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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 20:49
Les ambiguïtés de l’OTAN

     Tribune de Paul Quilès 

publiée sur le site du Monde.fr

 

      « On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens », disait le Cardinal de Retz. C’est probablement le risque que ne veulent pas courir les responsables des gouvernements européens de l’Alliance atlantique.

 

      Il suffit de se référer aux déclarations confuses, contradictoires ou rédigées dans la plus pure tradition de la langue de bois qui émaillent leurs grands rendez-vous pour prendre la mesure de leur goût pour l’ambiguïté lorsqu’ils se retrouvent en présence de leur allié américain. Ils ont ainsi décidé en 2016 à Varsovie de déployer quatre bataillons de mille hommes chacun aux frontières de la Russie, en principe pour dissuader une attaque russe. Mais on a envie de dire que c’est trop ou trop peu. Trop pour engager avec la Russie le dialogue proposé par l’Alliance lors de ce même sommet de Varsovie. Trop peu s’il s’agit d’arrêter le "déferlement" annoncé des chars russes. À moins qu’il ne s’agisse que de décourager des "menaces hybrides", c’est à dire de se préparer à combattre des manifestations pro-russes. Mais l’essentiel n’était-il pas de donner l’impression qu’on "faisait quelque chose" contre les démonstrations de force du président Poutine ?

 

      La même remarque peut être faite à propos de la posture de dissuasion et de défense adoptée en 2012 à Chicago. Il y est dit que l’Alliance restera une "alliance nucléaire" aussi longtemps qu’existeront des armes nucléaires. Veut-on dire que la dissuasion nucléaire est pérenne, ou accepte-t-on la perspective d’un monde sans armes nucléaires comme le promettait alors le président Obama ? Dans le même document, l’Alliance s’affirme "déterminée à maintenir une combinaison appropriée de capacités nucléaires, conventionnelles et de défense antimissile". Mais aucune précision n’est donnée sur le poids respectif des différents éléments de cette "combinaison appropriée", par nature fonction des circonstances.

 

      Ce n’est pas sur la base de ces déclarations que les Européens pourront mener à bien leur projet de relance de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Comme je tente de l’expliquer depuis bien longtemps, il ne saurait y avoir de véritable Europe de la défense sans rédaction d’un Livre blanc, définissant les objectifs politiques communs et les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. La stratégie globale élaborée par la Haute Représentante pour la PESC, Federica Mogherini, donne des éléments d’une "autonomie stratégique" européenne, mais elle n’en tire pas les conséquences concrètes en termes de politique militaire, de politique industrielle et de politique de sécurité orientée vers la réduction des tensions et le désarmement, au premier chef nucléaire. Faute de ce Livre blanc, les Européens seront condamnés à inscrire leur défense dans le cadre d’une doctrine d’abord conçue en fonction des intérêts américains ou bien ils juxtaposeront les mesures partielles, souvent prises au niveau national dans l’urgence d’un événement qu’on n’avait pas anticipé[1]

 

      La brève visite de Donald Trump au siège de l’OTAN à Bruxelles ne changera pas cette pratique de l’ambiguïté. Les désaccords seront masqués par des déclarations publiques d’unité et de fermeté face à la Russie et au terrorisme. Ils seront si heureux d’entendre que le président américain ne considère plus leur alliance comme "obsolète" qu’ils risquent d’accepter, au moins en paroles, ses demandes les moins raisonnables : porter les budgets de la défense à 2 % du PIB, ce qui représente pour la France 44,5 milliards d’euros et pour l’Allemagne 63 ; engager l’OTAN dans la lutte contre le terrorisme, alors que cette lutte n’est pas principalement militaire mais policière et judiciaire.

 

      Comment seront utilisées de telles augmentations de crédits militaires? À financer un système de défense antimissile orienté manifestement vers la Russie et qui risque d’accélérer la course aux armements nucléaires ? À financer la modernisation des armes tactiques américaines[2] installées en Europe et l’achat des appareils américains F35 destinés à les emporter ?

 

      Plus inquiétant encore : dans son discours en Arabie Saoudite, Donald Trump vient de citer l’Iran parmi les pays à combattre pour éradiquer le terrorisme. L’Europe devra-t-elle accepter, au nom de cette lutte, de remettre en cause l’accord de juillet 2015, jusqu’à présent pleinement respecté par l’Iran ? Doit-on risquer une nouvelle crise de prolifération, alors que le défi du programme nucléaire coréen requiert d’urgence une solution politique avec le soutien de toutes les puissances d’Asie du nord-est et au premier chef de la Chine ?

 

      Il faut refuser la logique d’affrontement prônée par Donald Trump. La stabilité internationale ne pourra être garantie que par le respect loyal des accords de non-prolifération et de désarmement signés.

 

      Quant aux dirigeants de l’Alliance atlantique, ils semblent croire que le retour à une politique d’armement nucléaire renforcera leur sécurité. Il n’en est pourtant rien, comme l’ont compris les 132 pays qui négocient actuellement à l’ONU un traité d’interdiction universelle et vérifiée de l’arme nucléaire. Jusqu’à présent, les pays nucléaires ou membres de l’OTAN[3], alliance qui se proclame nucléaire, ont refusé de participer à cette négociation. Pourtant, dans le concept stratégique de l’OTAN de 2010, toujours en vigueur, les pays de l’Alliance se déclaraient "déterminés à tendre vers un monde plus sûr pour tous et à créer les conditions d'un monde sans armes nucléaires, conformément aux objectifs du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires".

 

      Désarmement, dialogue, sécurité commune, telles sont les clefs d’un retour de la confiance en Europe. Je participerai dans les prochains jours à une réunion d’un groupe de travail de 25 personnalités européennes, anciens ministres de la défense ou des affaires étrangères, diplomates, militaires de haut rang pour y faire des propositions en ce sens.

_________________________________________________________________

 

[1] Par exemple : crise du Mali, crise des réfugiés…

[2] 180 B-61, positionnées dans 4 pays européens et en Turquie.

[3] A l’exception des Pays-Bas.

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 16:30
Pourquoi ministre des armées?

      Ainsi, le premier gouvernement d'Emmanuel Macron ne comprend plus de ministre de la défense, mais un(e) ministre des armées.

 

      S’agit-il d’un hasard ou d’une volonté délibérée ? J’aimerais le savoir, parce que je ne pense pas que cette reprise de l’appellation ancienne de ministre des armées, qui date de 1958, au début de la Vème République, soit anodine. 

 

      Depuis 1974, le ministre de la défense est responsable de la préparation et de la mise en œuvre de la politique de Défense. Il est en particulier chargé de l’infrastructure militaire, de  l’organisation, de la gestion, de la mise en condition d’emploi et de la mobilisation des Forces armées. Il a autorité sur les armées et leurs services. Il veille à ce que les armées disposent des moyens nécessaires à leur entretien, leur équipement et leur entraînement. Il est responsable de leur sécurité. 

 

      Je ne pense pas que ces attributions vont changer. En revanche, le signal qui risque d’être donné par le changement d’appellation est celui d’un affaiblissement de la capacité de ce ministère à intervenir dans la définition de la politique de défense et de sécurité de notre pays.

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16 mai 2017 2 16 /05 /mai /2017 20:53
En marche ou en bateau ?

     " En bateau pour 2016" : c’était le titre de mes vœux pour 2016.

 

     En les relisant à la lumière de ce qui se passe en ce moment, je ne peux m’empêcher de prolonger ma comparaison. Embarqué sur ce bateau, je souhaitais que de bons conseils soient prodigués au capitaine du navire," balloté par la tempête, qui tangue et qui prend même l’eau et dont l’équipage peine à garder son cap dans le brouillard". Je suggérais aussi de se tenir "éloigné des canots de secours et de l’atmosphère angoissée que génèrent ceux qui s’apprêtent à les utiliser".           

 

    Aujourd’hui le brouillard ne s’est pas encore levé, il  reste encore quelques canots à bord, le nouveau capitaine et son équipage s’efforcent de définir un cap et tous ceux qui sont embarqués sur le bateau s’efforcent de déchiffrer ce qu’ils entendent.

 

   Revenons sur terre et écoutons : décomposition, recomposition, éclatement, dégagisme, nouveau et ancien monde, nouvelle et ancienne politique, fin des combinaisons, mort des partis….Ces expressions, répétées à satiété par les médias et les réseaux sociaux, entretiennent une confusion, dont on voit bien à quelle fin elle est utilisée par les vainqueurs de l’élection présidentielle et leurs allié(e)s.

 

     Comment vont se comporter les Français qui auront à élire dans un mois une Assemblée nationale, dont la majorité définira la politique du gouvernement ? Il leur faudra certainement une grande capacité de discernement au moment de voter.

 

     Pour l’instant, alors  que la campagne des élections législatives n’a pas commencé, on distingue plusieurs types de comportement :

   

   - il y a ceux qui sont de droite (mais oui, la droite, ça existe…...c’est le nouveau Premier ministre qui le dit !) et qui acceptent l’idée d’une majorité composée de députés de droite et de gauche ;

 

   - il y a ceux qui sont de gauche (mais oui, la gauche, ça existe aussi!) et qui accepteraient aussi ce type de majorité ;

 

   - il y a ceux qui sont de droite ou de gauche et qui souhaiteraient une majorité clairement positionnée ;

 

   - il y a ceux qui veulent tout changer, probables adeptes de la formule de Tancrédi dans  Le Guépard , "il faut que tout change pour que rien ne change" ;

 

   - il y a ceux qui pensent que les partis politiques vont disparaître, sans dire par quoi les remplacer et oubliant l’article 4 de notre Constitution, qui en définit la place dans notre démocratie ;

 

   - il y a enfin ceux qui proclament que les concepts de droite et de gauche sont dépassés (ce que j’entends depuis que j’ai commencé à m’intéresser à la politique !), sans s’interroger sur l’existence de caractéristiques qui différencient toujours clairement la gauche de la droite.

 

     Et c’est bien là que se situe le principal problème pour la gauche. Ces marqueurs qui concernent autant l’affirmation des valeurs (social, économie, questions de société, politique internationale), que les objectifs et les moyens à mettre en œuvre ont été parfois négligés au cours du dernier quinquennat. La confusion qui en a résulté et à laquelle le nouveau Président a pris sa part pendant plusieurs années, est probablement la cause de la confusion actuelle.

 

    Il reste à espérer, en reprenant ma comparaison initiale, que les incertitudes sur le cap suivi par le capitaine du navire et son équipage soient rapidement levées, afin qu’après nous avoir invités à nous mettre en marche, on ne nous mène pas….en bateau

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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 06:30

 

 

Monsieur le Président de la République

 

Lors de votre arrivée à l’Elysée, vous participerez ce matin à un entretien privé avec votre prédécesseur, pour le rituel de la "passation des codes nucléaires". C’est un moment grave, puisqu’il sacralise le nouveau Président de la République en le faisant le détenteur suprême et unique du pouvoir de déclenchement de l’apocalypse nucléaire. Vos lointains prédécesseurs ont évoqué à ce sujet la « responsabilité énorme qui pèse sur un seul homme » et sa « solitude effroyable ».


Lors de cet entretien, vous serez assisté du Chef d’Etat- Major Particulier (CEMP) et, plus tard, vous recevrez les conseils et les avis de nombreux experts, civils et militaires. Ils vous recommanderont très probablement de poursuivre la politique menée jusqu’ici.

 

Pour vous qui voulez rompre avec « l’ancien monde » et qui souhaitez incarner un visage nouveau de la France, ce peut être l’occasion d’abandonner les concepts éculés d’un monde ancien -celui de la guerre froide-  qui continuent à alimenter la doctrine officielle.

          

L’enjeu est de taille, puisque, selon l’ancien Secrétaire à la Défense américain William Perry, jamais l’éventualité d’une conflagration nucléaire n’a été aussi élevée qu’actuellement. Tout concourt à abaisser le seuil d’emploi des armes nucléaires, sans parler de la menace invisible de cyber attaques et du danger d’explosion nucléaire terroriste ou accidentelle.

 

Il n’est pas raisonnable de continuer à s’arc-bouter sur le maintien d’une arme que nombre d’experts militaires et stratégiques s’accordent à reconnaître comme obsolète et inadaptée, rappelant furieusement la triste "ligne Maginot". En outre, on sait aujourd’hui avec certitude qu’un emploi même limité d’armes nucléaires dans le monde aurait des conséquences catastrophiques pour l’humanité toute entière. Comment concilier cette perspective avec l’attachement de la France au respect du droit humanitaire et à la préservation des civils dans les conflits ? Comment croire encore que la sécurité de notre pays repose sur la capacité d’anéantissement de millions de civils innocents ?

 

Une opportunité historique s’offre à notre pays aujourd’hui de montrer la voie vers un désarmement négocié, vérifiable et universel, en se joignant aux 132 Etats qui négocient actuellement à l’ONU un traité d’interdiction des armes nucléaires.

 

Grâce à vous, ce serait un nouveau point de départ, qui non seulement renforcerait les obligations du Traité de Non- Prolifération (TNP) mais pourrait également entraîner les pays nucléaires encore absents de cette négociation. La France aurait ainsi saisi l’occasion de prendre la tête du mouvement vers l’objectif d’un monde libéré des armes nucléaires.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mes sentiments respectueux.

 

Paul Quilès, ancien Ministre de la défense

 

 

PS : Je soumets à votre réflexion ces 2 phrases de Ronald Reagan, Président des États-Unis, dans une interview à Time en 1985. 

« Vous apprenez que des missiles soviétiques ont été lancés, vous savez que, désormais, plus rien ne peut les arrêter et qu'ils vont détruire une partie de votre pays, beaucoup plus grande que ce que vous pouvez imaginer. Et vous êtes assis là, sachant que tout ce que vous pouvez faire est d'appuyer sur le bouton pour que des Soviétiques meurent aussi, alors que nous serons déjà tous morts ».

Lettre à Emmanuel Macron, Président de la République
Lettre à Emmanuel Macron, Président de la République
Lettre à Emmanuel Macron, Président de la République
Lettre à Emmanuel Macron, Président de la République
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 11:44
Nostalgie?

      Est-ce de la nostalgie de rappeler quelques moments de bonheur du "vieux monde" ? Je ne le crois pas, si j’en juge par la façon dont le nouveau Président s’en est inspiré pour célébrer sa victoire le 7 mai 2017.

 

      Je comprends la joie de ceux qui étaient présents au Louvre ce soir là. Et pourtant, un détail surprend ceux qui, comme moi, ont préparé la grande fête populaire qui a suivi l'élection de François Mitterrand le 10 mai 1981. Il a été relevé dans un article du magazine du Mondequi rappelle que la cérémonie du Panthéon (regarder à partir de 3’40) s’est déroulée le jour de son investiture, le 21 mai 1981 et non le jour de son élection, le 10 mai.

 

     Pour revivre quelques instants de la liesse populaire du soir de la victoire historique du 10 mai 1981, voici quelques images….très bruyantes !

 

    Voir aussi "On a repris la Bastille"

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 10:35
Enfin, les difficultés commencent !
Enfin, les difficultés commencent !     Enfin, les difficultés commencent !
Enfin, les difficultés commencent !     Enfin, les difficultés commencent !

       Tout au long de sa campagne, Emmanuel Macron a utilisé les formules de grands hommes qui ont marqué l’Histoire :

 

      De Gaulle (“Je vous ai compris”), Jésus Christ (“Je vous aime”), Jaurès (“La République est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace”)

 

     Au lendemain de son élection, je suggère au nouveau Président de méditer la célèbre phrase prononcée par Alexandre Bracke-Desrousseaux le 10 mai 1936, après la victoire du Front Populaire: “ Enfin, les difficultés commencent !”.

 

     Ces difficultés risquent malheureusement d’apparaitre si, passée l’ivresse de la victoire, Emmanuel Macron oublie que tous les électeurs qui ont voté pour lui ce dimanche ne partagent pas obligatoirement l’ensemble de ses convictions et de son programme.     

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 10:51
Aucune hésitation !

        La société française traverse actuellement une période de tension extrême, en raison des incertitudes que les élections en cours laissent planer sur l'avenir.

 

     Dans ce climat, chacun doit s'exprimer clairement en faisant connaître les raisons de son choix, dont il faut mesurer les conséquences.

 

      En ce qui me concerne, j'ai déjà dit que "tous les efforts doivent converger pour que la candidate du FN soit battue". Cela signifie naturellement que je voterai Macron dimanche prochain, sans hésiter.

 

      Toute autre attitude contribuerait à laisser le terrain libre à un parti extrêmiste et populiste, dont les valeurs et les propositions sont dangereuses pour la France et la République.

 

      Pour autant, ce choix de raison n'est pas un choix de conviction. Les prochaines élections législatives seront l'occasion de rouvrir ce débat, mais pour l'instant, pas d'hésitation. 

 

********

 

      Les humoristes savent rire des événements graves et sérieux!

 

lire la fable politique d'Anne Roumanoff

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 12:06
Appel au futur Président de la République

22 personnalités interpellent le futur Président de la République

pour qu'il agisse vraiment en faveur d’un monde sans armes nucléaires.

 

 

Sébastien Balibar, physicien, membre de l’Académie des Sciences ;

Rony Brauman, ex-président de MSF, enseignant, essayiste ;

Valérie Cabanes, juriste internationale, Porte-parole « Pour en finir avec l'écocide » ;

Gilles Candar, président de la Société d'études jaurésiennes ;

Jean-Marie Collin, expert, vice-président d’IDN ;

Michel Drain, membre de Pax Christi et de Justice et Paix France;

Jean-Pierre Dupuy, philosophe, professeur émérite à l'Ecole Polytechnique, professeur à l'université Stanford ;

Marc Finaud, ancien diplomate français, professeur associé au Centre de Politique de Sécurité, Genève ;

Christiane Hessel ;

Bernard Hourcade, directeur de recherche au CNRS ;

Nicolas Hulot, militant écologiste;

Yannick Jadot, député européen ;

Alain Joxe ;

Georges Le Guelte, ancien secrétaire du Conseil des Gouverneurs de l’AIEA;

Francis Lenne, Général de brigade aérienne (2 S) ;

Bernard Norlain, Général d’armée aérienne (2 S), vice-président d’IDN ;

Ivar Ikeland, ancien président de l'Université Paris-Dauphine ;

Jean-Claude Pecker, Professeur émérite au Collège de France, membre de l’Académie des sciences ;

Paul Quilès, ancien ministre de la défense, président d’IDN ;

Monseigneur Marc Stenger, évêque, Président de Pax Christi France ;

Annick Suzor-Weiner, présidente de Pugwash France, professeur émérite à l’Université Paris-Sud;

Thierry Salomon, co-président du mouvement #LesJoursHeureux.

 

 

Pour que la France agisse vraiment

 

en faveur d’un désarmement nucléaire multilatéral

 

Elu le 7 mai, vous devrez assumer de lourdes responsabilités, parmi lesquelles la défense de la France. Or la pratique institutionnelle confie au Président de la République le pouvoir de donner l’ordre d’engagement des forces nucléaires. Dès le jour de votre investiture, vous disposerez à cet effet des codes nucléaires que vous transmettra votre prédécesseur.

 

Nous souhaitons que le quinquennat qui va commencer voie la France agir vraiment en faveur d’un monde sans armes nucléaires, objectif auquel elle a solennellement souscrit.

 

En effet, les principales menaces à notre sécurité proviennent aujourd’hui du terrorisme, des cyber-attaques, de la criminalité organisée, des pandémies, du changement climatique et ne sauraient être dissuadées par un arsenal nucléaire.

 

Si les risques interétatiques n’ont pas disparu pour autant, malgré une réduction des stocks d’armes nucléaires dans le monde, environ 15 000 armes continuent de faire peser sur la planète tout entière la menace d’une destruction catastrophique. Selon l’ancien Secrétaire à la Défense américain William Perry, jamais l’éventualité d’une telle conflagration n’a été aussi élevée qu’actuellement.

 

Le Traité de non-prolifération (TNP) n’a pas empêché l’émergence de quatre nouvelles puissances nucléaires (Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord) dans des régions instables. En dépit de leur engagement de désarmement négocié, les autres puissances nucléaires, y compris la France, se sont lancées dans une nouvelle et coûteuse course aux armements, à travers la modernisation programmée des arsenaux nucléaires (recours accru aux missiles de croisière, miniaturisation des charges, maintien d’armes tactiques, mise au point de missiles hypersoniques…). Tout concourt à abaisser le seuil d’emploi des armes nucléaires, sans parler de la menace invisible de cyber attaques et du danger d’explosion nucléaire terroriste ou accidentelle.

 

Il n’est pas raisonnable de continuer à s’arc-bouter sur le maintien d’une arme que nombre d’experts militaires et stratégiques s’accordent à reconnaître comme obsolète et inadaptée. En outre, on sait aujourd’hui avec certitude qu’un emploi même limité d’armes nucléaires dans le monde aurait des conséquences catastrophiques pour l’humanité toute entière. Comment concilier cette perspective avec l’attachement de la France au respect du droit humanitaire et à la préservation des civils dans les conflits ? N’a-t-elle pas été l’un des principaux artisans ou soutiens de la Convention d’interdiction des armes biologiques, chimiques, des traités d’interdiction des mines antipersonnel ou des armes à sous-munition ou de la réglementation du commerce des armes ? Comment croire encore que la sécurité de notre pays repose sur la capacité d’anéantissement de millions de civils innocents ?

 

Nous ne préconisons pas le désarmement unilatéral de France, mais nous souhaitons que vous saisissiez l’opportunité historique qui s’offre à notre pays de montrer la voie vers un désarmement négocié, vérifiable et universel en se joignant aux quelque 132 Etats qui négocient actuellement à l’ONU un traité d’interdiction des armes nucléaires. Il s'agit là d’un nouveau point de départ, qui non seulement renforcera les obligations du TNP mais pourra également entraîner les pays nucléaires encore absents de cette négociation. La France aura ainsi saisi l’occasion de prendre la tête du mouvement vers l’objectif d’un monde libéré des armes nucléaires.

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Voir aussi le blog politique de France 3 Occitanie:

 

 L’appel de Paul Quilès au futur Président de la République

pour un monde sans armes nucléaires.

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 15:29
A la découverte de Cordes sur Ciel

Beau documentaire diffusé par ARTE le 28 avril 2017

 

présentant la cité médiévale de Cordes sur Ciel

 

(visible encore pendant 26 jours)

 

Visionner

 

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 08:03

     Je n’ai pas l’habitude de m’épancher sur ma vie personnelle dans ce blog. Je vais faire une exception aujourd’hui, ayant été récemment confronté à la disparition d’un être cher, à la mémoire duquel j’ai assisté hier après-midi à une cérémonie sobre et émouvante.

 

     Je voudrais juste à cette occasion vous livrer ce beau texte, écrit par un chanoine britannique.

 

*****

« La mort n’est rien
Je suis simplement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi. Tu es toi.
Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
N’emploie pas de ton différent.

Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ces petites choses qui nous amusaient tant.
Vis. Souris. Pense à moi. Prie pour moi.
Que mon nom soit toujours prononcé à la maison comme
il l’a toujours été.
Sans emphase d’aucune sorte et sans trace d’ombre.

La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié.
Elle reste ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée ?
Simplement parce que je suis hors de ta vue ?
Je t’attends. Je ne suis pas loin.
Juste de l’autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien. »

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CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez