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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 16:50



                    Petite devinette*


                           Qui a dit ?

A-    "Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole. Une société ne peut exister sans l'inégalité des fortunes, et l'inégalité des fortunes ne peut exister sans religion. Quand un homme meurt de faim à côté d'un autre qui regorge, il lui est impossible d'accéder à cette différence s'il n'y a pas une autorité qui lui dise: Dieu le veut ainsi, il faut qu'il y ait des pauvres et des riches, mais ensuite, pendant l'éternité, le partage se fera autrement."

B-       "Les religions constituent un enjeu majeur pour notre société , car elles sont le support de l'espérance. (……)  La dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu'elle procède d'une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu'elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain...La République ignore le bien et le mal. Elle défend la règle, la loi sans se rattacher à un ordre moral."

 

Vous l’avez deviné, bien entendu : une de ces deux citations est de Nicolas Sarkozy…..l’autre du Général Bonaparte, Premier Consul. Etrange similitude. Il paraît que l’Histoire bégaye parfois !

 

* Rédigée avec la complicité de mon ami, Guy Georges, ancien leader syndical enseignant.

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 13:40

Quel bonheur de commencer une journée en écoutant les propos vigoureux d'Emmanuel Todd  sur France Inter (mercredi 10 décembre)!
Loin de la langue de bois, loin des phrases creuses et convenues des moulins à paroles, il donne une analyse sans concession des enjeux de la période en France, en Europe et dans le monde......
               Pour accéder au podcast de l'émission, cliquer ici

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 15:19

"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis."

 

Merci à Manuela de m'avoir communiqué cette analyse prémonitoire de Thomas Jefferson, 3ème président des Etats-Unis (1801-1809), à propos du système bancaire.
Deux siècles plus tard, on peut regretter, en pleine crise du capitalisme, que son propre pays (comme le reste de la planète!) ne se soit pas inspiré de cette salutaire réflexion......

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 14:51
En ces temps de froidure hivernale, cette superbe vidéo (réalisée par le CDT du Tarn) vous entraîne avec bonheur pendant quelques minutes dans une visite des bastides tarnaises, qui met particulièrement en valeur mon village de Cordes sur ciel.
Pour visionner, cliquez ici
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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 11:51

Cet intéressant article de Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l'université de Reims et co-fondateur du club Gauche Avenir, a été publié dans Le Monde du 26 novembre 2008.

                                         ************************ 

La "clarification", la "rénovation", une nouvelle direction étaient attendues du congrès de Reims. François Hollande avait décidé de reporter le congrès après les élections municipales pour laisser les divergences socialistes décanter. Au terme d'un long processus peu lisible aux yeux de l'opinion, le rebond n'est pas au rendez-vous. Pire, la confusion règne dans un parti déchiré et englué dans ses contradictions. Après le congrès, le vote des militants devait débloquer la situation, il n'a fait que consacrer leurs oppositions. Deux blocs antagonistes au poids comparable s'opposent désormais. Le PS sort en charpie d'un congrès qui a agi comme un révélateur de ses impuissances.

L'élection de Martine Aubry dans un mouchoir de poche ne règle rien tant sa légitimité est d'emblée précaire. Elle prend la tête d'un parti balkanisé, dépourvu d'axe majoritaire, où de nombreux dirigeants (y compris parmi ceux qui l'ont soutenue) misent sur son échec. Que dire de ce spectacle tragi-comique sans ressasser la paresseuse explication du choc des ego et des ambitions personnelles ? Qu'est-ce qui a conduit à cette situation de blocage, dont le PS semble incapable de sortir ?

L'impasse est le produit d'évolutions structurelles. De plus en plus replié sur ses jeux et enjeux propres, le PS est devenu un entre-soi de professionnels de la politique (la moitié de ses "militants"). Il est d'autant plus dominé par ses luttes de pouvoir qu'il a perdu tout ancrage social, n'est plus irrigué par la société. En apesanteur sociale, éloigné des Français que les discours du congrès ont pourtant sans cesse invoqués, comme pour conjurer le sort, le PS compose un univers impitoyable, où le cynisme tient lieu de code moral. A tous les niveaux du parti, la "camaraderie" de façade voile mal les haines inexpiables et les ressentiments accumulés. Les soupçons de fraude électorale, à l'évidence fondés, ont alimenté un climat de suspicion qui traduit à lui seul la dégradation du "vivre ensemble" socialiste.

Le parti s'est "désidéologisé" à force d'instrumentaliser et de surjouer des oppositions souvent artificielles. L'attitude à l'égard de François Bayrou, grand vainqueur du congrès, est suicidaire. En l'érigeant en point cardinal de leurs luttes internes, les socialistes ont légitimé le MoDem, qui cherche pourtant à les affaiblir.

Le PS n'est plus qu'une addition d'intérêts particuliers. Implantés dans les bastions que lui réserve la logique des élections intermédiaires, les élus qui font et défont les motions ne jouent pas un jeu politique national dont ils se désolidarisent. Les élus veulent-ils vraiment le pouvoir ou ne préfèrent-ils pas le confort émollient de leurs fiefs ? La cacophonie socialiste ne doit pas à la force des courants mais bien à leur faiblesse. Ils ne sont plus que des coalitions fragiles d'intérêts contradictoires et des conglomérats de notables locaux. Aussi se révèlent-ils incapables de structurer des rapports de force et de réguler une concurrence interne devenue débridée.

Le caractère composite des groupes réunis par Martine Aubry et Bertrand Delanoë a rendu impossible la constitution d'une véritable majorité. La nouvelle secrétaire du parti - si sa victoire est entérinée par le conseil national - devra composer avec ce jeu instable et restaurer un leadership affaibli par la culture de la "synthèse" molle léguée par François Hollande. Mais beaucoup de dirigeants ont intérêt à ne pas voir émerger un leadership fort.

La présidentialisation des règles du jeu interne ne fait qu'amplifier ces phénomènes. Les socialistes ont mesuré en 2002 et 2007 les effets redoutables de l'inversion du calendrier présidentiel décidée par Lionel Jospin. Aujourd'hui, ils mesurent les conséquences de la désignation directe de leur premier secrétaire par les adhérents, qui participent de la même logique présidentialiste. La force de cette règle était tempérée jusque-là par le jeu des courants. Elle devient déterminante quand ils s'affaiblissent. Ce fonctionnement démocratique hybride, entre proportionnelle des motions et légitimité directe donnée par les militants, rend le PS ingouvernable.

Ségolène Royal a intégré ces nouvelles règles. A nouveau, elle a joué l'opinion contre le parti, la base contre ses dirigeants, les Français contre les socialistes. Elle transgresse les codes socialistes, accréditant l'opposition entre le "vieux parti" et la rénovation qu'elle appelle de ses voeux. Son assise dans le parti est pourtant fondée sur le soutien des fédérations clientélistes du Sud (un paradoxe de plus). Plus que ses positions sur le MoDem, c'est sa proposition de créer un parti de masse de 500 000 adhérents qui a polarisé les socialistes contre elle.

Son objectif était clair : diluer le "vieux parti" dans un parti post-idéologique perméable aux logiques d'opinion. Tony Blair avait procédé de la même manière lorsqu'il avait liquidé le vieux Parti travailliste. Cette ligne n'a été rejetée que de quelques dizaines de voix : Ségolène Royal reste donc plus que jamais dans le jeu. Sa position de quasi-leader est confortable : à la fois au dehors et à l'intérieur du parti, elle pourra constituer un recours si Martine Aubry échoue.

La tâche de la nouvelle première secrétaire est rude. Identifiée à tort ou à raison au "vieux parti", elle ne peut se dérober à l'exigence de "rénovation", mais ne manquera pas de se heurter à des résistances, aux routines de l'organisation, à la fragilité de ses soutiens. Elle devra desserrer l'étau dans lequel le PS est pris, entre Olivier Besancenot et François Bayrou. Elle dispose de peu de temps. L'échéance présidentielle rattrapera bientôt les socialistes.

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Published by Paul Quilès - dans Médias
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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 16:45

Ce qui vient de se produire au PS est détestable, mais peu surprenant pour qui suit l’évolution de ses modes de fonctionnement depuis une quinzaine d’années.  

Le psychodrame d’une extrême gravité auquel on assiste peut en effet s’analyser comme la conséquence cumulative de six phénomènes :

1-     La « présidentialisation » du PS s’est accentuée avec les décisions de Lionel Jospin en 2000 (quinquennat et inversion du calendrier électoral, faisant de la présidentielle la pierre angulaire de la compétition électorale). Il en a résulté une véritable obsession des leaders du PS à chercher à contrôler l’appareil, de façon à être en situation favorable pour l’élection présidentielle. Même ceux ou celles qui avaient peu d’appétence pour ce type de responsabilité se sont sentis « obligés » de concourir.

2-     La médiatisation extrême (surtout télévision et Internet) conduit à accentuer les prises de position publiques des leaders socialistes, dans un souci prétendument de transparence, mais surtout pour s’adresser directement aux militants qui votent. L’effet en est souvent désastreux auprès des non militants pour au moins deux raisons : le décalage entre les bons sentiments affichés et la dureté des mots et des comportements publics ; l’incompréhension par les non militants des « codes internes » et parfois même des expressions utilisées.

3-     Le rôle de plus en plus prédominant des « grands élus » et des fédérations qu’ils contrôlent. Leur influence a toujours existé et, à l’époque de la SFIO, les « Bouches du Nord » -qui rassemblaient les fédérations des Bouches du Rhône, du Nord et du Pas de Calais- faisaient et défaisaient les congrès. Aujourd’hui, ce phénomène s’est accentué jusqu’à la caricature dans un grand nombre de départements, en raison de la décentralisation et du succès des socialistes aux élections locales. La proportion d’élus (anciens, actuels…ou potentiels) et d’adhérents liés à ces élus est devenue considérable dans de nombreuses sections et fédérations.

4-     La décision de faire un référendum interne pour décider de la position officielle du PS à propos du traité constitutionnel européen a été une erreur collective, qui a laissé des traces durables et, parfois, violentes, au sein du parti. Il eut été plus courageux de laisser la direction issue du précédent congrès prendre une décision en cohérence avec la ligne clairement affichée en 2004, lors des élections européennes, qui avaient été un succès pour le PS.

5-     L’élargissement irréfléchi du « corps électoral » du PS en 2006, en faisant appel, dans la précipitation, à de nouveaux adhérents dits « à 20 euros ». La nature et le fonctionnement d’un grand parti socialiste rassemblant un grand nombre d’adhérents sont des sujets importants, qui méritent mieux que la façon irréfléchie dont cette opération a été engagée, avant la campagne interne pour l’investiture présidentielle.

6-      Le système de désignation de l’équipe dirigeante du PS mis en place en 1995 par Lionel Jospin. Cette mécanique, à laquelle je me suis opposé…en vain, comporte trois temps successifs :

·       Les militants votent sur des motions, qui doivent être des « textes d’orientation », définissant des lignes politiques (théoriquement) différenciées.

·       Le congrès national s’efforce ensuite d’effectuer une « synthèse » entre plusieurs de ces motions, ce qui permet de définir à la fois une majorité et une ligne politique.

·       Enfin, les militants votent à nouveau pour choisir directement le premier secrétaire national, qui aura à mettre en œuvre cette ligne.

On voit bien le risque de contradiction que porte ce système : si le premier secrétaire n’appartient pas à la majorité, il devrait donc appliquer une ligne politique …..qui n’est pas la sienne !  Le moins que l’on puisse dire est qu’une telle situation  ne contribue pas à crédibiliser l’image et le discours du PS.

Les choses sont encore plus graves si aucune ligne politique majoritaire et donc aucune coalition majoritaire n’ont été définies lors du congrès national. C’est ce qui s’est passé à Reims, où les batailles d’egos ont pris le dessus. C’est ce qui explique en grande partie l’impossibilité de départager clairement les 2 candidates.

 

                                             ***************** 

Au-delà de cette analyse et quelle que soit l’issue de la crise actuelle, il faudra bien que les dirigeants socialistes passent des mots aux actes, sous peine de perdre tout crédit auprès des Français.

Les divergences politiques, à condition de les limiter aux choix essentiels, doivent être rapidement tranchées.

Quant au fonctionnement du PS, puisque, nous dit-on, la rénovation est à l’ordre du jour, je rappelle des propositions que j’ai déjà formulées* avec Marie Noëlle Lienemann et qui me semblent plus pertinentes que jamais.

Lire « Propositions pour une véritable rénovation du PS »

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* « Pour le parti de la gauche »

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 15:31

Devant le triste spectacle joué par les leaders socialistes, je n'ai certainement pas l'intention d'en rajouter!

Je préfère soumettre ces réflexions et ces propositions pour que cette "rénovation" dont ils parlent tous ne reste pas une incantation sans lendemain.

 

   Tout d'abord, que veut-on faire de ce parti?

                      Pour moi, le PS doit être: 

 

*     un parti ouvert, ne fonctionnant pas sur le modèle d’un parti au militantisme étriqué et coupé de la société,

*     un parti bien organisé, efficace, mais ne concentrant pas l’essentiel de ses efforts et de son énergie sur l’exercice des fonctions d’une machine électorale et d’un appareil au service d’élus locaux.

*     un parti capable de définir des nouvelles formes d’engagement et de militantisme ainsi que des modes d’organisation permettant de toucher les catégories populaires et d’assurer l’émergence de cadres politiques issus de leurs rangs

*     un parti où l’on retrouve la fraternité qui doit accompagner le combat politique

*      un parti dont l’image est attrayante, parce qu’il répond aux motivations (1) de l’adhérent potentiel

*     un parti qui mène des combats pour l’hégémonie culturelle face à la droite, qui respire avec la société, qui consulte, qui noue des partenariats, qui soutient des initiatives avec les forces de changement

*     un parti internationaliste, qui mobilise ses militants dans les instances progressistes mondiales.

 

                  Que faudrait-il faire pour atteindre ces objectifs?

 

Ø  Le recrutement

Etre un vrai « parti de masse » est une nécessité pour un parti qui veut se trouver en cohérence avec son électorat, ce qui implique que son recrutement soit large et diversifié, notamment dans les origines sociologiques.

L’accueil des nouveaux adhérents, ni sectaire, ni banal, doit être ouvert, convivial, pédagogique. Un effort particulier doit être fait pour assurer l’adhésion de militants réellement issus des couches populaires.

Le niveau de cotisation ne doit pas être dissuasif, mais modulé en fonction des revenus. On peut aussi envisager des cotisations « préférentielles » pour les syndicalistes, pour les membres d’une même famille….

Le sympathisant doit avoir un statut clairement défini. Il faut considérer que sa position est transitoire. Il ne faut pas lui faire croire que l’adhésion serait un « saut » gigantesque dans la politique et qu’il perdrait alors sa liberté et son autonomie. L’instauration d’une « adhésion temporaire » lui permettrait d’adhérer pendant une période limitée (1 an ou 2 ans) sans payer de cotisation, mais sans droit de vote. Cet engagement limité l’autoriserait  à participer aux débats. A la fin de la période, l’adhésion partirait du premier jour.

 

Ø  L’organisation

Les secteurs thématiques:

Chaque adhérent devrait pouvoir adhérer d’une part à sa section territoriale, mais aussi à un secteur thématique (l’Education, la Culture, l’Urbanisme et la Ville, les entreprises, différents secteurs industriels ou d’activité économique….). Ces structures devraient :

§  préparer des propositions  pour les programmes, suivre l’évolution de la situation ;

§  organiser l’opposition à la politique de droite ;

§  relayer l’action de la gauche au pouvoir, mais aussi la regarder avec lucidité et esprit critique pour aider à la réorienter si besoin ;

§  développer une vision anticipatrice et prendre des initiatives innovantes ;

§  renforcer l’influence de la gauche dans différents milieux.

En lien étroit avec des organismes associés, ces secteurs permettront de démultiplier les formes de militantisme, solliciteront des expertises, des expériences, des engagements  trop souvent négligés dans les partis  et valoriseront d’autres cadres politiques que les élus. A chaque congrès, les secteurs éliront leurs responsables et leurs représentants dans les instances nationales.

Les instances dirigeantes :

Le conseil national devrait comprendre 3 collèges représentant les courants, les fédérations et les secteurs thématiques (par exemple, respectivement: 50%, 20%, 30%). Pour éviter les confrontations de légitimité, le 1er secrétaire national et les 1ers secrétaires fédéraux ne devraient pas être élus par les militants, mais par les instances issues du Congrès.

Les élus :

§  Leurs droits et leurs devoirs doivent être clarifiés, pour que le PS ne soit pas un « parti d’élus ou d’éligibles ». Afin de développer une solidarité interne, les élus pourraient contribuer à mettre en place dans chaque fédération une « cellule conseils », qui aiderait les adhérents en difficulté.

§  Pour la désignation des candidats aux élections, les sympathisants qui ont au moins un an d’ancienneté devraient pouvoir voter s’ils concrétisent leur adhésion.

§  Le non cumul doit être la règle (en particulier entre les responsabilités internes et externes).

 

Ø  La réflexion interne

La réflexion doit être le fruit de la synthèse entre le travail des commissions d’experts et celui des militants et des sympathisants. Ce dernier pourrait s’organiser à partir de forums :

- au niveau national, 5 à 6 forums traiteraient chaque année de thèmes tels que : écologie, logement, éducation, entreprises/droit du travail/syndicalisme, solidarité internationale…..

- au niveau départemental, 2 forums annuels (associant militants et sympathisants) seraient obligatoirement organisés, autour de thèmes choisis parmi les thèmes des forums nationaux.

 

Ø  Les relations externes 

Dans de nombreux domaines, le parti devrait créer (ou soutenir) des organismes associés, afin de disposer de relais et de soutenir les initiatives de ses militants et sympathisants. Exemples de domaines possibles : humanitaire,  aide aux élus (dossiers techniques, conseils…), boutiques de droit, comités de vigilance (défense des libertés publiques …),  clubs de réflexion sur des sujets spécifiques

 

Ø  La formation, le rayonnement  idéologique

Un parti de gauche ne peut pas durablement faire l’économie des débats idéologiques et ne doit pas négliger la bataille des valeurs et des idées. Cette réflexion doit s’appuyer sur l’analyse du réel et s’inscrire dans l’histoire.

La formation assurée à tous ses militants ne peut être monolithique, car la pensée de la gauche s’est toujours nourrie de la diversité de ses analyses. C’est pourquoi :

   Ø  Les courants  de pensée devront s’engager dans un véritable travail de synthèse (qui n’a rien à voir avec le compromis mou), car la juxtaposition de points de vue qui cohabitent plus qu’ils n’échangent devient totalement stérilisante. Un centre d‘études et  de recherche pourrait être chargé de rendre accessible à tous la formulation des choix stratégiques et culturels majeurs, ce qui permettra d’éclairer les arbitrages. 

   Ø La réconciliation entre socialistes et communistes et l’apport plus récent des Verts rendent possible la création d’un centre sur l’histoire de la gauche et de ses idées.

   Ø  Dans le même esprit, une université populaire permanente peut aider à développer la formation, le combat culturel, le soutien aux penseurs contestataires, le débat pluraliste permanent.

 

Ø  Un nouveau militantisme

Pour un parti de gauche, la modernisation de la vie politique passe par la promotion d’un nouveau militantisme et l’adoption des formes contemporaines d’engagement et de démocratie interne.

Concilier le rapport intellectuel à la politique (débat, réflexion…) et le travail de terrain.

Dans les années 60-70, une partie du lien s’opérait à travers la thématique des luttes » : soutien aux salariés, lutte contre les expulsions..... Les mouvements sociaux ont pris d’autres formes (réseau « éducation sans frontière », actions pour le droit au logement, défense de l’environnement, refus des ventes à la découpe). Les militants de gauche y sont souvent présents, mais les partis s’engagent rarement en tant que tels pour les soutenir et leur apporter des prolongements politiques. Il faudra nouer des liens plus solides avec ces engagements.

De même, la réalisation par des non professionnels de documents de propagande (tracts, sites Internet,…) doit permettre aux responsables politiques et aux militants de s’approprier le discours, les positions du parti et de les transmettre autour d’eux de façon non aseptisées.

On pourrait aussi envisager d’organiser un portail des blogs des militants et de leur demander de tous réagir au même moment sur un thème précis, afin de recueillir les meilleures argumentations et de nourrir le débat.

*    Concilier la culture du débat, la clarification idéologique et  l’efficacité.

La multiplication des débats conduit à des formes de narcissisme organisationnel, en valorisant « l'entre soi » militant, qui renforce la coupure entre l'organisation et la société. Il faut donc attacher une grande importance à la façon d’associer aux travaux et aux actions du parti, à tous les échelons, les associations,  les syndicats, les  parents d'élèves, le monde laïque. Ces liens sont indispensables pour accroître  son rayonnement.

*     Améliorer la vie militante.

Les militants doivent pouvoir réfléchir régulièrement sur les pratiques de la nouvelle organisation. Chaque congrès devrait ainsi fixer un véritable programme d’action et d’engagement militant. Dans le même esprit, il pourrait  être créé un « observatoire de la démocratie interne », qui interrogerait régulièrement des militants, regarderait de près l’évolution des pratiques.  Grâce à des enquêtes, il serait possible de mieux connaître par exemple les attentes des militants des milieux populaires ou du monde ouvrier sur leur place dans le parti. 



1-     manifester son soutien à une organisation dont il se sent proche; y voir clair dans la masse des informations politiques, économiques et sociales véhiculées par les médias ; exercer un mandat électoral ; participer au changement de la société, en articulant action syndicale, associative, voire professionnelle avec des valeurs et un projet politique ; trouver un relais collectif à des initiatives individuelles ; agir dans une ambiance conviviale.

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 11:47
A l'occasion de chaque congrès du Parti socialiste, après la lecture de la presse qui rappelle "les congrès mémorables du PS", je ne me lasse pas (?) de faire une mise au point sur ce qui s'est réellement passé au Congrès de Valence (23-25 octobre 1981).
C'est pour moi l'occasion, une fois de plus, de constater que l'on préfère trop souvent une vision sommaire et déformée de l'Histoire à la simple vérité des faits.
Voici donc le texte que j'ai à nouveau envoyé à plusieurs journaux, qui m'ont promis de tenir compte de ma mise au point....la prochaine fois!
Comme dit l'adage, "l'espoir fait vivre".
Paul Quilès
                       


A propos du Congrès de Valence  

 

Personne n’a mieux résumé le travestissement médiatique dont a été l’objet mon intervention au congrès de Valence (1981) que Michel Rocard (“l’Histoire” – octobre 1993) : “la télévision a besoin d’images et elle déforme tous les débats d’idées, les transforme en déviances, en crise, pour les besoins du spectaculaire. On a fait dire à Paul Quilès le contraire de ce qu’il avait dit, puisque ses propos visaient précisément à empêcher toute chasse aux sorcières”.

 

Pour ceux qui souhaiteraient aller au-delà des stéréotypes, je voudrais rappeler qu’en cet automne 1981, alors qu’il était procédé aux changements qui affectent traditionnellement la haute administration lors de l’arrivée d’un nouveau gouvernement, j’étais inquiet de l’attitude de certains cadres socialistes. La tentation commençait à se répandre parmi eux de parler haut et fort dans leurs départements. Responsable du bon fonctionnement des fédérations départementales, je souhaitais stopper cette évolution dangereuse, éviter ce qui aurait pu ressembler à une chasse aux sorcières.

 

C’est pourquoi je fis allusion à un épisode de la Révolution française – le 9 Thermidor – pour montrer qu’en politique il faut nommer ses adversaires, sous peine de coaliser contre soi tous ceux qui, à tort ou à raison, peuvent se sentir visés. Ce faisant, je commettais l’erreur de prononcer un nom – Robespierre -  ayant une forte charge négative et de surestimer les connaissances historiques des commentateurs.

 

Il est vrai que l’atmosphère politique était alors très tendue, pour ne pas dire passionnelle, et que cette passion se reflétait dans certains discours. Cela ne suffit pas à expliquer comment une phrase, isolée de son contexte, a pu être traduite à l’inverse de ce qu’elle signifiait. Dans l’un des rares articles qui rendirent compte des faits de façon objective, Laurent Dispot, sous le titre “La dépêche d’Ems” (Le Matin de Paris, 28 octobre 1981), s’étonna du “tour de passe-passe sur la transmission de (mon) discours”. “De critique de Robespierre, il est devenu Robespierre lui-même !” concluait-il à mon endroit.

 

Il disait vrai. Malgré mes explications, c’était la première interprétation qui faisait foi. Extraordinaire impact d’une lecture sommaire de l’événement !

 

Le Parti socialiste, qui venait d’obtenir la majorité absolue au Parlement, vit son congrès proprement détourné. Et les socialistes assistèrent, impuissants, à une espèce de rapt idéologique : ils étaient devenus les spectateurs de leur propre congrès.  

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 11:08

Difficile d’en dire plus que tous les superlatifs qui accompagnent la formidable victoire de Barack Obama et du parti démocrate aux élections américaines de ce 4 novembre 2008! Le flot de joie et d’espoir qui submerge les Etats Unis et le monde ne doit pas nous empêcher de réfléchir lucidement aux conséquences de ce que certains ont appelé « une élection révolutionnaire ».


Les promesses sont considérables, puisque, selon le slogan même de la campagne d’Obama, il s’agit tout simplement-  de « changer ». Les difficultés qui l’attendent sont tout aussi fortes et il me revient à l’esprit le fameux cri de Bracke- Desrousseaux au moment de la victoire du Front Populaire en mai 1936 : « Enfin, les difficultés commencent ! »


Au plan intérieur, il est vrai que l’attente est immense, mais que les problèmes ne manquent pas dans un pays qui, après avoir souffert de la politique marquée par l’idéologie libérale de Bush, se prépare à vivre durement les conséquences économiques et sociales de la crise du système capitaliste.  N’oublions pas que les électeurs américains sont avant tout motivés dans leur vote par les questions intérieures et ils attendront d’Obama, qui leur a dit « oui, on peut » (« Yes, we can »), qu’il agisse avec détermination, notamment dans le domaine social : fiscalité, salaires, santé, logement....


Pour nous, Européens, comme dans la plupart des pays du monde, l’attente n’est pas moins forte, mais elle touche essentiellement au nouveau rôle que pourrait jouer l’hyperpuissance américaine sur la scène internationale. L’Amérique va-t-elle, peut-elle abandonner sa posture de puissance impériale ? Va-t-elle comprendre enfin que, dans le monde du 21ème siècle, les grands problèmes de la planète exigent une gestion collective ? Continuera-t-elle à être obsédée par l’impératif de « sécurité absolue », qui, depuis le 11 septembre 2001,  a conduit Bush et son administration à tant d’erreurs et de catastrophes dans les relations internationales ?


C’est cela que nous attendons de Barack Obama : qu’il mette en accord les actes des Etats Unis avec les mots si souvent utilisés par les responsables américains –la liberté, la paix, les droits de l’Homme- ; qu’il rompe avec l’insupportable prétention de Bush et de ses conseillers néo conservateurs de vouloir incarner « le Bien », en lutte, par tous les moyens, y compris les pires, contre « le Mal » ; que, par ses choix stratégiques, il exerce une influence positive sur l’équilibre et l’évolution du monde ; que les Etats Unis deviennent un facteur d’arbitrage et non de blocage dans les conflits qui agitent le monde ; qu’ils prennent enfin la mesure de leurs responsabilités face aux grandes crises qui menacent notre planète (alimentaire, sanitaire, environnementale, énergétique, financière ...)


Concrètement, sur la scène internationale, le nouveau Président sera notamment jugé par sa capacité à changer le cours de la politique américaine en Irak, en Afghanistan, dans le conflit israélo- palestinien, dans l’affrontement larvé avec l’Iran et la Syrie. La tâche n’est pas mince, tant l’accumulation des erreurs et l’obstination de Bush ont terni l’image de l’Amérique sur tous les continents.


Espérons, pour les Américains, pour nous et pour les citoyens du monde, que la dynamique créée par l’élection de Barack Obama et l’enthousiasme qui l’a accompagnée permettent de rendre possible ce que certains croient pouvoir appeler une « révolution ».

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 19:05

Lors du choix de la ville de Reims pour tenir le 75ème congrès du PS, quelqu’un a jugé que ce choix était opportun, puisque Reims était la « ville du sacre » ! Il ne faudrait pas que cette remarque ironique décrive finalement l’objectif de ce congrès, qui consisterait à vouloir donner au PS un « roi » ou une « reine » pour le conduire. 
 

   L’enjeu est tout autre. Nous vivons en effet un moment exceptionnel à bien des égards: dans quelques jours, l’élection possible (et en tout cas très souhaitable) de Barack Obama peut faire bouger la donne internationale ; la crise qui vient d’ébranler le système capitalisme laisse entrevoir de profondes souffrances sociales, qui se traduiront fatalement par des remises en cause politiques, dont rien ne dit qu’elles favoriseront automatiquement la gauche. Tout bouge autour de nous. Tout change et on ne comprendrait pas que seul le PS ne change pas.


   Entendons nous bien. Il y aura bien après ce congrès un nouveau 1er secrétaire, puisque l’actuel ne se représente pas….même s’il soutient ardemment celui qui se présente, sondages aidant, comme le recours des socialistes ! Il y aura quelques aménagements dans les équipes, on entendra de grandes proclamations sur le rassemblement nécessaire…..mais dans le fond, rien n’aura changé : dans la façon d’analyser, de s’exprimer, de s’opposer, de proposer, de militer, de fonctionner.

 

   Tout au long de ces dernières semaines, j’ai participé, comme d’autres, à des réunions de militants au cours desquelles j’ai défendu la motion C et j’ai assisté à des rencontres entre le premier signataire de cette motion, Benoît Hamon et des socialistes venus l’écouter et dialoguer avec lui. J’ai pu constater l’intérêt et souvent l’enthousiasme que suscitaient non seulement notre analyse et nos propositions, mais aussi le dynamisme et la force de conviction de Benoît Hamon. Combien de fois ai-je entendu : « Si c’est cela la voie choisie par le PS, bravo, je reprends espoir et j’ai à nouveau envie de militer ! »

 

   Tout va maintenant dépendre du vote des militants le 6 novembre et de ce qui se passera, la semaine suivante, à Reims. On nous dit que personne ne souhaite revivre le calamiteux congrès de Rennes et c’est tant mieux. On entend parler d’une « synthèse générale », où, après s’être affrontés, tous les courants se retrouveraient ensemble à la fin du congrès comme si rien n’était, dans un unanimisme suspect gommant les différences apparues au cours des débats sur des sujets aussi forts que la stratégie d’alliance, les réponses à la crise ou la nature du PS. Je ne suis pas certain que ce scénario, soucieux avant tout de reporter à plus tard les conflits d’ambition, serait porteur pour l’image et l’avenir même du parti socialiste.


   Y a-t-il donc une autre solution qui permettrait de sortir de la confusion entretenue par la multiplicité des ambitions (on les dit toujours « légitimes ») ? Chacun sait pourtant bien que celles-ci, prétendument « mises au frigo », sont déterminantes dans les stratégies mises en œuvre par les 3 courants issus de la majorité sortante. Je suis convaincu que, pour ne pas décevoir les hommes et les femmes de gauche qui attendent autre chose de nous, il faut faire en sorte que le congrès de Reims soit le début d’un nouveau cours pour le Parti socialiste. Cela peut se faire autour des engagements pris par la motion C devant les militants -des propositions claires et précises, des orientations sans ambiguïté, une volonté de renouvellement- qui constitueront notre « feuille de route » pour participer à la direction du PS.

 

   Ce serait un signal fort pour la gauche, pour tous ces sympathisants et ces électeurs déçus par le PS et qui lorgnent vers des forces plus radicales d’opposition à la droite, dont nous savons qu’elles n’ont malheureusement ni la possibilité ni l’envie d’exercer le pouvoir, alors que c’est par là que passera le changement auquel nous aspirons. Ce choix ne se situe pas, comme on l’entend parfois,  à « la gauche du PS », mais au centre de gravité de la gauche tout entière.

 

  L’enjeu est de taille. Souhaitons que les militants socialistes puissent s’exprimer en toute liberté et en toute responsabilité dans l’ensemble des fédérations socialistes, au-delà des querelles subalternes. Nous saurons dans quelques jours si le congrès de Reims marque le début de la reconstruction de l’espoir à gauche.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez