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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 22:27

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Relire Jaurès

 Trop souvent, la référence à Jaurès se fait sur le mode convenu, en oubliant la réalité de ses combats, à tel point qu’on a même vu récemment la droite tenter de récupérer son image !

La gauche doit savoir revenir à Jaurès, à sa pensée, moderne par bien des aspects et rappeler quelques vérités. C’est ce qu’ont fait les signataires de Gauche Avenir dans la presse à l’occasion de la commémoration de la mort de Jaurès (31 juillet) : Gilles Candar par un article dans Libération, Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès dans le Figaro.

 

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 22:47

Dsc01480.jpg Copie-de-Paul----Cordes--2006-.JPG          Le retour de Jaurès
                    par Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès
                                     signataires de l’appel de Gauche Avenir                  
(article paru dans le Figaro du 1er août 2007 sous le titre « Jaurès aurait-il voté Sarkozy ?) 

Jaurès fut indiscutablement l’un des héros de la campagne de 2007. Pas tant en raison des maigres références des socialistes et de leur candidate au grand tribun, mais parce que Nicolas Sarkozy l’appela abondamment en renfort
[1]. 

Ce n’est pas la première fois qu’un candidat de droite s’essayait à cette récupération. François Mitterrand y avait en son temps répondu : « la droite adore les socialistes….quand ils sont étrangers ou morts ! » Mais si, le temps passant, l’œuvre de Blum et de Jaurès est plus largement saluée, c’est que la plupart des grandes avancées sociales, voir sociétales sont nées en France de l’action de la gauche et des socialistes. Refuser que nos figures historiques  participent du patrimoine commun du pays serait la preuve d’un sectarisme déplacé, mais accepter leur banalisation, l’affaiblissement ou le rangement au musée de leurs idées serait tout aussi inacceptable.

Jaurès, à partir du projet républicain, n’a cessé d’appeler à son dépassement, pour qu’il embrasse tous les champs de la vie, et bien sûr celui du social et de l’économie. La citoyenneté ne pouvait pas rester exclue des entreprises, l’égalité exigeait des politiques publiques volontaristes et un engagement contre toutes les injustices sociales, la fraternité condamnait l’exploitation de l’homme par l’homme. Cette synthèse originale et exigeante entre  la vision républicaine et le mouvement ouvrier est la matrice originale du socialisme français. Jaurès était un visionnaire et défendait des valeurs fondamentales et universalistes qui traversent le temps.  Elles demeurent d’une profonde modernité et, par certains aspects, d’une totale actualité.

Dès 1888, Jaurès, qui n’est pas encore socialiste, condamne la réaction qui  veut « accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens ». Et il propose: « nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre », car « nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre ». On imagine mal Jaurès votant la réforme fiscale de N. Sarkozy !

La récidive ? La délinquance ? Des sujets évoqués aussi par les politiques de l’époque, qui dénoncent déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de « bandits tragiques » en même temps que la surexcitation des peurs. Non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se battent pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative. A cette époque aussi, il fallait convaincre et ce n’était pas facile, mais Jaurès estimait qu’il fallait parfois savoir « dépenser sa popularité » en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe »

Pas étonnant que, sur tous ces sujets, N. Sarkozy ne cite plus Jaurès ! Et il est bien dommage que la gauche, oublieuse d’elle-même, n’ait pas l’audace de le faire.

Durant la campagne, la candidate socialiste, au-delà de quelques références convenues à Jaurès et Blum, a préféré vanter fréquemment Prodi et Blair, démobilisant un peu plus l’électorat de gauche. L’appel à la rénovation sonnait et sonne encore souvent comme un hymne  au renoncement et à l’abandon des valeurs du socialisme français, à ses racines, à son esprit rebelle, qui ne s’accommode guère  de l’ordre dominant. Nous pensons, au contraire que l’avenir est à une gauche décomplexée qui propose des réponses renouvelées tout en ne craignant pas d’assumer son identité. Une gauche qui, selon la méthode jaurésienne, n’oublie jamais la réalité.



[1] Par exemple, Jaurès fut cité 32 fois dans le discours de N. Sarkozy à Toulouse (12 avril 2007)

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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 23:01

 

 

Paru dans Libération (Rebonds) du 31 juillet 2007 

 

photo-de-jaures.jpg
Jaurès contre Sarkozy   
 Sarkozy.jpg

La politique gouvernementale à la lumière des écrits de   cette figure historique de la gauche.


Par Gilles Candar, historien, jaurésien, signataire de l’appel de Gauche Avenir

 

  

La commémoration de l’assassinat de Jaurès, le 31 juillet, prend cette année un relief particulier, en raison des nombreuses invocations, sollicitations et références dont il a été l’objet au cours des récentes campagnes électorales, et en premier lieu de la part du candidat élu président, Nicolas Sarkozy.

 

Sans doute peut-on penser qu’il entrait dans cet enthousiasme récent une part de calcul politique, le plaisir et l’intérêt d’élargir sa base et de jeter la confusion chez l’adversaire. Mais pourquoi pas ? C’est un peu la loi du genre, et au fond, si Jaurès devient aussi une référence obligée de la droite, il assure ainsi sa consécration nationale, fait pleinement partie de notre patrimoine commun, et c’est très bien. Nous pouvons même espérer que les choses vont aller plus loin encore, et, qu’au-delà des hommages et des cérémonies, chacun prenne un peu de temps pour entendre la voix de Jaurès, être attentif à ce qu’il a cru, voulu et pensé.

Prenons l’actualité de cet été 2007 : réforme fiscale, loi sur la récidive, réforme des universités. Évitons les polémiques faciles, contentons-nous par exemple de feuilleter la collection de La Dépêche, «journal de la démocratie du Midi» comme elle s’appelait si joliment alors.

 

Le 15 avril 1888, Jaurès, qui est encore loin d’être socialiste - il se définit comme républicain et défend l’action de Gambetta et de Ferry -, s’en prend à la réaction qui veut «accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens». Il lui oppose son projet : «Nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre» car «nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre».

Sans abuser du parallèle historique, au titre de jeu d’été, ce Jaurès, encore bien modéré, aurait-il voté le projet gouvernemental ?

 

L’autonomie des universités ? Un sujet de prédilection pour Jaurès, maître de conférences à la faculté de Toulouse, avant et après son premier mandat de député, et aussi adjoint au maire de Toulouse (1890-1893) chargé de l’instruction publique dans son ensemble, mais en fait d’abord du projet de création d’une université régionale. Jaurès n’a rien d’un centralisateur, et ce défenseur de la «liberté universitaire» (titre d’un article de La Dépêche, 25 juin 1894) va même plus loin que la plupart des républicains de son temps quand il envisage des «expériences» diverses. Rappelons-nous aussi qu’il vit dans un temps où même l’enseignement secondaire reste réservé à une infime minorité, mais cela dit, le fond de sa pensée est bien que la République suppose une démocratie, donc des citoyens instruits. Sa préoccupation est d’assurer l’enseignement du peuple : c’était alors la fonction de l’instruction primaire, aujourd’hui le même objectif suppose un accès généralisé aux universités, qui ne soit pas seulement formel, mais substantiel. C’est toujours l’enjeu des débats actuels.

 

La récidive ? La délinquance ? Des sujets qui deviennent sans doute des questions politiques au temps de Jaurès, avec déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de «bandits tragiques» [la bande à Bonnot, ndlr] en même temps que la surexcitation des peurs. A l’époque, non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se bat pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative, qui refuse les facilités de l’élimination sociale. Jaurès mena en vain le dernier grand combat parlementaire contre la peine de mort (1908) avant celui que put faire aboutir deux générations plus tard Robert Badinter (1981).

 

Ce n’était pas facile, mais le généreux Jaurès professait aussi qu’il fallait parfois savoir «dépenser sa popularité» en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe» (lycée d’Albi, discours à la jeunesse, 30 juillet 1903). Il citait Hugo («construire des écoles, c’est abattre les murs des prisons») et qualifia un jour le code pénal de «barbare», un mot rare chez lui. Se serait-il reconnu dans le projet de loi défendu par Mme Dati ?

 

Bien sûr, le monde a changé. Jaurès ne donne pas de solutions pratiques à tout. Mais il reste une référence, un inspirateur : nous l’avons bien entendu voici quelques semaines. Et il n’est pas inutile de revenir aux valeurs sur lesquelles il s’appuyait. Nos interprétations seront diverses, des discussions probables. Mais nous sommes certainement nombreux à espérer qu’une politique de gauche moderne, efficace et résolue puisse continuer à faire entendre et à renforcer l’autorité du message jaurésien. Une initiative comme celle de Gauche Avenir n’a pas d’autre ambition que d’y contribuer.

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 10:36

Faites connaissance avec la superbe cité médiévale de 
Cordes sur ciel, dont Paul Quilès est le maire, en allant 
sur le site       
  

www.cordes-sur-ciel.org 

Cordes-au-printemps-3.jpg


Informez-vous sur la vie de la cité en cliquant sur 
www.cordes-sur-ciel.org/bulletin_cordes_infos_n48.pdf

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16 juillet 2007 1 16 /07 /juillet /2007 17:51

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Première réussie pour Gauche Avenir 81 !

 

Belle réussite pour la première réunion de Gauche Avenir 81 : le vendredi 13 juillet, à Cordes-sur-Ciel, plus de 80 personnes avaient répondu à l’invitation à débattre autour de Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès, deux des premiers signataires de l’appel national de Gauche Avenir.

 

Au fil des interventions, plusieurs constats ont été faits. Après le troisième échec consécutif de la gauche à l’élection majeure qu’est l’élection présidentielle, c’est la question de l’identité de la gauche qui est posée.

 

En premier lieu, il y a ce sentiment d’effondrement chez beaucoup d’hommes et de femmes de gauche au lendemain de la défaite, avec des défections, des pertes de repères. Combien de gens sont aujourd’hui désorientés en voyant l’état du Parti socialiste, et au-delà, de la Gauche en général ? Alors que la droite est totalement décomplexée (Sarkozy, quoiqu’on en pense, est parvenu à lui rendre une certaine fierté), beaucoup à gauche ont tendance à baisser les bras. Face à ce sentiment, quelles idées pour la reconquête ?

 

Pour Marie-Noëlle Lienemann, la société française n’a pas basculé à droite : le mouvement contre le CPE et le résultat du référendum sur le Traité constitutionnel sont des témoignages du fait que la critique du libéralisme reste une donnée forte. Sur la question de l’alliance sociologique sur laquelle doit s’appuyer la Gauche pour la reconquête, elle propose de s’appuyer sur la réalité de ceux qui produisent (quels que soient leur statut) face à ceux qui vivent de la rente notamment.

 

Dans un monde en mutation, traversé par des tendances inédites (montée de la Chine et de l’Inde, problèmes du dumping social) et face à de nouveaux défis (questions autour de la souveraineté alimentaire, des matières premières, de la ressource en eau ou de la protection de l’environnement et de l’enjeu écologique), la Gauche doit se définir en se positionnant sur la défense des biens publics mondiaux.

 

Sur la question nationale et le modèle républicain, la Gauche doit redonner du sens au rôle de l’Etat et en ouvrant des pistes nouvelles (droit effectif au logement, service civique…).

 

D’autres questions ont également été abordées dans le débat, comme celle de l’organisation de la Gauche (« ça n’est pas dans le huis clos des partis que les difficultés vont se régler »), du pacte stratégique entre idéologie et projet, ou de la nécessaire diversité de la Gauche.

 

Au bout du compte, loin du discours convenu des partis politiques, deux heures d’écoute et d’échanges riches en contenu, auxquels ont pris part des élus (vice-Président communiste du Conseil Général, plusieurs maires et conseillères régionales), des syndicalistes, des militants et des citoyens désireux de redonner un avenir à la Gauche.

 

A la demande des participants à la rencontre, rendez-vous est pris pour une nouvelle réunion à la rentrée.

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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 17:48

Succès, diversité, initiatives pour la réunion de lancement de « Gauche Avenir »

Gauche-Avenir-030707-4.jpg


La  première réunion des signataires de l’appel  « Gauche Avenir » a connu un vif succès, ce mercredi 3 Juillet. Plus de 250 personnes se sont réunis  à l’école Boulard (Paris 14ème) pour engager le travail de réflexion sur les valeurs, l’identité et l’actualité de la gauche indispensable à toute refondation, à toute relève après les graves échecs électoraux récents.

La soirée a été animée par Ivan Levaï, journaliste, en présence du Maire du 14ème arrondissement de Paris, Pierre Castagnou.

 La réunion a débuté avec les présentations :

-        de Marie Noëlle Lienemann, députée européenne PS, ancien ministre, qui a rappelé l’originalité de la démarche unitaire de « Gauche Avenir » et souligné le succès rencontré (en un mois, plus de 1000 signataires ont apporté leur soutien), la nécessité de reprendre pour la gauche française le combat des idées et d’offrir une perspective culturelle, voire civilisationnelle ;

-        d’Alexis Corbières, maire adjoint PS du 12éme arrondissement de Paris,  sur l’importance de réunir des socialistes, des communistes, des verts dans un cadre commun de débat ;

-        de Françis Wurtz( PCF, président du groupe GUE au Parlement Européen), dont un message a été lu,  soulignant que Gauche Avenir n’était ni un nouveau parti, ni un lieu qui se substituait à la rénovation engagée dans les différents mouvements de la gauche, mais qu’il la nourrissait.

 Différents rapporteurs ont présenté les premiers thèmes de travail retenus et qui ont déjà fait l’objet de nombreuses contributions via Internet :

- Les valeurs fondamentales de la Gauche: Gilles Candar, historien

- Le clivage gauche/droite et la base sociale pour la gauche d’aujourd’hui: Patrick Champagne, sociologue,

- La gauche et le monde: Emmanuel Maurel, conseiller régional Ile de France,

- Les causes profondes de l’échec de la gauche le 6 mai 2007: Rémi Lefebvre, politologue,

- La bataille des idées, « l’hégémonie » culturelle: Claude Cabanes, journaliste.

Au-delà des 19 premiers signataires, rassemblant des politiques, des syndicalistes et des associatifs, dont l’ancien ministre Jean-Claude Gayssot, on notait la présence de députés comme Alain Vidalies, Gérard Bapt, Jérôme Lambert, Marc Dolez, la députée européenne Anne Ferreira et des conseillers régionaux d’Ile de France comme M. Brunel, S. Méry, mais aussi de nombreux jeunes et des responsables étudiants qui avaient pris une part active dans les mouvements contre le CPE.  Le débat a confirmé cette diversité générationnelle et la soirée fut conclue par André Laignel( député européen et ancien ministre) et Paul Quilès( ancien ministre, Maire de Cordes sur  ciel), qui annonça les pistes de travail retenues :

-        Des auditions de personnalités : la première aura lieu le 12 Juillet à 18H30 avec Emmanuel Todd (sont prévus pour septembre Axel Kahn et Eric Dupin)

-        La création, en plus des 6 groupes existants, d’un groupe sur le thème de la place de la jeunesse dans la société et dans la gauche qui sera animé par Xavier Henry (ancien responsable de l’UNEF Sorbonne)

-        La poursuite des forums et groupe de travail sur les 6 thèmes qui ont fait l’objet de premiers rapports et le renforcement du débat sur le site Internet

-        La publication de brochures et cahiers dés l’automne, en particulier l’un sur    «  Y a-t-il droitisation de la société française ? » et l’autre sur «  les citoyens et l’information »

-        L’organisation de rencontres régionales et départementales, à l’instar de la première réunion parisienne.

  Un compte rendu plus détaillé et des informations plus complètes, ainsi que la liste des nombreuses personnalités signataires sont disponibles sur le site

www.gaucheavenir.org

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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 23:05
Paul Quilès, ancien ministre, signataire de l’appel de Gauche Avenir* 
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« Donner un coup de pouce » au SMIC: une  nécessité 
 
 
         Il faut avant tout mesurer l’importance du SMIC, qui est le salaire de référence pour 2,5 millions de salariés et qui concerne 20% des femmes, 20% des ouvriers, 25% des employés, 30% des moins de 25 ans et 40% des salariés à temps partiel.
Donner un coup de pouce au SMIC était nécessaire et faisable. Tout au long de la récente période électorale, la gauche n’a cessé de le dire. On ne voit pas ce qui, aujourd’hui, devrait nous conduire à nous renier !
Nécessaire, une hausse du SMIC plus substantielle que le minimum légal de 2,1% l’était indiscutablement, parce que cela constitue un moyen privilégié de revaloriser les bas salaires et de dynamiser les négociations salariales. Le sentiment d’appauvrissement qu’éprouvent les salariés est d’autant plus douloureux que les hauts salaires ont continué à augmenter fortement, alors que le pouvoir d’achat des autres ralentissait, voire diminuait. Un récent document de l’INSEE le confirme : il montre que « les ménages à bas revenu ont été plus exposés aux hausses de prix que les autres ménages ».
De façon étonnante, N.Sarkozy lui-même reconnaît cette situation : « Il faut cesser de dire aux Français que leur pouvoir d’achat augmente, parce qu’il n’y a pas un seul Français qui le constate » ! Malheureusement, les mesures qu’il demande à son gouvernement de mettre en œuvre sont loin de répondre à ce constat : des cadeaux fiscaux de plus de 15 milliards d’euros pour les plus fortunés, une hausse de 5 points de TVA à l’étude, qui viendra grever le pouvoir d’achat des catégories populaires, des allègements de cotisations patronales de sécurité sociale….
Tout ceci montre que donner un coup de pouce au SMIC était non seulement nécessaire, mais faisable. Bien entendu, les représentants du patronat poussent traditionnellement des cris d’orfraie à l’évocation d’une telle mesure. Ils semblent oublier que des dispositifs d’allègement ont été mis en place pour « neutraliser » les augmentations du SMIC et que, par exemple, les exonérations de cotisations sur les bas salaires « Fillon » (2005) ont coûté 16,2 milliards d’euros à l’Etat.
Au lieu d’aborder sérieusement la question de la revalorisation des salaires et de la redistribution des gains de productivité en période de croissance, le gouvernement préfère s’en tenir au slogan de campagne « travailler plus pour gagner plus ». Le problème est que sa traduction concrète –l’encouragement aux heures supplémentaires- va vite apparaître comme une mystification. D’abord, les heures supplémentaires ne dépendent pas du volontariat des salariés ; elles sont décidées uniquement par l’employeur, en fonction des besoins de production de l’entreprise. Ensuite, cette mesure ne favorise pas l’embauche de salariés nouveaux et elle ne modifie en rien la situation de précarisation de l’emploi, si préoccupante aujourd’hui. Enfin, elle peut conduire à de la fraude, par des déclarations d’heures supplémentaires non effectives.
La décision de ne pas donner de coup de pouce au SMIC est symbolique. Certains pourraient s’attacher aux aspects économiques de ce choix, qui oublie que le dynamisme de l’économie française repose essentiellement sur la consommation intérieure, donc sur le pouvoir d’achat des Français. J’y vois plutôt un choix de société, car il n’est finalement pas étonnant qu’au delà des discours électoraux alléchants, ce gouvernement de droite fasse le choix d’une politique profondément inégalitaire et injuste.
 
 
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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 13:10

Il faut s'interroger sur les causes profondes de l'échec de la gauche et redéfinir des "valeurs".

par Paul QUILES ancien ministre, signataire de l'appel www.gaucheavenir.org

La sagesse des électeurs a permis que le 2ème tour des élections législatives vienne contredire les prédictions apocalyptiques d’une « vague bleue » et donner à l’Assemblée Nationale une image plus conforme à la réalité politique de la France. Les erreurs du gouvernement et les violentes diatribes du 1er ministre contre la gauche ont indiscutablement favorisé ce salutaire rééquilibrage du rapport de forces politique.

Pour autant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. La droite détient une majorité absolue à l’Assemblée Nationale et, pour la première fois depuis 29 ans, une majorité se succède à elle-même. Pour la 3ème fois consécutive, la gauche échoue à l’élection présidentielle. La droite détient tous les pouvoirs institutionnels, sans parler de son influence dans le monde économique et sur la scène médiatique.

Peu de militants ou tout simplement d’hommes et de femmes de gauche mettent en doute l’idée qu’une « refondation » s’impose après ce qu’il est difficile de ne pas appeler un échec. Encore faut-il s’interroger sur les causes profondes de cet échec, qu’on ne saurait réduire à quelques mises en cause organisationnelles, médiatiques ou personnelles.

Celles et ceux qui se reconnaissent dans la gauche, déçus et parfois découragés, attendent qu’une réflexion sérieuse permette de retisser les liens de l’espoir.

Quelles sont précisément les exigences auxquelles cette réflexion doit répondre pour atteindre son but ?

Elle doit d’abord être un préalable à toute opération de nature organisationnelle visant à rénover, voire reconstruire la gauche. On ne peut en effet refonder un édifice que sur des bases solides, qui se nomment ici « valeurs ».

Elle ne peut se limiter à l’affrontement entre des concepts mal définis, des slogans ou des vœux pieux, mais au contraire aborder sans tabou toutes les questions qui nous interpellent aujourd’hui: les valeurs fondamentales de la gauche, le clivage gauche/droite, la base sociale de  la gauche d’aujourd’hui, la gauche et le monde, la bataille des idées, « l’hégémonie » culturelle.

Elle doit prendre en compte l’évolution du monde et de la société, les nouveaux enjeux planétaires et les nouvelles aspirations. La « modernisation » de la gauche ne doit pas conduire pour autant à une confusion avec les valeurs de la droite.

Elle doit se faire à l’écart des luttes de personnes, des anathèmes, des jeux de pouvoir, qui vont probablement marquer la scène politique à gauche dans la prochaine période. Elle ne doit naturellement pas pour autant se substituer aux débats qui se dérouleront dans d’autres lieux, notamment au sein des partis politiques.

Elle doit associer largement les militants des diverses organisations de gauche et les simples citoyens qui souhaitent, avec leur différente sensibilité, contribuer à enrichir la réflexion.

C’est ainsi, en répondant aux 5 exigences que je viens d’évoquer, que Gauche Avenir peut apporter une contribution forte à la nécessaire refondation de la gauche. Telle est notre ambition.

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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 09:32

1) Quel regard portez vous sur les récentes élections présidentielles et législatives ?

R : Comment ne pas être amer en se souvenant que l’élection présidentielle était donnée comme acquise pour la gauche un an avant l’échéance ? Des élections européennes et régionales largement gagnées, un référendum qui avait tourné au désaveu du gouvernement, des mouvements sociaux pleins de vigueur, un président de la République et son 1er Ministre totalement décrédibilisés…. Le sentiment de facilité apparente pour la gauche et notamment pour les socialistes a d’abord amené à faire de graves impasses sur la réflexion politique préalable (les valeurs, les thèmes de clivage gauche/droite,  la base sociale de notre électorat…).
Des erreurs ont ensuite été commises : confiance souvent aveugle dans les analyses d’opinion et dans les méthodes de marketing politique, approximations dans la conduite de la campagne et dans le positionnement de la candidate, brouillage idéologique (flirt avec le centre) fleurant bon l’opportunisme. Le contraste a été saisissant avec un candidat qui a développé une campagne implacable fondée sur des valeurs de droite clairement explicitées. Le  double échec de mai-juin était alors inévitable et le salutaire sursaut du 2ème tour des législatives n’a pas transformé la défaite en victoire.

2) doit on considérer, avec certains, que "le parti d'Epinay " est mort ?

R : Ceux qui font cette analyse pensent à l’évidence à un nouveau parti…dont ils se gardent bien de définir les contours et les objectifs ! Rappelons-nous quand même les conditions dans lesquelles le PS est né en 1971 à Epinay : une SFIO en déliquescence, le choc de la présidentielle de 1969, une volonté incarnée par Mitterrand d’ancrer le socialisme à gauche et de s’appuyer sur des alliances crédibles à partir de bases programmatiques. Dire que la situation de 2007 n’est pas la même est une évidence, mais vouloir « tuer » le PS d’Epinay et croire dans le même temps que le PS, à lui seul, pourra, comme on l’entend, remplir l’ensemble du paysage de la gauche est une erreur.

3) quelles sont les raisons qui ont motivé la création de "Gauche Avenir" ?

R : Nous sommes partis du constat que, face à la droite décomplexée de Sarkozy, la gauche se trouve désorientée, écartelée et sans véritable repère unifiant. On parle beaucoup en ce moment de « refondation » ou de « rénovation », mais nous considérons qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Le préalable est de redéfinir des valeurs claires et mobilisatrices ainsi que des objectifs simples. Les fondateurs de Gauche Avenir, issus de différentes sensibilités politiques, sociales et culturelles de la gauche, veulent précisément contribuer, en dehors des partis, de leurs enjeux de pouvoir et des rivalités de personnes, à cette « redéfinition ». Ils souhaitent rassembler tous ceux qui veulent s’associer à cette démarche et qui, sans se renier, ont compris que le monde a changé et que de nouvelles aspirations se sont fait jour. Cette démarche, patiente et sérieuse, s’appuiera sur une volonté de dialogue, d’écoute et d’ouverture à tous les courants de la gauche.

4) le club "Gauche Avenir" a t il vocation à préfigurer une future recomposition de la gauche ?

R : Nous avons l’ambition de développer une analyse et une méthode que nous souhaitons rendre incontournables dans les processus conduisant à l’indispensable recomposition de la gauche en France. En nous fixant cet objectif, nous nous inscrivons dans la forte tradition du mouvement associatif et des clubs, qui a marqué l’histoire de la République comme celle de la gauche. Lorsque les structures organisationnelles de celle-ci se sont montrées incapables de répondre aux exigences de la période, ils ont constitué de puissants relais des aspirations populaires et des laboratoires d’idées. Ils ont joué un rôle décisif dans toutes les reconquêtes de la gauche et ont souvent permis d’éviter que soient confondus rénovation et renoncement.

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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 13:29
Depuis trente ans, Paul Quilès arpente l'Assemblée nationale. Ce lieu qu'il va quitter en juin, il aimerait tant lui redonner ses lettres de noblesse.

On remballe tout! A quelques jours des législatives, l'étroit bureau de Paul Quilès, 65 ans, est passablement encombré de cartons. L'homme ne se représente pas dans la circonscription du Tarn qui fut celle de Jaurès. Dans la vie politique, Quilès, c'est presque un monument ! Député socialiste depuis 1978, directeur de campagne de Mitterrand en 1981, sept fois ministre (logement, transport, défense, intérieur, postes et télécommunications...) entre 1983 et 1993, ancien président de la Commission de la Défense de l'Assemblée... le pedigree a de quoi impressionner les jeunots qui prendront mi-juin le chemin du Palais-Bourbon. Le Parlement, il y met les pieds depuis près de trente ans, que ce soit dans les travées des députés de la majorité comme de l'opposition ou bien tout en bas dans l'espace réservé au gouvernement. « Ce n'est pas très confortable, estime-t-il, car les députés vocifèrent dans votre dos".

A l'heure des bilans, le parlementaire trie le bon grain de l'ivraie. « Ici, c'est un vrai espace de liberté où l'on peut, si on le veut, exercer un travail intéressant. » Sur la commission d'enquête sur le Rwanda qu'il a présidé au début des années 2000, il raconte cette anecdote : « J'avais été convoqué à Matignon pour m'en dissuader. Je me suis mis en colère en disant qu'en tant que président de la Commission de la défense, j'étais libre de mes initiatives. » Quilès qui avait repris au congrès du PS de Valence une formule de la Révolution française (« Que des têtes tombent! ») aime à citer un autre insurgé, Jean-Sylvain Bailly: « Je crois que la Nation assemblée ne peut recevoir d'ordre. » 

Au chapitre des joies, il se souvient de la bonne manière de Mitterrand qui avait sollicité un grand débat au Parlement avant d'engager les troupes françaises dans la première guerre du Golfe. Se rappelle également du grand chantier qu'il entreprit en tant que ministre à la fin des années 80 pour transformer l'antique administration des postes et télécommunications en établissements publics. Note d'ailleurs que sa méthode faite de concertations et d'écoute fut qualifiée de rocardienne. Dix ans plus tôt, lors du congrès PS de Metz, Quilès avait organisé la riposte de Mitterrand contre l'alliance Rocard-Mauroy...

Le député du Tarn est intarissable sur les graves carences des assemblées. « Sur ses trois grandes fonctions – légiférer, contrôler et débattre -, le Parlement n'est pas à la hauteur. Tout le monde, du Président à de nombreux députés qui préfèrent être des assistantes sociales, est complice. » Les questions orales au gouvernement ressemblent davantage à un « cirque ». « Il faudrait, comme cela se pratique en Grande-Bretagne, que l'élu puisse répondre au ministre. » Il aimerait également que chaque parlementaire ait une petite équipe autour de lui pour contrôler l'exécutif et élaborer la loi. Autre souhait : faire le point sur l'application des textes un an après leur vote pour débusquer les stratégies de blocage de certaines administrations qui « oublient » de sortir les décrets d'application. Pour lui, réputé proche de Fabius, pas besoin d'une VIe République (« une nouvelle république est issue d'une guerre ou d'une révolution ») mais d'une Ve bis qui fasse respecter l'équilibre des pouvoirs. Vaste chantier qu'il laisse, sans beaucoup d'illusions, à ses successeurs.

« C'est peut-être la première fois que je me sens aussi libre », reconnaît-il. Il va retrouver à temps plein sa commune tarnaise de Cordes-sur-Ciel dont il est maire. Il compte s'exprimer sans langue de bois lui qui raille le manque de débat et de transparence du PS. Il exhume la lettre envoyée en février à François Hollande – et restée sans réponse – dans laquelle il l'alerte sur « certains aspects très préoccupants de la personnalité du candidat » investi par les militants dans sa circonscription. Celui-ci a déjà eu maille à partie avec la justice et la commission nationale des conflits du PS. De façon plus générale, il voudrait créer un lieu de réflexion indépendant du PS et de ses guerres pichrocolines. « C'est quoi aujourd'hui les valeurs de gauche? », interroge-t-il. Loin du Palais Bourbon, une nouvelle vie est possible. Même à 65 ans
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Published by Paul Quilès - dans Médias
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     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez