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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 11:41
Comme il est normal, notre initiative a suscité des questions, qui nous ont été transmises par courrier ou à l’occasion de réunions.
Nous y répondons volontiers, de façon à alimenter le débat que nous souhaitons voir s’engager sur cette question importante et trop souvent passée sous silence, des modes organisationnels de l’Unité de la gauche.


Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès
     


-> Pourquoi cette initiative ?

- parce que le renouveau de la gauche viendra à la fois de sa capacité à défendre sans complexe ses valeurs, à formuler un projet pour le 21ème siècle et à engager une nouvelle étape de son unité. Ces conditions sont liées et nécessaires pour remporter la victoire qui permettra de changer la société.
- parce qu’il faut sortir de la confusion politique entretenue par la perspective d’une stratégie d’alliance qui lorgne vers le centre et qui se traduit déjà par des accords locaux de circonstance.
- parce que nous avons voulu répondre à l’exigence de rassemblement à gauche, en faisant une proposition concrète : celle de constituer un grand parti fédérant tous les partis de la gauche, les clubs, les associations, les mouvements et les milliers de militants syndicaux, associatifs ou citoyens qui veulent apporter leur contribution à l’affirmation d’une gauche décomplexée, capable de porter leur espoir et d’agir.

-> Ce que n'est pas cette initiative

Il ne s’agit en rien de créer un parti supplémentaire, concurrent de ceux qui existent. Notre texte analyse comment les solutions préconisées ailleurs, en Europe ou aux Etats-Unis ne sont ni souhaitables, ni adaptées au système institutionnel français.
Même si nous critiquons ce système, nous sommes obligés de tenir compte de ses particularités. Le rassemblement de la gauche au sein d’une même organisation nous paraît la seule réponse possible pour gagner.

-> Pourquoi est-ce vous qui avez pris cette initiative ?

- parce que notre parcours militant (au demeurant différent) a toujours été marqué par le rassemblement de la gauche. Pour y avoir pris une part réelle, nous voyons qu’on ne peut plus s’en tenir aux nombreuses formules passées : Union de la gauche, Programme commun, Gauche plurielle…. ;
- parce que nous entendons aussi beaucoup parler autour de nous de la nécessité de l’Unité, mais presque jamais des façons concrètes de l’organiser ;
- parce que nous voyons bien qu’il est difficile pour chacun de sortir des logiques d’appareil, qui, bien qu’importantes, sont devenues paralysantes ;
- parce que nous nous sentons dégagés des contraintes qui empêchent nombre de responsables de gauche de s’exprimer librement.

-> Pourquoi intervenir maintenant ?

- Parce que nous voulons que les victoires de la gauche aux municipales, que nous espérons, soient un levier pour le renouveau de la gauche mais ne servent pas de prétexte à ne rien changer en profondeur, à conforter une dérive et un repli sur le « local » négligeant la bataille essentielle pour le pouvoir national et pour le progrès des idéaux de la gauche dans notre société, ou encore à consacrer une stratégie flottante d’alliance et de confusion politique. Ce scénario a déjà eu lieu. On ne peut accepter qu’il se reproduise !

-> Quel rapport avec Gauche Avenir ?

- Gauche Avenir réunit des militants de gauche, venant de partis et d’horizons divers, pour mener la bataille des idées et affirmer une gauche décomplexée. Notre club s’est toujours engagé pour l’unité des forces de gauche, sans préjuger des formes organisationnelles
- Gauche Avenir a entrepris de rédiger ce que nous appelons "la Charte de l’Unité ", un texte fixant ce que sont les valeurs, les fondamentaux de la gauche aujourd’hui… C’est cela qui unit tous les membres de Gauche Avenir, avec le souci de reprendre l’offensive pour une certaine « hégémonie culturelle » face au capitalisme financier mondialisé et à l’idéologie libérale.
- Nous n’avons donc pas voulu impliquer Gauche Avenir, où le débat sur le sujet n'est pas tranché, mais notre conviction est que la Charte de l'Unité débouchera nécessairement sur la question des formes que prendra cette unité.
- Nous avons donc mené en parallèle les deux démarches, avec le souci d’en débattre après que chacun ait mis sur la table ses propositions.

-> Et maintenant, que va-t-il se passer ?

- La création d’un nouveau parti fédérant toute la gauche doit être un mouvement collectif. C’est pourquoi, nous souhaitons que notre texte soit diffusé, débattu dans les diverses organisations de gauche (partis, associations, clubs, syndicats...), de façon à ce que le cap stratégique de l’Unité y soit défendu et qu’il donne lieu à une mobilisation citoyenne porteuse de cette attente.
- Nous souhaitons interpeller les responsables politiques de gauche, à tous les niveaux, les militants, mais aussi les femmes et les hommes engagés qui se reconnaissent mal dans le paysage politique actuel de la gauche. La question doit réellement être mise en débat et au vote lors des prochaines échéances internes de nos partis et mouvements.
- Mais rien ne sera possible sans que s’exprime un fort courant d’opinion soutenant la perspective de ce nouveau parti fédérant toute la gauche. Sa vocation est de rassembler sans exclusive tous ceux qui acceptent qu’il revendique le pouvoir, l’accès aux responsabilités gouvernementales, tout en conservant une fonction de contestation et de mobilisation : un parti qui marche sur ces deux pieds pour changer la société.
- Nous organiserons dans les départements des « banquets républicains » avec des personnalités variées de la gauche, pour échanger autour de ces propositions, dont l’ambition est de fixer un cap, mais qui ne sont pas à prendre ou à laisser.

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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 13:00

 Paul Quilès: "Il faut dépasser le repli sur soi"

Maire de Cordes-sur-Ciel et animateur du club Gauche Avenir, Paul Quilès milite pour la création d'un grand parti de Gauche sur le modèle de l'UMP. Au côté de Marie-Noëlle Lienemann, l'ancien ministre socialiste entend relever une gauche 'groggy' depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. 

 Lire l'interview

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Published by Paul Quilès - dans Médias
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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 10:01
Lettre de Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann
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Chers amis, chères amies,

 

Comme vous, nous ne nous résignons pas. Comme vous, nous constatons que, depuis l’élection de N. Sarkozy, la gauche apparaît groggy, incapable d’exprimer ce que pourrait être son avenir. Parce que nous avons vécu avec intensité et passion les évolutions de la gauche depuis les années 70 et que nous connaissons son histoire, nous mesurons le danger de la situation actuelle, si un sursaut ne se produit pas.

 

Ce sursaut, nous pensons qu’il ne viendra pas de l'apparition d'un leader charismatique, qui rassemblerait et dicterait un projet et un programme annonciateurs de victoire. Nous sommes convaincus au contraire, comme beaucoup d'hommes et de femmes de gauche, que tout doit procéder d'une réflexion en profondeur sur les valeurs de la gauche. Animateurs du club Gauche Avenir, qui rassemble des militants issus des différentes composantes de la gauche, nous travaillons précisément à la rédaction d’une Charte de l’unité qui répondra à ce besoin de donner une base commune à l’analyse et au projet de la gauche.

 

Les convergences ainsi définies devraient alors permettre de donner une traduction institutionnelle à cette unité par la création du Parti de la Gauche. Nous nous efforçons d’en préciser les contours dans le document que vous trouverez sur le site www.lepartidelagauche.fr  (voir table des matières ci-dessous).

 

Nous soumettons cette proposition à l’ensemble de la gauche, à ses organisations, à ses militants, pour qu’elle soit débattue, en espérant qu’elle contribuera à la reconstruction si attendue d’une gauche crédible et capable de gagner pour changer durablement la vie.

 

Vous pouvez apporter votre soutien à cette démarche en prenant contact avec le site www.lepartidelagauche.fr

 

                       Très cordialement.   

 

Paul Quilès                 Marie-Noëlle Lienemann

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Table des matières
 

I-             Pour faire vivre la démocratie, le rôle des partis est essentiel 

II-         La création d’un grand parti consacrant l’Unité de la gauche est attendue, nécessaire et possible

                - L’Unité est attendue

                         - L’Unité est nécessaire

                         - L’Unité est possible                 

III-     Ce que devrait être ce grand parti de la gauche unie

                - Pour répondre à l’analyse qui précède et pour remplir les fonctions traditionnelles d’un parti

                         - Le recrutement

                         - L’organisation

                         - La réflexion interne

                         - Les relations externes

                         - La formation, le rayonnement idéologique 

IV-        Un nouveau militantisme pour un parti de gauche moderne

      - Concilier le rapport intellectuel à la politique (débat, réflexion…) et le travail de terrain

          - Concilier la culture du débat, la clarification idéologique et  l’efficacité

          - Améliorer la vie militante

          - Eviter la « notabilisation »

 

En guise de conclusion

 

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 17:36
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Après la ratification très discrète du traité de Lisbonne par le Parlement le 7 février 2008, il n’est pas inutile de réfléchir à l’erreur qui a été commise par ceux qui considèrent que la construction européenne peut se faire dans le dos des peuples.
Cette analyse de Robert Chouard, chercheur à l’IRIS, montre très bien ce qu’il analyse comme  une faute à l’égard de l’intégration politique européenne et de son acceptation par les citoyens européens.


"Passée la signature du traité de Lisbonne, le 13 décembre 2007, les inquiétudes européennes les plus vives ont surtout porté sur l’étape suivante, à savoir le mode de ratification du nouveau texte européen.

Une fois levée les incertitudes quant à la procédure adoptée par le Danemark, la France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, considérés comme des « pays à risques », qui ont préféré au référendum les assurances d’une ratification parlementaire sans réel débat, la voie paraissait libre, pensait-on, pour que le traité puisse être ratifié par les « 27 » en 2008, entrer en vigueur en 2009 et ainsi «relancer l’Europe » par la concrétisation de nouveaux projets (la fameuse « Europe des résultats »).

 

Pourtant, par-delà le fond du traité (similaire en substance au traité constitutionnel), un malaise subsiste quant aux arguments mobilisés pour justifier la procédure retenue et, surtout, quant au statut politique accordé à ce moment de ratification. Ce malaise trouve sa source dans un discours politique européen extrêmement répandu, qui enjoint aux Etats membres de se débarrasser au plus vite de cette étape de la ratification, afin que l’Union européenne (UE) puisse enfin passer à autre chose. Trop de temps aurait été perdu en tergiversations institutionnelles. Place, une fois le traité de Lisbonne ratifié et entré en vigueur, aux politiques concrètes qui seules donneront à l’UE la légitimité qui semble lui faire défaut. On reporte ainsi la légitimation éventuelle de l’UE et l’émergence potentielle d’une « Europe politique » à l’après ratification du traité, sans considération pour le moment de la ratification.

 

Un tel empressement à liquider l’étape de la ratification, jugée par trop encombrante et à laquelle on ne confère aucune dimension de socialisation à la chose publique européenne, n’est pas dénué de paradoxes. Portée par un discours structuré autour de l’idée qu’il ne faut plus perdre de temps, le regard fixé à un horizon d’attente défini en termes de résultats pratiques, l’UE semble se construire dans l’effacement des traces de son processus de fabrication et dans l’oubli instantané des épreuves qui parsèment son chemin, celles-là même qui la constitue pourtant en expérience historique et politique. (….) Ce moment de la ratification est ainsi assimilé à un exercice formel tenu pour nul et sans effet dans la dynamique de l’intégration politique européenne ; une simple opération juridique en somme, sans fonction politique constitutive.

 

Or, en accordant un potentiel de politisation et de légitimation aux chantiers européens qui seront lancés une fois le traité ratifié, c’est-à-dire en faisant dépendre l’adhésion populaire à l’UE des bénéfices supposés que les citoyens européens seront susceptibles de tirer des politiques européennes, on maintient ces citoyens, conformément à une logique fonctionnelle de résultats, dans une position d’extériorité par rapport à l’histoire européenne en train de se faire. Ils en sont réduits à la posture d’agents passifs, tout juste aptes à reconnaître, le cas échéant, les avantages, pour leurs intérêts bien compris, d’actions européennes  (……)

 

Là où la publicisation de cette séquence de ratification crée les conditions d’une réappropriation de la question européenne par les citoyens, et donc, en retour, rend possible  la légitimation du processus européen en le construisant en objet politique, la volonté de s’en débarrasser sans éclat répète, au contraire, le même geste de défiance à l’égard du corps politique. Alors que la ratification du traité de Lisbonne gagnerait à occuper le devant de la scène publique européenne, elle sera vraisemblablement réduite à quelques polémiques stériles et à un débat parlementaire vite expédié un jour de vote ! (……..)

 

Or, comment affirmer la volonté d’œuvrer à la réalisation d’une « Europe politique » quand la structure même des discours qui sont censés porter cette affirmation et cette volonté concourt à la dépolitisation de l’objet en question ? Comment incarner un tel projet politique lorsqu’à la première occasion on s’attache à neutraliser la fonction politique et sociale de dispositifs qui en auraient rendu l’affirmation possible? Comment rendre l’« Europe plus démocratique » et plus légitime, comment lutter contre le désintérêt supposé des citoyens pour l’UE, lorsque l’un des premiers gestes politiques réalisés après la signature du traité de Lisbonne a consisté à réclamer que l’on se débarrasse au plus vite de la ratification ?

 

L’UE se constitue également en sujet politique dans des processus symboliques et pratiques. Là où, par-delà le oui et le non, les référendums de 2005 légitimaient le processus de construction européenne en autorisant sa contestation et le conflit en interprétation, on assiste, au contraire (…) à un mouvement inverse de délégitimation du processus européen en reproduisant les mêmes pratiques d’évitement et en taisant, finalement, le fait politique européen lui-même, au profit d’une Union réduite à une « boîte à outils » sans histoire.

 

Il n’est pas beaucoup d’occasions de voir la question européenne occuper l’agenda politique des Etats membres de l’UE. En voilà une de moins."

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 10:11
undefinedAvec André Laignel et Marie-Noëlle Lienemann, députés européens et animateurs comme moi de Gauche Avenir (www.gaucheavenir.org), je viens de signer l'article qui suit, dans lequel nous expliquons pourquoi et comment, face à la tentation de confondre le spirituel et le temporel, il faut plus que jamais défendre et faire vivre la laïcité.
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      "L’illustration du Leviathan, œuvre du philosophe politique anglais Hobbes, représentait le roi tenant à la main droite le glaive, à la main gauche la crosse : César et Pape tout ensemble, pouvoirs spirituel et temporel réunis, le destin de tous confié à un seul. Pour Hobbes, tout régime politique est en effet « par définition absolutiste ». Cette image, qui renvoie aux  idées et à la philosophie du XVIIème siècle, serait-elle celle d’une « Césaropapie » révolue ?

      Eh bien non ! Il semble qu’en ce début de XXIème siècle,  Nicolas Sarkozy ne refuserait pas de céder à cette tentation. Ce serait même pour lui, sous prétexte de moderniser la France, une façon de rejeter l’originalité fondamentale de la République française, indivisible, laïque, démocratique et sociale.

République indivisible ? 
      N. Sarkozy introduit une différence entre les citoyens croyants et non croyants. Chanoine d’honneur de Latran, il déclare (1) : « Je suis comptable des espoirs que le déplacement du Pape courant 2008 suscite chez mes concitoyens catholiques et dans de nombreux diocèses ». Les autres n’auraient-ils pas d’espoir ? Si N. Sarkozy était le connaisseur de Jean Jaurès qu’il feignait d’être pendant sa campagne présidentielle, il aurait  adjoint l’espoir de tous ceux qui luttent et qui se donnent « aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni s'il lui réserve une récompense » (2)
      Puis, le voila en voyage au Moyen-Orient, qui s’enflamme (3) : « A travers vous, j’adresse à toute la nation saoudienne le salut fraternel de la France. Ce salut, je veux l’adresser aussi à la nation arabe et à toute la communauté des croyants ». Là encore, l’opportunisme et l’utilisation hâtive de termes superficiellement assimilés l’amènent, dans un des pays musulmans les plus conservateurs, à considérer comme intangible une communauté si prégnante qu’elle interdit à ses membres de renoncer à leur foi ou d’en changer, voire même de se marier hors de la communauté. Là aussi, quelle piètre défense de la liberté de penser et donc de la Liberté inscrite dans la devise de notre République !

République laïque ?
      Ecoutons encore : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en rapproche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance (4). Tiens, N. Sarkozy oublie Guy Môquet, ou plutôt il pense que les Français ont oublié son hold-up idéologique. Les enfants et petits-enfants de résistants non-croyants ont sûrement apprécié !
      Quant à la « radicalité du sacrifice de la vie », il faudrait se souvenir qu’elle guide aussi les terroristes kamikases…
      On se demande si N. Sarkozy ne se posera pas bientôt la question : les non-croyants ont-ils une âme ? Cette hiérarchisation des citoyens est insupportable et contraire à l’Egalité inscrite dans la devise de notre République.

République démocratique ?
      N. Sarkozy n’a pas été avare de grandes proclamations sur la façon de construire l’Europe avec le peuple. Ecoutons le devant le Parlement Européen (5): « L’Europe se fera avec les peuples, elle ne se fera pas sans eux, elle ne se fera pas contre eux ». Ecoutons le devant le Conseil national de l'UMP (6) : « L'Europe ne peut se construire sans les peuples, parce que l'Europe, c'est le partage consenti d'une souveraineté et la souveraineté, c'est le peuple. A chaque grande étape de l'intégration Européenne il faut donc solliciter l'avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du peuple ».
      Alors, pourquoi ne pas soumettre au referendum le traité européen dit « simplifié » ? C’est V. Giscard d’Estaing lui- même qui le dit: identique sur le fond au texte volumineux de 2006, sur la forme, le texte a été compliqué à plaisir pour faire croire qu’il est impossible d’en débattre, mais le peuple français est assez lucide et éduqué  pour discerner l’arnaque intellectuelle et y chercher vainement l’Europe qu’il souhaite, celle des droits sociaux et du travail, de la culture partagée et des échanges pas forcément mesurés à l’aune du commerce libéral.
      En réalité, N. Sarkozy est dans la ligne de pensée de Louis XVI, qui acceptait du bout des lèvres la notion de « nation souveraine », si contraire à celle du pouvoir divin du monarque.

République sociale ?
      Promesse de pouvoir d’achat passée à la trappe, multiplication des franchises médicales, bouclier fiscal favorable aux plus aisés, traque imbécile des sans-papiers au lieu de s’occuper d’une intégration réussie des immigrés, les pages du Code du Travail arrachées jour après jour : voilà pour la Fraternité inscrite dans la devise de notre République. A la place de tout cela, l’étalage de la vie privée, dans la trace du Petit Lever du Roi….
                                                                      *******
      Nicolas Sarkozy semble oublier que notre destin commun est la laïcisation de l’Etat. Historiquement, tous les actes de la vie civile ont été progressivement soustraits à l’emprise religieuse. Notre Etat civil prend définitivement forme en 1792, avec le pouvoir exclusif donné aux communes de recueillir « les actes destinés à constater les naissances, les mariages et les décès »….mais il faudra attendre 1972 pour que soit supprimée la demande faite aux jurés d’assises de porter serment « devant Dieu et devant les Hommes ». La loi de 1905 instaure la séparation, mais sa mise en pratique fut un combat quotidien. Plus près de nous : la publicité parodiant la Cène retirée de l’affichage, l’attentat lors de la projection de « La dernière Tentation du Christ » de M. Scorcesse à Paris, les attaques contre la liberté d’expression à la sortie des « Versets sataniques » de Salman Rushdie ou la récente controverse sur les caricatures de Mahomet sont autant de signes qui démontrent la nécessité de la laïcité et son actualité.

      Au moment où la société française est plus que jamais fragmentée, le combat laïc est un combat contre l’obscurantisme. Il suppose l’autonomie de pensée des individus et l’esprit critique pour s’opposer à l’endoctrinement. Face à ce combat, le « sermon » de N. Sarkozy sur les « racines religieuses » du monde a de quoi inquiéter (7) : « Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme. Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère. Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes. Dieu qui, par-delà toutes les différences, ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d’humilité et d’amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect ». On frémit en pensant à ce qui pourrait advenir de notre société si Dieu n’existait pas !

      L’urgence, aujourd’hui, c’est de rappeler que la laïcité est le socle du pacte républicain, inséparable de la démocratie, de la justice sociale, de la solidarité et de la paix civile. C’est aussi de réaffirmer que l’éducation est au centre de la démarche laïque.

      Il faut refuser l’introduction dans la Constitution d’un concept de «diversité» et de «discrimination positive». En revanche, il serait utile d’édicter une charte de la laïcité dans les entreprises, dans les services publics, notamment dans les hôpitaux, où les personnels sont de plus en plus confrontés à des pressions religieuses inacceptables. Pourquoi ne pas donner à ce combat une dimension plus large, en créant un espace mondial de la laïcité, à l’image de ce qui a été réalisé avec la francophonie ? C’est certainement là un noble enjeu de civilisation et de progrès !

      Face à la tentation de confondre le spirituel et le temporel, il faut plus que jamais défendre et faire vivre la laïcité".

1-    Déclaration à la Basilique Saint Jean de Latran le 20 décembre 2007.
2-    « Discours à la jeunesse » de Jean Jaurès.
3-    Discours à Riyad le 14 janvier 2008
4-    Déclaration de Latran.
5-    Discours au Parlement européen de Strasbourg le 3 novembre 2007.
6-    Conseil national de l’UMP à Aubervilliers le dimanche 9 mai 2004.
7-    Discours de Riyad.
 

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 16:08

BFM-Radio-copie-1.jpgEcoutez l'interview donné par Paul Quilès à "BFM Radio" à propos du vote du Congrès de Versailles.
                        Cliquez ici. 

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 16:01

undefinedAprès la confusion des discours et des mots d’ordre, les chiffres ont parlé et ils sont clairs.

Ils montrent que, si tous les parlementaires socialistes avaient voté contre la réforme constitutionnelle préalable à la ratification du Traité de Lisbonne, la stratégie de N. Sarkozy aurait été mise en échec et il aurait fallu organiser un référendum, comme le souhaite une majorité de Français.

 

Jugez-en vous-mêmes en lisant les chiffres du scrutin du Congrès de Versailles :

 

Pour………….559, dont : droite…….....527

                                            socialistes……32

 

Contre……….181, dont : socialistes…. .121

                                           communistes….44

                                           droite………….16

 

Abstention….153, dont : socialistes….142

                                           verts…………...3

                                           droite………….8

 

Non votants….14, dont : socialistes……...5

                                           droite…………...9

 

Si 60% des 300 parlementaires socialistes qui ont voté pour, se sont abstenus ou ont refusé de voter avaient voté contre, il y aurait eu 887 suffrages exprimés et 360 votes contre, chiffre supérieur à la minorité de blocage (355, ce qui correspond aux 2/5 des suffrages exprimés) nécessaire pour rejeter la réforme.

 

La preuve est donc faite que le discours sur l’impossibilité de faire reculer N. Sarkozy et d’obtenir le référendum était tout simplement mystificateur……ce que je n’ai cessé de dire avec d’autres depuis des mois.

Mais, c’est bien connu : il n’y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre !

                                                         Paul Quilès

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 11:03
Voici le texte de mon intervention lors du grand rassemblement organisé par le Comité National pour le Référendum qui s'est tenu à Paris le 2 février.

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J’ai un message à vous faire écouter. C’est celui de quelqu’un qui n’a pas pu venir cet après midi. Ecoutez le bien :

"Bien sûr, l'Europe doit être au service des peuples, chacun peut le comprendre. Mais l'Europe ne peut se construire sans les peuples, parce que l'Europe, c'est le partage consenti d'une souveraineté……. et la souveraineté, c'est le peuple. A chaque grande étape de l'intégration européenne il faut donc solliciter l'avis du peuple. Sinon, nous nous couperons du peuple."

 

Vous l’avez reconnu, c’était bien N. Sarkozy…..mais ça se passait le 9 mai 2004 devant le Conseil national de l’UMP !

Eh oui, sur ce sujet comme sur d’autres, il a changé d’avis…et il n’est pas le seul.

Ils sont nombreux à réécrire l’histoire, oubliant leurs promesses, à mentir sur le Traité de Lisbonne (mini traité, traité simplifié, règlement intérieur…).

La vérité, on dit « qu’elle sort de la bouche des enfants » ; cette fois-ci, elle sort de la bouche de Giscard, le père du projet de Constitution européenne, rejeté par le peuple français : 

« La France n’a pas obtenu les changements réclamés par certains partisans du NON au référendum. La concurrence « libre et non faussée » figure toujours dans le projet, cette fois sous la forme de déclaration conjointe des gouvernements et la primauté du droit européen sur le droit national est confirmée par référence à la jurisprudence de la Cour de justice. Le texte adopté reprend l’essentiel des dispositions du traité constitutionnel. Je le répète : les outils sont préservés ».

C’est ce que dit aussi Angela Merkel : « La substance de la Constitution est maintenue, c’est un fait ».   

…….ou encore José Luis Zapaterro : « Nous n’avons pas abandonné un seul point essentiel de la Constitution. C’est sans aucun doute bien plus qu’un traité. C’est un projet à caractère fondateur, un traité pour une nouvelle Europe ».

 

La vérité, elle nous a aussi été révélée dans sa brutalité par un journal anglais, qui a rendu compte du discours de Nicolas Sarkozy devant un groupe de parlementaires européens. Pour lui, « des référendums sur le nouveau traité européen sont « dangereux » et perdants en France, en Angleterre et dans d’autres pays. Il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements ». Et il insiste : « Un référendum aujourd’hui mettrait l’Europe en danger. Il n’y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, et il en va de même pour un référendum au Royaume-Uni ».

Dommage qu’il ait dit cela à huis- clos !

 

Par contre, c’est bien en public qu’il s’est exclamé il y a quelques semaines : « L’Europe a fait un choix…….qui n’implique ni celui du laissez- faire absolu, ni l’acceptation des dérives d’un capitalisme financier, qui fait la part belle aux spéculateurs et aux rentiers plutôt qu’aux entrepreneurs et aux travailleurs».

« Le capitalisme européen a toujours été un capitalisme d’entrepreneurs, un capitalisme de production, plutôt qu’un capitalisme de spéculation et de rentes ».

Dans le climat actuel de scandales financiers et de dérèglements bancaires, vous apprécierez le caractère humoristique et décalé de ces propos !

Il est triste de constater que les tartufferies et les mensonges des uns et des autres (à droite et aussi, malheureusement à gauche) n’arrêtent pas de polluer ce dossier de la ratification du traité de Lisbonne, qui est un véritable révélateur de plusieurs crises :

 

Ø    une crise de la démocratie, mise à mal par cette peur du peuple, par le non respect des principes démocratiques (on oublie que « ce que le peuple a fait, seul le peuple peut le défaire ») ;

Ø    une crise de la morale politique, dans la mesure où le mensonge, les promesses non tenues, l’hypocrisie …. sont érigés en principes politiques ;

Ø    une crise de l’Europe, puisque chacun sait que la construction européenne ne se fera pas sans les peuples, mais ce slogan est contredit par les actes et devient un objet de discours sans consistance et sans lendemain ;

Ø    une crise enfin de la gauche, éparpillée, divisée, incapable de tenir un discours cohérent avec ses valeurs et dont certains responsables en viennent même à oublier leur rôle d’opposant et à faire preuve d’un défaitisme attristant (« on n’obtiendra pas le référendum, puisque Sarkozy a été élu ! »).

 

C’est notamment pour cette raison que Gauche Avenir, club qui travaille à la reconstruction de la gauche et que j’anime avec d’autres responsables et militants de gauche (Marie Noëlle Lienemann, Francis Wurtz, André Laignel, Jean Claude Gayssot…..) s’est engagé pour créer le CNR. Nous nous félicitons de la réussite de la manifestation de cet après midi, en espérant qu’elle préfigure d’autres rassemblements que nous appelons de nos vœux et auxquels nous contribuerons.

 

Avec vous tous ici, nous attendons des parlementaires qui se réunissent lundi à Versailles qu’ils respectent la démocratie et qu’ils se montrent cohérents avec leurs précédents choix.

 

Il faut qu’ils sachent en tout cas que nous ne laisserons pas celles et ceux qui n’auront pas voté NON à la réforme constitutionnelle dire hypocritement qu’ils étaient favorables au référendum !

 

Nous ne les laisserons pas dire non plus qu’ils veulent l’Europe des peuples et qu’ils respectent les principes de la démocratie.

 

C’est à nous, c’est à vous tous et à vous toutes de le faire savoir.


Vous devez avoir conscience que ce combat pour le référendum, que demande une large majorité de Français, est une tâche utile, voire salutaire

pour la démocratie,

pour la morale politique,

pour l’Europe,

mais aussi pour l’avenir de la gauche.

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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 10:44
Paul Quilès (PS, Gauche Avenir) et Francis Wurtz (GUE, Gauche Avenir) participeront au grand rassemblement pour un référendum sur le traité européen. 

Le CNR appelle à un grand rassemblement populaire

Samedi 2 février à 14h30
à la Halle Carpentier- 
81 boulevard Massena - Paris 13° - M° Porte d'Ivry


Lundi 4 février, le Congrès des parlementaires se réunit à Versailles pour voter la modification de Constitution nécessaire à la ratification du nouveau traité européen. Ce traité s'inscrit dans la suite du Traité constitutionnel rejeté par une majorité en France et aux Pays-bas, par référendum.

Nicolas Sarkozy veut contourner le vote populaire et refuse le référendum. S'il persiste dans son refus de donner la parole au peuple sur un texte qui engage l'avenir du pays, les députés et sénateurs peuvent l'y contraindre , si 2/5 d'entre eux cotent contre la révision de la Constitution, le 4 février, à Versailles. Et cela, quelle que soit leur positon sur le traité.

Dans la diversité de nos opinions, nous appelons en urgence à nous retrouver ensemble, tous ensemble, le 2 février, pour empêcher ce déni de démocratie et exiger la tenue d'un référendum!

Avec les interventions de : 
Clémentine Autain, Francine Bavay, Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet, Bernard Cassen, Jean-Pierre Chevènement, Eric Coquerel, Annick Coupé, Marc Dolez, Gérard Filoche, Jean-Marie Harribey, Allette Laguiller, Gus Massiah, Caroline Mecary, Jean-Luc Mélenchon, Jean-François Pélissier, Evelyne Perrin, Paul Quilès, Jean-Marie Roux, Yves Salesse, Daniel Shapira, Jean Voirin, Francis Wurtz.

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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 23:29
undefinedSi vous voulez en savoir plus sur la dernière trouvaille de Nicolas Sarkozy, qui vise à utiliser le catalogue de 300 recettes d'Attali pour libéraliser un peu plus la société française, lisez cette contre expertise, préparée par des experts de gauche. Elle est particulièrement instructive.......LIRE
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez