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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 09:49

Jeudi 13 septembre, lors d'une rencontre de presse, j'ai présenté, avec les premiers signataires de l'appel de Gauche Avenir, le texte intitulé "les 7 clés du renouveau de la gauche", qui s'engage résolument en faveur d'une charte pour l'unité de la gauche. 
                                     Paul Quilès 
_______________________________________________________________________                       

    Face à une droite dure et déterminée, et après trois défaites consécutives aux présidentielles, la gauche n’est pas au mieux de sa forme. Fort logiquement, les appels au sursaut fleurissent. Même les plus fervents adeptes de l’immobilisme se sentent obligés de plaider en faveur de la nécessaire « rénovation ».

    Celle-ci ne doit en aucun cas se traduire par la liquidation pure et simple de nos valeurs et de nos principes. De même, il ne saurait être question de renoncer à la stratégie d'unité de la gauche, qui a toujours été la condition de la transformation sociale. Droitisation, renoncement, alliances au centre: nous n'accompagnerons pas cette mutation. 
   
     Au contraire, il est temps de renouer aujourd'hui avec la bataille idéologique et culturelle. La gauche ne peut rester passive face à une droite décomplexée qui a réussi à imposer son vocabulaire et à légitimer ses problématiques.  Face à cette offensive conservatrice, la gauche doit réaffirmer la modernité de ses valeurs et se réarmer idéologiquement. Cela suppose de renouer avec le débat et la réflexion intellectuelle. Telle est l'ambition de Gauche Avenir. 

Au delà de cette entreprise idéologique, nous voulons réaffirmer un cap stratégique : celui de l'unité.

-    L’unité est une nécessité historique pour reconstruire une gauche forte après les échecs répétés  des présidentielles et pour donner au camp progressiste une réelle capacité à combattre les reculs sociaux, les dérives néolibérales et à faire naître une véritable alternative politique. 

-    L’unité est une question majeure pour la  gauche et singulièrement pour ceux qui refusent les tentations d’alliance au centre ou l’affadissement de son projet de transformation sociale. 

  1)- L’unité de la gauche, pour une gauche offensive et décomplexée

L’exigence d’unité va de pair avec l’affirmation forte et sans complexe de l’identité contemporaine de la gauche. Cette identité ne doit pas être réduite à quelques généralités ou formules creuses. Elle suppose une vision critique du modèle capitaliste financier transnational dominant, la promotion d’une société laïque, émancipatrice pour chaque homme et chaque femme, le combat pour la liberté, l’égalité et la fraternité sur tous les champs de la vie sociale, l’affirmation d’un internationalisme solidaire et respectueux de la planète, alternatif à la mondialisation néo-libérale.

  2)- Contre l’alliance au centre

Nous ne pouvons pas rester impassibles et impuissants face aux prises de positions répétées de responsables du PS  en faveur d’accords avec le Modem. Hier, ce fut la confusion entre les deux tours des présidentielles, aujourd’hui c’est l’appel de certains pour les municipales.  
L’unité de la gauche est la seule alternative à ces dérives. Elle seule redonnera du sens au clivage gauche-droite et peut créer une nouvelle dynamique qui dépassera, le moment venu, les partis existants. Elle doit mobiliser la jeunesse mais aussi les hommes et les femmes de gauche engagés dans des clubs, associations, syndicats, qui  ne se sentent pas utiles et  reconnus  dans les partis existants.

  3)- Concilier gestion et contestation

L’ambition de la gauche doit être aussi d’assumer le pouvoir, de transformer la société par l’action gouvernementale, en veillant à solliciter le concours des citoyens.  Les exigences de la gestion ne doivent en rien empêcher une perspective culturelle et politique plus vaste et plus radicale, car le combat de la gauche ne se limite pas à la gestion des affaires publiques !Son ambition doit être de retrouver le sens de ce que Jaurès appelait « l'évolution révolutionnaire »

  4)- L'unité, condition de la victoire électorale et du changement social

La gauche n’est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. Ce fut le cas, avec le Front populaire en 1936, avec l’Union de la gauche en 1981 ou même avec la Gauche plurielle en 1997. A contrario, les divisions ont toujours été fatales à la gauche et les ouvertures au centre se sont soldées par des désastres électoraux et des renoncements inacceptables. L’unité ne peut se décréter au dernier moment, uniquement dans un accord électoral et moins encore compter sur l’automatique désistement au second tour, qui en est la version minimale.  

   5)- L’unité, pour mobiliser tout le peuple de gauche

Même si, sur le terrain électoral, le PS se porte mieux que les autres, il faut reconnaître que tous les partis de gauche et du monde écologiste vont mal. Bon nombre de militants et de citoyens sont désorientés.  
Au delà des partis, il y a la gauche syndicale, des associations ou des clubs qui ont souvent incarné une forme de militantisme dans les phases de crises et de refondation.
La gauche n’est pas seulement représentée par ses partis. C’est particulièrement net aujourd’hui lorsqu’on regarde leur nombre d’adhérents et surtout de militants, qui a considérablement diminué depuis 30 ans. Il y a donc des forces inemployées, des hommes et des femmes de gauche, qui ne voient pas l’intérêt de militer dans les partis ou se défient d’eux.

   6)- Une dynamique à créer

Ce n’est pas parce que l’unité est difficile à réaliser qu’il faut y renoncer. Cela nécessitera, à l'évidence, de nombreuses étapes.
Toute l’histoire du mouvement socialiste et communiste montre qu’il a fallu que les militant(e)s de cette cause mènent bien des combats et un travail de conviction pour surmonter les tendances à la dispersion et aux querelles internes.
Gauche Avenir, dès son origine, a fait ce choix. Toutes les contributions, tous les échanges, toutes les réunions ont déjà montré une forte aspiration unitaire.

                   -> Actualiser les valeurs de gauche 

Gauche Avenir, sans prétendre se transformer en un nouveau parti, veut être un acteur déterminant de cette dynamique, notamment en poursuivant son travail de fond. Donner un contenu clair à nos valeurs, jeter les bases d’un projet rassembleur et offensif: telle est l'ambition de Gauche Avenir.
Le partage des richesses doit être remis au cœur du projet de la gauche. Il faut réaffirmer que les politiques publiques doivent viser à améliorer la situation du salariat et non à tenter d’amadouer un capitalisme prédateur et destructeur de l’environnement ; que la socialisation des services publics essentiels est la condition sine qua non pour repenser des services modernes, efficaces et véritablement accessibles à tous. Plus que jamais,  la démocratie et la république doivent s’imposer dans la sphère économique et sociale. Quant à l’écologie, elle devient une nouvelle frontière, qui impose une vision à long terme et « soutenable » du développement.
Dans les années 70, c’est la rédaction d’un programme commun qui a permis l’union, car à l’évidence il était impossible à l’époque de surmonter les divergences idéologiques.
Aujourd’hui, l’expérience gouvernementale et la réalité mondiale et culturelle nous imposent au contraire de redéfinir un cadre idéologique et, en tout cas, un corpus de valeurs et un projet  politique et culturel.  Comme tout est fait pour disqualifier l’idée d’alternative politique (pseudo-droitisation de la société française, acceptation sans nuance du capitalisme sous prétexte de modernisme, pseudo-dépassement du clivage droite-gauche, disparition supposée des classes sociales…), il s’agit bel et bien de redonner à celle-ci de la vigueur et de la crédibilité.
 
                   -> Une Charte de l’unité de la gauche.

La réflexion doit être commune et associer largement tous ceux qui souhaitent cette unité. Bien sûr, nous agissons dans nos partis, nos associations et nos syndicats respectifs dans cette direction. Mais nous pensons qu'il faut aller plus loin et préparer une Charte de l’unité de la gauche.
Il ne s’agit pas d’abandonner nos engagements, lorsque nous en avons, mais bien, comme ce fut souvent le cas dans l’histoire de la gauche et des républicains, de constituer un espace de rénovation et d’initiative susceptible ensuite de déclencher un  mouvement général.

   7)-Une « construction collective ».

« Fabrique » de la  Charte pour l’unité de la gauche, Gauche Avenir veut être un lieu de convergence de tous les combats progressistes contemporains.
La situation actuelle exige  de profonds changements  et l’émergence d’un monde meilleur. Il est temps de surmonter les divisions sclérosantes d’aujourd’hui et de trouver dans les profondeurs de la gauche française les raisons d’espérer et les forces de l’action.
Cette « construction collective » est une tâche exaltante et réalisable.
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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 14:30
par Paul Quilès,
signataire de l’appel de Gauche Avenir
 
 
 
                    Promis, on va réfléchir, on va poser les problèmes de fond, on va analyser lucidement la situation, on va tout se dire. Promis, on va organiser des colloques, des conventions, des congrès, des assises. Promis, on ne va plus dire de mal des amis. Promis, on n’a aucune ambition personnelle.
         
          Cette litanie ressemble à un air connu. Après chaque défaite, les partis de gauche recommencent ainsi, avec les mêmes formules magiques, les mêmes incantations, les mêmes promesses de faire « nouveau », « différent », « moderne », « sans tabou ».
         
          Eh bien, je pense qu’on ne peut pas, cette fois-ci, faire comme d’habitude, une sorte de « business as usual », comme disent les Anglo- saxons. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’échec de 2007 marque la fin d’un cycle, celui des alliances circonstancielles entre des partis représentant des sensibilités de gauche éclatées. Cet échec électoral, réplique de celui de 2002, consacre également la victoire idéologique de la droite, qui, selon le concept gramscien, a réussi à imposer son « hégémonie culturelle ».
 
          Le défi pour la gauche est donc de taille, d’autant plus que l’élection présidentielle est devenue –sans que la gauche le conteste vraiment- l’alpha et l’oméga de la vie politique, polarisée plus que jamais autour de la désignation du monarque qui va « guider » la France pendant 5 ans. Dans ce contexte, l’offre politique de la gauche à la société française, confrontée par ailleurs à  un monde qui évolue à une vitesse fulgurante, ne peut plus se contenter d’approximations, de « copié-collé », d’improvisations, d’hommes ou de femmes providentiels.
 
          A cet égard, l’exemple de la seule* élection présidentielle gagnée par la gauche, celle de 1981, ne doit pas être utilisé en valorisant de façon exclusive le rôle –certes important- de François Mitterrand…encore qu’il est assez drôle de se souvenir des propos peu amènes à son égard tenus quelques mois avant son élection par ceux là même qui l’encensèrent ensuite! La véritable clé de cette victoire historique de la gauche, c’est bien la stratégie cohérente (une ligne, un langage, une perspective) voulue et suivie, contre vents et marées, par le PS et son 1er secrétaire, devenu candidat.
         
          Certains sont à l’évidence tentés de proposer la même recette. Seulement voilà, outre le fait que le successeur de Mitterrand n’est pas encore là, la donne politique a considérablement changé : chute du Mur de Berlin, avec ses conséquences sur le mouvement communiste, mondialisation accélérée faisant apparaître de nouvelles attentes, société française de plus en plus éclatée, éparpillement de la gauche qui n’est plus structurée par 2 grands partis….Le succès de la gauche au 2ème tour de l’élection de 2012 ne peut être espéré que si ces éléments sont pris en compte dans la définition de la nouvelle stratégie de la gauche.
 
Où doit se préparer cette stratégie ? Dans les partis bien sûr, dont le rôle structurant est évident, mais pas uniquement. On voit bien que les divergences, les désaccords et parfois les divisions se situent à l’intérieur même des organisations, comme dans tout l’électorat de gauche d’ailleurs. Dés lors, son élaboration doit être plus large et passer par une véritable mise en mouvement de l’opinion. C’est là, sous des formes appropriées –ainsi que le propose Gauche Avenir- que doit s’engager le débat préalable à tout rassemblement.
 
Pour que la gauche incarne à nouveau l’avenir, elle doit reprendre l’offensive et clarifier le sens de ses idéaux d’émancipation. Elle ne doit pas hésiter à redéfinir les principes –le progrès, la justice, la laïcité, la solidarité…- dans lesquels se reconnaissent les hommes et les femmes de gauche, qui ne peuvent se contenter de vœux pieux et slogans vides de sens. Face à une véritable régression du débat politique, il faut faire le pari de la culture et de la pensée exigeante et cultiver la rigueur conceptuelle et la netteté dans la formulation des alternatives à la loi totalitaire du marché. Il faut cesser de justifier l’abandon des principes au nom de la culture de gouvernement, ce qui réhabilitera l’image de la politique. Il faut contester les pseudo fatalités qui pèseraient désormais sur la vie économique et sociale. C’est à ce prix que l’on retrouvera le chemin des espérances collectives et que l’on préparera le renouveau de la gauche.
 
Je préfère ce mot de « renouveau » à ceux, empruntés au langage du BTP et si souvent utilisés actuellement, de « reconstruction », « refondation », « rénovation », « chantier ». Mais, s’il faut prolonger la métaphore et s’interroger sur la meilleure façon de remettre en état la maison ou, pourquoi pas, de construire une maison commune, alors, allons jusqu’au bout : c’est d’architectes et non de maçons dont nous avons besoin aujourd’hui. Je ne peux m’empêcher à ce propos de penser à la fameuse phrase de Marx, qui donna à F. Mitterrand l’idée du titre d’un de ses livres**: « L’abeille confond par la structure de ses cellules de cire l’habileté de plus d’un architecte. Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. »
 
          Comment devenir les architectes du renouveau de la gauche ? Tel est l’enjeu de la période pour tous ceux, nombreux, qui pensent que la situation de nos concitoyens et de tant d’hommes et de femmes sur notre planète exige de profonds changements et l’émergence d’un monde meilleur. Autant de raisons de surmonter les divisions et de trouver dans les profondeurs de la gauche française les raisons d’espérer et la force de réaliser cette tâche exaltante de « construction collective ».


* Le scrutin de 1988 a un caractère différent, compte tenu qu’il s’agissait d’une réélection.
** « L’abeille et l’architecte » 
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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 11:52
par Paul Quilès
 
          Il fut un temps, pas si lointain, où l’on utilisait abondamment les expressions comportant le qualificatif de « nouveau » : nouvelles technologies, nouvelle démocratie, nouvelle droite, nouvelle cuisine et même…nouveaux pauvres.
          Eh bien, je suggère que l’on parle aujourd’hui de « nouvelle démagogie » pour décrire ce que nous vivons en France depuis quelques mois. Reconnaissons au Président de la République le mérite d’avoir annoncé la couleur avant son élection en donnant des signes et même des indications fortes sur son comportement à venir. La liste en est longue : présence médiatique permanente, mise en scène de sa vie privée, hyper réactivité devant tout évènement ou fait divers suscitant l’intérêt ou l’émotion du public, langage direct et parfois brutal, annonce de solutions immédiates à tous les problèmes de société, même les plus complexes, emprunt aux thèmes et aux références de l’adversaire……..
          Certes, par rapport à la démagogie « ancienne », il n’y a rien de bien nouveau dans les techniques et les ressorts de la machine qu’a mise en route Nicolas Sarkozy depuis le 6 mai. Les ingrédients sont toujours les mêmes : il faut plaire au plus grand nombre dans l’instant, en feignant de répondre à une attente impatiente, en parlant simple et direct, en fustigeant les « méchants », en faisant croire que tout problème est susceptible de se régler par des solutions rapides et simples.
          Que le président veuille porter une attention forte à la vie quotidienne des Français n’est pas choquant en soi. Ce qui est grave –et c’est là que se situe la démagogie- c’est de donner le sentiment que la politique se réduit à une succession de réactions de compassion et de réponses à l’emporte pièce pour tous les sujets qui traversent l’actualité. 
          On a vu, avec les récents drames liés à des affaires de délinquance sexuelle, comment le choix de répondre dans l’instant à l’émotivité médiatique pouvait conduire à annoncer des mesures législatives inadaptées et même dangereuses, comme cette idée saugrenue de créer des hôpitaux fermés pour délinquants sexuels après la prison.
          Nicolas Sarkozy, qui a cru habile de se réclamer de Jaurès (cité 32 fois dans son discours de Toulouse le 12 avril dernier !), devrait se souvenir qu’il se battait pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative. A cette époque aussi, il fallait convaincre et ce n’était pas facile, mais Jaurès estimait qu’il fallait parfois savoir « dépenser sa popularité » en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe »
          La démarche du président, qu’il est difficile de ne pas qualifier de démagogique, conduit naturellement à ne pas traiter les dossiers délicats sereinement et en profondeur.
          Elle abuse les citoyens, en leur faisant croire, avec l’aide de médias hypnotisés par « tant d’efficacité », que le pays est dirigé d’une main ferme et compétente.
          Elle relègue le premier ministre et son gouvernement dans des rôles de figurants et c’est ici que se situe précisément le caractère «nouveau» de cette démagogie. En effet, les institutions de la République sont détournées et, fait surprenant, peu de voix s’élèvent pour dénoncer l’instauration de cette véritable monarchie, élective peut-être, mais monarchie quand même, puisque le président, contrairement au premier ministre, n’est en rien responsable devant le Parlement. C’est lui qui oriente, qui décide, qui parle, sans avoir de compte à rendre à quiconque.           
         Il est regrettable que cette dérive de nos institutions -qui n’est malheureusement pas récente- ait été accentuée par la décision prise en 2000 (que j’ai été un peu seul à critiquer à l’époque !) d’instaurer à la fois le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral. L’élection du président de la République est devenue l’évènement qui écrase l’ensemble de la vie politique française. Malgré les promesses récurrentes de réformes destinées à « accroître les droits du Parlement », celui-ci, déjà très affaibli depuis le début de la Vème République, n’est pas près de jouer sérieusement le triple rôle qui devrait être le sien : orienter la politique du gouvernement, le contrôler, légiférer. Loin d’une assemblée qui ferait entendre « la voix de la France », on continuera très probablement, comme le dit J.F.Kahn, à voir les députés remplir  «consciencieusement et tristement la case que l’Etat assigne à l’expression chronométrée de la fureur légale ».
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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 12:16
par Rémi Lefebvre, Professeur de sciences politiques à l’Université de Reims, signataire de l’appel de Gauche Avenir  (article paru dans Le Monde du 31.08.07)

 

Que tout change pour que rien ne change" : la formule de Tancrède dans Le Guépard, de Visconti, résume les tentatives de rénovation entreprises par le Parti socialiste depuis une vingtaine d'années. La "rénovation" est chez les socialistes un rituel maîtrisé aux effets savamment domestiqués qui suit généralement les défaites. Renouveler le parti, le réinventer, le refonder : depuis 1993, les périodes post-électorales sont dominées invariablement par les mêmes mots d'ordre souvent incantatoires. Le succès du credo de la "rénovation" tient aux ambiguïtés de son contenu, à son caractère fourre-tout :  elle est tout   à la fois idéologique, organisationnelle, démocratique...

 

Les défaites, propices à la renégociation de l'identité de l'organisation, se manifestent ainsi de manière immuable par "un retour à la base", une réactivation du clivage traditionnel entre militants et élus et une réévaluation des ressources  militantes que la pratique du pouvoir a dévaluées. La même séquence s'est reproduite en 1993 ou 2002 avec un scénario très proche : introspection collective "sans complexes ni tabous", ouverture "des portes et des fenêtres" du parti, appel à l'autocritique, ouverture de la parole aux militants... La rénovation "cru 2007" n'échappera pas à ce schéma immuable.

Le diagnostic sur les dysfonctionnements de l'organisation est toujours le même : nécessité d'une rénovation des pratiques politiques, manque d'unité, excessive professionnalisation des cadres du parti, assèchement de l'action militante, poids excessif des élus et des cumulants, décrochage par rapport au monde du travail, effritement des rapports avec le monde syndical et associatif, illisibilité de la ligne politique...

Les Etats généraux des socialistes lancés en 1993 parviennent à ces conclusions... reformulées dans des termes identiques en 2002. La double défaite de 2002 semble ouvrir une phase critique d'une intensité inédite au PS. Les conditions d'une redéfinition de l'identité de l'organisation sont alors réunies. La parole est "redonnée" aux militants, appelés à répondre à un questionnaire et à exprimer leurs "doléances". La thérapie collective s'achève en mai 2003 lors du congrès de Dijon. Le premier secrétaire affirme alors l'ambition "d'un parti ouvert sur la société à plus de 30 % des suffrages".

 

UN REPLÂTRAGE DE PLUS

Il n'en sera rien. Le couvercle est vite refermé. La rénovation n'a conduit qu'à un replâtrage de plus. Le cumul des mandats n'est pas remis en question, les relations avec le monde du travail ne sont plus une priorité, les règles du jeu partisan ne sont pas modifiées. Les trompeuses victoires de 2004 ont effacé la nécessité d'un renouvellement des pratiques. Il a fallu donner le change aux militants et à l'opinion pour qu'en définitive rien ne change. Les dirigeants socialistes savent désormais négocier les phases de défaite et domestiquer le potentiel de changement qu'elles recèlent (les défaites peuvent même se transformer en demi-victoire comme en juin). Le choc électoral de 2002 a été bien amorti, tout comme la victoire du non au référendum sur le traité constitutionnel ou les émeutes urbaines de l'automne 2005, qui ont eu peu d'effets sur le parti.

Le constat ne souffre aucune contestation : le PS ne s'est pas renouvelé et n'a pas "refondé" ses liens avec la société. Il se révèle incapable de mettre en mouvement la société. L'apport des "nouveaux adhérents", quelques mois avant les élections, est fragile et affaiblit à bien des égards l'organisation en valorisant un militantisme "au rabais". Le PS apparaît fermé, bloqué, dominé par une oligarchie attachée à son pouvoir et aux profits qu'elle en tire, peu ouverte sur son environnement social, de plus en plus imperméable aux groupes qu'elle est censée représenter et repliée sur des luttes dont la dimension idéologique apparaît secondaire ou artificielle.

Rénovation : le mot est usé et démonétisé au PS à force d'avoir été instrumentalisé et détourné. Il suscite désormais le scepticisme d'un grand nombre de militants qui ne sont plus dupes des appels rituels au changement. Les socialistes parviendront-ils à lui redonner sens et crédit ? Il est permis d'en douter. La revendication d'un renouvellement générationnel ne saurait tenir lieu de seule perspective de changement. Elle masque les intérêts d'outsiders qui ne voient dans la période actuelle qu'une fenêtre d'opportunité pour subvertir les hiérarchies de pouvoir en place. "Sortez les sortants" n'a aucun sens si les nouveaux promus reproduisent les pratiques et les discours de leurs aînés et s'ils en partagent les codes. La stratégie organisationnelle de la rénovation ne peut être efficace que si elle est inscrite dans un processus de long terme.

Or l'horizon des socialistes se borne de plus en plus aux prochaines échéances électorales. Les socialistes sont déjà tétanisés par les élections municipales. Le PS doit sans doute se donner du temps, produire des analyses, se donner des objectifs, mais surtout s'y tenir. Pour que la rénovation soit autre chose qu'un simple slogan d'université d'été.

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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 16:43
Par Michaël Moglia, membre du conseil national du PS, collectif des socialistes pour le renouveau de la gauche, signataire de l’appel de Gauche Avenir (article paru dans Libération du vendredi 31 août 2007)

 

Les jeunes lions parient sur l’oubli de ce qu’ils ont été pour s’abstraire de leurs responsabilités.

 Après les éléphants, leurs éléphanteaux et la gazelle étaient apparus triomphants au soir même du second tour des élections législatives, les jeunes lions devenus en quelques semaines poissons rouges : pas plus de trois minutes de mémoire.

Autoproclamés rénovateurs, ils auraient, alors que le processus d’analyse de la séquence écoulée proposé par le premier secrétaire ne fait que débuter, réponse à tous les maux qu’ils auraient eux-mêmes identifiés. Selon de vieilles méthodes éculées consistant essentiellement à parier sur l’oubli de ce qu’ils ont été ou ont défendu il y a quelques semaines encore, ils pensent s’abstraire de leur propre responsabilité. Pour nos poissons rouges, la lourde défaite, quoique logique, de Ségolène Royal, serait due à l’inorganisation du Parti socialiste, à la plupart de ses responsables qui auraient manifesté peu d’entrain à la soutenir et à un programme jugé peu crédible.

Sur la forme, les «rénovateurs» n’ont pas de mots assez durs contre ceux qui ont animé le parti, ces dernières années, en ayant en ligne de mire principale François Hollande. Pensant qu’une fois de plus la communication peut l’emporter sur le fond, ils multiplient basses attaques, petites phrases et slogans. Il y a quelques jours encore n’est-ce pas Manuel Valls qui souhaitait, sur les ondes d’une radio nationale, curieuse proposition, faire imploser le parti ?

Le Parti socialiste, tant contourné, méprisé lors de la campagne présidentielle, n’aurait plus aucun crédit à leurs yeux. Nous sommes nombreux et principalement depuis le 21 avril 2002 à avoir mis le doigt sur les dysfonctionnements dont souffre le PS : notabilisation, absence de renouvellement de ses animateurs, décrochage d’avec sa base idéologique. Dommage que ceux qui se veulent aujourd’hui l’avant-garde aient, lors des précédents congrès, systématiquement préféré signer de molles synthèses permettant au premier secrétaire de poursuivre sa tâche.

Il est ainsi étonnant de voir Gaëtan Gorce, néorénovateur lui aussi, si virulent aujourd’hui, alors qu’il mit systématiquement toutes ses forces, jusqu’à ce jour, au service de la majorité, contribuant par là même à maintenir le système qu’il dénonce désormais si facilement.

Réclamant des «têtes» pour mieux y mettre la leur (?), ils n’en sont pas à une contradiction près. Qui, si ce n’est le rénovateur Arnaud Montebourg, permit, en retirant sa candidature lors de l’élection du président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, la réélection de Jean-Marc Ayrault, pourtant à ce poste depuis une décennie maintenant ?

Ce curieux attelage de responsables, n’ayant a priori en commun que leur année de naissance, aurait également réglé les questions de fond. Tous trois partagent l’analyse de Ségolène Royal selon laquelle les propositions volontaristes de généralisation des 35 heures et d’augmentation du pouvoir d’achat par le Smic à 1 500 euros nous auraient menés à la défaite. Tous trois ont pourtant approuvé, comme elle d’ailleurs, en le votant, le projet des socialistes qui contenait ces mesures de justice sociale. Les 35 heures, mesure phare du gouvernement Jospin, ne furent-elles pas défendues à l’époque par Manuel Valls, conseiller en communication du Premier ministre ? Gaëtan Gorce, tout comme Arnaud Montebourg, n’a-t-il pas soutenu et voté ce texte à l’Assemblée nationale ? Ce dernier, tout comme moi, n’a-t-il pas milité, lors des congrès de Dijon puis du Mans, en faveur de leur généralisation ? Quant à porter le Smic à 1 500 euros, lorsque l’on est militant socialiste et qu’on aspire à la fonction suprême, que peut-on trouver de si «peu convaincant» dans cette proposition qui apparaît comme une évidence aux yeux de ceux qui attendent tant de la gauche une fois au pouvoir ? Faut-il rappeler que dans notre pays plus de 16 % des salariés touchent le Smic ? Ce sont donc trois millions de personnes qui perçoivent moins de 1 000 euros par mois en échange de leur travail.

Nous sommes tous d’accord, aujourd’hui, c’est une évidence, pour dire qu’il nous faut revoir profondément notre logiciel idéologique. Comment pourrait-il en être autrement après une telle défaite ? Mais cet aggiornamento signifie-t-il l’abandon de ce qui fait de nous des socialistes ? Nos propositions, si identitaires, sont-elles amenées à être remplacées, sous couvert de modernité, par des mesurettes démagogiques si éloignées des préoccupations de ceux qui souffrent le plus ? Mettre un drapeau aux fenêtres en chantant la Marseillaise restera certainement l’exemple le plus frappant de cet abandon du fond au profit de la forme.

De plus, les «rénovateurs» nous demandent de tenir compte de la droitisation de la société française, élément d’explication supplémentaire, selon eux, de la victoire de Nicolas Sarkozy. S’il y a droitisation, c’est bien du côté du Parti socialiste qu’il faut regarder. Courant derrière Nicolas Sarkozy, qui lui-même courait après Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal n’a eu de cesse de faire campagne sur des thèmes inhabituels pour la gauche (sécurité, nation, immigration), délaissant, parfois même remettant en cause, les fondamentaux du socialisme.

Cette stratégie fut perdante. D’abord parce qu’en mettant en avant les thématiques de la droite, Ségolène Royal et son staff de campagne les ont légitimées, ensuite parce que le dialogue privilégié entamé avec François Bayrou, nommé Premier ministre avant même le second tour, eut pour conséquence un mauvais report de voix des électeurs de gauche et d’extrême gauche.

Loin des formules à l’emporte-pièce ou des bons mots si faciles, ce dont le Parti socialiste a besoin dans les semaines et les mois à venir, c’est d’avoir le courage de la vérité. Avoir le courage d’affronter lucidement, en commençant par le reconnaître, le verdict des urnes et de redéfinir, sur la base de nos valeurs, nos orientations. Il nous faut également, impérativement, doter notre appareil politique de nouvelles procédures de délibération et d’organisation. Pour ce faire, il faut ouvrir grand les portes et les fenêtres, associer à nos travaux les syndicats, les associations, les citoyens, toutes celles et ceux intéressés par notre démarche de reconstruction, de refondation. Le programme est ambitieux, indispensable, les Français, attachés au pluralisme, le souhaitent. Les électeurs de gauche, qui se désespèrent si souvent du Parti socialiste, nous le demandent.

Les poissons rouges, en travaillant un peu leur mémoire, ont leur place dans cet immense chantier. Il faudrait qu’ils acceptent, s’ils veulent être constructifs, d’arrêter de faire monter les enchères de la provocation, de vouloir, dans le but d’épater les militants, toujours sauter plus haut, en prenant le risque, un jour, de tomber du bocal.

 

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17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 16:39

 Par Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau.  

"La réalité d'aujourd'hui, et pour longtemps encore, c'est la croissance anarchique de mégacités assoiffées. C'est l'augmentation de pollutions effarantes des fleuves et des mers"

           En ce milieu d'été, l'Europe éternue ou suffoque. C'est selon. Inondations, feux de forêts, bourrasques, canicule. C'est selon, et parfois à l'inverse des logiques géographiques. Et de montrer du doigt, le responsable de tous nos maux : ce changement climatique dont on se demande bien pourquoi l'on a attendu le début de ce siècle pour crier si fort au loup.
            Peut-être notre attention est-elle aussi bornée que notre égoïsme. Si peu dans les médias, ces derniers jours, concernant les 20 à 30 millions, peut-être plus, d'Indiens, de Bengalis, de Chinois et d'autres, noyés sous les trombes d'eau, jetés sur les routes, réfugiés dans leurs propres pays.
            Mais là-bas, dira-t-on, on a l'habitude, les débordements du fleuve Jaune, la montée des eaux dans le delta du Gange, cela dure depuis des siècles. Alors que nous, pauvres Européens, nous seuls, sommes victimes du changement climatique, car c'est bien connu, la fonte des glaciers et l'élévation du niveau des océans n'atteindront que les pays riches...
            Au risque d'aller à contre-courant (et c'est bien le mot qui convient) des thèses du moment, disons fortement que le climat a toujours eu de ces variations soudaines, de ces colères imprévisibles, et que l'homme les a subies, payant régulièrement un lourd tribut à ces écarts. Ceux qui le découvriraient liront avec intérêt, Emmanuel Le Roy Ladurie, le meilleur historien du climat, pour s'en convaincre.
            Attention, il ne s'agit pas ici, de nier que le climat puisse s'emballer. C'est possible, mais nous n'en sommes pas certains non plus. Il faut surtout clamer haut et fort que si nous devons, bien sûr, prémunir une partie de l'humanité contre des changements qui sont à venir, nous avons d'abord à nous soucier de la situation faite aujourd'hui à l'autre partie de la population planétaire. Celle des pauvres, celle des faibles, celle des oubliés, les naufragés du progrès, les exclus du développement.
            Un milliard et plus qui ne savent pas ce qu'est un robinet, ou alors de loin. Le double à qui on n'accorde même pas la dignité que confère l'usage de sanitaires.
            La situation, de surcroît, ne s'arrange pas, car la réalité d'aujourd'hui, et pour longtemps encore, c'est la croissance anarchique de mégacités assoiffées. C'est l'augmentation de pollutions effarantes des fleuves et des mers. Tout cela fait de ces concentrations urbaines de véritables bombes sanitaires dont les mèches sont déjà allumées.
            Non, il est important de le dire, le climat, quelle que soit son évolution, ne doit pas servir de bouc émissaire à nos inconséquences.
            Non, le réchauffement, quelle que soit son ampleur, ne peut être le paravent derrière lequel nous allons masquer l'incurie et l'insouciance de l'homme.
            Et pourtant les solutions existent. Elles s'appellent réservoirs plus vastes, transferts plus importants, dessalement plus accessible, réutilisation d'eaux usées généralisée, fuites mieux détectées, énergies alternatives et d'autres encore. Le génie de nos chercheurs y pourvoit. La compétence de nos ingénieurs y contribue chaque jour un peu plus. Leur génie conjugué autorise des évolutions technologiques qui permettent à la fois de sécuriser les ressources et de les distribuer plus rationnellement.
            Le problème n'est pas là. Il n'est plus là, il est tout simplement « politique ». Ah, le vilain mot ! Comment, tout cela ne serait que politique ? Et on ne le disait pas.
            Oui, à cet instant, l'eau, son accès au plus grand nombre, souffre d'un grave déficit d'intérêt.
            Oui, à cet instant, l'accès à l'eau souffre d'insuffisance de financements, de médiocre gouvernance, d'absence rationnelle de transferts de savoir-faire.
            Toutes choses qui dépendent de ceux qui décident, de ceux qui gouvernent, à tous niveaux.
            Oui, dans le monde entier, les budgets militaires continuent à augmenter et ceux de l'aide au développement à stagner.
            C'est pour mieux informer du sort inacceptable fait à l'eau, c'est pour éclairer les choix qui s'y rapportent, c'est pour amener les gouvernants, les décideurs, à exercer les responsabilités pour lesquelles ils ont été élus ou désignés que le Conseil mondial de l'eau a créé les forums du même nom.
            Le prochain, le 5e Forum, se tiendra dans un an et demi à Istanbul. Avec nos collègues turcs, nous avons décidé d'y convier les chefs d'État, et les responsables de gouvernement. Pour qu'ils viennent dire avec nous : oui, l'eau est un préalable à la survie de l'humanité et à son développement, et nous allons faire ce qu'il faut pour cela, qu'ils viennent avec nous dire ces choses simples aux médias et au grand public.
            Ceux qui viendront auront fait leur devoir. Ceux qui ne viendraient pas, ne pourront pas dire : « Je ne savais pas. » Nous tous, nous saurons tout simplement qu'ils ne voulaient pas.
 

 


Article publié dans le Figaro le 14 août 2007
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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 18:42

   Quelques belles photos de Cordes et de ses environs

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Nul n’a mieux décrit la fascination que Cordes peut exercer sur le visiteur qu’Albert Camus lorsqu’il en parlait :
»

 "On voyage pendant des années sans trop savoir ce que l’on cherche et l’on parvient soudain dans un de ces deux ou trois lieux qui attendent patiemment chacun de nous en ce monde"

 

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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 11:53
D'après un sondage du Financial Times rélisé par l’Institut Louis Harris dans plusieurs pays (Allemagne, Espagne, France, Italie, UK, USA), les peuples du monde développé ont une opinion plus que nuancée sur la mondialisation.

 

"Les habitants des pays riches ne se sentent pas en sécurité. Ils pensent que la mondialisation va à l'encontre de leurs intérêts, ils s'inquiètent de la montée des inégalités, ils n'admirent pas les patrons des grosses entreprises et ils attendent des dirigeants politiques qu'ils rendent le monde plus juste.

Telles sont les conclusions brutes du sondage Financial Times/Harris, relevées dans chaque pays étudié, que ce soit aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, traditionnellement libéraux, ou dans les pays européens plus dirigistes.

Ces résultats ouvrent la voie aux populistes cherchant le soutien de l'anti-mondialisme et promettant un contrôle plus étroit de l'économie.

La mondialisation a beau être difficile à définir, même par les spécialistes, la population des pays riches ne la voit pas moins d'un mauvais œil. Dans tous les pays étudiés, le nombre de personnes pensant que la mondialisation a un effet positif sur leur pays est inférieur à celui des personnes pensant qu'elle a un effet négatif. En Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Espagne notamment, moins d'une personne interrogée sur cinq voit un avantage dans la mondialisation.

La plupart des spécialistes estimant que la mondialisation a favorisé les performances économiques des pays, riches comme pauvres, ces conclusions sont plutôt inquiétantes.

Il est presque certain que les personnes interrogées sont notamment préoccupées par la mondialisation car elles ont le sentiment que le fossé entre les riches et les pauvres se creuse dans leur pays. Partout, sauf en Espagne, plus des trois quarts d'entre elles estiment en effet que les inégalités augmentent.

Les énormes rétributions empochées par les dirigeants des entreprises sont mal perçues par le reste de la population des pays riches. Seuls les Italiens déclarent en majorité "plutôt" ou "beaucoup" admirer leurs grands dirigeants. C'est en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis qu'on est le moins enclin à respecter les patrons, avec 38% des personnes interrogées outre-Manche déclarant ne pas admirer "du tout" les responsables des grandes entreprises.

Des deux côtés de l'Atlantique, on approuve majoritairement une hausse des impôts sur les revenus les plus élevés. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, c'est en France que l'on soutient le moins une telle mesure, avec tout de même 52% des personnes interrogées favorables à une augmentation de la fiscalité pour les riches.

Mais les réponses ne sont pas aussi unanimes dans tous les pays et laissent apparaitre de nombreuses différences nationales. Dans la question sur l'égalité face aux chances de réaliser son potentiel, on observe notamment une divergence notoire entre ce qui semble évident et l'impression réelle du public.

Alors que de nombreuses études sur les inégalités intergénérationnelles montrent que les enfants de pauvres ont plus de risques d'être également pauvres aux Etats-Unis et au Royaume-Uni que dans le reste de l'Europe, c'est dans les pays anglo-saxons que les personnes estiment que l'origine sociale ne joue pas de rôle important dans l'ascension économique."

Source et texte complet

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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 11:08

« Cap à droite : une stratégie perdante », 
article de Philippe Marlière dans Politis 

 Maître de conférences en science politique à l’université de Londres, signataire de l’appel de Gauche Avenir, Philippe Marlière prévient le Parti socialiste : l’ouverture au centre de la gauche italienne s’est soldée par un échec.
Lire la suite

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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 22:27

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Relire Jaurès

 Trop souvent, la référence à Jaurès se fait sur le mode convenu, en oubliant la réalité de ses combats, à tel point qu’on a même vu récemment la droite tenter de récupérer son image !

La gauche doit savoir revenir à Jaurès, à sa pensée, moderne par bien des aspects et rappeler quelques vérités. C’est ce qu’ont fait les signataires de Gauche Avenir dans la presse à l’occasion de la commémoration de la mort de Jaurès (31 juillet) : Gilles Candar par un article dans Libération, Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès dans le Figaro.

 

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- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez