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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 10:37
 Renouveler la politique étrangère de la France

Tribune de Paul Quilès publiée par l'Humanité du 1er mars 2016

sous le titre "Nous entrons dans une période nouvelle"

 

 

      Comme ses prédécesseurs, François Hollande s’est engagé à suivre une politique étrangère de paix en mettant l’accent sur le développement durable et la sécurité, qui sont deux des principales conditions structurelles de la paix.

 

     En septembre 2015, il a ainsi annoncé à la tribune de l’ONU une augmentation de l’aide française au développement de 4 milliards d’euros en 2020. En décembre 2015, le Sommet de Paris a posé les bases d’une action solidaire pour combattre le dérèglement climatique, nouvelle et grave menace pour la sécurité internationale.

 

      La France a par ailleurs conduit avec succès des actions militaires de stabilisation en Afrique ; elle joue un rôle important dans l’endiguement du terrorisme au Sahel et contribue à la lutte contre le prétendu « État islamique ». En Europe, François Hollande a su mettre en place un cadre adapté* pour le règlement de la crise ukrainienne, qui réunit les chefs des exécutifs français, allemand, ukrainien et russe. Ce cadre de négociation a permis la conclusion en février 2015 des accords de Minsk II, qui offrent la seule perspective juste et réaliste de retour à la paix (autonomie des régions d’Ukraine de l’Est, contre un rétablissement plein et entier de la souveraineté ukrainienne).

 

      Si l’on excepte le succès récent de la COP 21, la diplomatie française manque de visibilité, son message de paix est peu ou mal entendu.

 

      Pour surmonter cette relative marginalisation, il paraît nécessaire d’opter résolument pour une « diplomatie de mouvement ». D’abord en prenant acte, au-delà même du terrain économique, de la réintégration de l’Iran dans la communauté des nations, dès lors qu’il respecte ses engagements. De même, pourquoi n’envisager aucune évolution dans notre rapport à la Russie, au moment où les blocages dans l’application de Minsk II se font surtout sentir du côté ukrainien ? Enfin est-il réaliste de persister à demander le départ immédiat d’Assad au lieu d’envisager son éloignement comme le résultat d’un processus politique inclusif, dans le cadre d’un retour progressif à la stabilité** ? Dans cette crise également, une relation plus confiante avec la Russie renforcerait les chances de la paix.

 

      Notre politique étrangère ne peut pas se résumer aux consensus élaborés au sein de la communauté euro-atlantique ou de l’Union européenne. La France doit  savoir faire entendre une voix spécifique au service de la paix. Elle a parfois eu tendance à affirmer sa singularité dans la surenchère, comme on l’a vu à propos du programme nucléaire iranien ou de la riposte aux crimes d’Assad. Elle pourrait le faire de manière plus constructive, par exemple pour la reconnaissance de la Palestine comme État ou pour la construction d’une nouvelle architecture de sécurité européenne.

 

      Enfin, la France doit savoir définitivement s’affranchir des postures du passé. La stratégie de dissuasion ne peut plus être l’alpha et l’oméga de sa sécurité. Après l’échec inquiétant de la dernière conférence d’examen du TNP, elle devrait adresser au monde un message de désarmement. François Hollande a annoncé vouloir enfin relancer les négociations pour un traité d’interdiction des matières fissiles à usage militaire. Il a présenté un projet de traité à cet effet. Pourquoi ne pas avoir imaginé d’autres actions dans le prolongement de cette démarche, comme un moratoire sur les modernisations d’armes nucléaires ?

 

     Nous entrons dans une période nouvelle, bien différente de celle de l’immédiat après-Guerre froide. Le terrorisme, la multiplication des États en crise, les conduites agressives, les tentations de prolifération, l’insuffisance manifeste des organisations internationales font naître de nouveaux dangers. La politique étrangère doit se renouveler profondément pour y faire face.

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense

Ancien président de la Commission de la défense de l’Assemblée Nationale

Président d’IDN

 

 

* Ce cadre de négociation est connu sous le nom de « format Normandie »

 

** Selon les termes du « groupe d’action sur la Syrie », réuni à Genève en juin 2012, sous l’égide de l’ONU.

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 17:00
EDF : la fin de l’Etat dans l’Etat ?

   Je vous recommande la lecture de cette tribune très pertinente de Benjamin Dessus, Président de l'association "Global Chance", dans laquelle il traite de la situation d'EDF et des contradictions préoccupantes entre certaines annonces et les engagements de la "transition énergétique".

 

**************

       "La découverte récente des difficultés d’EDF avec la chute de la valeur de ses actions - de 85,50 € le 22 novembre 2007 à 10,90 € le 18 février dernier (une perte de valeur de 157 milliards d'euros de 2016 pour l’Etat actionnaire) - et les craintes suscitées pour l’avenir par le mur d’investissement à réaliser pour engager la politique que son président a présentée le 16 février suscitent évidemment de nombreux commentaires.

       Dans son éditorial du 17 février, le quotidien Le Monde y voit « la fin d’une époque où EDF et son armée d’ingénieurs du nucléaire, véritable Etat dans l’Etat, dictaient aux gouvernements la politique de la France ». On pourrait s’en réjouir pour la démocratie si les circonstances n’étaient pas si graves pour le service public et les finances de l’Etat, et si, au moins, c’était tout à fait exact."  (....)

 

                                                                                     Lire la tribune

 

Lire aussi: " la combine d'EDF pour sauver son parc"

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 22:15
Une belle école

     J'aime beaucoup cette récente photo de notre école intercommunale, située au pied de la cité médiévale de Cordes sur Ciel et dont le mur extérieur est décoré par la fresque que viennent de peindre les élèves.

 

      La Communauté de communes que je préside est fière de cette belle école, remarquable par son architecture, son insertion dans le site et son caractère bioclimatique.

 

En savoir plus sur l'école

 

 

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 09:29
Question au Président

Lors de l’émission « le téléphone sonne » du 19 février au cours de laquelle le Président Hollande a répondu aux auditeurs de France Inter, les questions de défense n’ont pas été évoquées.

 

Dommage, alors que, le 16 novembre 2015, il déclarait  «La France est en guerre!» et que notre pays, qui consacre 32 milliards d’euros à sa défense, est présent sur de nombreux théâtres d’opérations.

 

Une question au Président a pourtant été proposée par un animateur d’IDN, association que je préside :

 

« La France va participer activement au Sommet sur la Sécurité Nucléaire (Washington, 30 mars), qui est une initiative américaine sur les dangers du terrorisme nucléaire. Pourquoi alors la France refuse-t-elle de prendre part -après concertation avec les autres puissances nucléaires - à une Conférence votée par 138 Etats à l’Assemblée générale de l'ONU, dont l’objectif est de Faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire ? »

 

Notre question n’a malheureusement pas  été retenue. Nous le regrettons, car nous aurions aimé entendre le Président expliquer aux Français quels sont les risques que prendrait la France à participer à ce Groupe de travail*, qui débute le 22 février.

 

Par contre, s’agissant des risques liés au nucléaire militaire, il n’est pas inutile de rappeler que :

 

- la France détient le troisième arsenal nucléaire au monde et engage en permanence un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, armé de 16 missiles M51, prêt à enclencher une frappe nucléaire destructrice ;

- les Américains, les Russes et les Britanniques ont aussi en opération des systèmes aériens et sous-marins en patrouille permanente ;

- la Chine montre des signes clairs d’une volonté de mettre certains systèmes d’armes nucléaires en état d’alerte permanent.

 

Pour sa part, IDN sera présente lors des différentes sessions de travail (février, mai, août) de cette conférence.

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 09:22
Le complot.....

      Umberto Eco, grand intellectuel et auteur de l’inoubliable roman « le nom de la rose »,  vient de nous quitter.

 

      Il avait le sens des formules qui ridiculisent certaines dérives de notre époque.


      Voici par exemple comment il dénonçait avec humour la manie, si fréquente, d’attribuer l’origine des grands évènements à des complots :

 

"Moi je dis qu'il existe une société secrète avec des ramifications dans le monde entier, qui complote pour répandre la rumeur qu'il existe un complot universel "

 

*****

Voir son portrait sur ARTE 

 

"Umberto Eco- Derrière les portes"

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 19:33
Redonner tout son sens à la démocratieRedonner tout son sens à la démocratie

       Plutôt que de disserter bruyamment et en permanence autour des possibles/probables/souhaitables/inévitables candidat(e)s à la prochaine élection présidentielle, mieux vaudrait réfléchir sérieusement au fonctionnement de nos institutions et notamment au rôle du Président de la République.

 

        C’est ce qui a été fait dans l’excellent rapport parlementaire intitulé « Refaire la démocratie », qui a été publié il y a quelques mois dans une regrettable indifférence médiatique et politique.

 

        On y retrouve pourtant une pertinente analyse des dérives de type monarchique auxquelles on assiste de plus en plus souvent. Après avoir souligné leurs conséquences néfastes pour la démocratie et l’efficacité même de l’action publique, le rapport formule de très utiles propositions, dont je vous invite à prendre connaissance (pages 75 à 84).

 

        J’y suis d’autant plus sensible qu’en octobre 2007, je publiais un texte, « la démocratie affaiblie », qui (malheureusement) ne me semble pas avoir vieilli. Quatre ans plus tard, je récidivais, avec cette question « quelle souveraineté ? »  On trouvera des extraits de ces textes ci-après.

 

      Combien de temps faudra-t-il encore attendre avant que les responsables politiques fassent justement preuve de responsabilité en proposant et en mettant en oeuvre les réformes qui redonneront tout son sens à la démocratie ?

 

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La démocratie affaiblie (9 octobre 2007)

 

    Alors que la gauche disserte sans fin sur sa « refondation », les démocrates –notamment ceux qui se réclament de la gauche- seraient bien avisés de se mobiliser face à l’attaque, sans précédent depuis 50 ans, qui se prépare contre les fondations de notre démocratie.

     Loin de moi l’idée de défendre de façon intangible les institutions de 1958. Elles ont certes permis de sortir de l’impuissance qui était devenue la marque de la IVème République, mais la décision prise en 1962 d’élire au suffrage universel le Président de la République a transformé la légitimité du pouvoir exécutif. Il suffit de relire la déclaration du général De Gaulle le 31 janvier 1964, affirmant que « l’autorité indivisible de l’Etat est déléguée tout entière au Président de la République ; qu’il n’y a aucune autorité ministérielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire qui puisse être conférée ou maintenue autrement que par lui… ». En réalité, ces institutions portaient en elles les dérives auxquelles on a assisté : accentuation du prétendu « domaine réservé » du Président, effacement du Premier ministre, Parlement corseté et sans réel pouvoir.

     Depuis 10 ans, je n’ai cessé d’alerter sur ces risques et de proposer des réformes. Beaucoup de salive a coulé : discours, livres, colloques, motions de congrès…Malheureusement, la gauche au pouvoir n’a pas mené les transformations nécessaires. François Mitterrand, qui s’est un peu trop –à mon goût- glissé dans des institutions qu’il avait critiquées de façon pertinente dans l’opposition, se rassurait en disant « la Constitution était dangereuse avant moi ; elle le redeviendra après moi ». De ce point de vue, il n’avait pas tort ! Quant à Lionel Jospin, il mit en place de façon concomitante le quinquennat et l’inversion du calendrier, accentuant ainsi le caractère excessivement présidentiel du régime. Je me souviens de ma solitude lorsque je me permis de critiquer cette mesure, dont je pressentais les conséquences néfastes sur l’équilibre des pouvoirs.

     Ayant fait de très nombreuses propositions* visant à restaurer le caractère parlementaire de nos institutions, je me sens autorisé aujourd’hui à mettre en garde contre les conséquences de la tentation de N. Sarkozy d’accentuer encore plus la présidentialisation du régime. En effet, la commission présidée par E. Balladur s’est vue fixer parmi ses objectifs de proposer les réformes « permettant au Président de gouverner ». Il s’agit en réalité de mettre le droit en conformité avec la pratique instaurée depuis quelques mois : un président tout puissant, un premier ministre condamné à jouer les utilités, un parlement dont on va pouvoir constater le rôle purement formel. La disparition pure et simple du poste de premier ministre complèterait le tableau ! Le Président pourrait alors gouverner directement, sans être responsable devant l’Assemblée Nationale et en conservant son pouvoir de dissolution. (….)

     Pour vraiment réformer nos institutions et les rendre dignes d’une grande démocratie moderne, il faudrait notamment débarrasser le Président de ses attributs monarchiques, obliger le Premier ministre à solliciter la confiance de l’Assemblée Nationale dès sa nomination et à la fin de chaque session, donner au Parlement de vrais moyens de contrôle de l’exécutif, faire des députés des élus à temps plein, ne cumulant leur mandat ni avec une fonction d’élu local ni avec un métier. (….)

    La gauche devrait se fixer comme objectif prioritaire de son action de s’opposer vigoureusement et de façon unitaire à cette dérive, qui, si elle se confirmait, constituerait un affaiblissement grave du caractère démocratique de nos institutions.


* Voir notamment: mon livre « les 577, des députés, pour quoi faire ? », mes propositions et mon activité de Président de la Commission de la défense (1997-2002) ; mes propositions lors du projet socialiste en 2002 ; ma contribution au Congrès de Dijon du PS en 2003 ; ma proposition de loi tendant à permettre au Parlement de contrôler l’application des lois, adoptée par l’Assemblée nationale (mai 2006)

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Quelle souveraineté ? (3 novembre 2011)

 

   C’est dans les périodes de crise que se manifeste le plus la confusion des esprits. La panique qu’engendrent la peur de la catastrophe et la recherche compulsive de solutions salvatrices immédiates prend le pas sur la nécessaire réflexion en profondeur, qui exige un retour aux " fondamentaux".

    Ainsi, la dramaturgie européenne à laquelle nous assistons en ce moment fait l’impasse sur la question majeure de la souveraineté dans les régimes démocratiques.

    En France, rappelons-le, c’est la Constitution qui en définit les principes fondamentaux. « La souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum » (article 3). Elle pose le principe de la République comme étant «le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (article 2)

     Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont ces principes sont appliqués, sur la pratique et les dérives des institutions d’une Vème République, devenue dans certains domaines un système quasi monarchique (voir ma tribune écrite il y a 4 ans....toujours d'actualité: « la démocratie affaiblie» )

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 19:39
Les sous-marins nucléaires vulnérables aux cyberattaques ?Les sous-marins nucléaires vulnérables aux cyberattaques ?

      Jusqu'à présent, le risque de cyberattaque contre les arsenaux nucléaires était rarement évoqué. C’est pourtant une menace bien réelle, comme vient de le prouver un rapport de l’organisation britannique ELN.

 

      Les conclusions de ce rapport rejoignent les termes de la résolution de l’Union Interparlementaire , qui se dit « particulièrement préoccupée de ce que le piratage des systèmes de commande et de contrôle des armes nucléaires pourrait entraîner le lancement et la mise à feu d'armes nucléaires et causer des catastrophes sans précédent ».

 

      Cette menace qui pèse sur le système de la dissuasion nucléaire vient une nouvelle fois semer le doute sur la totale crédibilité de cette politique, qui est fondée, aussi bien pour la Grande Bretagne que  pour la France, sur un système de sous-marins indétectables.

 

      Andrew Futter souligne dans son rapport que, désormais « il ne sera jamais possible de dire que cette force de dissuasion nucléaire est entièrement sûre contre les cyberattaques, ou qu’elle ne peut pas être compromise à l'avenir. »

 

*************

      Pour en savoir plus, lire sur le site d’IDN

(association Initiatives pour le Désarmement Nucléaire, que je préside)

 

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      Ci-après, article publié par le Canard enchaîné.

Les sous-marins nucléaires vulnérables aux cyberattaques ?
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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 16:49
Au revoir, Philae

      Je n'oublie pas qu'il y a 15 mois, j'ai suivi avec passion l'aboutissement de l'aventure spatiale de la sonde Rosetta et du robot Philae (voir ci-dessous mon texte du 12 novembre 2014).

      Aujourd'hui, les chances d'établir un contact avec le petit robot installé sur la comète Tchouri, mais muet depuis le 9 juillet, sont "proches de zéro", a annoncé l'agence spatiale allemande DLR, vendredi 12 février. "Il fait froid et noir sur la comète Tchouri et les chances de communiquer avec la sonde Rosetta s'amenuise, mais ne suis pas prêt d'abandonner", a tweeté le compte du petit robot, dans une ultime note d'espoir!

      "Le temps est venu de lui dire au revoir", précise le communiqué. Le Centre de contrôle de l'atterrisseur a en effet cessé d'envoyer des commandes au robot-laboratoire européen.

    Je souhaite encore une fois à cette occasion saluer  la prouesse technologique qu'a constituée l'aventure de Rosetta et Philae et sa contribution à la connaissance de l'Univers.

Pour plus d'information, lire ici

          Bravo: Philae s’est posé sur la comète!

                             (sur ce blog le 12 novembre 2014)

   

     Un grand merci à l’ESA et au CNES de nous avoir permis de vivre en direct cet après- midi les derniers moments d'un événement historique: l’atterrissage du robot Philae sur la comète 67 P, à 450 000 km de la Terre, après une odyssée de 10 ans.

 

      J’ai partagé à distance l’émotion, l’inquiétude, puis la joie des techniciens, des ingénieurs, des scientifiques, dans l’attente de la confirmation de la réussite de l’atterrissage.

 

      Cette superbe prouesse technologique ravit le scientifique, passionné d’espace, que je suis. Je n’oublie pas que la mission Rosetta a été imaginée à l’époque où j’étais ministre de l’espace….et que ceux qui défendaient ce type de projet n’étaient pas toujours bien compris par le monde politique.

 

      Le succès de la mission Rosetta/Philae est un bel exemple de la contribution de l’espace à la connaissance de l’Univers. C’est aussi la confirmation du caractère indispensable de la coopération européenneautour de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et du CNES.

 

      Merci et bravo à Jean-Jacques Dordain, Directeur Général de l’ESA, à Jean-Yves Le Gall, Président du CNES et à toutes les équipes qui se sont mobilisées depuis tant d’années autour de ce formidable défi !

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 18:31

      L’appel à organiser des primaires de la gauche en vue de l’élection présidentielle de 2017, lancé le 11 janvier 2016, ne m’avait pas convaincu. Je m’en étais entretenu avec mon ami Rémi Lefebvre, professeur de science politique, chercheur au CNRS et bon connaisseur de notre système institutionnel.

 

      Nous étions convenus qu’il était « contradictoire de dénoncer en même temps le fait du prince qui découle de la présidentialisation et de proposer une procédure qui renforce la présidentialisation. »


      En réalité, disions-nous, « les primaires entérinent et accélèrent avant tout une logique de personnalisation et favorisent les postures tactiques. Elles n’ont pas la capacité mécanique de raviver le débat citoyen. Elles renforcent la logique présidentialiste et bi-polarisante de la Ve République. A plus long terme, elles favorisent la dépolitisation, la personnalisation et la dramatisation artificielle de la vie politique. La seule façon de ne pas tomber dans ces travers consiste à appeler préalablement l’ensemble de la gauche à poser comme condition de son soutien à un candidat l’engagement de modifier en profondeur les institutions. »

 

      Tel ne semble pas être le cas. C’est ce que fait remarquer Rémi Lefebvre dans cette excellente tribune publiée aujourd'hui dans Le Monde, que j’approuve totalement et dont je vous invite à prendre connaissance.

 

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La primaire à gauche est un leurre

 

      Le projet de primaire en dit long sur l’impasse de la gauche, son désarroi actuel et sa désorientation stratégique. Le texte d’appel paru dans Libération le 11 janvier prend acte de la situation de blocage dans laquelle s’est enferrée la gauche.Fragmentée à outrance, défaite idéologiquement, démobilisée politiquement, celle-ci risque de se fracasser sur le premier tour de l’élection présidentielle dans un an et demi.

 

      Les défaites cuisantes aux élections intermédiaires depuis 2012 n’ont en rien contrarié une droitisation de l’exécutif de plus en plus assumée. Pire, la candidature de François Hollande, pourtant largement disqualifiée dans l’opinion, apparaît de plus en plus incontournable pour 2017. Les appels au "vote utile" face au double péril extrémiste et terroriste se font déjà entendre. Le levier de la primaire apparaît comme une réponse à cette impuissance systémique. Atomisée, la gauche en vient à se raccrocher à une procédure qui, sous couvert de déverrouiller la situation, ne peut que renforcer à terme les maux qu’elle dénonce et la présidentialisation mortifère du jeu politique.


      Les termes du débat sur la primaire ont changé depuis 2009 lorsque Libération, Terra Nova et Arnaud Montebourg avaient lancé l’offensive pourune primaire socialiste. On lui prêtait alors des pouvoirs magiques, celui de réenchanter la politique, de renouveler le personnel politique ou  de dépasser les partis. Le succès démocratique de la procédure de 2011 au PS et la victoire de François Hollande ont en quelque sorte validé l’efficacité électorale de ce processus, à tel point que même la droite, qui lui était pourtant hostile, s’y est ralliée.


      Depuis 2012, l’image de la primaire a pourtant changé. La clôture autistique du jeu politique est plus forte que jamais. Le président de la République, adoubé par trois millions de sympathisants à la primaire, lors de ce scrutin, s’est révélé au pouvoir émancipé de toute tutelle partisane et parlementaire et impose au « peuple de gauche » et à ses partis une politique dans laquelle ils ne se retrouvent pas et qui n’obtient aucun résultat. La plupart des commentateurs conviennent désormais que cette procédure de désignation contribue à exacerber encore la personnalisation de la politique et l’hystérie présidentialiste du débat public, renforcées par le quinquennat et l’inversion du calendrier présidentiel. En accord avec l’imaginaire providentialiste du régime de la Ve République, la primaire n’est qu’une manière de réguler la concurrence des ambitions personnelles qu’elle légitime et banalise, ce faisant.


      Le dernier appel de Libération prend en compte ces limites, mais pèche par quelques naïvetés. Selon les signataires, la primaire pourrait être une machine à débattre et faire prévaloir la logique des idées et des projets alternatifs. La primaire a certes tranché des débats idéologiques en 2011. Mais cet arbitrage constitue-t-il une garantie dans le régime présidentialiste ? Rien n’est moins sûr. Le processus a un peu plus encore affranchi de son parti le président en exercice. La ligne sociale-libérale de Manuel Valls, largement désavouée par les sympathisants (5 % des suffrages), est devenue la colonne vertébrale de la politique gouvernementale. Comment croire ainsi à une primaire qui débouche sur « une coalition de projet et un contrat de gouvernement » et qui soit avant tout « un temps de débat et d’intelligence collective » ?


Une situation cruelle


      La primaire relève de la démocratie représentative, pas de la démocratie participative. Sa vocation est bien de désigner un homme ou une femme pour être candidat et le consacrer comme tel. Pour neutraliser a priori ces effets, les partisans de la primaire auraient pu imposer aux candidats de s’engager, si l’un d’entre eux était élu, à remettre en cause les institutions. Mais il n’y a pas de consensus à gauche sur la question institutionnelle, d’ailleurs jugée peu prioritaire, voire accessoire. Une primaire désignant un « candidat collectif », au crédit personnel démonétisé, paraît quant à elle peu vraisemblable.


      Pour la gauche, la situation est d’autant plus cruelle que la stratégie de la primaire apparaît à la fois comme la seule possible à court terme,compte tenu des règles institutionnelles, et pourtant comme une perspective très improbable. La primaire de 2011 a été le résultat d’un débat interne au PS particulièrement âpre (la plupart des dirigeants socialistes y étaient au départ hostiles). Le projet pour 2016 est beaucoup plus ambitieux encore puisque, dans le contexte de la montée de l’extrême droite, il s’agit de convaincre l’ensemble des partis de gauche de désigner un candidat commun alors que l’élection présidentielle constitue une vitrine médiatique essentielle pour chacun d’entre eux. Les signataires de l’appel du 11 janvier cherchent à contourner et à court-circuiter les partis, mais ces derniers restent les maîtres du jeu. Les prises de position sur la primaire sont surdéterminées par arrière-pensées tactiques, mauvaise foi et coups de bluff qui ne trompent personne mais plombent la démarche. Le projet de la primaire rassemble essentiellement les adversaires François Hollande.


Ce serait « déchoir »


      Jean-Christophe Cambadélis, dont la mission depuis 2014 est de sécuriser la candidature du chef de l’Etat, pose comme condition la participation de Jean-Luc Mélenchon et cherche à temporiser avec les contre-feux de «l’alliance populaire » ou des « cahiers de la présidentielle ». Il prévient aussi : ce serait « déchoir » que d’exposer le monarque républicain à la procédure de la primaire à laquelle l’ex-président Nicolas Sarkozy a pourtant finalement accepté de participer à droite.


      Le calendrier joue pour le patron du PS : si la primaire n’est pas rapidement décidée, elle est de fait vouée à l’échec puisqu’elle demande une logistique importante. Jean-Luc Mélenchon, autoproclamé « sauveur » irremplaçable de la gauche, se refuse quant à lui à une procédure qui pourrait l’« abîmer » et dont il récuse les règles du jeu. Il a peut-être pourtant plus de chance de battre François Hollande lors d’une primaire qu’à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle. Les « frondeurs » du PS, plutôt réticents sur la primaire en 2009, s’y sont ralliés par pragmatisme, s’appuyant sur ce dernier levier que le PS leur laisse pour contester la légitimité du président et imposer un «inventaire ». Cécile Duflot, qui se prépare depuis des mois à une candidature, y voit une manière de se réinscrire dans la course présidentielle alors que son parti est en charpie…

 

Un socle idéologique minimal


      Pour que les appareils cèdent, les partisans de la primaire jouent « le peuple de gauche » contre les partis. Mais quelle est au juste la demande sociale d’une primaire dans l’opinion dans un contexte de crise sociale sans précédent ? La cause de la primaire, procédure complexe, encore nouvelle et centrée sur le jeu politique, ne peut mobiliser que des franges politisées de la société. C’est ainsi la partie la plus diplômée de l’électorat de gauche qui a participé à la primaire de 2011. Thomas Piketty peut objecter que le nombre de signataires de l’appel (plus de 70000 à ce jour) avoisine à peu près le nombre de militants socialistes, c’est encore bien peu.

      On fait en définitive jouer un rôle à la primaire qu’elle peut difficilement assumer. Pour être viable, la procédure suppose le partage d’un socle idéologique minimal. Lui seul garantit que les perdants ne se renient pas en se ralliant au gagnant. Avec la droitisation du PS, la polarisation idéologique de la gauche s’est tellement renforcée qu’un périmètre de la primaire de « Macron à Mélenchon » est la meilleure manière de compromettre la démarche. Le projet de la primaire achoppe en somme sur les divisions de la gauche qu’elles sont censées surmonter et purger.


      A ce stade, l’hypothèse la plus probable est une primaire des partis à la gauche du PS, mais la question du leadership au sein de cet espace politique ne se posera pas avec moins d’acuité. Alors que faire ? Le rebond de la gauche ne pourra venir que d’une recomposition de ses frontières partisanes, d’une clarification idéologique et d’une repolitisation de la société. Cet agenda dépasse la prochaine échéance présidentielle.


Rémi Lefebvre est l’auteur du livre Les Primaires socialistes, la fin du parti militant (Raisons d’agir, 2011) et, avec Frédéric Sawicki, de La Société des socialistes. Le PS aujourd’hui (Editions du croquant, 2006). Il est aussi conseiller municipal (PS) à Hellemmes, commune associée à Lille.

La primaire à gauche est un leurre
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 11:07
C'est Badinter qui le dit!

N'oubliez pas de lire la déclaration de Robert Badinter

 

ce matin dans Le Monde au sujet de la déchéance de nationalité:

 

 "Une révision constitutionnelle n'est pas nécessaire"

 

Dommage qu'on ne l'ait pas entendu plus tôt...

 

."On", c'est à dire: F.Hollande, M.Valls, les parlementaires, le PS.

 

Dommage aussi qu'il n'y ait eu aucune réaction

 

à ce que nous disions ici il y a plus d'un mois:

 

Déchéance

Quiz sur la déchéance

Adresse à François Hollande

Des Français s'adressent au Président

Mesdames et Messieurs les parlementaires, à vous de décider

 

Déchéance de nationalité : « une révision constitutionnelle n’est pas nécessaire », pour Badinter


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/05/decheance-de-nationalite-pour-robert-badinter-une-revision-constitutionnelle-n-est-pas-necessaire_4859815_3232.html#LyeoX38SwgPB38P6.99

C'est Badinter qui le dit!
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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez