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2 décembre 2006 6 02 /12 /décembre /2006 18:01

                 

Darfour : silence, on meurt

 

 

 

par Paul Quilès, député du Tarn, Vice Président de la Commission des affaires étrangères        

 

 

 

 

 

 

Article paru dans "L'hebdo des socialistes" du 2 décembre 2006


Comment les socialistes, qui se présentent comme des internationalistes, pourraient-ils rester insensibles à ce qui se passe au Darfour depuis plus de 3 ans ?

Pour ma part, ayant présidé la mission parlementaire d’information sur le génocide rwandais, je suis  particulièrement sensible au déroulement de ce drame. A plusieurs reprises, je suis intervenu pour attirer l’attention du gouvernement français sur l’inefficacité de la Communauté internationale face à la dégradation tragique de la situation. Malheureusement, les inquiétudes que je manifestais il y a 2 ans sont devenues de tristes réalités, avec un terrible bilan : plus de 200 000 morts, deux millions et demi de déplacés, menacés par la famine, les maladies et la mort, des viols, des massacres, des destructions systématiques.

Il faut bien dire qu’à part les cris d’alarme des ONG, qui y mènent une action courageuse et de plus en plus difficile, l’opinion publique est assez insensible au sort de cette région grande comme la France, confrontée à ce que Kofi Annan définit comme « l’enfer sur terre ».

Certains parlent de génocide, mais peu importe pour l’instant la qualification juridique de ces épouvantables exactions. L’urgence, c’est d’agir efficacement pour arrêter ce qui constitue une véritable épuration ethnique.

La situation est certes complexe : lutte entre factions, ingérence étrangère, attitude ambiguë de certaines grandes puissances. Les efforts de l’Union Africaine et de l’ONU pour favoriser un accord de paix durable ont malheureusement été vains jusqu’ici et, devant la gravité de la situation, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé le 31 août dernier l’envoi de 17 000 Casques Bleus. Décision sans lendemain, puisque le Président soudanais Omar El Bechir continue à refuser le déploiement de cette force et menace même de la recevoir « comme le Hezbollah a reçu les Israéliens » ( !).

En attendant, les massacres continuent, l’Etat harcèle le personnel humanitaire et les journalistes, qui sont soupçonnés de divulguer les exactions. Dernière provocation du président soudanais : l’expulsion du représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU pour des propos qui ont déplu aux autorités.

Je connais les difficultés de la diplomatie ; je sais aussi les contraintes auxquelles sont soumis les gouvernements face à la nécessité d’une opération de maintien de la paix risquée, mais je constate également que certaines situations suscitent plus d’émotion et donc plus de volonté d’agir que d’autres.

On explique en général que l’hésitation de l’ONU à intervenir contre l’avis du gouvernement du pays concerné provient de l’interprétation de l’article 2 de la Charte des Nations Unies (non ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat). C’est méconnaître l’évolution des esprits, puisque Kofi Annan lui-même a reconnu que « rien, dans la Charte de Nations-Unies, n’empêche de reconnaître qu’il y a des droits par- delà les frontières », ce qui fonde « la responsabilité de protéger ».

Le mois dernier, en revenant sur l’écrasement de la révolte de Budapest par l’armée soviétique il y a juste cinquante ans, on se lamentait sur l’état du monde à l’époque de la guerre froide et du partage de Yalta, qui conduisit à abandonner les insurgés hongrois à leur triste sort. Je ne peux me résoudre à ce que, dans quelques années, des campagnes viennent dénoncer -peut-être violemment- l’apathie ou l’inefficacité  de notre pays et de la Communauté internationale devant le drame du Darfour.

Je suis convaincu qu’une prise de conscience est indispensable et je crois qu’elle est possible, en particulier si les médias brisent le mur de l’indifférence. C’est dans cet esprit que je me suis récemment adressé aux responsables des grands organes de presse et d’audiovisuel pour leur demander de sensibiliser l’opinion sur le drame du Darfour, ce qui ne manquerait pas d’influencer les décideurs.

Je le répète, il y a urgence : on ne peut pas attendre qu’après 200 000 morts, il y en ait 300 000, 500 000 ou 800 000, comme au Rwanda. Nous ne sommes pas ici devant une question diplomatique ou géo-politique, mais devant une question d’humanité. Face à ce drame, nous avons un devoir d’humanité. Je souhaite en tout cas que les socialistes en soient conscients et qu’ils prennent une part active aux actions qui seront menées pour faire cesser le martyre du Darfour.

Paul Quilès
Député du Tarn
Vice-président de la Commission des affaires étrangères

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29 novembre 2006 3 29 /11 /novembre /2006 02:33

plate-forme-petrole.jpgC’est le titre du rapport de la mission d'information “Energie et géopolitique” présidée par Paul Quilès.
Ce rapport a été rendu public le 29 novembre, après avoir été adopté à l’unanimité par la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale. Il est disponible sur le site de l'Assemblée Nationale (cliquez-ici).
Il présente une réflexion inédite sur la crise de l’énergie dont les conséquences sont multiples et graves sur le plan du climat et de l’environnement, sur le plan économique et sur le plan politique.
Il propose un plan d’actions pour éviter que la crise énergétique durable dans laquelle le monde est entré ne dégénère en guerre de l’énergie.

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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 02:15

Samedi 25 novembre 2006, Paul Quilès, maire de Cordes sur Ciel a inauguré le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Cordes. Installé dans la Maison du Grand Fauconnier le nouveau musée comprend six salles : salle Yves Brayer, Espace André Verdet, Salle Baskine / Meunier, salle Aline Gagnaire, salle de la broderie cordaise et un espace pour les expositions temporaires.

 La Maison du grand Fauconnier est une des belles demeures historiques qui font la gloire de Cordes : façade gothique ornée de sculptures en haut relief (14e s.), cour intérieure, escalier à vis du 15e, salles aux décors peints et fresque. Occupant l’intégralité de l’édifice, le Musée d’Art Moderne et Contemporain offre une rencontre unique entre le patrimoine historique et la création artistique. Abordant des styles et des mouvements divers, les collections du musée, qui comptent près de 500 œuvres, proposent un parcours à travers l’art au 20e s. : Picasso, Léger, Klee, Arman, Jenkins, Fromanger, Brayer, Baskine, Meunier, Gagnaire, Verdet...

 

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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 17:58

 

Rwanda : interview de Paul Quilès dans Libération

 

 

 

 

 

Député socialiste du Tarn, Paul Quilès avait dirigé, en 1998, la mission parlementaire d’information sur le Rwanda. Il réagit à la décision du juge Jean-Louis Bruguière de lancer des mandats d’arrêt contre neuf proches du président Paul Kagamé, dont son chef d’état-major, James Kabarebe, accusés d’être responsable de l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion de l’ancien président Juvénal Habyarimana, piloté par un équipage français. Un attentat qui avait servi de déclencheur au génocide.


Comment réagissez-vous à cette décision?

Je ne suis pas étonné. A l’époque de la Mission d’information, nous savions qu’il y avait une zone d’ombre dans l’origine de l’attentat du 6 avril 1994. Nous avons demandé que la justice se saisisse de cette affaire au plus vite pour comprendre qui était à l’origine de ce qui a déclenché le génocide. Nous avions retenu deux hypothèses: celle d’une action des extrémistes au sein des Forces armées rwandaises (hutu) ou celle du Front patriotique rwandais (FPR) de Kagamé. Nous ne tranchions pas, mais les présomptions pesant sur le FPR étaient assez fortes.

En quoi consistaient-elles?
Il y avait des arguments techniques et politiques. Nous savons que le FPR possédait des missiles sol-air, retrouvés dans une «série» ougandaise (l’Ouganda était un allié proche du FPR, ndlr) De plus, nous avons noté une volonté délibérée chez les responsables rwandais, politiques et militaires (issus du FPR, ndlr), de dissimuler la vérité sur la possession de ces missiles. Par ailleurs, nous avions prévu d’entendre un ancien compagnon de route du FPR. Mais il a été mystérieusement assassiné…

Et la piste hutue?
Nous n’excluions pas que des extrémistes hutus, opposés à l’application des accords de paix d’Arusha (entre tutsis et hutus, parrainés par la France, ndlr), aient voulu se débarrasser du président Habyarimana. Mais au lendemain de l’attentat, il est apparu que ces extrémistes étaient totalement désarçonnés. Reste que, sur le plan technique, ils possédaient eux aussi des missiles sol-air.

Sans surprise, Paul Kagamé a réagi très vivement aux accusations du juge Bruguière. Pensez-vous qu’un point de non-retour a été atteint entre la France et le président rwandais ?
Kagamé n’a jamais hésité à s’appuyer sur le drame du génocide pour asseoir son pouvoir. Il en fait porter la responsabilité - au-delà des Rwandais eux-mêmes - aux puissances étrangères, notamment à la France. La Mission parlementaire a fait justice de cette accusation. Il ne faut jamais oublier - malheureusement - que ce sont des Rwandais qui ont massacré d’autres Rwandais.

24 novembre 2006

 

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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 01:21
Suite à son intervention auprès de Madame IDRAC, Présidente de la SNCF, Paul QUILES a obtenu que la liaison directe du train de nuit "Le Parisien" (Carmaux-Albi-Cordes-Paris) soit maintenue.

Il se félicite de cette décision et souhaite que la SNCF participe à la nécessaire promotion d'une liaison ferroviaire à laquelle les Tarnais sont particulièrement attachés.

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 16:54

Génocide du Darfour : Paul Quilès vient d'écrire aux directeurs de rédaction de tous les médias

 

 

 

 

 

Monsieur le Directeur,

Je souhaite vous parler du Darfour et j’espère que ces quelques lignes retiendront votre attention.
Ayant présidé la mission parlementaire d’information sur le génocide rwandais, je suis particulièrement sensible au déroulement du drame que vit le Darfour depuis 3 ans. A plusieurs reprises (1), je suis intervenu pour attirer l’attention du gouvernement français sur l’inefficacité de la Communauté internationale face à la dégradation tragique de la situation.
Malheureusement, les inquiétudes que je manifestais il y a 2 ans sont devenues de tristes réalités, avec un terrible bilan : 300 000 morts, 2,5 millions de déplacés, menacés par la famine, les épidémies et la mort.
Certes l’Union Africaine et l’ONU ont déployé des efforts pour aboutir à un accord de paix, mais la complexité des relations entre les parties n’a pas permis d’aboutir à une cessation des exactions et des massacres.
J’ai du mal à accepter l’idée que, dans quelques années, des campagnes viendront dénoncer -peut-être violemment- l’apathie ou l’inefficacité de notre pays et de la Communauté internationale devant ce génocide. Je suis convaincu qu’une prise de conscience est indispensable et je crois qu’elle est possible, grâce au rôle considérable des médias dans la formation des idées. Je constate en effet que les campagnes médiatiques n’ont pas seulement un impact sur l’opinion publique, mais qu’elles peuvent aussi faire réfléchir les décideurs nationaux, voire internationaux.
Bien entendu, il n’est pas question pour moi de vouloir peser par ma démarche sur votre libre choix de programmation. Je souhaite simplement vous sensibiliser sur le rôle, à mes yeux fondamental, que vous pourriez avoir pour réveiller les consciences et déclencher un mouvement d’opinion susceptible d’influencer les décideurs.
Je vous remercie de l’attention que vous voudrez bien porter à ma suggestion et vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de mes salutations les meilleures.
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(1)Notamment question d’actualité (28/4/2004), lettre au ministre des affaires étrangères (26/5/2004)

9 octobre 2006

 

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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 16:47

 

Le combat de Jaurès pour Dreyfus

 

 

 

Article de Paul Quilès paru dans   l'Hebdo des Socialistes du 22 juin 2006

 

 

 

 

 

Il y a un siècle, Alfred Dreyfus était officiellement réhabilité.

Rappel des faits. Le 15 octobre 1894, le capitaine Dreyfus est arrêté, sur ordre du ministre de la guerre, et le 22 décembre de la même année, il est condamné à la dégradation et à la déportation à vie pour avoir livré des renseignements militaires à une puissance étrangère. Ce n’est que vers la fin de l’année 1897 que débutera la véritable “affaire”, celle dont se saisira l’opinion et qui déchirera la République. Il faudra aux défenseurs de Dreyfus douze années de combat pour faire reconnaître son innocence et faire triompher la vérité.

Cent ans après, il nous semble évident d’être du côté de Dreyfus et de commémorer les évènements qui ont scandé l’ “affaire”. C’est ainsi qu’en 1998, à l’occasion du centenaire de sa publication dans “l’Aurore”, un fac-similé de la célèbre lettre d’Emile Zola, “J’accuse”, s’affichait sur la façade de l’Assemblée nationale. En juillet 2006, c’est le dénouement heureux de l’affaire Dreyfus qu’il nous faut célébrer, en rappelant comment il a été rendu possible.

A la fin du siècle dernier, nombreux étaient ceux qui considéraient que la sentence prononcée contre Dreyfus était trop clémente. Jean Jaurès lui-même hésita quelque temps avant de devenir un “dreyfusard” convaincu et militant. Le retentissant article d’Emile Zola “J’accuse” publié le 12 Janvier 1898, ainsi que le procès intenté à son auteur furent décisifs pour Jaurès.

Dix jours après la parution de l’article, Jaurès interpelle le gouvernement sur les illégalités dénoncées par Zola et il se demande si la culpabilité du capitaine Dreyfus ne repose pas sur le mensonge, l’arbitraire, la propagande antisémite et la manipulation de la justice.

A son tour, Jaurès va alors contribuer à relancer l’affaire.  En mai 1898, il n’est plus député. Ce qu’il ne peut plus faire au Parlement, il le fait dans la presse. A partir d’août 1898, il publie dans le journal qu’il dirige, “la Petite République”, une série d’articles dans lesquels il s’attache à réfuter et démonter, avec méthode et efficacité, les illégalités et mensonges accumulés par l’Etat Major. Le salut de l’innocent, le châtiment des coupables, l’honneur de la Patrie sont les objectifs qu’il se donne et qu’il ne cesse de rappeler dans les  écrits qu’il rassemble dans un livre  intitulé “Preuves”, publié “au cœur de l’ actualité” dès le mois de septembre.

L’engagement de Jean Jaurès sera essentiel dans l’évolution judiciaire de “l’Affaire”, qui aboutira à la saisie de la Cour de Cassation, le 26 septembre 1898, puis à l’annulation de l’arrêt de condamnation de 1894 et enfin au renvoi de Dreyfus devant un nouveau Conseil de Guerre, à Rennes. Comme l’a écrit Madeleine Rébérioux, “sans Jaurès, il n’y avait aucune chance que cela se fit”.  Car tout en examinant , tel un expert, la valeur des documents produits devant les tribunaux, tout en reconstituant méthodiquement le déroulement du procès, Jean Jaurès va dérouler une critique de l’Etat qui couvre les pratiques illégales de  l’autorité militaire. “Dans le terrain que doit fouiller la Cour de Cassation, il n’y a pas un seul fragment de vérité qui ne soit recouvert d’un mensonge judiciaire”.

Malgré cela, en septembre 1898, à Rennes, lorsque le verdict tombe, Dreyfus est à nouveau condamné… mais avec des circonstances atténuantes.  C’est la déception chez les dreyfusards !

Jaurès, qui a assisté au procès de Rennes, se joint à Mathieu Dreyfus, Joseph Reinach, Alexandre Millerand, Georges Clémenceau pour convaincre Dreyfus d’accepter la grâce proposée par le Président de la République. C’est lui qui rédigera le texte que publiera Alfred Dreyfus au lendemain de sa grâce : “Le gouvernement de la République me rend la liberté. Elle n’est rien pour moi sans l’honneur. Dès aujourd’hui, je vais continuer à poursuivre la réparation de l’effroyable erreur judiciaire dont je suis encore victime. Je veux que la France entière sache, par un jugement définitif, que je suis innocent”.

C’est encore Jaurès qui accompagnera Dreyfus tout au long du parcours de la procédure de révision ; le 22 novembre 1903, il annonce à Alfred Dreyfus que le dossier de l’enquête a enfin été transmis au Ministre de la Justice. Mais il fallut attendre 1906 pour entendre lecture de l’arrêt de la Cour de Cassation annulant le jugement du Conseil de Guerre de Rennes de 1899 et disant que “c’est par erreur et à tort que cette condamnation a été prononcée”. Par erreur, un homme avait été insulté dans son honneur, condamné, déporté.

Jean Jaurès n’a pas considéré Alfred Dreyfus comme un bourgeois, un officier mais comme un “exemplaire de l’humanité en souffrance”.  Jaurès ne cessera de se battre contre l’injustice et pour Alfred Dreyfus qui en est la victime. A ses yeux, l’intolérance de l'injustice est le fondement  de toute morale politique. “Pour les socialistes, écrivait-il en 1898, la valeur de toute institution est relative à l’individu humain. C’est l’individu humain qui est la mesure de toute chose, de la patrie, de la famille, de la propriété, de l’humanité, de dieu. Voilà la logique de l’idée révolutionnaire. Voici le socialisme”.

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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 22:54
Un livre de Paul Quilès et Alexandra Novosseloff

Parution le 10 juin aux éditions "Les Portes du Monde"

Résumé

Notre monde ne va pas bien. L’affirmation est banale, mais elle ne doit pas conduire au fatalisme. C’est justement le mérite de ce livre que d’expliquer les causes des désordres du monde afin que demain, on ne puisse plus dire : « nous ne savions pas », ou encore « ce n’est pas notre faute ».

Cet ouvrage est en premier lieu un plaidoyer pour une politique de prévision et de prévention de ces crises. Gouvernants et gouvernés se doivent de réagir le plus tôt possible, au lieu de subir des choix présentés dans l’urgence et alors paraissent comme inéluctables. La mise au point de solutions réalistes passe donc par un bon diagnostic engendrant les démarches susceptibles de faire accepter ces solutions par le plus grand nombre, avant de les mettre en oeuvre. On verra que, face aux désordres du monde, seule la gestion collective des grands problèmes de la planète -ce que l’on appelle le multilatéralisme– peut répondre aux défis ainsi posés par les menaces et permettre de nous éviter de vivre en permanence à l’ombre du chaos.

Les auteurs s’efforcent de comprendre les causes multiples de ces désordres,puis de cerner ensuite le rôle des principaux acteurs du monde d’aujourd’hui.

Après cette analyse, ils font le point sur les grandes menaces qui pèsent sur le monde. L’ONU en a identifié six : la guerre entre Etats ; la violence à l’intérieur des Etats provoquée par les guerres civiles ; les génocides ou la violation massive des Droits de l'Homme ; la pauvreté, les maladies infectieuses, la dégradation de l'environnement ; les armes nucléaires, radiologiques, chimiques et biologiques ; le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

Autant de menaces qui peuvent être le fait d’agents non étatiques, aussi bien que des Etats. Elles concernent à la fois la sécurité des personnes et celle des Etats, car, à l’heure de la mondialisation, elles sont interdépendantes.

1 - COMBATTRE LE TERRORISME INTERNATIONAL

La lutte antiterroriste est un combat de l’ombre. Elle ne peut être conduite par un seul Etat. Elle doit être globale et s’appuyer sur un système international de coopération et de coordination. Il faut en effet tarir les sources – financières, militaires, humaines – du terrorisme, neutraliser les liens et les réseaux qui le nourrissent, modifier l'environnement qui lui a permis de prospérer.

2 - RÉFORMER L’ONU : UNE NÉCESSITÉ

Une évolution profonde de l’ONU peut faire avancer le multilatéralisme comme méthode de gouvernance globale. L’ONU retrouverait auprès de tous les Etats, même les plus puissants, une plus grande légitimité et une plus grande autorité.

3 - RÉGULER LES RELATIONS ÉCONOMIQUES INTERNATIONALES

Il faut tout d’abord repenser le rôle des institutions financières et commerciales multilatérales. Il faut aussi donner aux pays en voie de développement les moyens de s’insérer par eux-mêmes dans les échanges internationaux, en réduisant leur vulnérabilité au risque. L’idée d’une taxation des mouvements financiers internationaux pour décourager les mouvements spéculatifs est une piste à ne pas abandonner.

4 - NE PAS TRICHER AVEC LE DÉSARMEMENT

La maîtrise du désarmement constitue un mécanisme efficace au service de la paix et de la sécurité, à condition qu’il règne parallèlement un climat de confiance entre les Etats et dans les rapports internationaux.

5 - ÉNERGIE ET ENVIRONNEMENT : LES BONNES INTENTIONS NE SUFFISENT PAS

La démarche de Kyoto semble timide lorsqu’on mesure les efforts à réaliser pour éviter la crise énergétique et climatique qui nous menace. Afin de ralentir le réchauffement de la planète, il faudrait une réduction beaucoup plus drastique des émissions de gaz à effet de serre de la part des plus gros pollueurs – les Etats-Unis et les grands pays émergents comme la Chine et l’Inde, que le régime de protection du climat soit durci et que l’on ne compte pas sur le seul marché pour le garantir. La création d’une Organisation pour l’environnement aiderait cette évolution en permettant de mieux coordonner l’ensemble des actions.

Alors, comment convaincre de la pertinence de ces réponses ? Est-il naïf d’imaginer que le monde, ses dirigeants et ses peuples pourraient suivre une autre voie que celle de la marche vers les « catastrophes annoncées » ? Peut-on envisager que la raison finira par s’imposer dans les relations internationales comme le moyen le plus pertinent de défendre l’intérêt collectif de l’humanité ?

Pour que les politiques décrites dans ce livre aient une chance d’être mises en oeuvre, il faut ensuite investir plusieurs champs d’action :

• celui de l’action politique nationale. Un débat démocratique informé, authentique peut faire naître en France une politique étrangère cohérente, clairement défendue devant les citoyens et orientée sans ambiguïté vers les priorités du développement durable, du désarmement et de l’instauration d’une gouvernance mondiale juste et efficace ;
• celui de l’Europe. Il serait illusoire de vouloir conjurer les risques de ce début de troisième millénaire à partir d’une approche étroitement nationale. Il faut donc construire un espace européen, au sein duquel pourra s’affirmer cette opinion publique dont on a vu les prémices à l’échelle de l’Europe tout entière, lorsqu’elle a tenté d’arrêter la marche vers la guerre d’Irak.
• au-delà de l’Europe, il faut oeuvrer à un partenariat stratégique avec le monde en développement, en s’appuyant sur les mouvements qui traversent les sociétés civiles en éveil dans un nombre croissant de pays ;
• aux confins de l’Europe, s’impose la tâche de construire avec l’Est un espace paneuropéen de paix et avec le Sud une association méditerranéenne de co-développement.

Il sera alors possible d’accompagner le processus actuel de constitution d’une « opinion publique mondiale », capable de peser sur les gouvernants et sur les acteurs de la scène internationale. Dans cet appel à l’intelligence et à la lucidité collective, la mise en avant de la prééminence du système de gouvernance mondiale est fondamentale, dans la mesure où seule une ONU réformée, plus efficace, garantira la pérennité des solutions.

Si cet espoir ne se concrétise pas, il est à craindre que surviennent les catastrophes si souvent annoncées, conduisant alors à des excès qui mettraient en cause la liberté et la démocratie.

Les auteurs ont choisi d’illustrer leur analyse en faisant intervenir différentes personnalités, politiques, scientifiques, intellectuels. Ce sont Jérôme Bindé, Patrick Champagne, Dominique David, Alain Dejammet, Jean-Yves Le Déaut, Patrice Sartre, Serge Sur, François-Xavier Trégan, Hubert Védrine. Leurs contributions traitent d’une série de thèmes qui sont au coeur de la vie internationale. Il ne s’agit pas seulement d’un constat ou d’un diagnostic des désordres de ce monde et des menaces qui en découlent, mais aussi de propositions réalistes, susceptibles d’y remédier.

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 09:16
Cordes sur Ciel, Dont le maire est Paul Quilès, fascine tous ceux qui la découvrent parce qu'elle est d'abord une vision : celle d'une cité montant à l'assaut du ciel. Ensuite parce qu'elle est un livre d'histoire et un album d'art où la mémoire des hommes est restée vivante, inscrite dans les pierres depuis sa création en 1222 par le comte de Toulouse.

 Photo CRT - D. Viet

Son site exceptionnel, son héritage architectural remarquable en font une des villes médiévales les plus significatives de France et un des hauts lieux du patrimoine européen. Son cadre de vie, d'une rare authenticité, a su attirer et retenir artistes et artisans qui trouvent là leur inspiration.

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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 01:12
Afin de mener une politique municipale conforme aux principes du développement durable, j’ai proposé au Conseil municipal de Cordes sur ciel, qui l’a accepté, d’engager une démarche d’Agenda 21.Le projet va être immédiatement lancé, avec un diagnostic effectué     d’ici l’automne en collaboration avec l’Université d’Albi. L’étape suivante concernera la réalisation d’un programme d’action locale et associera largement les habitants de la commune. Cette démarche, il faut le rappeler, a pour ambition l’amélioration de la qualité de la vie, la protection de l’environnement et des ressources rares ou non renouvelables, la solidarité entre contemporains et générations futures. Elle a déjà inspiré des actions menées depuis 10 ans à Cordes (« Projet pour Cordes » de 1996, mise en place d’un « Plan Local d’Urbanisme », création d’une « Zone de protection du Patrimoine Architectural, Urbain et paysager », règles de circulation et de stationnement…). Il s’agit maintenant de la systématiser : c’est l’objectif de l’Agenda 21.

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Faites connaissance avec

Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

    cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez