que des initiatives commencent à être prises au niveau décentralisé.
Il faut saluer par exemple, les prises de position fermes de la Fédération socialiste du Finistère, ou encore celle du courant "un monde d'avance" de Vendée.
C'est peut-être ainsi, avec des militants "croyants et pratiquants", que commencera la "rénovation" des pratiques, si souvent invoquée dans les discours de certains responsables nationaux.

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Published by Paul Quilès - dans Cumul des mandats
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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 16:57

Je vous recommande la lecture de ce texte très parlant sur
les rémunérations des banquiers et des grands patrons.
Il émane d'un signataire de notre "pétition internationale contre les bonus",
qui propose des réponses concrètes
pour mettre à l'indécence de la situation actuelle.
Cliquez ici

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 14:54

Je vous recommande la lecture de l'excellente tribune de Martin Malvy,
président de la Région Midi Pyrénées, 
sur la réforme des collectivités territoriales,
qui a été publiée par le Monde
cliquez ici

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 13:34

Article de Paul Quilès, publié sur le site du Nouvel Observateur*

 

Il paraît que la « contribution climat énergie » (CCE), qui devait être une « taxe carbone », ferait l’objet d’un large consensus….sous entendu de la part des gens et des organisations vraiment responsables et conscients des enjeux climatiques.

Je pense faire partie de ceux –là ; mon métier, mes engagements, mes travaux en témoignent abondamment (voir sur ce blog). Et pourtant, je ne suis pas d’accord avec cette mauvaise réponse à une bonne question.


            De quoi s’agit-il en effet ? De convaincre les Français de réduire leurs émissions de « gaz à effet de serre » (GES), principalement celles qui sont dues à la combustion des énergies fossiles, c'est-à-dire du pétrole et de ses dérivés, du gaz, du charbon... Ces GES proviennent pour 37%, du secteur industriel, pour 35%, du secteur des transports, pour 25%, du secteur de l’habitat et du tertiaire.

            L’objectif est louable, mais pour l’atteindre, on peut recourir à plusieurs méthodes, complémentaires : l’information, large et bien argumentée, l’incitation, la coercition.

            C’est ce 3ème moyen, la coercition,  qui sera mis en œuvre pour le secteur industriel au niveau européen (avec de nombreuses dérogations), avec le régime des quotas, qui limitera les autorisations de rejet de GES, à partir de 2012.

            Sous une autre forme -l’augmentation du prix de l’énergie-, c’est également le moyen que le gouvernement a retenu pour les secteurs des transports et de l’habitat, avec application dès 2010.

           
            Avant d’examiner les autres façons d’agir sur les émissions de GES des ménages, arrêtons-nous sur les graves inconvénients de la méthode choisie, issue du « Rapport Rocard », qui consiste à instaurer une « contribution climat énergie », destinée essentiellement à augmenter le prix des carburants, du gaz et du fioul.
            Quelle que soit sa dénomination, il est incontestable qu’il s’agit d’un nouvel impôt, évalué à 160 €/an en moyenne (200 € au bout de 5 ans). Inutile de revenir sur son caractère injuste, puisque son impact financier sera très différent suivant le revenu, la localisation et l’activité professionnelle des ménages (urbains ou ruraux, familles aisées ou modestes, personnes dépendantes ou non de l’utilisation d’un voiture personnelle). Les mécanismes annoncés pour compenser ces différences par des reversements sont d’une telle complexité qu’ils rendent le système incompréhensible et peu crédible.


            Injuste et compliqué, cet impôt a également de grandes chances d’être inefficace. La consommation d’énergie présente en effet une faible sensibilité à l’augmentation des prix (ce que les économistes appellent l’« élasticité »). On a pu le constater au cours de différentes périodes récentes, où les prix ont beaucoup fluctué du fait des variations du cours du pétrole brut. Quelques exemples, très parlants :

  • de 1995 à 2006, le prix du carburant a augmenté de 66%, ce qui n’a pas empêché la consommation des particuliers de s’accroître de 7,6% ; la baisse de consommation enregistrée dans la dernière période est certainement due aux effets de la crise économique (réduction des déplacements privés et des transports de marchandises) ;
  • de 1990 à 2000, le prix du carburant a augmenté de 30% et, malgré cela, les rejets du transport routier sont passés de 109 à 125 millions de tonnes de CO2;
  • pour les combustibles de chauffage, les statistiques montrent que l’élasticité de la consommation de fioul et de gaz est encore plus faible. 

            La CCE est donc un impôt sur l’énergie, injuste, compliqué et inefficace, qui a peu de chances d’inciter les consommateurs à faire évoluer leur comportement. Par contre, elle n’est pas une taxe sur les émissions de carbone, qui s’appliquerait en fonction du « contenu carbone » des produits consommés, y compris des produits d’importation. Chacun sait par exemple que certains fruits importés d’Amérique du Sud en hiver « contiennent » 10 fois plus de pétrole que ceux qui sont produits en France, du fait de leur transport. Et que l’on ne vienne pas dire que cela serait compliqué ou que les règles de l’OMC l’interdiraient ! D’autres mesures complexes sont prises au niveau international. Quant à l’argument de l’OMC, il devient urgent que les responsables politiques cessent de l’utiliser comme un paravent ou un alibi à leur inaction, au nom de la sacro sainte liberté des échanges…. qui va finir par se confondre avec la liberté de polluer.

 

            Si l’on veut vraiment convaincre les consommateurs de réduire leurs émissions de GES, il existe d’autres moyens, plus efficaces et qui font, eux, l’objet d’un consensus:

- c’est d’abord la sensibilisation du public, par des campagnes répétées sur les diverses façons d’améliorer l’efficacité énergétique[1] et le contenu en carbone des produits et des services ;

-  c’est aussi une règlementation plus contraignante : pour les transports, la limitation du fret routier, le développement du ferroutage ... ; pour le résidentiel et le tertiaire, une règlementation thermique qui anticipe les règles futures pour la construction des logements et des bureaux… ;

- c’est encore des incitations plus fortes pour favoriser les investissements indispensables pour moderniser les équipements (amélioration du chauffage dans les bâtiments anciens, nouveaux modes de transport…) et recourir aux énergies renouvelables.


            Le Premier ministre nous dit qu’il veut organiser un grand débat sur le sujet. Alors, il ne faut pas hésiter : mettons tout sur la table et l’on verra bien quelle est la bonne réponse à la question. Ce débat ne doit pas être, comme trop souvent, une occasion de faire de la communication politique à grand spectacle…mais sans lendemain.


* Lire sur le site du Nouvel Observateur


[1]  ce que l’on a longtemps appelé les « économies d’énergie ».

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Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 10:31

Une tribune de Paul Quilès sur le site de Rue89                   
"En quelques jours, plus de 2000 personnes ont approuvé la « Pétition internationale contre les bonus ».

Encore une pétition, diront certains ! Il est vrai que la question des bonus des traders n'est qu'un des aspects du dérèglement du système financier international, mais il est emblématique des pratiques immorales et dangereuses dont il se nourrit. Il est donc sain de dénoncer, mais aussi de proposer.".........lire la suite


 

 

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 11:38

En quelques jours, près de 2000 personnes ont approuvé cette démarche (notamment par l'intermédiaire du site "mesopinions.com" ou du groupe Facebook).      
     La question des bonus des banques n'est évidemment qu'un aspect des dérèglements du système financier international, mais cette question est emblématique des pratiques immorales et dangereuses dont il se nourrit. 
    L'objet de cette pétition internationale est donc de montrer aux gouvernements des grands pays (le G 20), qu'ils doivent prendre des décisions fortes pour transformer un système qui conduit à des ravages économiques et sociaux considérables. En effet, contrairement à ce que la propagande officielle nous suggère depuis quelques jours, la crise n'est pas derrière nous et le monde n'a pas fini de souffrir de ses conséquences.       
     Je vous invite à signer cette pétition et, pour être plus nombreux encore, à faire suivre le message ci- après* à votre carnet d'adresses    
    
     Vous trouverez également des liens** avec des documents intéressants sur ce sujet, dont je vous recommande la lecture.      
_____________________________________________________________________________________________ * Message à faire suivre 
                                            
 "Pétition internationale contre les bonus"

 

     Les grands dirigeants du monde prétendent ne rien pouvoir faire dans leur pays contre le retour des énormes bonus versés aux traders des banques….au motif que l’action doit être internationale. 

   

    Alors, il faut les prendre au mot ! Avant le prochain G20 qui se tiendra fin septembre à Pittsburgh, les citoyens de toute la planète doivent se mobiliser, pour exiger des décisions mondiales effectives, concernant le fonctionnement des réseaux de la finance internationale. 

   

    Ils doivent montrer qu’ils ne résignent pas à voir leurs dirigeants abdiquer devant ce système fou et devant les ravages économiques et sociaux qu’il engendre.

    C’est pourquoi nous vous proposons de signer la pétition internationale suivante : 

« Nous citoyens de différents pays du monde, exigeons des dirigeants de la planète qu’ils décident, lors du prochain G20, des mesures immédiates et efficaces pour limiter partout les bonus des traders dans les organismes financiers, soit en limitant leur rémunération variable, en pourcentage de leur rémunération fixe, soit en plafonnant ces bonus. »   
Pour signer la pétition..... cliquez ici   

Pour rejoindre le groupe Facebook..... ........cliquez ici

_______________________________________________________________________________________________________ 

 ** Liens avec des documents intéressants:

- http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/08/11/bonus-des-traders-dans-la-pratique-rien-ne-change_1227456_1101386.html

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/08/10/les-etats-semblent-impuissants-face-au-retour-des-bonus_1227179_0.html?xtor=AL-32280259

http://www.lefigaro.fr/societes/2009/08/13/04015-20090813ARTFIG00232-bonus-un-juge-defie-bank-of-america-.php

http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2009/08/un-milliard-de-bonus-pour-bnp-paribas-les-raisons-de-sindigner.html

http://www.facebook.com/group.php?gid=18050361465

http://paul.quiles.over-blog.com/article-34789080.html "Hypocrites ou impuissants ?"  (tribune publiée par Libération le 13/08/2009, sous le titre " Appel international contre les bonus" )

http://eco.rue89.com/2009/08/15/bnp-paribas-50-millions-pour-les-dix-cadres-les-mieux-payes

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Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez