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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 12:09

Je vous recommande la lecture de l'excellent article de Rémy Lefèbvre sur le site de Libération. Alors que les présidents des groupes parlementaires socialistes et sociaux-démocrates de l'Union européenne se réunissaient, lundi et mardi à l'Assemblée nationale, Rémi Lefebvre, professeur de Science politique à l'Université de Lille et de Reims, spécialiste du PS, revient sur la crise généralisée de ce modèle.

Par ailleurs, si vous vous intéressez à la préparation du Congrès de Reims du PS, n'hésitez pas à visiter régulièrement le site de la motion C ("Un monde d'avance"), qui fournit de nombreuses informations ainsi que des analyses de Benoît Hamon et des principaux signataires de ce texte sur les enjeux du congrès.
 
 

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 08:51
La motion S du Congrès de Reims (voir sur ce blog) n'a pas échappé à l'attention de la presse:

- un article du Canard enchaîné du 1er octobre parle du "brûlot révolutionnaire signé Nicolas Sarkozy"....motion cachée à Reims, découverte par Paul Quilès, qui "appelle ses camarades à ne pas se contenter de dénoncer l'imposture"

- le service politique de l'Associated press parle  du "socialiste inconnu de la semaine" en ces termes:
"L'économie de marché, c'est un marché régulé, mis au service du développement, au service de la société, au service de tous. L'économie de marché, ce n'est pas la loi de la jungle." Fort de cette analyse, un certain "N.S." aurait failli déposer une motion "qui se serait placée très à gauche sur l'échiquier socialiste" en vue du congrès socialiste, s'amuse le socialiste Paul Quilès sur son blog, avant d'inviter les socialistes à réfléchir à la "récupération systématique de nos idées" par le président de la République.
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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 09:00

Cette analyse de Paul Quilès a donné lieu à une tribune qui a été publiée dans Le Monde daté du 1er octobre 2008.
                              
                                *******

Quelle que soit la façon dont les choses sont présentées, le lancement du processus d’ouverture du capital de La Poste apparaît bien comme le prélude à sa privatisation. Cette opération est dans la logique de la politique constante de la droite depuis six ans, accélérée par N. Sarkozy, de déréglementation et de privatisation du secteur public (France Telecom, GDF, EDF, Française des jeux…..).
           

            Le Président de La Poste explique qu’il a besoin de moyens financiers importants pour assurer le développement de son établissement et que l’Etat n’est pas en mesure de les lui apporter. Cette affirmation, dont il est nécessaire d’analyser à quoi elle correspond exactement, ne peut entraîner comme seule et unique réponse la privatisation de ce service public auquel les Français sont particulièrement attachés. 

            Avant d’examiner comment d’autres réponses pourraient être apportées, analysons les mauvais arguments avancés pour tenter de justifier ce projet. 

Ø  La privatisation serait inéluctable, parce qu’imposée par la déréglementation européenne. 

            Ceci est inexact. Rappelons d’abord que c’est ce gouvernement qui a accepté, au sein des instances communautaires, la libéralisation totale du courrier à partir de 2011. Il aurait pu s’y opposer. Or, N. Sarkozy, qui prétend savoir imposer ses volontés à ses partenaires, n’a rien fait. Pas étonnant, puisqu’en 1993, il était déjà membre du Gouvernement Balladur qui a accepté la déréglementation totale des télécoms. 

            Par ailleurs, les règles de l’Union ne fixent aucune obligation en matière de statut des entreprises intervenant sur le secteur postal, dès lors que celles-ci respectent les règles de concurrence dorénavant en vigueur du fait de la déréglementation.  

            Je tiens à ce propos à souligner que la déréglementation du secteur postal est une erreur politique, industrielle et économique:

            - elle va déséquilibrer gravement l'opérateur en charge des missions de service public,  c'est à dire La Poste, qui ne pourra plus financer elle-même ses missions d'intérêt général grâce au monopole dont elle bénéficiait pour les lettres de moins de 50g, pour assurer la péréquation tarifaire sur l'ensemble du territoire, garantir la même qualité de service pour tous quelque soit le destinataire à tarif identique, pour assurer un accès égal au réseau postal à tous, maintenir une présence postale sur tout le territoire...

            - les fonds de péréquation proposés par la Commission seront inopérants sur le moyen terme, soit parce qu'ils subiront la pression à la baisse des financements de l'Etat, soit parce que le financement par les concurrents de La Poste est illusoire. 

            Au total, on se dirige vers la disparition d’un de nos meilleurs outils d’aménagement du territoire et le délitement des politiques de solidarité liées à l’accès au réseau postal et au service bancaire universel. 
    

 Ø  Ce ne serait pas une privatisation mais une simple ouverture du capital.           

            Quel crédit accorder à un tel argument, venant de ceux qui ont privatisé GDF en 2008, après avoir pris les engagements publics les plus fermes et les plus solennels, y compris législatifs, de ne jamais le faire (lors de sa mise en bourse en 2006) ?

            La vie politique récente a montré que les processus d’ouverture du capital se traduisent toujours par une privatisation, plus ou moins rapide : Air France, France Telecom, GDF, bientôt la CNP….

            Le Gouvernement avance également  un argument curieux : la perte de contrôle majoritaire par l’Etat du capital de La Poste serait, dit-il, "anticonstitutionnelle", en raison des missions de service public national exercées par La Poste. Or, ceci ne figure pas dans la Constitution. A contrario, si le Président avait voulu donner de vraies garanties, il aurait pu le faire figurer dans la réforme du mois de juillet, au moment même où la première annonce de changement de statut de La Poste a été faite.

            Quant à la jurisprudence du Conseil Constitutionnel dans ce domaine, à supposer qu’elle confirme cette thèse, elle pourra être aisément contournée en attribuant des délégations de service public à d’autres opérateurs postaux, comme cela se fait dans le secteur de l’eau ou des transports. 

Ø  Il n’y aurait rien à craindre de la privatisation, puisque les missions de service public seront préservées. 

            Cet argument est assez cynique. En effet, c’est bien N. Sarkozy et son Gouvernement qui viennent de décider la banalisation du livret A. Après avoir constitué la Banque Postale, en expliquant que celle-ci serait une banque comme les autres et avoir même prévu dans la loi l’ouverture possible de son capital, ce même gouvernement s’étonne que la Commission Européenne demande de banaliser le livret A, considérant que la Banque Postale n’a plus vraiment de spécificités à faire valoir !

            La banalisation du livret A menace à l’évidence la collecte du livret A et par conséquent le financement du logement social : si les banques veulent pouvoir distribuer le livret A, ce n’est pas pour accéder à une clientèle modeste, mais au contraire pour attirer les épargnants financièrement les plus « intéressants » et leur proposer très vite des produits financiers alternatifs, plus lucratifs pour elles. Il en résultera une baisse de la collecte et un tarissement progressif des ressources financières pour le logement social….alors qu’il faudrait mobiliser le maximum de ressources pour fournir des logements décents à des millions de nos concitoyens démunis.

            De façon plus générale, l’accès à un service bancaire universel est une nécessité pour assurer une véritable égalité d’accès aux services bancaires. La Poste et La Banque Postale devraient continuer de jouer un rôle spécifique dans le système bancaire français, ce qui n’a pas malheureusement pas été prévu par la loi qui a créé la Banque Postale.

            Les processus de privatisation ont débouché largement sur le délaissement progressif des missions de service public : France Telecom, tarifs d’EDF, tarifs de GDF, desserte du territoire par Air France,…Nous le savons bien : la logique du CAC 40 l’emporte toujours sur les missions d’intérêt général. 
 

Ø  La privatisation serait le seul moyen d’accompagner le développement futur de La Poste : 

            De quel développement parle-t-on ?           

            - S’agit-il d’investir dans des bureaux de Poste plus modernes, d’ouvrir davantage le samedi, d’arrêter d’avancer les heures de la dernière levée, de permettre aux personnes âgées de disposer des lettres recommandées chez elles dans les immeubles urbains ?

            - S’agit-il de continuer d’investir massivement dans des centres de tri dont le trafic baisse, parce que le volume du courrier physique se contracte dans une tendance de long terme ou bien d’investir dans les NTIC, pour favoriser l’émergence de La Poste comme un opérateur majeur du courrier physique et du courrier électronique et fournir aux entreprises et aux particuliers des solutions complètes à leurs besoins de communication ?

            - Bien sûr, La Poste doit aussi poursuivre le développement de ses activités bancaires et de transport rapide et express de colis, y compris avec des alliances industrielles, pour autant qu’elles soient utiles et profitables au développement durable de ces activités dans un univers très concurrentiel. Les structures actuelles du Groupe La Poste permettent précisément, à travers la Banque Postale et Géopost (activités colis), de nouer ces alliances, en ouvrant si nécessaire le capital de façon minoritaire.

                                                    ***************
                                                       
           L’accroissement des fonds propres de La Poste est souhaitable, si cela contribue aussi à la réduction de sa dette, qui a très fortement augmenté ces dernières années, en dépit de la hausse continue du prix du timbre. 

            Pour y parvenir, tout en garantissant à terme le statut public de La Poste et en confortant ses missions de service public et d’aménagement du territoire, d’autres solutions doivent être étudiées. Par exemple : 

            - L’entrée de la Caisse des Dépôts dans le financement de La Poste. Au moment où le Président de la République prétend faire de la CDC un « fonds souverain », il serait paradoxal de ne pas l’utiliser pour conforter les besoins de fonds propres de La Poste. On pourrait aussi envisager de restructurer le capital de la CNP, où la CDC et La Poste deviendraient conjointement les actionnaires majoritaires de la compagnie, les Caisses d’Epargne cédant leur participation. Ceci permettrait tout à la fois de conforter cette alliance, de sécuriser les revenus tirés de la CNP, tant pour la CDC que La Poste et de conserver cette grande institution financière dans le secteur public, contrairement aux projets de l’Elysée. 

            - La création d’une structure publique de contrôle, ayant par exemple le statut de fondation, à l’instar de ce qui se fait dans certains pays anglo-saxons, ou de coopérative, qui ferait appel public à l’épargne, avec une association des représentants des sociétaires, des usagers, des clients et des élus aux instances de contrôle de l’entreprise.                                  

                                                   
            Pour toutes ces raisons, le projet du gouvernement doit donc être rejeté. Toute volonté de passer en force et d’imposer une solution se heurtera à une forte mobilisation de nos concitoyens, qui n’assisteront pas passivement au démantèlement d’un de nos services publics les plus emblématiques.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 14:56

Pour celles et ceux qui n'ont pas le temps (ou le courage!) de lire toutes les motions présentées aux militants socialistes à l'occasion du Congrès de Reims, je propose la lecture de l'introduction de la motion C ("Un monde d'avance") que j'ai signée et dont le 1er signataire est Benoît Hamon. Elle résume bien la démarche qui est la nôtre.

                                                 ******************

           
Regardons les choses en face. Le monde change, le vent souffle et il peut nous porter loin. Mais, pour cela, nous devons enfin reprendre l'initiative et ne plus subir. Ne plus subir la droite, son discours et son agenda. Ne plus subir l'air du temps, la dictature de l'opinion et des médias. Ne plus subir les évolutions imposées par nos adversaires comme une fatalité insurmontable. Ne plus subir le temps comme un agent érosif de nos valeurs.

            Le vent souffle. Il nous portera loin si nous orientons les voiles dans le bon sens. Le néo-libéralisme sombre. Le monde est confronté à quatre crises majeures – crise financière, crise énergétique, crise alimentaire, crise environnementale - dont la simultanéité met en évidence les dangers et les limites de ce qu'il est convenu d'appeler la « mondialisation libérale ». En moins d'une semaine, le capitalisme financier, arrimé sur la dérégulation, la privatisation à outrance, le tout marché et le libre-échange sans limites, a vu voler en éclat la suprématie que lui conférait son caractère prétendument « indépassable » ou « incontournable ». 
           
           Seul le recours massif à l'action publique et aux contribuables a permis de mettre un terme provisoire au chaos créé par la spéculation et la subordination de l'intérêt général aux intérêts particuliers. La véritable hiérarchie entre l'économie et la politique a ainsi pu être rétablie. Si l'on ne change pas radicalement de cap, les conséquences de ce chaos, aujourd'hui encore largement occultées, se feront durement sentir pour les plus faibles, dans les mois et les années à venir. La fameuse « économie de l'intelligence », si chère aux tenants de la suprématie du tout-marché, vient se noyer dans la fameuse « privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes ». Il en va de même en matière alimentaire, énergétique et environnementale. Si de solides régulations ne sont pas mises en place par l'action publique concertée portant l'intérêt général, cette tendance désastreuse ne pourra que se renforcer.
 

            Le vieux est mort et le neuf hésite à naître. Le monde qui disparaît engloutit bien des certitudes. Mais ce constat doit-il nous nous réjouir ou nous inquiéter ? Nous réjouir dès lors que le néo-libéralisme et son cortège d'inégalités, de violences et d'injustice agonisent. Nous inquiéter aussi devant la montée des nationalismes, l’incitation au « choc des civilisations », la radicalisation religieuse et la multiplication des régimes autoritaires. Nous inquiéter devant le caractère irréversible de nombreuses blessures infligées à l'environnement. Nous inquiéter enfin, devant la surdité de certaines autorités politiques ou financières confrontées à l'ampleur d'une crise qu'elles n'ont su ni anticiper, ni comprendre, ni résoudre.           

            Face à cette métamorphose, la France, livrée au pouvoir d'un seul homme, ne va pas mieux que ses voisins. Elle va même beaucoup plus mal. A la crise sévère de nos finances publiques, s'ajoutent le retour de l'inflation et la chute brutale de la croissance qui nous placent en situation de récession. C'est la pire des situations : « la stagflation », que l'on croyait ne jamais revoir. La faiblesse de l'investissement public et privé - scandaleusement attribuée par la droite aux 35 heures ou au code du travail - est la véritable cause de notre perte de compétitivité : elle débouche sur un déficit record de notre balance commerciale. De délocalisation en plans sociaux - c'est désormais le tour des secteurs automobile et aéronautique - la désindustrialisation croissante de notre pays constitue une lourde menace pour notre niveau de vie et l'avenir de notre recherche que l'on s'obstine à délaisser. Le taux de chômage réel remonte, malgré un camouflage statistique très politique. De surcroît, la dégradation de la qualité des emplois et des conditions de travail pèse très fortement sur nos concitoyens. Plus des deux tiers des emplois créés au cours des dernières années sont des emplois intérimaires ou des temps partiels subis et mal payés. C'est ce qui explique l'apparition de travailleurs pauvres, que l'on s'apprête à cantonner dans le RSA aux côtés des Rmistes. D'une manière générale le pouvoir d'achat des salariés et des retraités recule : traduction implacable de la captation de plus de 10 points de valeur ajoutée par le capital au détriment des salaires, résultant de l'essor sans précédent du capitalisme financier. Pour la droite, la « valeur travail » est bien évidemment sans rapport avec sa rémunération. A cette tendance de fond s'est superposé un recul des politiques de redistribution, fiscales et sociales, qui se traduit aujourd'hui par une remontée vertigineuse des inégalités. Les écarts de salaires et de revenus ne défient plus seulement la justice sociale : ils attentent au bon sens. Voilà ce qui, si les mots avaient encore un sens, devrait être la première préoccupation des socialistes.

            Le contexte international n'est pas étranger à la détérioration de la situation. Mais, en France, la droite en porte la responsabilité principale. Ses choix fiscaux, comme les 14 milliards d'euros en faveur des plus riches dès le début de législature, ont aggravé l'état de nos finances publiques. Ils privent, de surcroît, notre pays de toute marge de manœuvre budgétaire pour éviter la récession, sans avoir la moindre conséquence positive sur l'investissement privé.

            Suppression de l'impôt sur la fortune, bouclier fiscal, niches fiscales dont le coût est supérieur au double du déficit budgétaire, démantèlement des 35 heures et du code du travail… sont la marque d'une politique conservatrice, affichée au mépris de la plus élémentaire justice sociale. Simultanément, la protection sociale recule, qu'il s'agisse des retraites ou de la santé, au profit d'un secteur privé, dont la débâcle nord-américaine augure mal de la pérennité. Gageons que dans les mois à venir, nous entendrons moins parler des fonds de pensions qui séduisaient tant, parfois, hélas, jusque dans nos rangs. Le déficit de notre régime de santé - bien que préoccupant, mais lié, en réalité, au niveau de l'emploi et au périmètre de l'assiette de perception des cotisations- va s'avérer être peu de chose, comparé à la contribution du trésor américain au sauvetage, en catastrophe, des compagnies d'assurances privées.

            La prétendue « rupture» prônée par Nicolas Sarkozy, se résume en réalité à un alignement sur le néo-conservatisme américain, au moment où celui-ci échoue. Elle ne se cantonne pas au domaine économique et social. Elle ne se contente pas de l'appauvrissement des catégories populaires de plus en plus fragilisées et du harcèlement fiscal et tarifaire des classes moyennes, elle s'étend aussi à l'ensemble de l'action publique. De la politique étrangère qui faisait jusqu’ici l’objet d'un consensus relatif entre gauche et droite, en passant par la personnalisation grotesque du pouvoir, les atteintes aux libertés publiques en matière politique et pénale, le démantèlement organisé des services publics. La remise en cause frontale de la laïcité traduit bien la volonté de rompre avec notre modèle républicain.

            En fait de rupture, le gouvernement nous fait entrer dans une période réactionnaire, au sens étymologique du terme, telle qu'en a connu périodiquement la France. Seules, l'hypermédiatisation, parfois étrangement servile, de l'agitation présidentielle, et la faiblesse insigne d'une opposition politiquement indéterminée, parviennent encore à brouiller cette réalité. 

            Il faut se rendre à l’évidence : l'opposition, c'est à dire pour l'essentiel notre parti, porte sa part de responsabilité dans ce scénario médiocre. Alors que nous n'avons jamais disposé d'autant d’atouts (trois groupes parlementaires puissants, la majorité des départements, des régions et des municipalités, grandes et moyennes), notre parti n'a pas la faveur des Françaises et des Français qui jugent son action timorée, brouillonne et son projet inexistant ou illisible. Alors même que le contexte politique, aussi bien national qu'international, nous est favorable, nous nous trouvons, le plus souvent, incapables de répondre aux attentes de nos électeurs.  

            Contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire, ces carences ne peuvent en aucun cas s'expliquer par des raisons purement « socialo-socialistes ». Ni l'absence de leader avéré, ni notre diversité interne, ne nous permettent de comprendre cette situation. Le mal est plus profond. La social-démocratie européenne a subi 13 défaites sur les 15 derniers scrutins. Est-ce, dans chacun de ces treize partis, faute de leaders ou de discipline ? Ou bien est-ce le résultat de l'acceptation, par la social-démocratie, des principes néolibéraux, des valeurs de nos adversaires ? Reconnaissons-le, cette seconde hypothèse paraît tout de même plus vraisemblable !    Nous avons bien perdu, dans les dernières décennies, la bataille culturelle, c'est à dire la bataille politique au niveau le plus élevé et le plus profond. Il est temps, plus que temps, d'inverser la tendance. L’avenir du PS ne peut être le passé de la démocratie européenne. 

            Nous n'avons pas gagné d'élection présidentielle depuis 20 ans, ni d'élections législatives depuis 11 ans. Et rien n'indique que nous serions en mesure de l'emporter aujourd'hui, malgré les cafouillages et les échecs de la droite au pouvoir. Imputer cette position de faiblesse à la qualité des équipes ou à l'état du navire est un peu court : comme nous l'a appris Sénèque, « il n'y a pas de bons vents pour le marin qui ne sait pas où il va ». Le cap, la ligne, le projet : peu importent les mots choisis. Ce qui est essentiel pour un parti politique, ce qui entraîne l'adhésion ou motive la critique, c'est son orientation politique : les valeurs qu'il défend et les moyens qu'il préconise pour les mettre en œuvre. La société qu'il dessine, l'horizon qu'il propose.  

            Le PS n'est pas à court d'idées. Ses valeurs sont, plus que jamais, d'actualité. Son patrimoine historique ou la relation privilégiée qu'il devrait entretenir avec le progrès, lui fournissent la matière pour bâtir un véritable projet alternatif à celui des conservateurs. Mais notre visibilité est brouillée par les concessions incessantes à une pensée qui n'est pas la nôtre.

            Nous avons gagné les élections chaque fois que nous avons eu un temps d'avance. Un temps d'avance sur l'adversaire, un temps d'avance dans la compréhension du monde, un temps d'avance sur les métamorphoses de la société. Aujourd'hui nous devons avoir un monde d'avance.

            Là où la droite contemple les ruines d'un modèle de développement fondé sur le laisser-faire généralisé, la gauche est seule légitime pour lever une nouvelle espérance. A nous de reconstruire l’espoir à gauche.
_________________________________________________________________
Pour lire l'ensemble de la motion C, consulter les sites:
               
www.unmondedavance.eu 
ou www.changerlavie.eu

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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 14:54

N.S. (c’est tout ce que l’on sait de lui) a failli déposer une motion pour le Congrès de Reims du PS. Par des indiscrétions, on vient d’avoir connaissance de certains extraits de son texte.
A leur lecture, il semble bien que, si elle avait été déposée, cette motion S se serait placée très à gauche sur l’échiquier socialiste !
Jugez-en plutôt : 


« Au fond, c'est une certaine idée de la mondialisation qui s'achève avec la fin d'un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir. L'idée de la toute- puissance du marché, qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle. »
(……..)
« L'économie de marché, c'est un marché régulé, mis au service du développement, au service de la société, au service de tous. L'économie de marché, ce n'est pas la loi de la jungle, ce n'est pas des profits exorbitants pour quelques-uns et des sacrifices pour tous les autres. L'économie de marché, c'est la concurrence qui réduit les prix, qui élimine les rentes et qui profite à tous les consommateurs. »
(………)
« Mais, à l'inverse, ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s'il ne s'était rien passé serait également une erreur historique. »
(………)
« Les responsabilités doivent être recherchées, les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés, au moins financièrement. L'impunité serait immorale. On ne peut pas se contenter de faire payer les actionnaires, les clients, les salariés, les contribuables en exonérant les principaux responsables. Personne ne pourrait accepter ce qui serait ni plus ni moins qu'une injustice de grande ampleur. »
(………)
« J'appelle l'Europe à réfléchir sur sa capacité à faire face à l'urgence, à repenser ses règles, ses principes, en tirant les leçons de ce qui se passe dans le monde. L'Europe doit se donner les moyens d'agir quand la situation l'exige, et non se condamner à subir. Si l'Europe veut préserver ses intérêts, veut avoir son mot à dire dans la réorganisation de l'économie mondiale, elle doit engager une réflexion collective sur sa doctrine de la concurrence, qui n'est, à mes yeux, qu'un moyen, et non une fin en soi, sur sa capacité à mobiliser des ressources pour préparer l'avenir, sur les instruments de sa politique économique, sur les objectifs assignés à la politique monétaire. » 

Naturellement, vous l’avez reconnu. N.S. est un homme de droite et il se moque de nous….Mais cette démarche de récupération systématique de nos idées doit amener les socialistes et la gauche à réfléchir.
Nous ne devons pas nous contenter de dénoncer l’imposture. Il faut bien entendu le faire, mais nous devons surtout nous efforcer d’aller au-delà des mots et donner un contenu concret et cohérent à nos propositions et aux actes qui les accompagnent.
Vaste programme….Nous en reparlerons bientôt, à l'occasion des débats du Congrès de Reims.

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 17:49

TF 1 a présenté un reportage sur Cordes sur ciel, dont Paul Quilès est le maire, lors du Journal télévisé de 13h, le 26 septembre 2008.
Regarder le reportage

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Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 10:08
Paul Quilès avec Karl Zéro sur BFM TV
Un quart d'heure de discussion à bâtons rompus sur l'actualité.......
Regarder l'émission 
Cliquer sur "lancer la vidéo" du 24 septembre et ....passer la pub!
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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 09:08

- Ecoutez Paul Quilès sur RTL: "Faut-il rester en Afghanistan?"
- Lisez l'interview de Paul Quilès dans la Dépêche du Midi du 21 septembre 2008: cliquez ici
- Lisez aussi sur ce blog: 
              * N.Sarkozy doit s'expliquer
              * Afghanistan: quel est le sens de cette guerre?

- Paul Quilès est intervenu sur Sud Radio le 22 septembre à 8h.

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 10:58

J'ai débattu hier au colloque de Libération à Grenoble avec le secrétaire d'Etat à la défense sur le thème : "Faut-il passer par l’OTAN pour construire une défense européenne ?"

Pour lire l'article de Libération sur ce débat, cliquez ici. 

En conclusion de mon intervention (voir résumé ci-dessous), j'ai expliqué pourquoi la volonté de N.Sarkozy de réintégrer la France dans la structure militaire intégrée de l'OTAN correspondait à une analyse que je récuse: celle qui consiste à penser que le monde va inéluctablement vers une confrontation entre les démocraties et les systèmes autoritaires (Russie, Chine, Islam radical...).
On retrouve cette idée dans un discours récent du ministre de la défense, H.Morin*: "Face à un monde qu'on appelait, il y a moins de vingt ans, le Tiers monde, et vers lequel le pouvoir bascule irrésistiblement, nous aurons besoin de nouvelles solidarités pour porter notre communauté de valeurs". Voila bien une définition du rôle de l'OTAN qui rappelle la thèse américaine du "choc des civilations"!
Au contraire, je considère que le monde est plus complexe et que l'Europe peut aider à trouver des solutions; c'est pourquoi, il faut préserver le caractère distinct de la PESD (Politique Européenne de Sécurité et de Défense).

Résumé de mon intervention: Pendant 40 ans, l’OTAN a représenté le bras armé de ce qu’on appelait « le monde libre ». La place prépondérante des Etats-Unis en son sein, tant dans les moyens que dans les mécanismes décisionnels, en a très souvent donné l’image d’une machine de guerre au service des intérêts américains, particulièrement depuis la fin de la « guerre froide ».

L’OTAN aurait pu disparaître, parallèlement à la dissolution du Pacte de Varsovie et à la fin de l’URSS. Tel n’a pas été le choix des Américains et de leurs alliés, qui ont redéfini le rôle de l’organisation, lui assignant de nouvelles tâches et élargissant sa sphère d’influence.

Le conflit était alors inévitable avec une défense européenne, certes  embryonnaire et hésitante, mais dont on voit bien qu’elle est incontournable et qu’elle doit être autonome, si l’Europe veut peser d’un poids significatif sur la scène internationale. La défense européenne peut être complémentaire de l’OTAN pour certaines missions, mais il est illusoire de penser que sa construction doit se faire dans l’OTAN. Qui pourrait croire en effet que les Américains accepteraient d’abandonner leur leadership et de voir contestés leurs choix stratégiques au sein de l’OTAN?

Et pourtant, c’est ce que N. Sarkozy a tenté de faire croire pour justifier le retour de la France dans la structure militaire intégrée de l’OTAN. En réalité, on n’a rien vu venir de cette promesse, pour la bonne raison que cette décision, inutile sur le plan militaire, a un sens politique précis : l’alignement sur la politique de G. Bush. On a déjà pu en juger les effets, avec l’envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan.

Ce choix n’est pas un service rendu à la France, à l’Europe et à leur contribution à la paix dans le monde.
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Munich- 9 février 2008

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 09:00

Cet article a été publié sur le site marianne2.fr sous le titre: "Pas besoin de nouvelles institutions pour que l'Europe agisse".
                                           
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Deux évènements importants qui concernent l’Europe me suggèrent une réflexion, que, malgré ma vigilance, je n’ai pas entendue dans le brouhaha politico médiatique ambiant.


De quoi s’agit-il ? 
 

- D’abord de la négociation entre l’Union européenne et la Russie à propos de la crise de la Géorgie. On nous a dit en 2005 (lors du référendum sur le TCE) et répété (lors de l’adoption du traité de Lisbonne) que, sans institutions nouvelles, l’action internationale de l’Europe était bloquée, que celle-ci serait incapable de faire entendre sa voix….bref que ce serait la fin de toute ambition européenne. Pour ceux qui, comme moi, disposent de bonnes archives, il est aisé de retrouver ces sombres prophéties.

Et voilà que le Président de l’UE, le Président de la Commission européenne, le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune se retrouvent tous les trois à Moscou pour négocier au nom de l’Union européenne avec le Président russe. Et voilà qu’ils obtiennent des résultats. Et voilà que les mêmes qui prédisaient hier l’incapacité de l’Europe à agir sur la scène internationale qui s’enthousiasment[1] devant cette preuve de l’efficacité diplomatique de l’Europe ! Comme on dit….. , cherchez l’erreur.

 

- Deuxième évènement, qui touche à l’action de l’Europe en matière de recherche. Dans un domaine vital pour l’avenir et pour la connaissance humaine, c’est une initiative de l’Europe qui vient de permettre une avancée majeure. Le succès de la mise en service par le CERN de l’immense accélérateur de particules[2] est la preuve que l’Europe a les moyens les crédits et les énergies du monde entier…..là où les Américains avaient échoué.

 

Ces deux exemples sont peut-être des exceptions, mais ils montrent de façon éclatante que le poids de l’Europe est fonction avant tout de la volonté politique de ses membres et du dépassement des égoïsmes nationaux.
 

Y arrivera-t-on à 27,  pour faire de l’Europe un espace de prospérité, de progrès social et une puissance qui compte sur la scène internationale? Ce sera certainement difficile et il faudra probablement procéder par le regroupement d’un premier groupe de pays volontaires (comme cela s’est fait pour la création de l’euro ou pour la libre circulation en Europe, avec la convention de Shengen). On pourra alors aborder sérieusement tous ces sujets majeurs que sont :

      - une politique industrielle offensive soutenue par une politique monétaire favorable

      - une défense européenne autonome par rapport à l’OTAN

     - l’arrêt des politiques de dérégulation, en particulier dans les services publics

    - un plan d’investissement et de croissance européen basé sur l’emprunt

     - une politique énergétique capable d’assurer la sécurité, la diversité et l’indépendance énergétique de l’Union.

     - une fiscalité redistributive clairement assumée.

C’est ainsi, à mon sens, que l’on réconciliera les peuples européens avec ce que devrait être l’ambition européenne.



[1] Je serais plus réservé sur le résultat de la négociation….On en reparlera.

[2] Le LHC (« Large Hadron Collider ») va permettre de percer les mystères de la matière, en explorant l’infiniment petit.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez