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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 09:06
Un peu de décence, SVP!

      J'ai été député pendant de nombreuses années et je n'ai jamais apprécié* le climat des "questions d'actualité", qui sont censées permettre aux députés d'interroger les ministres sur les sujets dits "d'actualité".

 

     Ces séances des mardis et mercredis après-midi sont trop souvent l'occasion d'affrontements aussi inutiles que ridicules entre majorité et opposition. Le nécessaire débat démocratique ainsi que le contrôle de l'action gouvernementale, fonctions éminentes du Parlement, méritent mieux que le triste spectacle auquel on assiste trop souvent, critiqué par les médias.....qui le relaient largement.

 

      Ce que nous avons vu et entendu lors de la séance d'hier est indécent et même indigne. A quoi riment ces simulacres d'unité nationale, ces "Marseillaise" chantées à l'unisson, ces grandes proclamations sur "l'état de guerre" (formule discutable, selon moi) si l'hémicycle de l'Assemblée Nationale ressemble à une cour d'école où les cris, les invectives, les applaudissements, les huées prennent le pas sur l'écoute, l'échange et la critique constructive?

 

      Les parlementaires, supposés être à l'écoute des Français, doivent savoir que de tels comportements sont sévèrement jugés.

 

      C'est pourquoi  je fais la proposition suivante: que les Présidents des groupes parlementaires soient réunis par le Président de l'Assemblée et qu'ils décident, d'un commun accord et jusqu'à nouvel ordre, que ces séances de "questions d'actualité" ne donnent lieu à aucune manifestation (applaudissements, cris....) et que tous les intervenants -majorité, opposition, ministres- s'efforcent de contrôler leur mode d'expression. 

 

      La démocratie aurait tout à gagner à cet effort collectif, qui ne nuirait pas à l'unité nationale, dont chacun reconnaît la nécessité dans les douloureux moments que traverse notre pays.

___________________________________________________________

* Voir par exemple mes propositions faites en mars 2001 dans mon livre "les 577, des députés pour quoi faire?" (page 131)

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 11:00
Hommage de Cordes sur Ciel

Les élus et la population de Cordes sur Ciel

 

s'associent au deuil national

 

décidé à la suite des événements tragiques

 

survenus vendredi à Paris.

 

Voir site de la mairie

 

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 17:04
Contre Daesh, quelle guerre?

      Dans l’avion pour Paris puis pour Londres, où je vais participer à une réunion de personnalités européennes et américaines autour du thème « la sécurité internationale » (terrible coïncidence !), je lis la presse du jour.

 

      Je suis impressionné et même bouleversé par les témoignages poignants de celles et ceux qui ont vécu le cauchemar des attaques barbares perpétrées par les tueurs de Daesh à Paris. Je suis admiratif devant le dévouement des secours et le sang-froid dont les témoins du carnage ont fait preuve.

 

      Je constate qu’une véritable chaîne de solidarité s’est mise en place en France et dans de nombreux pays et j’espère qu’elle durera au-delà de la forte émotion du moment.

 

      Je lis aussi les commentaires, les analyses, les propositions, les débuts de polémique (déjà !) et je me demande : sera-t-il possible que ceux qui parlent beaucoup évitent la surenchère verbale et surtout évitent de jouer avec les mots ? Utiliser les « mots de la guerre » ne doit pas se transformer en une inutile « guerre des mots ».

 

      Nous savons ce qu’est la guerre : un affrontement, généralement violent, entre deux Etats, 2 nations, 2 armées, avec des objectifs clairs de part et d’autre. Il peut s’agir de conquérir le territoire de l’autre et de l’annexer, ou de s’emparer de ses biens, ou de le vaincre militairement pour ensuite négocier une paix et lui imposer ses conditions. Une fois l’objectif fixé, il faut dégager les moyens nécessaires pour mener cette guerre (seuls ? avec des alliés ? lesquels ? sur quel territoire ?) et se fixer un calendrier (guerre éclair ? guerre longue ?)

 

     Comment passer sous silence également que, dans une guerre, il y a toujours des morts de civils (et pas seulement de militaires) des 2 côtés ?

 

     Daesh prétend être un Etat (EI), mais il n’en a pas les attributs, même s’il occupe un territoire qu’il a envahi, profitant de la grave faute des Américains, qui ont détruit toute gouvernance en Irak après la guerre qu’ils ont déclenchée, même s’il dispose de quelques moyens financiers et de troupes composées d’éléments disparates et fanatisés.

 

     J’entendais ce matin quelqu’un dire que Daesh est en fait une  « entreprise » et pas un Etat. Cela me semble bien décrire cette organisation, qui cherche à développer son implantation, ses filiales, son chiffre d’affaires et qui a défini à cet effet une stratégie cohérente.

 

     La réussite du combat contre « l’entreprise Daesh » dépendra de façon prioritaire de la capacité à s’organiser et à agir des pays qui ont intérêt à sa destruction, parce qu’ils sont directement touchés par ses actes criminels. Il s’agit bien de destruction, puisqu’il est évident qu’ici, contrairement à ce qui se passe lors d’une guerre, il n’y aura pas de négociation de paix.

 

      A cet égard, je trouve que la 2ème réunion de Vienne qui s’est tenue hier est un premier pas dans la bonne direction, mais encore très insuffisant. Même si l’on a avancé sur le principe d’un cessez le feu entre les forces du régime et l’opposition démocratique, ainsi que sur le calendrier politique concernant la tenue d’élections en Syrie dans les 18 mois, il demeure toujours des divergences sur la façon de mener le combat contre Daesh.

 

      Et pourtant, il devient urgent d’agir ! Après les 2 réunions de Genève (juin 2012 et janvier-février 2014) et les 2 récentes rencontres de Vienne, il serait temps, comme je ne cesse de le répéter*, de sortir des tergiversations, des contradictions, des ambiguïtés dans les discours et les actes, si l’on veut vraiment trouver une issue au conflit syrien.

 

      * Extrait de "Syrie: tournant politique ou volte face?"

" La réunion de Vienne représente plus qu’une évolution pour la plupart des acteurs. C’est une véritable volte-face pour ceux qui faisaient du départ immédiat d’Assad un préalable à toute discussion, pour ceux qui "jouaient" avec les différentes composantes islamistes, pour ceux qui avaient comme objectif principal de régler le sort de leurs minorités, pour ceux qui ne souhaitaient pas trop s’engager dans l’affrontement militaire contre l’EI, pour ceux qui ne croyaient pas à une issue politico-militaire."

Pour mémoire, voici une intervention sur le terrorisme islamist

 

que j'ai faite en février 2014. 

 

C'était il y a 20 mois!

 

Regarder l'enregistrement vidéo

 

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:01
Emotion, compassion, gratitude, sang-froid, réflexion

Après des heures passées au cours de la nuit à suivre les terribles évènements qui ont ensanglanté Paris en ce vendredi 13 novembre, les mots qui me viennent à l’esprit sont simples : émotion, compassion, gratitude, sang-froid, réflexion.

 

Emotion devant l’étendue du carnage réalisé froidement et systématiquement par des terroristes.

 

Compassion pour les victimes, leurs familles, toutes celles et tous ceux qui ont vécu cette nuit d’horreur.

 

Gratitude à l’égard des forces de l’ordre et des services de secours, qui ont montré une remarquable efficacité.

 

Sang-froid indispensable du peuple français et de ses dirigeants, qui ne doivent pas, malgré la douleur, tomber dans le piège tendu par les terroristes, dont l’objectif est d’épouvanter, de semer le chaos et d’interdire toute réflexion.

 

Réflexion précisément, pour aller au –delà des réflexes alimentés par le désir compréhensible de punition, voire de vengeance.

 

Et maintenant ?

 

- Il faut d’abord comprendre les conditions dans lesquelles s’est réalisé de façon professionnelle et coordonnée ce carnage.

 

- Il faut aussi s’attaquer efficacement à la racine du mal, qui est très certainement à rechercher du côté de l’EI (Daesh), cette organisation terroriste alimentée par une idéologie véritablement fasciste.

 

Ce n’est pas un hasard si ce massacre est intervenu la veille de la réunion de Vienne, où 17 délégations doivent débattre aujourd’hui de la lutte contre Daesh. Espérons que ne continueront pas les tergiversations auxquelles on assiste depuis plusieurs années.

 

Un évènement encourageant vient de se produire il y a 2 jours: la reprise par les combattants kurdes de la ville de Sinjar*, tenue jusqu’ici par l’EI, qui montre la pertinence de la présence au sol de forces militaires régionales.

 

* Ville clé située sur la route entre Rakka, la « capitale » syrienne de l’EI et Mossoul, le « cœur » du pouvoir de l’EI en Irak.

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 23:55
Il y a 20 ans, l'assassinat d'un homme de paix

      Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin était assassiné par un fanatique juif. C'est l'homme de paix qui était visé, celui qui avait signé en 1993 les accords d'Oslo avec Yasser Arafat et qui avait reçu, à la suite de cette signature, le prix Nobel de la paix, conjointement avec celui-ci et Shimon Peres

      20 ans plus tard, alors que le climat entre Israëliens et Palestiniens s'est considérablement détérioré et que les espoirs de paix semblent bien minces, j'ai trouvé utile la lecture de ces 2 articles publiés ce matin dans La Dépêche du midi:

 

       Les bougies se sont éteintes (par Jean-Claude Soulery)

 

    20 ans après l'assassinat de Rabin, ce qu'il reste des espoirs de paix  (par Damièle Kriegel)

 

 

 

 

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 12:02
Syrie : tournant politique ou volte face?

     Lors d’une récente réunion que j’animais à propos des évènements de Syrie, j’ai cité la fameuse phrase d’un orateur tentant d’expliquer la situation au Moyen-Orient et concluant : "Si vous avez compris, c’est que j’ai dû mal m’exprimer ! "

 

      Il est vrai qu’en essayant d’y voir clair dans les intentions, les discours, les actes, les intérêts, les alliances des parties en présence, on peut rapidement s’y perdre, d’autant plus que, dans ce conflit, contrairement à certaines évidences, les ennemis de vos ennemis ne sont pas nécessairement vos amis !

 

       L’objectif principal – l’éradication de l’EI- est trop souvent perdu de vue. Les modes d’intervention militaire sont confus : bombarder quoi ? intervenir au sol ? avec qui ? Quelle attitude adopter à l’égard du régime d’Assad pour permettre une transition politique crédible en Syrie ?

 

      Il est temps pour les pays qui veulent vraiment trouver une issue au conflit syrien de sortir des postures qui les ont conduits à tant de tergiversations, de contradictions, d’ambiguïtés dans les discours et les actes.

 

      Après les tentatives infructueuses des deux conférences de Genève (juin 2012 et janvier-février 2014), ce qui vient de se passer à Vienne, où 17 pays (dont l’Iran, ignoré jusqu’ici)  se sont retrouvés a été décrit comme un "tournant politique".

 

   Souhaitons-le et espérons que les participants de cette rencontre continueront à manifester leur volonté d’aboutir. Il faut dire que la réunion de Vienne représente plus qu’une évolution pour la plupart des acteurs. C’est une véritable volte-face pour ceux qui faisaient du départ immédiat d’Assad un préalable à toute discussion, pour ceux qui "jouaient" avec les différentes composantes islamistes, pour ceux qui avaient comme objectif principal de régler le sort de leurs minorités, pour ceux qui ne souhaitaient pas trop s’engager dans l’affrontement militaire contre l’EI, pour ceux qui ne croyaient pas à une issue politico-militaire.

 

      Certes, on est encore loin d’avoir finalisé le plan qui permettra à la fois d’éradiquer l’EI, de mettre fin à ses terribles exactions, et de sortir la Syrie du chaos, mais la direction est la bonne. L’exemple de la négociation sur le nucléaire iranien a montré qu’il y a d’autres voies que l’utilisation exclusive de la force militaire pour réduirer, puis mettre fin à de graves tensions internationales.

 

*******************

    Pour essayer de mieux comprendre la complexité des forces en présence, je vous conseille de regarder cette excellente vidéo

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 14:37
Biographie

  Ecrit par Serge Regourd et André Cabanis,

ce livre est édité par le Cherche Midi.

Il sera en librairie le 22 octobre 2015.

 

      C’est pour moi une expérience étonnante que de revivre les principaux évènements qui ont jalonné mon parcours professionnel et politique à travers le regard de deux observateurs.

 

      Le tableau que Serge Regourd et André Cabanis présentent dans ce livre est débarrassé de l’inévitable subjectivité qui imprègne les récits personnels. Sans partager nécessairement tous leurs jugements, je me retrouve assez bien dans ce texte, qui revient, à l’occasion de la description de mon parcours, sur l’histoire de la gauche et du Parti socialiste pendant 40 ans.

 

      Qu’ils soient remerciés pour leur travail minutieux et pour la mise en perspective approfondie à laquelle ils se sont livrés dans cet ouvrage, dont j’espère que vous apprécierez la lecture.

 

                                                     Paul Quilès

 

*****

Présentation du livre par les auteurs

 

      Il s'agit de la biographie de celui qui fut directeur de la campagne présidentielle victorieuse de 1981, et par la suite, l'un des principaux dirigeants du parti socialiste, ministre sur une longue période, notamment à la Défense et à l'Intérieur.

 

     Mais, comme le suggère le titre même de l'ouvrage, cette biographie constitue, conjointement, un prisme privilégié pour mesurer les évolutions ou mutations du PS entre 1981 et aujourd'hui. Ce serait un euphémisme de relever que le regard de Quilès sur les deux présidents de la République issus du parti socialiste est contrasté. Les mutations en cours expliquent que le légitimiste des années Mitterrand, placé au centre des courants de l'époque, se retrouve aujourd'hui à l'aile gauche...

 

      Ecrit par deux universitaires sur la base des archives d'une longue carrière politique, cet ouvrage participe aussi à éclairer les débats contemporains, en revenant sur les parcours des protagonistes du PS avec lesquels Quilès a connu coopération, confrontations et, parfois, déchirements...

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 08:23
Interventions de Paul Quilès

- 17 octobre- participation au débat organisé dans le cadre de la Fête de la Rose du Tarn sur « la gauche et le pouvoir »

Carmaux- Domaine de la Verrerie- Salle de l’Orangerie

 

- 20 octobre- intervention dans le cadre de la réunion organisée par la Fédération PS du Tarn sur le thème : « les origines de la crise syrienne, les conséquences, les solutions possibles »

Albi- 53 rue Henri Moissan

 

- 26 octobre- intervention au colloque organisé par le club « Démocraties » sur le thème : « quelle dissuasion en l’absence d’arme nucléaire »

Paris- Assemblée Nationale

 

- 16-17 novembre- participation à la réunion du « groupe de personnalités sur la sécurité euro-atlantique », organisée par ELN (European Leaderrship Network)

Londres

 

- 12 décembre- intervention à la conférence organisée par le GREP sur le thème : « le point sur le nucléaire militaire »

Toulouse

 

- 15-16 décembre- participation au séminaire franco-britannique organisé par ELN et ALB sur le thème « les enjeux de sécurité, notamment nucléaire en Europe »

Paris- Assemblée Nationale

 

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Récentes interventions

 

- 21 septembre- intervention dans le cadre de la réunion organisée par le Mouvement de la Paix à l’occasion de la Journée internationale de la paix.

Caen (Calvados)- Mémorial de la paix

 

- 7 octobre- intervention devant la 200ème promotion des auditeurs de l’IHEDN dans le cadre d’un débat sur le thème « regards croisés sur la dissuasion »

Strasbourg (Bas Rhin)

 

- 13 octobre- intervention dans le cadre de la réunion organisée par le Mouvement de la Paix sur le thème de la situation internationale et de la dissuasion.

Achères (Yvelines)

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 09:21
Syrie : il est urgent de sortir des ambiguïtésSyrie : il est urgent de sortir des ambiguïtés

J'ai publié cette tribune dans l'Humanité du 1er octobre 2015

 

      « On ne sort de l’ambigüité qu’à ses dépens », disait le cardinal de Retz. C’est cette inquiétude qui a dû tarauder les principaux acteurs du drame syrien, y compris la France. Chacun pensait que c’était la meilleure façon de défendre ses intérêts nationaux. Les multiples contradictions, hésitations et revirements auxquels cela a conduit ont contribué à aggraver le bilan terrifiant d’une guerre civile de 4 ans et demi : 240 000 morts, dont plus de 10 000 enfants, 8 millions de déplacés à l’intérieur de la Syrie, 4 millions vers le Liban, la Jordanie et la Turquie, des centaines de milliers vers l’Europe.

 

      Il aura fallu que ce drame touche directement les pays occidentaux sur leur sol (terrorisme, afflux brutal de réfugiés), pour que les ambiguïtés commencent à être levées et que l’on se pose les questions qui auraient dû être depuis longtemps au cœur des négociations internationales. Quel est l’ennemi principal ? Avec qui veut-on le combattre ? Avec quels moyens ? Quelle est l’urgence des actions à mener pour réduire l’ennemi ?

 

      La réponse à ces questions suppose naturellement que l’on prenne acte de l’incroyable complexité de la situation et de la faiblesse des forces démocratiques syriennes. Aujourd’hui, il est clair que les résultats des bombardements aériens réalisés par la coalition autour des Etats-Unis pour combattre l’EI sont peu probants. De plus, aucune stratégie politique de stabilisation de la région n’a été définie pour donner un sens à ces actions purement militaires.

 

      La lutte contre l’EI prendra du temps et il serait naïf de croire que des frappes aériennes et une action au sol en Syrie sous l’égide de pays occidentaux permettraient d’en venir à bout. La seule solution pour conjurer ces périls est de nature politico-militaire. Elle suppose une négociation entre les pays qui ont intérêt, à des titres divers, à mettre un terme à l’emprise et au développement de l’EI.

 

     Les évolutions de plusieurs de ces pays (Russie, Iran, Arabie Saoudite notamment) sur la scène internationale indiquent qu’une telle solution est vraisemblable. L’option d’une vaste coopération militaire entre les pays occidentaux, la Russie et les puissances de la région (Arabie saoudite et Iran en particulier) peut donc être envisagée, pour autant que le récent déploiement russe ait pour seule mission de combattre l’EI et pas de sauver le régime syrien

 

      Mais cette coopération n’offrirait une perspective de sortie de conflit qu’à condition d’être accompagnée par un plan politique visant à la constitution en Syrie d’un gouvernement de transition disposant des pleins pouvoirs exécutifs et rassemblant toutes les forces politico-militaires, à l’exception de l’EI et des fractions radicales des combattants islamistes. Assad ne devrait plus jouer, dans un premier temps, qu’un rôle marginal et symbolique dans la perspective de son éloignement définitif du pouvoir.

 

       Seule une implication sérieuse de la communauté internationale donnerait des chances de succès à un tel plan, auquel la France devrait prendre toute sa part. Il devrait faire l’objet d’une résolution de l’ONU, préparée par un groupe de contact constitué sur le modèle qui a permis le règlement de la crise iranienne[1]. Si un règlement politique est obtenu, le déploiement d’une force de stabilisation peut être envisagé sous mandat des Nations Unies.

 

      Les bases d’un tel plan ont été posées lors des conférences de Genève de juin 2012 et janvier 2014. Trop de temps a été perdu depuis ! Il est urgent de sortir de l’ambiguïté et d’agir pour traiter à la source les causes des drames qui ensanglantent les pays du Moyen-Orient et qui commencent à affecter dangereusement les pays européens.

 

[1] Membres permanents du Conseil de sécurité, Union européenne, Allemagne, auxquels pourraient être associés les puissances régionales dont l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Egypte.

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 17:03
L’affaire Volkswagen : un défi contre la démocratie

Cette excellente tribune de Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, président de l'association Global Chance, a été publiée par Alterecoplus

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La presse et la classe politique de tous bords paraissent pour une fois unanimes : l’affaire Volkswagen est un scandale. Tout le monde s’inquiète de l’image écornée de l’industrie allemande, craint une éventuelle contagion du scandale à d’autres marques… Certains même s’inquiètent pour la santé des populations soumises à des émissions de particules plusieurs dizaines de fois supérieures aux normes imposées !

Mais derrière cet épisode, il y a encore beaucoup plus grave : une banalisation du mensonge à grande échelle qui détruit l’idée même de démocratie.

En effet, dans une civilisation technique aussi complexe que la nôtre, la vérité sur les caractéristiques les plus importantes des outils que nous utilisons n’est évidemment plus directement accessible à chacun d’entre nous. Pour exercer nos choix individuels et collectifs, nous avons impérativement besoin de la médiation d’une « expertise publique indépendante », capable d’apporter aux citoyens des informations « fiables » au sens propre du terme, c’est-à-dire des informations auxquelles on puisse se fier. C’est à partir de ces données « factuelles » que les consommateurs mais aussi les citoyens et leurs organisations peuvent mettre en débat les choix collectifs qui engagent des aspects majeurs de leur vie en société.

Discussions biaisées

A quoi bon en effet discuter des mérites respectifs des véhicules diesel, des véhicules électriques ou des véhicules à essence, sur le plan de la santé (microparticules, gaz toxiques, etc.), de l’environnement, de l’effet de serre ou je ne sais quoi encore, si les données d’entrée des exercices de comparaison sont mensongères d’un facteur 10 ? A quoi bon discuter des avantages et des inconvénients des différents moyens de produire de l’électricité, si les pouvoirs publics cautionnent le black-out imposé par certains industriels (EDF et Areva) sur les coûts de leur production ou les risques qu’ils entraînent, sous prétexte de secret industriel ou de secret défense ?

Dans le cas de l’affaire Volkswagen, les normes Euro 6 ont fait pendant des années l’objet d’âpres discussions et de tractations pour tenir compte des intérêts antagonistes des uns et des autres, dont Volkswagen, avant de devenir la loi intangible pour tous les pays de l’Union européenne.

Etais-je simplement d’une naïveté coupable quand, surpris des ambitions affichées il y a un an par le gouvernement à propos des véhicules électriques1, j’avais pris pour argent comptant les normes Euro 6 pour effectuer une étude comparative des mérites et défauts des différentes motorisations des véhicules sur le plan de l’environnement, des ressources et des finances publiques (effet de serre, particules, bruit, énergies fossiles, coûts publics).

Discrédit

Je suis aujourd’hui porté à le croire, en repensant aux sourires condescendants de certains de mes interlocuteurs publics devant mes conclusions : en effet, l’avantage comparatif du véhicule électrique par rapport à un véhicule diesel respectant ces fameuses normes s’amenuisait tant qu’il remettait clairement en cause l’intérêt du scénario gouvernemental. Comme si certains de mes interlocuteurs, sans pouvoir remettre en cause mes calculs, étaient parfaitement conscients qu’ils reposaient sur des données grossièrement truquées.

A quoi bon dans ces conditions continuer à essayer d’apporter aux citoyens une expertise indépendante, comme le font un certain nombre d’associations ou d’organisations qui s’évertuent à rendre compréhensibles les éléments clés des décisions collectives ?

Comment convaincre les consommateurs d’agir dans l’intérêt collectif et les citoyens de s’intéresser aux décisions publiques si les choix qu’on leur propose sont viciés par des mensonges grossiers ?

Au-delà de la question industrielle, c’est bien d’un déni de démocratie qu’il s’agit. Un déni qui risque d’amplifier encore le syndrome du « tous pourris ».

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Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
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Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez