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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 09:01
Emotion, compassion, gratitude, sang-froid, réflexion

Après des heures passées au cours de la nuit à suivre les terribles évènements qui ont ensanglanté Paris en ce vendredi 13 novembre, les mots qui me viennent à l’esprit sont simples : émotion, compassion, gratitude, sang-froid, réflexion.

 

Emotion devant l’étendue du carnage réalisé froidement et systématiquement par des terroristes.

 

Compassion pour les victimes, leurs familles, toutes celles et tous ceux qui ont vécu cette nuit d’horreur.

 

Gratitude à l’égard des forces de l’ordre et des services de secours, qui ont montré une remarquable efficacité.

 

Sang-froid indispensable du peuple français et de ses dirigeants, qui ne doivent pas, malgré la douleur, tomber dans le piège tendu par les terroristes, dont l’objectif est d’épouvanter, de semer le chaos et d’interdire toute réflexion.

 

Réflexion précisément, pour aller au –delà des réflexes alimentés par le désir compréhensible de punition, voire de vengeance.

 

Et maintenant ?

 

- Il faut d’abord comprendre les conditions dans lesquelles s’est réalisé de façon professionnelle et coordonnée ce carnage.

 

- Il faut aussi s’attaquer efficacement à la racine du mal, qui est très certainement à rechercher du côté de l’EI (Daesh), cette organisation terroriste alimentée par une idéologie véritablement fasciste.

 

Ce n’est pas un hasard si ce massacre est intervenu la veille de la réunion de Vienne, où 17 délégations doivent débattre aujourd’hui de la lutte contre Daesh. Espérons que ne continueront pas les tergiversations auxquelles on assiste depuis plusieurs années.

 

Un évènement encourageant vient de se produire il y a 2 jours: la reprise par les combattants kurdes de la ville de Sinjar*, tenue jusqu’ici par l’EI, qui montre la pertinence de la présence au sol de forces militaires régionales.

 

* Ville clé située sur la route entre Rakka, la « capitale » syrienne de l’EI et Mossoul, le « cœur » du pouvoir de l’EI en Irak.

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 23:55
Il y a 20 ans, l'assassinat d'un homme de paix

      Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin était assassiné par un fanatique juif. C'est l'homme de paix qui était visé, celui qui avait signé en 1993 les accords d'Oslo avec Yasser Arafat et qui avait reçu, à la suite de cette signature, le prix Nobel de la paix, conjointement avec celui-ci et Shimon Peres

      20 ans plus tard, alors que le climat entre Israëliens et Palestiniens s'est considérablement détérioré et que les espoirs de paix semblent bien minces, j'ai trouvé utile la lecture de ces 2 articles publiés ce matin dans La Dépêche du midi:

 

       Les bougies se sont éteintes (par Jean-Claude Soulery)

 

    20 ans après l'assassinat de Rabin, ce qu'il reste des espoirs de paix  (par Damièle Kriegel)

 

 

 

 

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 12:02
Syrie : tournant politique ou volte face?

     Lors d’une récente réunion que j’animais à propos des évènements de Syrie, j’ai cité la fameuse phrase d’un orateur tentant d’expliquer la situation au Moyen-Orient et concluant : "Si vous avez compris, c’est que j’ai dû mal m’exprimer ! "

 

      Il est vrai qu’en essayant d’y voir clair dans les intentions, les discours, les actes, les intérêts, les alliances des parties en présence, on peut rapidement s’y perdre, d’autant plus que, dans ce conflit, contrairement à certaines évidences, les ennemis de vos ennemis ne sont pas nécessairement vos amis !

 

       L’objectif principal – l’éradication de l’EI- est trop souvent perdu de vue. Les modes d’intervention militaire sont confus : bombarder quoi ? intervenir au sol ? avec qui ? Quelle attitude adopter à l’égard du régime d’Assad pour permettre une transition politique crédible en Syrie ?

 

      Il est temps pour les pays qui veulent vraiment trouver une issue au conflit syrien de sortir des postures qui les ont conduits à tant de tergiversations, de contradictions, d’ambiguïtés dans les discours et les actes.

 

      Après les tentatives infructueuses des deux conférences de Genève (juin 2012 et janvier-février 2014), ce qui vient de se passer à Vienne, où 17 pays (dont l’Iran, ignoré jusqu’ici)  se sont retrouvés a été décrit comme un "tournant politique".

 

   Souhaitons-le et espérons que les participants de cette rencontre continueront à manifester leur volonté d’aboutir. Il faut dire que la réunion de Vienne représente plus qu’une évolution pour la plupart des acteurs. C’est une véritable volte-face pour ceux qui faisaient du départ immédiat d’Assad un préalable à toute discussion, pour ceux qui "jouaient" avec les différentes composantes islamistes, pour ceux qui avaient comme objectif principal de régler le sort de leurs minorités, pour ceux qui ne souhaitaient pas trop s’engager dans l’affrontement militaire contre l’EI, pour ceux qui ne croyaient pas à une issue politico-militaire.

 

      Certes, on est encore loin d’avoir finalisé le plan qui permettra à la fois d’éradiquer l’EI, de mettre fin à ses terribles exactions, et de sortir la Syrie du chaos, mais la direction est la bonne. L’exemple de la négociation sur le nucléaire iranien a montré qu’il y a d’autres voies que l’utilisation exclusive de la force militaire pour réduirer, puis mettre fin à de graves tensions internationales.

 

*******************

    Pour essayer de mieux comprendre la complexité des forces en présence, je vous conseille de regarder cette excellente vidéo

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 14:37
Biographie

  Ecrit par Serge Regourd et André Cabanis,

ce livre est édité par le Cherche Midi.

Il sera en librairie le 22 octobre 2015.

 

      C’est pour moi une expérience étonnante que de revivre les principaux évènements qui ont jalonné mon parcours professionnel et politique à travers le regard de deux observateurs.

 

      Le tableau que Serge Regourd et André Cabanis présentent dans ce livre est débarrassé de l’inévitable subjectivité qui imprègne les récits personnels. Sans partager nécessairement tous leurs jugements, je me retrouve assez bien dans ce texte, qui revient, à l’occasion de la description de mon parcours, sur l’histoire de la gauche et du Parti socialiste pendant 40 ans.

 

      Qu’ils soient remerciés pour leur travail minutieux et pour la mise en perspective approfondie à laquelle ils se sont livrés dans cet ouvrage, dont j’espère que vous apprécierez la lecture.

 

                                                     Paul Quilès

 

*****

Présentation du livre par les auteurs

 

      Il s'agit de la biographie de celui qui fut directeur de la campagne présidentielle victorieuse de 1981, et par la suite, l'un des principaux dirigeants du parti socialiste, ministre sur une longue période, notamment à la Défense et à l'Intérieur.

 

     Mais, comme le suggère le titre même de l'ouvrage, cette biographie constitue, conjointement, un prisme privilégié pour mesurer les évolutions ou mutations du PS entre 1981 et aujourd'hui. Ce serait un euphémisme de relever que le regard de Quilès sur les deux présidents de la République issus du parti socialiste est contrasté. Les mutations en cours expliquent que le légitimiste des années Mitterrand, placé au centre des courants de l'époque, se retrouve aujourd'hui à l'aile gauche...

 

      Ecrit par deux universitaires sur la base des archives d'une longue carrière politique, cet ouvrage participe aussi à éclairer les débats contemporains, en revenant sur les parcours des protagonistes du PS avec lesquels Quilès a connu coopération, confrontations et, parfois, déchirements...

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 08:23
Interventions de Paul Quilès

- 17 octobre- participation au débat organisé dans le cadre de la Fête de la Rose du Tarn sur « la gauche et le pouvoir »

Carmaux- Domaine de la Verrerie- Salle de l’Orangerie

 

- 20 octobre- intervention dans le cadre de la réunion organisée par la Fédération PS du Tarn sur le thème : « les origines de la crise syrienne, les conséquences, les solutions possibles »

Albi- 53 rue Henri Moissan

 

- 26 octobre- intervention au colloque organisé par le club « Démocraties » sur le thème : « quelle dissuasion en l’absence d’arme nucléaire »

Paris- Assemblée Nationale

 

- 16-17 novembre- participation à la réunion du « groupe de personnalités sur la sécurité euro-atlantique », organisée par ELN (European Leaderrship Network)

Londres

 

- 12 décembre- intervention à la conférence organisée par le GREP sur le thème : « le point sur le nucléaire militaire »

Toulouse

 

- 15-16 décembre- participation au séminaire franco-britannique organisé par ELN et ALB sur le thème « les enjeux de sécurité, notamment nucléaire en Europe »

Paris- Assemblée Nationale

 

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Récentes interventions

 

- 21 septembre- intervention dans le cadre de la réunion organisée par le Mouvement de la Paix à l’occasion de la Journée internationale de la paix.

Caen (Calvados)- Mémorial de la paix

 

- 7 octobre- intervention devant la 200ème promotion des auditeurs de l’IHEDN dans le cadre d’un débat sur le thème « regards croisés sur la dissuasion »

Strasbourg (Bas Rhin)

 

- 13 octobre- intervention dans le cadre de la réunion organisée par le Mouvement de la Paix sur le thème de la situation internationale et de la dissuasion.

Achères (Yvelines)

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 09:21
Syrie : il est urgent de sortir des ambiguïtésSyrie : il est urgent de sortir des ambiguïtés

J'ai publié cette tribune dans l'Humanité du 1er octobre 2015

 

      « On ne sort de l’ambigüité qu’à ses dépens », disait le cardinal de Retz. C’est cette inquiétude qui a dû tarauder les principaux acteurs du drame syrien, y compris la France. Chacun pensait que c’était la meilleure façon de défendre ses intérêts nationaux. Les multiples contradictions, hésitations et revirements auxquels cela a conduit ont contribué à aggraver le bilan terrifiant d’une guerre civile de 4 ans et demi : 240 000 morts, dont plus de 10 000 enfants, 8 millions de déplacés à l’intérieur de la Syrie, 4 millions vers le Liban, la Jordanie et la Turquie, des centaines de milliers vers l’Europe.

 

      Il aura fallu que ce drame touche directement les pays occidentaux sur leur sol (terrorisme, afflux brutal de réfugiés), pour que les ambiguïtés commencent à être levées et que l’on se pose les questions qui auraient dû être depuis longtemps au cœur des négociations internationales. Quel est l’ennemi principal ? Avec qui veut-on le combattre ? Avec quels moyens ? Quelle est l’urgence des actions à mener pour réduire l’ennemi ?

 

      La réponse à ces questions suppose naturellement que l’on prenne acte de l’incroyable complexité de la situation et de la faiblesse des forces démocratiques syriennes. Aujourd’hui, il est clair que les résultats des bombardements aériens réalisés par la coalition autour des Etats-Unis pour combattre l’EI sont peu probants. De plus, aucune stratégie politique de stabilisation de la région n’a été définie pour donner un sens à ces actions purement militaires.

 

      La lutte contre l’EI prendra du temps et il serait naïf de croire que des frappes aériennes et une action au sol en Syrie sous l’égide de pays occidentaux permettraient d’en venir à bout. La seule solution pour conjurer ces périls est de nature politico-militaire. Elle suppose une négociation entre les pays qui ont intérêt, à des titres divers, à mettre un terme à l’emprise et au développement de l’EI.

 

     Les évolutions de plusieurs de ces pays (Russie, Iran, Arabie Saoudite notamment) sur la scène internationale indiquent qu’une telle solution est vraisemblable. L’option d’une vaste coopération militaire entre les pays occidentaux, la Russie et les puissances de la région (Arabie saoudite et Iran en particulier) peut donc être envisagée, pour autant que le récent déploiement russe ait pour seule mission de combattre l’EI et pas de sauver le régime syrien

 

      Mais cette coopération n’offrirait une perspective de sortie de conflit qu’à condition d’être accompagnée par un plan politique visant à la constitution en Syrie d’un gouvernement de transition disposant des pleins pouvoirs exécutifs et rassemblant toutes les forces politico-militaires, à l’exception de l’EI et des fractions radicales des combattants islamistes. Assad ne devrait plus jouer, dans un premier temps, qu’un rôle marginal et symbolique dans la perspective de son éloignement définitif du pouvoir.

 

       Seule une implication sérieuse de la communauté internationale donnerait des chances de succès à un tel plan, auquel la France devrait prendre toute sa part. Il devrait faire l’objet d’une résolution de l’ONU, préparée par un groupe de contact constitué sur le modèle qui a permis le règlement de la crise iranienne[1]. Si un règlement politique est obtenu, le déploiement d’une force de stabilisation peut être envisagé sous mandat des Nations Unies.

 

      Les bases d’un tel plan ont été posées lors des conférences de Genève de juin 2012 et janvier 2014. Trop de temps a été perdu depuis ! Il est urgent de sortir de l’ambiguïté et d’agir pour traiter à la source les causes des drames qui ensanglantent les pays du Moyen-Orient et qui commencent à affecter dangereusement les pays européens.

 

[1] Membres permanents du Conseil de sécurité, Union européenne, Allemagne, auxquels pourraient être associés les puissances régionales dont l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Egypte.

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 17:03
L’affaire Volkswagen : un défi contre la démocratie

Cette excellente tribune de Benjamin Dessus, ingénieur et économiste, président de l'association Global Chance, a été publiée par Alterecoplus

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La presse et la classe politique de tous bords paraissent pour une fois unanimes : l’affaire Volkswagen est un scandale. Tout le monde s’inquiète de l’image écornée de l’industrie allemande, craint une éventuelle contagion du scandale à d’autres marques… Certains même s’inquiètent pour la santé des populations soumises à des émissions de particules plusieurs dizaines de fois supérieures aux normes imposées !

Mais derrière cet épisode, il y a encore beaucoup plus grave : une banalisation du mensonge à grande échelle qui détruit l’idée même de démocratie.

En effet, dans une civilisation technique aussi complexe que la nôtre, la vérité sur les caractéristiques les plus importantes des outils que nous utilisons n’est évidemment plus directement accessible à chacun d’entre nous. Pour exercer nos choix individuels et collectifs, nous avons impérativement besoin de la médiation d’une « expertise publique indépendante », capable d’apporter aux citoyens des informations « fiables » au sens propre du terme, c’est-à-dire des informations auxquelles on puisse se fier. C’est à partir de ces données « factuelles » que les consommateurs mais aussi les citoyens et leurs organisations peuvent mettre en débat les choix collectifs qui engagent des aspects majeurs de leur vie en société.

Discussions biaisées

A quoi bon en effet discuter des mérites respectifs des véhicules diesel, des véhicules électriques ou des véhicules à essence, sur le plan de la santé (microparticules, gaz toxiques, etc.), de l’environnement, de l’effet de serre ou je ne sais quoi encore, si les données d’entrée des exercices de comparaison sont mensongères d’un facteur 10 ? A quoi bon discuter des avantages et des inconvénients des différents moyens de produire de l’électricité, si les pouvoirs publics cautionnent le black-out imposé par certains industriels (EDF et Areva) sur les coûts de leur production ou les risques qu’ils entraînent, sous prétexte de secret industriel ou de secret défense ?

Dans le cas de l’affaire Volkswagen, les normes Euro 6 ont fait pendant des années l’objet d’âpres discussions et de tractations pour tenir compte des intérêts antagonistes des uns et des autres, dont Volkswagen, avant de devenir la loi intangible pour tous les pays de l’Union européenne.

Etais-je simplement d’une naïveté coupable quand, surpris des ambitions affichées il y a un an par le gouvernement à propos des véhicules électriques1, j’avais pris pour argent comptant les normes Euro 6 pour effectuer une étude comparative des mérites et défauts des différentes motorisations des véhicules sur le plan de l’environnement, des ressources et des finances publiques (effet de serre, particules, bruit, énergies fossiles, coûts publics).

Discrédit

Je suis aujourd’hui porté à le croire, en repensant aux sourires condescendants de certains de mes interlocuteurs publics devant mes conclusions : en effet, l’avantage comparatif du véhicule électrique par rapport à un véhicule diesel respectant ces fameuses normes s’amenuisait tant qu’il remettait clairement en cause l’intérêt du scénario gouvernemental. Comme si certains de mes interlocuteurs, sans pouvoir remettre en cause mes calculs, étaient parfaitement conscients qu’ils reposaient sur des données grossièrement truquées.

A quoi bon dans ces conditions continuer à essayer d’apporter aux citoyens une expertise indépendante, comme le font un certain nombre d’associations ou d’organisations qui s’évertuent à rendre compréhensibles les éléments clés des décisions collectives ?

Comment convaincre les consommateurs d’agir dans l’intérêt collectif et les citoyens de s’intéresser aux décisions publiques si les choix qu’on leur propose sont viciés par des mensonges grossiers ?

Au-delà de la question industrielle, c’est bien d’un déni de démocratie qu’il s’agit. Un déni qui risque d’amplifier encore le syndrome du « tous pourris ».

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Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 18:43
Vite, vite, des décisions courageuses et efficaces !

      Des avions français viennent de frapper un camp d’entraînement de l’EI en Syrie. Le Président de la République invoque la "légitime défense" pour justifier cette opération, qui contredit la position défendue par la France jusqu’ici. L’utilisation de cet argument, qui s'appuie sur l’article 51 de la Charte de de l’ONU, nécessitera une application complète des dispositions qu’il prévoit et notamment la mise en œuvre d’un plan approuvé par le Conseil de sécurité. J’y reviendrai.

 

      Article 51

Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée, jusqu'à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Les mesures prises par des Membres dans l'exercice de ce droit de légitime défense sont immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité et n'affectent en rien le pouvoir et le devoir qu'a le Conseil, en vertu de la présente Charte, d'agir à tout moment de la manière qu'il juge nécessaire pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.

 

      Souvenons-nous de la situation en Syrie il y a 6 mois. Dans une tribune publiée le 2 mars par le Figaro et intitulée « Syrie: il est urgent d’agir pour éteindre l’incendie », après avoir analysé les forces en présence et proposé des "initiatives diplomatiques courageuses", je concluais par une mise en garde :

     

 « Aujourd’hui, notre adversaire principal, notre ennemi, c'est l’organisation de l’Etat islamique. Elle semble subir des revers. (…) Mais si nous laissions la Syrie dériver vers le chaos, nous pourrions lui rendre involontairement de nouvelles forces, au détriment de notre sécurité. » 

 

      Or, que constate-t-on depuis ? Beaucoup de proclamations, d’hésitations, de contradictions, de tergiversations, de revirements et, de façon concrète, une action militaire de bombardements aériens engagée par une coalition militaire autour des Etats-Unis.

 

      Le résultat se lit à travers la litanie effrayante des chiffres qui traduisent le martyre du peuple syrien et qui montrent l’augmentation du nombre de victimes, du nombre de populations déplacées à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie, ainsi que la progression très nette de l’implantation de l’EI sur le territoire de la Syrie et de l’Irak.

 

      Pour bien prendre conscience de cette réalité, rien de mieux qu’une carte. Ce remarquable schéma interactif CLIQUEZ ICI. vous montrera que les bombardements (plus de 90% sont américains ; la France a procédé de son côté à 215 frappes en Irak), même s’ils infligent de lourdes pertes à l’EI, ne l’empêchent pas d’élargir son l’implantation.

 

      Par ailleurs, le fiasco du programme de 500 millions de dollars lancé par les Etats-Unis au début de l'année, pour former et équiper environ 5 000 rebelles par an pendant trois ans, est préoccupant. Il s’agissait de les préparer et de les équiper pour aller se battre en Syrie contre l’EI. Mais il n'a pour l'instant permis que de former deux groupes de 54 et 70 combattants, selon les chiffres du Pentagone. Devant le Sénat, le général Lloyd J. Austin a admis le 16 septembre que seuls "quatre ou cinq rebelles syriens combattaient de manière effective sur le terrain". De plus, le Pentagone avait affirmé que "toutes les armes et tous les équipements" remis à ces rebelles étaient sous leur contrôle… ce qui n’est plus tout à fait crédible.

 

     Espérons que les contacts prévus à partir de demain à l’ONU permettront de s’engager dans une voie plus sérieuse de définition d’un plan politico-militaire. Cela suppose une négociation entre les pays qui ont intérêt, à des titres divers, à mettre un terme à l’emprise et au développement de l’EI.

 

    Les évolutions de plusieurs pays (Russie, Iran, Arabie Saoudite notamment) indiquent qu’une telle solution est vraisemblable. L’option d’une vaste coopération militaire entre les pays occidentaux, la Russie et les puissances de la région peut donc être envisagée, pour autant que le récent déploiement russe ait pour seule mission de combattre l’EI et pas de sauver le régime syrien

 

      Cette coopération ne permettra d’envisager une sortie de conflit qu’à condition d’être accompagnée par un plan politique visant à la constitution en Syrie d’un gouvernement de transition disposant des pleins pouvoirs exécutifs et rassemblant toutes les forces politico-militaires, à l’exception de l’EI et des fractions radicales des combattants islamistes. Quant à Bachar el Assad, il ne devrait plus jouer, dans un premier temps, qu’un rôle marginal et symbolique, dans la perspective de son éloignement définitif du pouvoir.

 

      Cette hypothèse n’est pas nouvelle, puisque la conférence de Genève de juin 2012 parlait déjà de constituer en Syrie un « gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs » et que, dans une tribune publiée le 27 février 2015, Laurent Fabius et Philip Hammond (ministre britannique des affaires étrangères) ont admis que cet organe gouvernemental devrait comprendre "certaines structures du régime existant".

 

      Si l’on veut enfin traiter les causes des drames qui ensanglantent les pays du Moyen-Orient et qui commencent à affecter dangereusement les pays européens, il devient urgent de prendre vite des décisions courageuses et efficaces !

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 19:46
La nécessité d’une réaction ferme

      Demain, un jeune Saoudien de 21 ans, Ali Mohammed Al-Nimr devrait être "décapité, puis son corps attaché à une croix et laissé jusqu'à pourrissement"

 

      C’est ainsi que, dans ce pays aux mœurs médiévales, on traite un jeune, mis en prison alors qu'il n'avait que 17 ans, torturé et victime d’une mascarade de procès, parce qu’il a participé à une manifestation contre le régime et surtout parce qu’il est chiite et neveu d’un des opposants au régime.

 

      Ce triste épisode n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres de la conduite de l’Arabie Saoudite en matière de liberté religieuse et de droits de l’Homme et de la Femme. Fin août 2015, le nombre d’exécutions, le plus souvent barbares, se monte à 130 dans ce pays, c’est-à-dire plus que celles dont se rendent coupables les groupes terroristes.

 

      Il est insupportable que l’on apprenne dans le même temps que l'Arabie saoudite va diriger une instance stratégique du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Nommé discrètement en juin, Faisal bin Hassan Trad, ambassadeur de l’Arabie saoudite à l'Office des Nations unies à Genève, vient en effet de prendre la tête du panel du Conseil des droits de l'Homme. Oui, vous avez bien lu : "des droits de l’Homme" !!

 

      La diplomatie française a protesté, trop mollement selon moi, contre l’exécution du jeune Ali Mohammed. Je souhaite –et beaucoup de Français avec moi, très certainement- que les dirigeants du pays qui se présente comme "la patrie des Droits de l’Homme" interviennent avec plus de vigueur.

 

      Une déclaration ne suffira naturellement pas à changer rapidement les mœurs rétrogrades du régime saoudien, mais, puisqu’il paraît que nous avons des relations "amicales" avec ce client friand de nos avions militaires, ce serait bien de lui parler amicalement…..mais fermement !

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 09:20
Débat sur le 2ème septennat de F.Mitterrand

Sur la chaîne parlementaire LCP, lundi 21 septembre

(rediffusion le 9 octobre)

-  20h30: documentaire

  "Présidentielle 1988 : l’élection des illusions perdues ?" :

"Entre le 24 avril et le 8 mai 1988, la France vit un entre-deux tours d’élection présidentielle entre François Mitterrand et Jacques Chirac. La théâtralisation ainsi que les enjeux de cette élection font de ce moment un point de tension et de bascule particulièrement aigu. Ce documentaire replonge dans ces 14 jours qui firent haleter le pays. Evènements étrangers ou nationaux, avidité du pouvoir, tous les éléments de l’Histoire récente de la France sont à l’œuvre dans ces deux semaines."

- 21h20: débat    

 "Mitterrand 88 : qu’a-t-il fait de sa victoire ?"

           Invités: -  Bernard Debré, député Les Républicains de Paris.

               -  Renaud Dely, journaliste à L’Obs.

             - Paul Quilès, ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Espace sous les gouvernements Rocard I et II, puis de l’Equipement, des Transports et de l’Espace sous le gouvernement Cresson et ministre de l’Intérieur sous le gouvernement Bérégovoy.

               - Arlette Chabot, journaliste.

Visionner le débat

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Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez