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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 23:00

par  Paul Quilès 
ancien ministre de la défense,

            responsable national du PS chargé des questions stratégiques et de défense 

tribune parue dans Libération du 10 octobre 2007  
          

 

         On se souvient de cette publicité pour une boisson qui vantait ses qualités en ces termes : «Elle a la couleur de l’alcool, elle a le goût de l’alcool…..mais ce n’est pas de l’alcool ». Ainsi, tout en ayant le sentiment de s’enivrer, le consommateur avait-il la garantie qu’il ne subirait pas les conséquences nocives de l’alcool ! 
  Sarkozy.jpg    C’est exactement la méthode que N. Sarkozy utilise avec la concertation. Cette pratique, qu’il juge au fond dangereuse, mais qu’il fait mine de mettre en œuvre, parce que, pense-t-il probablement, elle fait « moderne » et « dans l’air du temps », se limite en fait à quelques faux semblants. On a déjà pu s’en rendre compte dans le domaine social (service minimum, régimes spéciaux de retraite…), où, malgré quelques belles paroles, les syndicats ont été mis devant le fait accompli. On va pouvoir retrouver cette méthode en trompe l’œil de façon éclatante dans un domaine moins « grand public » mais d’une extrême importance pour l’avenir : celui de la défense.

               Allons en effet au-delà des apparences et comparons les paroles et les actes.

                 Les paroles : Officiellement la Commission du Livre blanc, qui a été mise en place le 23 août 2007, doit conduire un exercice « sans tabou » selon les propos tenus alors par N. Sarkozy. « Sans tabou, cela veut dire que l’on doit se poser toutes les questions » a renchéri Jean-Claude Mallet, qui préside cette commission. En toute logique, cela voudrait dire que, durant les 6 prochains mois, la Commission du Livre blanc débattra de toutes les questions concernant la  défense et la sécurité de la France, afin de définir la stratégie globale de notre pays pour les années à venir.

              Les actes : Avant même que les travaux aient vraiment débuté, on voit s’accumuler les contraintes pesant sur le travail de cette Commission.

-        La première a été fixée dans la lettre de mission, qui fixe le maintien de l’effort de défense à hauteur de 2%.

-        La seconde contrainte concerne les suppressions d’emplois, chiffrées d’ores et déjà par le Ministère des finances à 6000 pour l’année prochaine.

-        Deux autres objectifs sont venus rapidement s’ajouter : le maintien de la stratégie actuelle de dissuasion nucléaire et l’ambition européenne, sujets importants dont on ne peut se dispenser de débattre, même si des convergences sont possibles.

-        Un élément supplémentaire de trouble est venu confirmer nos craintes, avec les déclarations du Président de la République puis du ministre de la Défense expliquant à mots couverts mais de manière explicite que la France devait réintégrer la structure militaire intégrée de l’OTAN.

-        Ainsi, après moins d’un mois d’exercice de la Commission, on peut dire que nombre de conclusions ont déjà été écrites par le Président de la République ! A ce stade, il est évident que les travaux de la Commission du Livre blanc commencent à perdre de leur intérêt…..Rappelons que, chez nos partenaires étrangers, lorsque l’on réalise un Livre blanc sur la politique de défense et de sécurité, c’est pour en définir les axes. Chez nous, au contraire, c’est le Président de la République, en souverain tout puissant et libre d’agir sans aucun contrôle démocratique, qui  tranchera et arbitrera. Autant dire qu’il continuera à intervenir en amont des travaux de cette Commission, pour peser sur elle en annonçant sa ligne politique, de façon à ce que le risque de désaccord apparaisse limité.

-        Dans ces conditions, le forum ouvert aux internautes sur le site du premier ministre n’est qu’un simulacre de concertation. Le débat sur les grands choix ne sera pas transparent. Toutes les décisions seront prises dans l’opacité par Nicolas Sarkozy et les quelques conseillers qui l’entourent.

-        Fait aggravant, la Commission du Livre blanc sur la politique de défense va se trouver en « concurrence » avec les travaux du Livre blanc sur les affaires étrangères, qui doit être réalisé au même moment ! Quelle articulation va-t-il y avoir entre ces 2 commissions ? La confusion, probablement voulue, sera d’autant plus grande que, dans le même temps, une mission a été confiée à Alain Bauer afin d’étudier la création d’un conseil de sécurité nationale.

-        Dernier constat qui vient relativiser la prétendue concertation que devait instituer le débat de préparation du Livre blanc : les bonnes vieilles méthodes sont de retour ! C’est ainsi qu’un accord de défense a été signé avec la Libye, en contrepartie de la libération des infirmières bulgares, mais personne n’en sait rien. Autre exemple : le dispositif militaire français en Afghanistan a été totalement réaménagé, avec des implications politiques majeures, mais les commissions compétentes des deux assemblées n’ont pas été réunies pour interroger le ministre de la défense. Enfin, sans le moindre débat, des déclarations inquiétantes sont faites sur un éventuel soutien français à des actions unilatérales américaines contre l'Iran, conduites en dehors de l'ONU et pouvant aller jusqu'à la guerre. Drôle de façon de préparer la si nécessaire rénovation du Parlement !

 

            Face à cette situation particulièrement préoccupante, il est temps que les responsables politiques se saisissent du débat. Le PS, pour sa part, veillera à ce qu’il ne soit pas tronqué et accaparé par un président peu soucieux de la véritable concertation. Son attitude risque de transformer en occasion manquée l’indispensable travail de remise à plat de notre politique de sécurité et de défense.

                                

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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 09:01
Loin des enjeux de pouvoir et des rivalités de personnes, Gauche Avenir rassemble des militants d’origines et de sensibilités diverses, afin de devenir un creuset de la réflexion collective indispensable sur les valeurs de la gauche.
Aujourd’hui, près de 1300 militants ont rejoint les premiers signataires et participent au grand débat sur l’avenir de la Gauche.

Parce que l’attente est considérable et qu’il faut renouer avec la bataille idéologique et culturelle, Gauche Avenir 81 et Gauche Avenir 31 vous invitent à participer à deux rencontres débats avec l’un des premiers signataires de l’appel de Gauche Avenir :

Claude Cabanes, journaliste, ancien directeur de la rédaction de l’Humanité

Paul Quilès, ancien ministre, maire de Cordes sur Ciel sera également présent

- le jeudi 11 octobre 2007, de 18h à 20h à la Mairie de Saint Jean (salle Palumbo) (Haute–Garonne)

- le jeudi 11 octobre 2007, à 21h à Cagnac-les-Mines, salle de Camp-Grand (Tarn)


Contact : gaucheavenir81@orange.fr
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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 19:54

R--publique.jpgTribune publiée par Paul Quilès dans L'Humanité du 9 octobre 2007,
sous le titre " la démocratie affaiblie"

Alors que la gauche disserte sans fin sur sa « refondation », les démocrates –notamment ceux qui se réclament de la gauche- seraient bien avisés de se mobiliser face à l’attaque, sans précédent depuis 50 ans, qui se prépare contre les fondations de notre démocratie.

         Loin de moi l’idée de défendre de façon intangible les institutions de 1958. Elles ont certes permis de sortir de l’impuissance qui était devenue la marque de la IVème République, mais la décision prise en 1962 d’élire au suffrage universel le Président de la République a transformé la légitimité du pouvoir exécutif. Il suffit de relire la déclaration du général De Gaulle le 31 janvier 1964, affirmant que « l’autorité indivisible de l’Etat est déléguée tout entière au Président de la République ; qu’il n’y a aucune autorité ministérielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire qui puisse être conférée ou maintenue autrement que par lui… ». En réalité, ces institutions portaient en elles les dérives auxquelles on a assisté : accentuation du prétendu « domaine réservé » du Président, effacement du Premier ministre, Parlement corseté et sans réel pouvoir.

             Depuis 10 ans, je n’ai cessé d’alerter sur ces risques et de proposer des réformes. Beaucoup de salive a coulé : discours, livres, colloques, motions de congrès…Malheureusement, la gauche au pouvoir n’a pas mené les transformations nécessaires. François Mitterrand, qui s’est un peu trop –à mon goût- glissé dans des institutions qu’il avait critiquées de façon pertinente dans l’opposition, se rassurait en disant « la Constitution était dangereuse avant moi ; elle le redeviendra après moi ». De ce point de vue, il n’avait pas tort ! Quant à Lionel Jospin, il mit en place de façon concomitante le quinquennat et l’inversion du calendrier, accentuant ainsi le caractère excessivement présidentiel du régime. Je me souviens de ma solitude lorsque je me permis de critiquer cette mesure, dont je pressentais les conséquences néfastes sur l’équilibre des pouvoirs.

             Ayant fait de très nombreuses propositions [1]visant à restaurer le caractère parlementaire de nos institutions, je me sens autorisé aujourd’hui à mettre en garde contre les conséquences de la tentation de N. Sarkozy d’accentuer encore plus la présidentialisation du régime. En effet, la commission présidée par E. Balladur s’est vue fixer parmi ses objectifs de proposer les réformes « permettant au Président de gouverner ». Il s’agit en réalité de mettre le droit en conformité avec la pratique instaurée depuis quelques mois : un président tout puissant, un premier ministre condamné à jouer les utilités, un parlement dont on va pouvoir constater le rôle purement formel. La disparition pure et simple du poste de premier ministre complèterait le tableau ! Le Président pourrait alors gouverner directement, sans être responsable devant l’Assemblée Nationale et en conservant son pouvoir de dissolution.

             Si l’on ajoute à cela le probable refus de supprimer l’article 16 de la Constitution, qui donne au Président des pouvoirs exceptionnels en cas de crise, on voit que le système peut devenir dangereux pour la démocratie.

             Pour vraiment réformer nos institutions et les rendre dignes d’une grande démocratie moderne, il faudrait notamment débarrasser le Président de ses attributs monarchiques, obliger le Premier ministre à solliciter la confiance de l’Assemblée Nationale dès sa nomination et à la fin de chaque session, donner au Parlement de vrais moyens de contrôle de l’exécutif, faire des députés des élus à temps plein, ne cumulant leur mandat ni avec une fonction d’élu local ni avec un métier.

             Telle n’est pas la voie choisie par N. Sarkozy, qui veut être un président tout puissant, capable de gouverner pendant 5 ans sans le moindre contrôle. Même si ce thème n’est pas aussi populaire que d’autres luttes, la gauche devrait se fixer comme objectif prioritaire de son action de s’opposer vigoureusement et de façon unitaire à cette dérive, qui, si elle se confirmait, constituerait un affaiblissement grave du caractère démocratique de nos institutions.


[1] Voir notamment: mon livre « les 577, des députés, pour quoi faire ? », mes propositions et mon activité de Président de la Commission de la défense (1997-2002) ; mes propositions lors du projet socialiste en 2002 ; ma contribution au Congrès de Dijon du PS en 2003 ; ma proposition de loi tendant à permettre au Parlement de contrôler l’application des lois, adoptée par l’Assemblée nationale (mai 2006)
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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 14:17

Tribune publiée par Paul Quilès et Marie Noëlle Lienemann dans Le Monde du 26 septembre 2007, sous le titre Gauche:"l'unité est un combat"

 

La gauche n’est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. Ce fut le cas avec le Front populaire en 1936, avec l’Union de la gauche en 1981 ou même avec la Gauche plurielle en 1997. Ce rassemblement a toujours été le fruit d’une confrontation au sein de la gauche, à tel point que, dans les années 70, Etienne Fajon avait  lancé : « l’union est un combat ! ». Et c’est bien la rédaction d’un programme commun de gouvernement qui a permis l’union de la gauche, car, à l’évidence il était impossible à l’époque d’envisager l’unité en surmontant les divergences idéologiques. Cet accord décisif a permis de placer chaque parti devant la responsabilité de l’action gouvernementale sans se renier et il a assuré la victoire en 1981.

Aujourd’hui, la situation est différente, car le monde a bougé : chute du Mur de Berlin, avec ses conséquences sur le mouvement communiste, mondialisation accélérée faisant apparaître de nouvelles attentes, société française de plus en plus éclatée, éparpillement de la gauche qui n’est plus structurée par deux grands partis….Le succès de la gauche lors de l’élection de 2012, sa capacité à défendre ses idéaux et à transformer la société ne peuvent être espérés que si ces éléments sont pris en compte dans la définition de la nouvelle stratégie de la gauche.

Naturellement, celle-ci n’a rien à voir avec les opérations qui confondent rénovation et renoncement et qui croient trouver au « centre» la modernité  qui manquerait  aux idées de gauche. Ce genre de dérive a toujours conduit dans l’impasse et parfois aux pires compromissions. La nouvelle stratégie ne peut pas non plus se réduire à des alliances circonstancielles, à des accords électoraux de dernière minute, à des désistements « automatiques » au second tour.

Le nouveau cap : l’unité de la gauche

On voit bien qu’il faut aujourd’hui aller au-delà de l’union et fixer un nouveau cap stratégique, celui de l’unité. Cette perspective, qui exigera patience et détermination, est la seule qui permettra à la gauche de l’emporter, mais aussi de changer profondément  la société française.

L’unité de la gauche est certainement la clé de son renouveau, à condition  de redéfinir un cadre idéologique et, en tout cas, un corpus de valeurs et un projet  politique et culturel commun. L’exigence d’unité doit aller de pair avec l’affirmation forte et sans complexe de l’identité contemporaine de la  gauche, qui ne peut se réduire à quelques généralités ou formules creuses.

Elle suppose une vision critique du modèle capitaliste financier transnational dominant, la promotion d’une société laïque, émancipatrice pour chaque homme et chaque femme, le combat pour la liberté, l’égalité et la fraternité sur tous les champs de la vie sociale, l’affirmation d’un internationalisme solidaire et respectueux de la planète, alternatif à la mondialisation néolibérale. Il s’agit bel et bien de redonner de la vigueur et de la crédibilité à l’idée d’alternative politique, mise à mal par la répétition de thèses –que nous devons contester- sur la droitisation de la société française, la nécessité d’accepter sans nuance le capitalisme sous prétexte de modernisme, le dépassement du clivage droite-gauche .

L’ambition de la gauche doit être aussi d’assumer le pouvoir et de transformer la société par l’action gouvernementale. L’affirmation du réformisme, qui s’appuie sur le primat de la démocratie, ne doit en rien empêcher une perspective culturelle et politique plus vaste et plus radicale, car le combat de la gauche ne se limite pas à la gestion des affaires publiques. L’unité doit permettre de faire la synthèse du militantisme et de l’engagement à gauche, de la culture réformiste et de la culture contestatrice. C’est ce que Jaurès appelait « l’évolution révolutionnaire ».

L’unité  contre l’impuissance et pour le rééquilibrage à gauche

Dans la Vème République et encore plus depuis les décisions sur le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral (2000), l’élection présidentielle est l’évènement directeur de la vie politique en France. Compte tenu du rapport de forces à gauche, c’est le candidat ou la candidate du PS qui apparaît comme le ou la seul(e) capable d’être élu(e) et qui  fixe donc l’axe central des propositions de la gauche.

Or, si des forces nombreuses -qui plus est, divisées- subsistent sur la gauche de ce parti, la désignation, les choix internes, les arbitrages stratégiques ne peuvent traduire correctement les attentes du peuple de gauche. Une fois ceux –ci établis, la « gauche non socialiste » a peu de prise pour les modifier et peser ! Au-delà des élections, ce même mécanisme s’observe lorsque la gauche gouverne. C’est ainsi que les incompréhensions n’ont cessé de croître, entraînant même une certaine vulnérabilité des couches populaires aux thèses du FN.

L’unité doit permettre un rééquilibrage à gauche. Seule cette dynamique de dépassement de chaque structure permettra de stopper la spirale d’atomisation qui n’a pu être conjurée en dépit de l’échec de 2002. Elle devra assurer aussi une véritable prise en compte de l’écologie politique ou de certains mouvements altermondialistes, qui ne peuvent plus être considérés par la gauche comme périphériques.

En tout cas, force est de constater qu’au pouvoir ou dans l’opposition, avec la division et la concurrence, l’affaiblissement d’un des partis de la gauche  n’a pas assuré le renforcement des autres ni le progrès de l’ensemble. Aucun parti de gauche ne se porte bien et bon nombre de leurs électeurs et de leurs militants sont en plein désarroi. La chute du nombre total de leurs adhérents et surtout des militants, depuis 30 ans, montre qu’ il y a  des forces inemployées, des hommes et des femmes de gauche qui ne voient pas l’intérêt de militer dans les partis ou se défient d’eux.

 

Vers un Congrès de l’unité de la gauche

Les rénovations en vase clos ne pourront pas lever ces handicaps. C’est pourquoi nous plaidons pour le dépassement des partis existants et la création d’une nouvelle organisation fédérant tous ces courants de la gauche, à partir d’un congrès de l’Unité de la Gauche.

Cela nécessitera, à l'évidence, de nombreuses étapes. La première se joue sur le  fond, avec l’actualisation des valeurs de gauche et l’affirmation du projet de la gauche du 21ème siècle. Une charte pour l’unité de la gauche pourrait en jeter les bases.  L’unité ne saurait se bâtir sur la base de l’uniformité, de l’abandon des héritages de chacun, de l’écrasement d’un courant minoritaire, de la discipline imposée sans juste représentation des différentes composantes. Il est sans doute trop tôt pour définir les formes concrètes que pourrait prendre cette nouvelle organisation, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle devra assurer le respect des histoires et de la diversité des cultures que seule la représentation proportionnelle peut garantir.

Ce n’est pas parce que l’unité risque d’être difficile à réaliser qu’il faut y renoncer. Toute l’histoire du mouvement socialiste et communiste montre qu’il a fallu que les militants de cette cause mènent bien des combats et un travail de conviction pour surmonter les tendances à la dispersion et aux querelles internes. Ce fut le cas, en 1905,  avec le congrès du Globe, où l’intelligence politique sut triompher des guerres picrocholines entre partis, des désaccords irréconciliables entre modérés et radicaux. On pourrait encore citer en exemple l’unité des socialistes réalisée à Epinay en 1971.

En tout cas, la gauche et les socialistes ne se sont jamais sortis des crises, n’ont jamais réussi leur renouveau sans une nouvelle dynamique unitaire. Voilà pourquoi nous affirmons aujourd’hui, comme on le disait hier pour l’union, que «l’unité est un combat». Avec d’autres, que nous espérons nombreux, nous y prendrons toute notre part.

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23 septembre 2007 7 23 /09 /septembre /2007 07:15
 Photo-P.Quiles.jpgpar Paul Quilès

 La déclaration de B. Kouchner sur le risque de guerre avec l’Iran a naturellement été chaleureusement applaudie par les amis de M. Bush, qui ont trouvé là un soutien -peu fréquent en ce moment à travers le monde- à leur tendance à vouloir régler par la force tous les conflits de la planète.

          Mais voici maintenant le ministre des affaires étrangères de N. Sarkozy qui dément, qui Kouchner.jpgs’empêtre dans ses déclarations, qui se contredit, qui a été « mal compris », qui est « l’objet d’un complot médiatique » (sic)…. S’agirait-il donc d’une banale bévue, comme B. Kouchner en est coutumier ? Le chef de notre diplomatie, décidément bien assorti au maître de l’Elysée et des médias, serait-il une sorte de cow-boy « qui tire plus vite que son ombre » ?

          Cette hypothèse serait déjà bien ennuyeuse pour notre pays, qui se verrait ridiculisé sur la scène internationale par des propos aussi légers tenus par un haut responsable français. Comment ne pas constater par ailleurs que les tentatives de B. Kouchner, cherchant à minimiser la portée de sa déclaration, ne sont pas convaincantes, quand on se souvient de ses déclarations favorables à l’intervention américaine en Irak, dont nous avons été nombreux à prévoir les conséquences calamiteuses.

          En réalité, il existe une autre hypothèse, malheureusement plus grave : c’est que la phrase incriminée n’ait pas été prononcée par hasard ! Je m’explique. Cet été, la rencontre entre Bush et Sarkozy aux Etats- Unis n’avait pas pour finalité une aimable discussion sur leurs vacances respectives ! Il est très probable que, parmi les dossiers évoqués, celui de l’Iran ait donné l’occasion au Président Bush de faire part de son sentiment profond sur le sujet. D’après de hauts responsables américains, G. Bush, à un an de son départ de la Maison Blanche, est tenté de mener une opération forte, destinée à redorer son blason, bien terni tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des Etats- Unis. Il ne serait pas le premier à avoir ce genre d’idée, puisque, J. Carter engagea, juste avant le scrutin présidentiel, il y a 27 ans, une opération militaire….en Iran, qui se termina par un fiasco !

          Ce message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et notre Président, si désireux de donner un nouveau cours aux relations franco- américaines, n’a sûrement pas manqué d’en rapporter la teneur aux ministres concernés (défense, affaires étrangères, …). Immédiatement, ceux-ci se sont empressés de traduire cette sensibilité dans leurs propos,  le premier en prônant le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, l’autre en haussant le ton à l’égard  de l’Iran.

          Si l’on veut bien considérer le fond du problème, c'est-à-dire celui de la prolifération nucléaire et des menaces que font peser sur nous les pays non démocratiques ou « à risques » possédant l’arme nucléaire, il faut avant tout se demander si la meilleure façon d’y répondre est l’usage de la force militaire. On a bien vu que ce n’est pas la méthode qui a été suivie avec la Corée du Nord et la Libye. Ne parlons pas du Pakistan, que les Islamistes s’efforcent de déstabiliser et qui est soutenu par Washington, alors qu’il détient impunément l’arme nucléaire et qu’il n’est pas signataire du TNP (traité de non prolifération).

          Pour l’Iran, la méthode des sanctions internationales décidées par l’ONU commence à porter ses fruits ; une procédure de vérification des installations nucléaires a été engagée. Au lieu de soutenir cette démarche avec l’AEIA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) et l’ONU, c’est le moment que choisit B. Kouchner pour demander que des sanctions soient prises de façon unilatérale par l’Union Européenne (l’Allemagne a immédiatement refusé) et pour annoncer que, selon lui, la guerre contre l’Iran est une « option » envisageable.

          Voila pourquoi ma 2ème hypothèse, renforcée par l’alignement spectaculaire de la diplomatie française sur la politique de G. Bush, paraît malheureusement crédible. Espérons que la pression populaire fera obstacle à un engagement de la France dans une opération militaire contre l’Iran, si, par malheur les Etats-Unis devaient se lancer dans une telle aventure.

 

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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 21:40

Le Monde du 17 septembre 2007 a publié une intéressante tribune de Liêm Hoang-Ngoc (délégué national à l'économie du PS), qui répond par des chiffres intangibles aux idées largement répandues sur les régimes de retraites par N.Sarkozy et son gouvernement.

Elle mérite d’être lue.

 

Régimes spéciaux : la réalité contre les idées reçues  


Il y a quelque chose de paradoxal à soutenir, comme tous les "bien-pensants", que la pénibilité du travail doit devenir la base du calcul de la durée des cotisations, et à condamner dans le même temps les régimes spéciaux de retraite qui sont l'incarnation de ce principe. Dans les régimes spéciaux, qui concernent moins de 5 % des salariés, la durée de cotisation donnant accès à une retraite à taux plein est encore de 37,5 annuités, le taux de cotisation salariale est en général plus faible, mais le taux de remplacement est moins avantageux que dans le régime général.


Le régime spécial des cheminots, plus que celui des parlementaires, est la cible la plus visible du premier ministre. Le taux de remplacement de la pension d'un non-cadre est pourtant de 61 % du salaire chez les cheminots, inférieur au taux de 71 % du régime général.


A la SNCF, bien que le calcul de la pension s'opère sur les six derniers mois, contre les vingt-cinq meilleures années dans le secteur privé, ce taux de remplacement inférieur est dû au fait que les pensions des cheminots sont calculées à hauteur de 88 % de leur rémunération alors que le salaire intégral est la base de calcul dans le secteur privé.


D'autre part, l'âge de départ à la retraite est fixé à 50 ans chez les agents de conduite (et 55 ans chez les sédentaires). Aucun cheminot ayant débuté à 18 ans ne parvient donc à cotiser 37,5 années pour toucher une retraite à taux plein. Contrairement à d'autres régimes spéciaux, le taux de cotisation salariale non cadre est même plus important que dans le régime général ; il est de 7,85 %, contre 6,55 % pour le régime général. Le taux de cotisations patronales, de 26,4 %, est plus important que celui du régime général, de 8,2 %.


Le principal problème d'un régime spécial de ce type tient dans la faiblesse du rapport entre actifs et inactifs. A la SNCF, un actif finance deux retraités. Les projections du Conseil d'orientation des retraites indiquent cependant que d'ici à 2040, le ratio pourrait être de un pour un (en raison de la baisse du nombre de pensionnés) et que l'équilibre financier serait assuré dès 2020.


D'ici là, les cotisations ne suffiront pas à couvrir le financement du régime. Les syndicats accepteraient vraisemblablement de négocier une augmentation du taux de cotisation salariale, mais les cotisations sociales représentent seulement 38 % du financement du régime. La compensation opérée par le régime général représente 11 % et l'Etat finance les 50 % restant.


A cet égard, abolir ce régime spécial ne réglerait pas pour autant le problème. Cela reviendrait à transférer vers le régime général la charge de financement des retraités de la SNCF. Il faudrait alors demander aux agents de la SNCF de cotiser plus longtemps. Mais ce serait aller à l'encontre de la prise en compte de la pénibilité du travail dans la définition des durées de cotisation. C'est oublier d'autre part que les retraites ont été un moyen de moderniser l'entreprise sans licencier.


DRAMATISATION À OUTRANCE


De nombreux métiers, tels que les gardes-barrières, ont disparu, des gares et des lignes ont été fermées, et les gains de productivité recherchés avec l'informatisation et l'automatisation des guichets se sont traduits par des suppressions de postes, invisibles dès lors qu'ils prennent la forme de départs à la retraite autour de 54,1 ans en moyenne. L'allongement de la durée de cotisation n'y changerait rien.


Dans le secteur privé, l'âge moyen de départ à la retraite est resté à 57,5 ans, malgré la réforme Balladur, car les entreprises remercient leurs seniors pour réduire leurs coûts salariaux (les seniors ont des salaires plus élevés et une productivité présumée plus faible que les nouveaux entrants...). Dans ces conditions, à la SNCF, où les efforts de productivité et de minimisation des coûts sont aussi de mise, l'allongement de la durée de cotisation reviendrait, comme dans le secteur privé, à écarter un nombre croissant d'agents âgés du bénéfice d'une retraite à taux plein, dont le montant a déjà été raboté par la modification de sa base de calcul.


Si la durée de cotisation était portée à 40 annuités, la pension moyenne d'un cheminot que la SNCF ferait partir entre 50 et 55 ans serait réduite de 10 % !


La dramatisation à outrance du dossier des régimes spéciaux, jouée par François Fillon, pourrait provoquer un conflit hautement symbolique, digne de celui par lequel Margaret Thatcher vint à bout de la grève des mineurs. Leur défaite avait ouvert la voie à dix ans de néo-conservatisme, auxquels succéda le blairisme, en guise d'alternance...


On ne s'étonnera aucunement que certains "modernisateurs de logiciel socialiste" n'aient "aucun tabou" à accepter l'alignement des régimes spéciaux sur le régime général hérité des réformes réalisées par Balladur puis Fillon en 1993 et 2003, imposant aux salariés de cotiser plus pour gagner moins. Le Medef en profite déjà pour réclamer un recul de l'âge de la retraite pour tous les salariés.

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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 09:34
Rencontre de presse Gauche Avenir
Lors d'une réunion tenue Paris le jeudi 13 septembre 2007, les propositions de Gauche Avenir pour le renouveau de la gauche ont été présentées à la presse, en présence de quelques uns de ses animateurs (Marie-Noëlle Lienemann, Paul Quilès, Jean-Claude Gayssot, Ivan Levaï, Claude Cabanes, Emmanuel Maurel, Alexis Corbière, Jean-Claude Duron, Jean Michel).

-  Marie-Noëlle Lienemann a dressé un rapide bilan de l'activité de Gauche Avenir depuis le lancement de l'appel le 4 juin 2007, qui rassemble d'ores et déjà 1200 signataires venant des principales sensibilités des partis, syndicats et associations de la gauche, militants, sympathisants, élus, responsables politiques (PS, PCF, Verts, PRG, MRC). Le site Internet www.gaucheavenir.org est particulièrement actif. Les débats sont nombreux et témoignent d'une forte aspiration unitaire. De multiples réunions décentralisées sont programmées et plusieurs documents sont en préparation.

Paul Quilès a présenté le texte intitulé
« Les 7 clés du renouveau de la gauche », en insistant sur la nécessité de réaffirmer un cap stratégique: celui de l'unité, qui ne se réduit pas à des alliances ou des unions de circonstance. Il a conclu par un appel aux responsables et aux militants de tous les partis, syndicats, associations et clubs de gauche à préparer ensemble la Charte de l'unité de la gauche.

-   Claude Cabanes a insisté sur l'importance de l'affirmation forte et sans complexe de l'identité de la gauche, qui implique que celle-ci renoue avec la bataille idéologique et culturelle.

-   Jean-Claude Gayssot et Alexis Corbière ont précisé que les signataires de Gauche Avenir agissent aussi dans leurs propres organisations pour faire progresser les idées qui ont présidé à la création de Gauche Avenir.

-   Emmanuel Maurel a jeté les bases de ce que pourrait être la Charte de l'unité de la gauche.

-   Ivan Levaï a souligné la spécificité de Gauche Avenir, « club » ouvert à toute la gauche et à ses composantes, et rappelé que, dans les périodes de doute et de crise, les clubs ont souvent constitué un espace de rénovation et d'initiative susceptible de déclencher un mouvement général au sein de la gauche
.
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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 09:49

Jeudi 13 septembre, lors d'une rencontre de presse, j'ai présenté, avec les premiers signataires de l'appel de Gauche Avenir, le texte intitulé "les 7 clés du renouveau de la gauche", qui s'engage résolument en faveur d'une charte pour l'unité de la gauche. 
                                     Paul Quilès 
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    Face à une droite dure et déterminée, et après trois défaites consécutives aux présidentielles, la gauche n’est pas au mieux de sa forme. Fort logiquement, les appels au sursaut fleurissent. Même les plus fervents adeptes de l’immobilisme se sentent obligés de plaider en faveur de la nécessaire « rénovation ».

    Celle-ci ne doit en aucun cas se traduire par la liquidation pure et simple de nos valeurs et de nos principes. De même, il ne saurait être question de renoncer à la stratégie d'unité de la gauche, qui a toujours été la condition de la transformation sociale. Droitisation, renoncement, alliances au centre: nous n'accompagnerons pas cette mutation. 
   
     Au contraire, il est temps de renouer aujourd'hui avec la bataille idéologique et culturelle. La gauche ne peut rester passive face à une droite décomplexée qui a réussi à imposer son vocabulaire et à légitimer ses problématiques.  Face à cette offensive conservatrice, la gauche doit réaffirmer la modernité de ses valeurs et se réarmer idéologiquement. Cela suppose de renouer avec le débat et la réflexion intellectuelle. Telle est l'ambition de Gauche Avenir. 

Au delà de cette entreprise idéologique, nous voulons réaffirmer un cap stratégique : celui de l'unité.

-    L’unité est une nécessité historique pour reconstruire une gauche forte après les échecs répétés  des présidentielles et pour donner au camp progressiste une réelle capacité à combattre les reculs sociaux, les dérives néolibérales et à faire naître une véritable alternative politique. 

-    L’unité est une question majeure pour la  gauche et singulièrement pour ceux qui refusent les tentations d’alliance au centre ou l’affadissement de son projet de transformation sociale. 

  1)- L’unité de la gauche, pour une gauche offensive et décomplexée

L’exigence d’unité va de pair avec l’affirmation forte et sans complexe de l’identité contemporaine de la gauche. Cette identité ne doit pas être réduite à quelques généralités ou formules creuses. Elle suppose une vision critique du modèle capitaliste financier transnational dominant, la promotion d’une société laïque, émancipatrice pour chaque homme et chaque femme, le combat pour la liberté, l’égalité et la fraternité sur tous les champs de la vie sociale, l’affirmation d’un internationalisme solidaire et respectueux de la planète, alternatif à la mondialisation néo-libérale.

  2)- Contre l’alliance au centre

Nous ne pouvons pas rester impassibles et impuissants face aux prises de positions répétées de responsables du PS  en faveur d’accords avec le Modem. Hier, ce fut la confusion entre les deux tours des présidentielles, aujourd’hui c’est l’appel de certains pour les municipales.  
L’unité de la gauche est la seule alternative à ces dérives. Elle seule redonnera du sens au clivage gauche-droite et peut créer une nouvelle dynamique qui dépassera, le moment venu, les partis existants. Elle doit mobiliser la jeunesse mais aussi les hommes et les femmes de gauche engagés dans des clubs, associations, syndicats, qui  ne se sentent pas utiles et  reconnus  dans les partis existants.

  3)- Concilier gestion et contestation

L’ambition de la gauche doit être aussi d’assumer le pouvoir, de transformer la société par l’action gouvernementale, en veillant à solliciter le concours des citoyens.  Les exigences de la gestion ne doivent en rien empêcher une perspective culturelle et politique plus vaste et plus radicale, car le combat de la gauche ne se limite pas à la gestion des affaires publiques !Son ambition doit être de retrouver le sens de ce que Jaurès appelait « l'évolution révolutionnaire »

  4)- L'unité, condition de la victoire électorale et du changement social

La gauche n’est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. Ce fut le cas, avec le Front populaire en 1936, avec l’Union de la gauche en 1981 ou même avec la Gauche plurielle en 1997. A contrario, les divisions ont toujours été fatales à la gauche et les ouvertures au centre se sont soldées par des désastres électoraux et des renoncements inacceptables. L’unité ne peut se décréter au dernier moment, uniquement dans un accord électoral et moins encore compter sur l’automatique désistement au second tour, qui en est la version minimale.  

   5)- L’unité, pour mobiliser tout le peuple de gauche

Même si, sur le terrain électoral, le PS se porte mieux que les autres, il faut reconnaître que tous les partis de gauche et du monde écologiste vont mal. Bon nombre de militants et de citoyens sont désorientés.  
Au delà des partis, il y a la gauche syndicale, des associations ou des clubs qui ont souvent incarné une forme de militantisme dans les phases de crises et de refondation.
La gauche n’est pas seulement représentée par ses partis. C’est particulièrement net aujourd’hui lorsqu’on regarde leur nombre d’adhérents et surtout de militants, qui a considérablement diminué depuis 30 ans. Il y a donc des forces inemployées, des hommes et des femmes de gauche, qui ne voient pas l’intérêt de militer dans les partis ou se défient d’eux.

   6)- Une dynamique à créer

Ce n’est pas parce que l’unité est difficile à réaliser qu’il faut y renoncer. Cela nécessitera, à l'évidence, de nombreuses étapes.
Toute l’histoire du mouvement socialiste et communiste montre qu’il a fallu que les militant(e)s de cette cause mènent bien des combats et un travail de conviction pour surmonter les tendances à la dispersion et aux querelles internes.
Gauche Avenir, dès son origine, a fait ce choix. Toutes les contributions, tous les échanges, toutes les réunions ont déjà montré une forte aspiration unitaire.

                   -> Actualiser les valeurs de gauche 

Gauche Avenir, sans prétendre se transformer en un nouveau parti, veut être un acteur déterminant de cette dynamique, notamment en poursuivant son travail de fond. Donner un contenu clair à nos valeurs, jeter les bases d’un projet rassembleur et offensif: telle est l'ambition de Gauche Avenir.
Le partage des richesses doit être remis au cœur du projet de la gauche. Il faut réaffirmer que les politiques publiques doivent viser à améliorer la situation du salariat et non à tenter d’amadouer un capitalisme prédateur et destructeur de l’environnement ; que la socialisation des services publics essentiels est la condition sine qua non pour repenser des services modernes, efficaces et véritablement accessibles à tous. Plus que jamais,  la démocratie et la république doivent s’imposer dans la sphère économique et sociale. Quant à l’écologie, elle devient une nouvelle frontière, qui impose une vision à long terme et « soutenable » du développement.
Dans les années 70, c’est la rédaction d’un programme commun qui a permis l’union, car à l’évidence il était impossible à l’époque de surmonter les divergences idéologiques.
Aujourd’hui, l’expérience gouvernementale et la réalité mondiale et culturelle nous imposent au contraire de redéfinir un cadre idéologique et, en tout cas, un corpus de valeurs et un projet  politique et culturel.  Comme tout est fait pour disqualifier l’idée d’alternative politique (pseudo-droitisation de la société française, acceptation sans nuance du capitalisme sous prétexte de modernisme, pseudo-dépassement du clivage droite-gauche, disparition supposée des classes sociales…), il s’agit bel et bien de redonner à celle-ci de la vigueur et de la crédibilité.
 
                   -> Une Charte de l’unité de la gauche.

La réflexion doit être commune et associer largement tous ceux qui souhaitent cette unité. Bien sûr, nous agissons dans nos partis, nos associations et nos syndicats respectifs dans cette direction. Mais nous pensons qu'il faut aller plus loin et préparer une Charte de l’unité de la gauche.
Il ne s’agit pas d’abandonner nos engagements, lorsque nous en avons, mais bien, comme ce fut souvent le cas dans l’histoire de la gauche et des républicains, de constituer un espace de rénovation et d’initiative susceptible ensuite de déclencher un  mouvement général.

   7)-Une « construction collective ».

« Fabrique » de la  Charte pour l’unité de la gauche, Gauche Avenir veut être un lieu de convergence de tous les combats progressistes contemporains.
La situation actuelle exige  de profonds changements  et l’émergence d’un monde meilleur. Il est temps de surmonter les divisions sclérosantes d’aujourd’hui et de trouver dans les profondeurs de la gauche française les raisons d’espérer et les forces de l’action.
Cette « construction collective » est une tâche exaltante et réalisable.
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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 14:30
par Paul Quilès,
signataire de l’appel de Gauche Avenir
 
 
 
                    Promis, on va réfléchir, on va poser les problèmes de fond, on va analyser lucidement la situation, on va tout se dire. Promis, on va organiser des colloques, des conventions, des congrès, des assises. Promis, on ne va plus dire de mal des amis. Promis, on n’a aucune ambition personnelle.
         
          Cette litanie ressemble à un air connu. Après chaque défaite, les partis de gauche recommencent ainsi, avec les mêmes formules magiques, les mêmes incantations, les mêmes promesses de faire « nouveau », « différent », « moderne », « sans tabou ».
         
          Eh bien, je pense qu’on ne peut pas, cette fois-ci, faire comme d’habitude, une sorte de « business as usual », comme disent les Anglo- saxons. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’échec de 2007 marque la fin d’un cycle, celui des alliances circonstancielles entre des partis représentant des sensibilités de gauche éclatées. Cet échec électoral, réplique de celui de 2002, consacre également la victoire idéologique de la droite, qui, selon le concept gramscien, a réussi à imposer son « hégémonie culturelle ».
 
          Le défi pour la gauche est donc de taille, d’autant plus que l’élection présidentielle est devenue –sans que la gauche le conteste vraiment- l’alpha et l’oméga de la vie politique, polarisée plus que jamais autour de la désignation du monarque qui va « guider » la France pendant 5 ans. Dans ce contexte, l’offre politique de la gauche à la société française, confrontée par ailleurs à  un monde qui évolue à une vitesse fulgurante, ne peut plus se contenter d’approximations, de « copié-collé », d’improvisations, d’hommes ou de femmes providentiels.
 
          A cet égard, l’exemple de la seule* élection présidentielle gagnée par la gauche, celle de 1981, ne doit pas être utilisé en valorisant de façon exclusive le rôle –certes important- de François Mitterrand…encore qu’il est assez drôle de se souvenir des propos peu amènes à son égard tenus quelques mois avant son élection par ceux là même qui l’encensèrent ensuite! La véritable clé de cette victoire historique de la gauche, c’est bien la stratégie cohérente (une ligne, un langage, une perspective) voulue et suivie, contre vents et marées, par le PS et son 1er secrétaire, devenu candidat.
         
          Certains sont à l’évidence tentés de proposer la même recette. Seulement voilà, outre le fait que le successeur de Mitterrand n’est pas encore là, la donne politique a considérablement changé : chute du Mur de Berlin, avec ses conséquences sur le mouvement communiste, mondialisation accélérée faisant apparaître de nouvelles attentes, société française de plus en plus éclatée, éparpillement de la gauche qui n’est plus structurée par 2 grands partis….Le succès de la gauche au 2ème tour de l’élection de 2012 ne peut être espéré que si ces éléments sont pris en compte dans la définition de la nouvelle stratégie de la gauche.
 
Où doit se préparer cette stratégie ? Dans les partis bien sûr, dont le rôle structurant est évident, mais pas uniquement. On voit bien que les divergences, les désaccords et parfois les divisions se situent à l’intérieur même des organisations, comme dans tout l’électorat de gauche d’ailleurs. Dés lors, son élaboration doit être plus large et passer par une véritable mise en mouvement de l’opinion. C’est là, sous des formes appropriées –ainsi que le propose Gauche Avenir- que doit s’engager le débat préalable à tout rassemblement.
 
Pour que la gauche incarne à nouveau l’avenir, elle doit reprendre l’offensive et clarifier le sens de ses idéaux d’émancipation. Elle ne doit pas hésiter à redéfinir les principes –le progrès, la justice, la laïcité, la solidarité…- dans lesquels se reconnaissent les hommes et les femmes de gauche, qui ne peuvent se contenter de vœux pieux et slogans vides de sens. Face à une véritable régression du débat politique, il faut faire le pari de la culture et de la pensée exigeante et cultiver la rigueur conceptuelle et la netteté dans la formulation des alternatives à la loi totalitaire du marché. Il faut cesser de justifier l’abandon des principes au nom de la culture de gouvernement, ce qui réhabilitera l’image de la politique. Il faut contester les pseudo fatalités qui pèseraient désormais sur la vie économique et sociale. C’est à ce prix que l’on retrouvera le chemin des espérances collectives et que l’on préparera le renouveau de la gauche.
 
Je préfère ce mot de « renouveau » à ceux, empruntés au langage du BTP et si souvent utilisés actuellement, de « reconstruction », « refondation », « rénovation », « chantier ». Mais, s’il faut prolonger la métaphore et s’interroger sur la meilleure façon de remettre en état la maison ou, pourquoi pas, de construire une maison commune, alors, allons jusqu’au bout : c’est d’architectes et non de maçons dont nous avons besoin aujourd’hui. Je ne peux m’empêcher à ce propos de penser à la fameuse phrase de Marx, qui donna à F. Mitterrand l’idée du titre d’un de ses livres**: « L’abeille confond par la structure de ses cellules de cire l’habileté de plus d’un architecte. Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. »
 
          Comment devenir les architectes du renouveau de la gauche ? Tel est l’enjeu de la période pour tous ceux, nombreux, qui pensent que la situation de nos concitoyens et de tant d’hommes et de femmes sur notre planète exige de profonds changements et l’émergence d’un monde meilleur. Autant de raisons de surmonter les divisions et de trouver dans les profondeurs de la gauche française les raisons d’espérer et la force de réaliser cette tâche exaltante de « construction collective ».


* Le scrutin de 1988 a un caractère différent, compte tenu qu’il s’agissait d’une réélection.
** « L’abeille et l’architecte » 
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 11:52
par Paul Quilès
 
          Il fut un temps, pas si lointain, où l’on utilisait abondamment les expressions comportant le qualificatif de « nouveau » : nouvelles technologies, nouvelle démocratie, nouvelle droite, nouvelle cuisine et même…nouveaux pauvres.
          Eh bien, je suggère que l’on parle aujourd’hui de « nouvelle démagogie » pour décrire ce que nous vivons en France depuis quelques mois. Reconnaissons au Président de la République le mérite d’avoir annoncé la couleur avant son élection en donnant des signes et même des indications fortes sur son comportement à venir. La liste en est longue : présence médiatique permanente, mise en scène de sa vie privée, hyper réactivité devant tout évènement ou fait divers suscitant l’intérêt ou l’émotion du public, langage direct et parfois brutal, annonce de solutions immédiates à tous les problèmes de société, même les plus complexes, emprunt aux thèmes et aux références de l’adversaire……..
          Certes, par rapport à la démagogie « ancienne », il n’y a rien de bien nouveau dans les techniques et les ressorts de la machine qu’a mise en route Nicolas Sarkozy depuis le 6 mai. Les ingrédients sont toujours les mêmes : il faut plaire au plus grand nombre dans l’instant, en feignant de répondre à une attente impatiente, en parlant simple et direct, en fustigeant les « méchants », en faisant croire que tout problème est susceptible de se régler par des solutions rapides et simples.
          Que le président veuille porter une attention forte à la vie quotidienne des Français n’est pas choquant en soi. Ce qui est grave –et c’est là que se situe la démagogie- c’est de donner le sentiment que la politique se réduit à une succession de réactions de compassion et de réponses à l’emporte pièce pour tous les sujets qui traversent l’actualité. 
          On a vu, avec les récents drames liés à des affaires de délinquance sexuelle, comment le choix de répondre dans l’instant à l’émotivité médiatique pouvait conduire à annoncer des mesures législatives inadaptées et même dangereuses, comme cette idée saugrenue de créer des hôpitaux fermés pour délinquants sexuels après la prison.
          Nicolas Sarkozy, qui a cru habile de se réclamer de Jaurès (cité 32 fois dans son discours de Toulouse le 12 avril dernier !), devrait se souvenir qu’il se battait pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative. A cette époque aussi, il fallait convaincre et ce n’était pas facile, mais Jaurès estimait qu’il fallait parfois savoir « dépenser sa popularité » en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe »
          La démarche du président, qu’il est difficile de ne pas qualifier de démagogique, conduit naturellement à ne pas traiter les dossiers délicats sereinement et en profondeur.
          Elle abuse les citoyens, en leur faisant croire, avec l’aide de médias hypnotisés par « tant d’efficacité », que le pays est dirigé d’une main ferme et compétente.
          Elle relègue le premier ministre et son gouvernement dans des rôles de figurants et c’est ici que se situe précisément le caractère «nouveau» de cette démagogie. En effet, les institutions de la République sont détournées et, fait surprenant, peu de voix s’élèvent pour dénoncer l’instauration de cette véritable monarchie, élective peut-être, mais monarchie quand même, puisque le président, contrairement au premier ministre, n’est en rien responsable devant le Parlement. C’est lui qui oriente, qui décide, qui parle, sans avoir de compte à rendre à quiconque.           
         Il est regrettable que cette dérive de nos institutions -qui n’est malheureusement pas récente- ait été accentuée par la décision prise en 2000 (que j’ai été un peu seul à critiquer à l’époque !) d’instaurer à la fois le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral. L’élection du président de la République est devenue l’évènement qui écrase l’ensemble de la vie politique française. Malgré les promesses récurrentes de réformes destinées à « accroître les droits du Parlement », celui-ci, déjà très affaibli depuis le début de la Vème République, n’est pas près de jouer sérieusement le triple rôle qui devrait être le sien : orienter la politique du gouvernement, le contrôler, légiférer. Loin d’une assemblée qui ferait entendre « la voix de la France », on continuera très probablement, comme le dit J.F.Kahn, à voir les députés remplir  «consciencieusement et tristement la case que l’Etat assigne à l’expression chronométrée de la fureur légale ».
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez