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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:00

 

Réponses de Paul Quilès aux questions du Monde.fr

          publié sous le titre:  "L'Alliance atlantique ne saurait se substituer à l'ONU"
 

1- Lors du sommet de l’Otan de Strasbourg-Kehl, les Alliés souhaitent redéfinir leur concept stratégique, ce qui n’a pas été fait depuis 10 ans. Que pensez-vous de cette redéfinition ? N’est-elle que symbolique, pour le 60e anniversaire, ou d’une grande importance ?


Elle n’a rien de symbolique, dans la mesure où elle a pour objet de décrire une vision partagée des menaces qui peuvent affecter les Alliés et d’en déduire des missions ainsi que les moyens militaires correspondants.
  

Le dernier concept stratégique, adopté lors du sommet de Washington en 1999, a voulu tirer les leçons des guerres balkaniques, au moment même où débutait l’opération aérienne de l’Otan au Kosovo. Il a traduit une inflexion dans les missions de l’Alliance, les opérations extérieures prenant de plus en plus d’importance au détriment des missions de l’article V.

La place prise par la lutte contre le terrorisme à la suite de l’attentat du 11 septembre justifie sans doute une réflexion sur la contribution de l’OTAN à cette lutte. Par ailleurs, certains Etats-membres mettent en avant de nouvelles menaces plus diffuses, comme la sécurité de l’approvisionnement en énergie. Il va falloir veiller à ce que le nouveau concept stratégique précise clairement que l’OTAN est exclusivement une alliance militaire défensive. Elle ne saurait devenir une organisation de sécurité à compétences universelles, civiles et militaires.

 

2-    Deux dossiers majeurs devraient être évoqués lors du sommet : Afghanistan et Russie. Comment peuvent évoluer ces dossiers ? A court et moyen terme ? Quels sont les enjeux de ces deux dossiers ?

Les pays d’Europe centrale et orientale ont adhéré à l’Otan pour bénéficier de la clause d’assistance mutuelle de l’article V, face à ce qu’ils considéraient comme une résurgence de la menace russe. Ils ont été confortés dans leur analyse par les récentes crises (différend ukraino-russe sur le prix du gaz, conflit russo-géorgien). Si leurs préoccupations doivent être entendues, il ne saurait être question, pour les membres plus anciens de l’Alliance, de revenir à une nouvelle guerre froide. La Russie est en effet un partenaire stratégique parfois incontournable (pression sur les Iraniens, afin qu’ils abandonnent leur programme nucléaire, voies logistiques vers l’Afghanistan). Le partenariat avec la Russie s’impose également dans le domaine  économique (énergie).
  

 

S’agissant de l’Afghanistan, le Président Obama vient de rendre publique sa nouvelle stratégie, intéressante par certains aspects, mais qui fait la preuve, s’il était besoin, de l’échec de la politique suivie jusqu’ici. Ce revirement de la politique américaine, aussitôt approuvé par l’ensemble des Européens, prouve bien la faible autonomie de l’OTAN en matière de définition stratégique. Elle pose aussi la question de savoir quel peut bien être le rôle de cette organisation à une telle distance de la zone du Traité de l’Atlantique nord, dans une région instable et réticente aux présences militaires étrangères. En outre, la solution de cette crise très complexe relève plus de politiques civiles que de l’action militaire, comme le Président Obama vient d’ailleurs de le souligner.


 

3-  La réintégration complète de la France dans l'OTAN doit être entérinée pendant le sommet. Permettra-t-elle à la France d'infléchir le concept stratégique en préparation, la nature des missions de l'Alliance, les pays que l'OTAN intégrera à l'avenir ? Si oui : quelles missions pour l'Alliance selon la France ?

L’élaboration d’un nouveau concept stratégique résultera d’une négociation politique au sein du Conseil atlantique. L’influence des différents Alliés dans cette négociation est indépendante de leur position dans les structures militaires intégrées.
 

S’agissant des missions de l’Alliance, deux principes doivent prévaloir :
- en premier lieu, l’OTAN est une
organisation de solidarité militaire destinée à garantir la sécurité des pays qui en sont membres contre une agression non provoquée. Même si cette sécurité peut à l’occasion exiger des missions militaires lointaines (Afghanistan), l’extension de facto du champ d’action de l’OTAN ne doit être qu’exceptionnelle, limitée dans le temps et subordonnée à un mandat de l’ONU.
- en second lieu, l’OTAN ne doit pas, au prétexte de sécurité, chercher à concurrencer des organisations aux compétences essentiellement civiles. Chaque fois que des moyens civils sont plus adaptés et efficaces pour la gestion des crises, l’OTAN doit s’effacer au profit d’autres organisations comme l’ONU ou l’Union européenne.

 
4-     Estimez-vous que la PESD sera renforcée à l’issue du sommet ? Quels autres moyens de la promouvoir envisagez-vous ?


L’avenir de la PESD doit se décider au sein de l’Union européenne et non à l’OTAN. Sauf à priver la PESD de sa signification politique profonde, elle ne saurait se limiter à la sous‑traitance d’opérations modestes auxquelles les Américains ne souhaitent pas participer.
   

Il n’y aura de véritable politique européenne de sécurité et de défense que le jour où les Européens sauront faire entendre collectivement leur voix après de Washington. L’Alliance pourrait alors évoluer vers une association de deux partenaires égaux : les Etats-Unis d’une part et l’Europe d’autre part. Actuellement, ni les Américains ni la majorité des Européens ne le souhaitent.

5-    
En 60 ans, l’OTAN est passée de 12 à 26 membres ? Pensez vous que l’extension peut et va se poursuivre ? Pourquoi ?


Certaines adhésions à l’OTAN, comme celle de la Croatie, ne soulèvent pas de difficulté majeure. Par contre, l’adhésion d’autres pays de l’Ex-Yougoslavie comme la Bosnie‑Herzégovine ou la Macédoine pourrait entraîner des tensions à caractère ethnique au sein même de l’Alliance, ce qui nuirait à sa cohésion et à son efficacité. Quant à l’élargissement à la Géorgie et à l’Ukraine, il serait irresponsable, alors que des risques de conflit territorial subsistent. L’appartenance à l’OTAN implique en effet le droit de demander aux Alliés une assistance militaire (article V). L’entrée de ces pays dans l’OTAN n’est envisageable que sur la base d’un accord de sécurité avec la Russie, pour que cet élargissement n’apparaisse pas comme dirigé contre elle.

6-    
L’exemple afghan, mais aussi celui de Bosnie, a montré la nécessité d’associer le militaire et le civil. Va-t-on vers une multiplication de ce type de missions ? L’Alliance est-elle adaptée ?


La raison d’être de l’Alliance est fondamentalement militaire. Les activités civiles de l’OTAN ne peuvent donc que rester marginales. Lorsque l’action militaire doit s’intégrer à une stratégie plus vaste mettant également en œuvre des moyens civils, l’OTAN doit coopérer avec les organisations internationales à compétence civile et, en tout état de cause, respecter l’autorité prééminente de l’ONU.

7-    
L’OTAN doit-elle s’impliquer dans des types de missions globaux, tels que la lutte contre le terrorisme, la protection des intérêts énergétiques, etc ? L’organisation peut-elle être efficace dans ces domaines ?


L’OTAN a pour objet de garantir la sécurité militaire du territoire de ses membres. Sa mission est donc intrinsèquement liée à la défense d’une zone géographique limitée. Si elle intervient en dehors de cette zone, c’est en principe uniquement pour combattre des menaces qui risquent d’affecter sérieusement la sécurité de ses membres. Il est d’ailleurs possible à cet égard de s’interroger sur la pertinence de l’engagement de l’OTAN en Afghanistan.

L’OTAN ne saurait en tout état de cause prétendre se substituer à l’ONU. Ce serait contraire au traité qui l’a instituée.

8-    
Y a-t-il une évolution des valeurs de l’OTAN ? L’idée d’une Global Nato fait-elle encore sens ? Pourquoi ?


L’OTAN a une mission d’équilibre géopolitique, liée à la défense d’un territoire donné. Ce n’est pas une coalition idéologique se préparant à affronter, le cas échéant, les adversaires des valeurs occidentales, comme le suggère le projet de « global NATO ».

L’OTAN ne saurait être l’association des missionnaires armés de la démocratie, comme certains le préconisaient au sein de l’Administration Bush. La promotion de la démocratie est une tâche patiente, politique qui incombe essentiellement aux peuples concernés. La situation de l’Irak et de l’Afghanistan illustre les dégâts d’une politique d’imposition de la démocratie de l’extérieur par l’action militaire.

9-    
L’OTAN a-t-elle finalement les moyens de s’adapter aux nouveaux défis qu’elle a identifiés ?


Il ne semble pas que l’OTAN souffre de faiblesse militaire. Ses membres réalisent environ les trois quarts des dépenses militaires mondiales. Elle joue trop souvent le rôle d’une « courroie de transmission » des décisions américaines, en particulier parce que l’Europe ne parvient pas à définir collectivement une politique de défense qui reflète ses intérêts spécifiques.

Si elle rencontre des échecs en Afghanistan, c’est parce qu’une insurrection ne se combat pas principalement avec des moyens militaires. L’Afghanistan souffre d’un engagement trop militaire et pas assez civil des pays qui y interviennent. Il aurait été plus efficace de limiter l’influence des « seigneurs de la guerre » locaux et de s’opposer à temps à la reprise de la culture du pavot que d’augmenter sans cesse l’effectif des forces et de multiplier les bombardements souvent meurtriers pour les populations civiles.

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 10:31

A l'occasion du sommet de l'OTAN, des émissions spéciales sont programmées par les chaînes de télévision.

Paul Quilès sera présent:

sur ARTE, pour participer au débat organisé
à Berlin sur le plateau de la chaîne

                                       vendredi 3 avril, de 20h45 à 23h.
                                                  avec:
 * Janusz Reiter, ancien ambassadeur de Pologne en Allemagne et aux Etats Unis 
 * Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Sécurité de Munich

 * Michael Dobbs, historien et membre de l'American Academy à Berlin

            sur LCI, pour participer à l'émission spéciale
                       samedi 4 avril, à 9h30.

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Published by Paul Quilès - dans Médias
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 17:55

                         Article de Paul Quilès et Bernard Cazeneuve,

respectivement président et rapporteur de la mission parlementaire sur le génocide du Rwanda (1998), publié dans le Figaro du 28 mars 2009, sous le titre "Rwanda: cessons de diaboliser la France"


Le génocide de près d’un million de Tutsis au Rwanda, en 1994, a mis en évidence, aux yeux du monde, la force exterminatrice de la haine.
 La mort a frappé partout dans le pays, systématiquement, monstrueusement, des femmes, des enfants, des villages entiers, au nom de la volonté d’un Rwanda ethniquement pur. Pendant les longs mois qui précédèrent avril 1994, la « radio des milles collines », instrument de propagande des extrémistes hutus, a lancé ses appels au meurtre :  « l’extermination des cafards » a pu y être théorisée, sans qu’à aucun moment la communauté internationale n’ait pris la moindre disposition pour faire taire ceux qui les émettaient.

           
           Au moment même où cette tragédie se produisait et dans les années qui suivirent, des intellectuels, des journalistes, des représentants d’organisations non gouvernementales se sont exprimés pour dire leur indignation et pour situer les responsabilités politiques.


           
La France, présente au Rwanda depuis le début des années 1990, en vertu d’accords de coopération militaire, se trouva alors gravement mise en cause. Quelles étaient les accusations ? La coopération avec les forces armées rwandaises du président Habyarimana l’aurait conduite à s’engager au côté de ces dernières, contre le Front patriotique rwandais de Paul Kagamé, sur le théâtre des combats. L’opération Turquoise n’aurait eu d’autre but que d’organiser l’exfiltration des génocidaires transitant par la zone sécurisée par la présence de l’armée française. Certains allèrent même jusqu’à accuser les militaires français d’avoir entraîné les miliciens qui perpétrèrent le génocide…


           
Dans cet imbroglio d’accusations graves, mettant en cause la France, le Président de la République, François Mitterrand et le gouvernement français, la communauté internationale et les autres Etats bénéficiaient d’une relative mansuétude, comme si la faillite de l’ONU au Rwanda n’avait été qu’anecdotique et le cynisme américain - qui y avait grandement contribué - sans conséquence face aux évènements.


           
Alors qu’en Belgique, au Canada, les parlementaires enquêtaient déjà sur le génocide, le Parlement français demeurait silencieux, comme tétanisé à l’idée d’affronter l’accusation qui semblait nous accabler seuls. Pour qu’un travail de vérité et de mémoire s’engage enfin, le Parlement devait faire la part des accusations, parfois infondées, véhiculées par certains commentateurs et s’imposer face au  gouvernement, naturellement  suspicieux à l’égard de députés souhaitant exercer  leur pouvoir de contrôle sur  les responsables de notre politique extérieure et de défense.


           
C’est dans ce contexte que la Commission de la défense de l’Assemblée nationale a décidé, en 1998, d’instituer en son sein une mission d’information parlementaire, dont l’objectif était d’apporter un éclairage rigoureux sur les évènements, en établissant le rôle joué par la France, les grandes puissances et la communauté internationale dans son ensemble.


           
Pour atteindre cet objectif, des milliers de documents (notes, télégrammes diplomatiques, ordres et comptes-rendus d’opérations militaires…) ont été déclassifiés et attentivement analysés par la mission. Des dizaines d’auditions ont eu lieu, dont certaines au Rwanda, qui, sans prétendre à l’exhaustivité, ont permis d’entendre la plupart des acteurs concernés. Le rapport, méticuleusement et sans rien occulter de ce qui avait pu être établi, a pointé les erreurs commises et situé les responsabilités.  Alors que, pendant les longs mois d’auditions et de travaux de la mission parlementaire, certains commentateurs avaient stigmatisé un « exercice de complaisance » et déjà donné leur opinion sur un rapport dont ils n’avaient pas lu la première ligne, la publication de nos conclusions fit l’objet de commentaires plus équilibrés et d’appréciations moins tranchées. Il semblait que la rigueur que nous nous étions imposée à nous mêmes avait permis à la vérité de se frayer un chemin certes étroit, mais suffisant pour qu’un dialogue plus profond puisse se nouer avec les rescapés du génocide et qu’un travail de mémoire puisse s’engager, par respect pour les victimes.


           
Plus de dix années après l’achèvement de ces  travaux, le débat, qui n’a jamais cessé d’alimenter suspicions et polémiques, se poursuit en prenant parfois une tournure nouvelle. Comme si le temps avait contribué à faire oublier les progrès accomplis par les efforts convergents des chercheurs, des intellectuels et des politiques pour faire émerger la vérité, comme si la dégradation continue de la situation politique et humanitaire dans la région des Grands Lacs depuis 1994 ne dictait aux observateurs aucun enseignement, la manipulation a de nouveau droit de cité.


           
Le rapport Mucyo, commandé par le gouvernement rwandais et publié il y a quelques mois, est emblématique de cette dérive. Ce document sans nuance, s’appuyant souvent sur des témoignages douteux, est une « commande » aux objectifs trop transparents pour aider à approcher la vérité des faits. Destiné en effet à apporter les « éléments de preuve » de « l’implication de l’Etat français dans la préparation et l’exécution du génocide » -pourtant perpétré par des Rwandais contre des Rwandais, dans l’indifférence de la communauté internationale-,  il vise tout simplement à faire de la France la principale responsable du million de victimes tutsies ! Pour avoir au Rwanda, pendant notre mission, demandé en vain au gouvernement de Paul Kagamé qu’il établisse les preuves de ses accusations et qu’il nous les communique pour publication, nous avons pu mesurer la part de manipulation que revêtait un tel discours.


           
Dès lors, deux questions se posent : quels sont les moyens de poursuivre le travail de vérité historique, qui ne saurait être la préoccupation de la seule France? Pourquoi la recherche de la vérité est-elle si difficile face à la manipulation?


           
1)- Depuis 1994, de nombreux travaux ont analysé par le détail le génocide du Rwanda : enquêtes, commissions parlementaires, rapports d’institutions internationales, travaux menés par des ONG et des chercheurs. Il devrait être possible –pourquoi pas sous l’égide de l’ONU- de soumettre l’ensemble de ces documents à l’examen d’une commission constituée de personnalités indépendantes à l’expertise reconnue. Ainsi pourrait être établie, à l’intention des gouvernements et des opinions, une analyse impartiale et incontestable, qui apporterait une contribution essentielle à la réconciliation et à la reconstruction dans la région des Grands Lacs.

 

            2)- Tant qu’un tel travail n’aura pas été réalisé,  la manipulation risque de se poursuivre, dans la mesure où elle prend sa source dans la convergence des intérêts : intérêts de ceux qui veulent écrire une histoire du génocide légitimant leur pouvoir ; intérêts de ceux qui aimeraient que leurs responsabilités soient oubliées ou édulcorées.

     - Parmi les premiers, se trouve le gouvernement rwandais, qui souhaite que soit minorée sa responsabilité dans la déstabilisation de la Région des Grands Lacs depuis son avènement au pouvoir, que ne soit jamais établie son éventuelle implication dans l’attentat contre l’avion d’Habyarimana -élément déclenchant du génocide-, que soit occultée la part de cynisme qui conduisit le FPR à privilégier parfois la logique de l’affrontement à celle de la paix.

De ce point de vue, la diabolisation d’une puissance comme la France, dont la présence en Afrique est suffisamment entachée d’erreurs pour que sa condamnation apparaisse vraisemblable, constitue une aubaine dont le gouvernement rwandais use et abuse, sans aucune retenue.

    - Parmi les seconds, figurent ceux qui n’ont pas pris la mesure des évènements qui se produisaient au Rwanda en 1994 et qui par indifférence, par cynisme ou par intérêt, ont accepté que les Nations Unies retirent une grande partie de leurs forces présentes sur place (la MINUAR) au moment où se déclenchait le génocide, en prenant bien soin de ne jamais qualifier les massacres. Les Etats Unis sont ici en première ligne, ce qui ne les empêche pas de bénéficier de l’amitié et de la compréhension du gouvernement rwandais. Il est vrai que l’un comme l’autre ne voient que des avantages à ce que la culpabilité de la communauté internationale soit incarnée par la seule France.

                                    
                                                 
**********

          Par notre travail et par la rigueur sincère qui l’a inspiré, nous avons reconstitué l’enchaînement des faits, pour fonder une démarche historique rigoureuse. Cette quête n’est en rien dérisoire. Elle seule répond au devoir de mémoire, qui impose que l’on établisse toutes les responsabilités, que l’on dénonce toutes les logiques funestes des massacres orchestrés.

         C’est ainsi que la vérité fera peu à peu son chemin. C’est ainsi que le souvenir des victimes du génocide ne se confondra pas avec les intérêts de ceux qui prétendent parler en leur nom.
         

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 11:44

 Alors que le G20 va se réunir à Londres dans  quelques jours pour essayer de sauver le système  financier mondial et de prévenir une nouvelle catastrophe, il est intéressant de lire le rapport publié par Global Witness, ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption.

Il montre comment quelques-unes des plus grandes banques mondiales entretiennent des relations d’affaires avec certains des régimes les plus corrompus de la planète.


Extrait du communiqué de Global Witness:

En agissant ainsi, les banques facilitent la corruption et le pillage des revenus issus des ressources naturelles et empêchent certaines des populations les plus démunies au monde de se sortir de la pauvreté.

"La réglementation laxiste qui a déclenché la crise financière est également celle qui permet à certaines des plus grandes banques du monde de faciliter le pillage de la richesse en ressources naturelles des pays pauvres", affirme Gavin Hayman, directeur de campagne de Global Witness.
"Si l’on veut que les ressources telles que le pétrole, le gaz ou les minerais aident réellement l’Afrique et d’autres régions pauvres à se sortir de la misère, les gouvernements doivent assumer la responsabilité d’empêcher les banques de conclure des
affaires avec des dictateurs corrompus et leurs familles."
Lire la suite du dossier

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 00:00

Le 23 mars, Martin Malvy a présenté à Cordes sur ciel
le programme "Grands sites"
de la Région Midi-Pyrénées.
Regarder le reportage de France 3 Sud


Pour regarder les diaporamas et le film de présentation,
cliquez ici

Le label "Grand site" est accordé par le Conseil régional de Midi Pyrénées à 17 sites exceptionnels, dont Cordes. Dans chaque lieu participant à cette opération, les touristes trouveront des informations sur les 16 autres, et pourront ainsi avoir envie de prolonger leur séjour, pour découvrir certains attraits méconnus du département où ils séjournent.
L’opération va générer des retombées économiques importantes sur l’ensemble des sites concernés.
 

Ce même jour, a été posée la première pierre
de l'école intercommunale
(voir photomontage ci-dessous), 
aux caractéristiques exceptionnelles: conception 'bioclimatique",
aspect architectural, situation au pied de la cité médiévale de Cordes.

ecole

Pour voir d'autres belles photos de Cordes,
cliquez ici

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 15:48

Venez assister et participer au forum organisé par le club Gauche Avenir le samedi 4 avril, de 9h30 à 17h30 à l'Assemblée Nationale (salle 6341),
                 avec notamment:

Jean Auroux (ancien ministre du travail)
David Cayla (économiste, membre du Conseil Politique de Gauche Avenir)
Denis Durand (économiste, membre du PCF)
Jean-Luc Gréau (économiste  et essayiste)
Dany Lang (Maitre de conférence à l'université Paris 13)
Philippe Matzkowski (syndicaliste, président du collectif LBO)
- Christophe Ramaux (Maitre de conférence à Paris 1, membre du Parti de Gauche)
Julia Taddei (économiste)

                     Pour vous inscrire, cliquez ici

Les thèmes du forum:

* Libérer l'économie du joug de la finance
L'échec des marchés financiers à s'autoréguler est le symptôme de la faillite des dogmes libéraux. Mais la finance domine encore l'économie productive et prélève chaque année des centaines de milliards pour financer ses activités spéculatives. Comment sortir de ce modèle et contraindre la finance à être au service de l'économie réelle ?
* Mettre fin au système féodal dans l'entreprise
Durant les dernières décennies, la finance a pris le pouvoir dans l'entreprise, au détriment des salariés et de la logique productive. Si l'on veut revenir à une économie au service du long terme, il convient de rétablir des contrepouvoirs en accordant un rôle accru aux salariés.
* Combattre les inégalités pour sortir de la crise
La crise actuelle est la conséquences de politiques libérales qui ont appauvri la majorité des ménages des pays industrialisés. Pourquoi les inégalités ont-elles explosées ? Comment restaurer un rapport de force plus favorable aux salariés ?
* Sortir du libre-échange et réformer les instances européennes et mondiales
Les responsables politiques multiplient les sommets et tentent d'inventer dans l'urgence de nouvelles régulations mondiales. Ils appellent en même temps à combattre les « tentations protectionniste ». Ces projets de réforme sont-ils à la hauteur ? Comment construire un nouvel ordre économique mondial au service d'un développement durable ?
* Des réponses politiques pour maintenant et pour demain
Comment préparer un monde nouveau ? Que peut-on obtenir aujourd'hui ? Que doit-on préparer pour demain ? La crise actuelle peut être une chance si elle nous oblige à revoir entièrement notre système économique afin qu'il profite enfin au plus grand nombre.
                                  _________________
 
Présentation du forum

     "Depuis que la crise financière s'est transformée en crise économique, les gouvernements dégainent les milliards et convoquent des sommets pour apparaître comme de bons gestionnaires de crise. Persuadés d'avoir affaire à une « catastrophe naturelle » que personne n'avait anticipée, ils s'étonnent que les scénarios les plus noirs se réalisent systématiquement à la place des hypothèses autrefois privilégiées « d'atterrissage en douceur », ou de récession brève. Dépourvus de vision, constamment en retard sur la gravité de la situation, ils tentent de conjurer leur baisse de popularité en multipliant des plans de relance qui visent à sauver un système qui prend l'eau de toute part.
     Plus la crise se prolonge, plus ces efforts apparaissent dérisoires. Alors que les banques centrales inondent le secteur bancaire en argent frais et quasi gratuit, le système financier est toujours tétanisé. L'inflation et les déficits publics, dénoncés autrefois par les gouvernements et les banquiers centraux, sont aujourd'hui considérés par les mêmes comme une solution raisonnable. Ironie de la situation : obsédé par le rétablissement de l'ordre initial, ils sont contraints de mettre à mal un à un les dogmes libéraux sur lesquels ce système reposait. Mais ils espèrent que  ces « reculs » seront temporaires."
                      (.........) Lire la suite

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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 11:39

Député de la circonscription de Jaurès pendant 14 ans, j’ai été saisi par une bouffée de colère et d’indignation en apercevant l’affiche du Front national apposée à Carmaux dans le cadre des élections européennes. On y voit une photo du grand tribun socialiste titrée « Jaurès aurait voté Front national » et une citation : « A celui qui n’a plus rien, la Patrie est son seul bien ».


     On savait la droite prompte à utiliser la mémoire des grands hommes de gauche en période électorale, pour tenter de récupérer des voix. On se souvient du maître en la matière, N. Sarkozy, qui n’hésita pas à citer Jaurès pas moins de 32 fois dans un discours à Toulouse le 12 avril 2007 ou qui utilisa abondamment la référence au sacrifice du communiste Guy Mocquet! Cette fois-ci, avec l’affiche ignominieuse du FN, on bat les records….


     Je me suis d’abord dit que la ficelle était tellement grosse qu’il valait mieux ne pas y prêter attention. Mais, me souvenant de l’épouvantable conseil, trop souvent suivi par certains dans le monde politique « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ! », je préfère tout simplement opposer la vérité historique à cette grossière tentative de récupération.


     Lorsque nous avons organisé à Carmaux le spectacle « Ils ont tué Jaurès » à l’occasion du 80ème anniversaire de sa mort, François Mitterrand nous avait adressé un message, dans lequel il nous conseillait de «toujours revenir à Jaurès, à ses actes, à sa parole », en nous rappelant aussi que « Jaurès fut l’homme de l’Europe » et qu’en 1901, il avait déclaré : « ce serait la plus grande joie de ma vie que de vivre le jour où l’Allemagne démocratique été la France démocratique se tiendront les mains pour la réconciliation éternelle et la paix dans le monde ». Cette passion de l’Europe fut pour lui une passion de la paix et elle lui coûta la vie.


     Européen et internationaliste, Jaurès mettait en avant la nécessité de la patrie dans le combat pour l’émancipation de l’homme, mais sa conception était aux antipodes du nationalisme belliqueux fait de divisions, de haines recuites et de rejet de l’autre que véhicule le FN. Pour s’en convaincre, je conseille la lecture de son fameux ouvrage « l’Armée nouvelle », publié en 1910, dont voici un court extrait :

     « Quand on dit que la révolution sociale et internationale supprime les patries, que veut-on dire ? Prétend-on que la transformation d’une société doit s’accomplir de dehors et par une violence extérieure ? Ce serait la négation de toute la pensée socialiste, qui affirme qu’une société nouvelle ne peut surgir que si les éléments en ont été déjà préparés par la société présente. Dès lors, l’action révolutionnaire et internationale, universelle portera nécessairement la marque de toutes les réalités nationales. Elle aura à combattre, dans chaque pays, des difficultés particulières ; elle aura, en chaque pays, pour combattre ces difficultés, des ressources particulières, les forces propres de l’histoire nationale, du génie national. L’heure est passée où les utopistes considéraient le communisme comme une plante artificielle qu’on pouvait faire fleurir à volonté, sous un climat choisi par un chef de secte. Il n’y a plus d’Icaries. Le socialisme ne se sépare plus de la vie, il ne se sépare plus de la nation. Il ne déserte pas la patrie ; il se sert de la patrie elle même pour la transformer et pour l’agrandir. L’internationalisme abstrait et anarchisant qui ferait fi des conditions de lutte, d’action, d’évolution de chaque groupement historique ne serait plus qu’une Icarie, plus factice encore que l’autre et plus démodée. »

 

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 19:43

Le club Gauche Avenir a auditioné Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, à propos du retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN.

Paul Quilès, animateur de Gauche Avenir et ancien ministre de la défense, a animé ce débat, qui a eu lieu à Paris le lundi 16 mars.

Pour regarder la vidéo de l'intervention d'Hubert Védrine, cliquez ici
                          
Sur ce sujet:
- lire la tribune d'Hubert Védrine dans le Monde du 5 Mars 2009.
- lire l'article de Paul Quilès dans le Figaro du 11 février 2009.

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 19:21

Les déclarations du Pape Benoît XVI, en visite en Afrique, sur le préservatif et le sida ont provoqué, à juste titre,  un tollé à travers le monde. Les mots des responsables politiques ou des ONG sont forts :"très vive inquiétude", "consternation",  "indignation".

En pleine polémique sur ce sujet, le ministère espagnol de la santé vient d’annoncer dans un communiqué l'envoi prochain d'un million de préservatifs en Afrique "pour lutter contre la propagation du VIH-Sida".


Je ne veux pas croire qu’il s’agit là d’une coïncidence ! Le communiqué précise en effet : "Le préservatif s'est avéré un élément nécessaire des politiques de prévention et une barrière efficace contre le virus, selon les études de laboratoires". Il rappelle que 67% des personnes infectées par le virus du sida vivent en Afrique subsaharienne.


Le ministère espagnol de la santé précise qu'il organisera dans les semaines à venir un concours public pour déterminer quelles ONG pourraient canaliser la distribution de son stock de préservatifs dans des pays affectés, comme le Sénégal, la Namibie, la Tanzanie, l'Angola, le Kenya, ou le Burkina Faso.


Cette annonce m’a semblé particulièrement opportune et pertinente…! Bravo à nos amis espagnols pour cette belle réponse à un pape qui, décidemment, n’en rate pas une !

 

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 21:03

Paul Quilès a participé à deux nouveaux débats télévisés sur le thème du retour de la France dans le commandement militaire de l'OTAN:

- sur la chaîne parlementaire LCP dans l'émission "OTAN: en avant marche". Pour regarder le débat, cliquez ici (le débat commence après 9')

- sur la chaîne internationale France 24, dans l'émission "France-OTAN, une nouvelle ère?" animée par Sylvain Attal. Pour regarder le débat,            
                                                    1ère partie:   cliquez ici

                                                                      2ème partie: cliquez ici

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez