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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 09:55

La question posée dans les coulisses de l'Université de la Rochelle

 

à de nombreux participants était intéressante et pertinente:

 

"Pour vous, qu'est ce qu'être socialiste aujourd'hui?"


Le temps imparti était malheureusement un peu court: 15 secondes!!

 

J'ai quand même essayé.  Voici ma réponse

 

Qu'en pensez-vous?

Etre socialiste?
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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 21:59

      En présentant le nouveau gouvernement, François Hollande a souhaité « la clarté et la solidarité ». Ce souhait en forme d’exhortation adressée aux socialistes se comprend. Encore faut-il que l’on s’entende bien sur le sens des mots et sur ce qu’il convient de faire pour que le souhait du Président devienne une réalité!

 

      La clarté exige que les choix fondamentaux qui définissent le cap politique suivi par le gouvernement soient exposés, débattus et qu’un vote vienne conclure ce débat.

 

      Or force est de constater que l’écart constaté avec les engagements de 2012 n’a pas fait l’objet d’une présentation explicite devant les socialistes, qui n’ont donc pas eu l’occasion de débattre et encore moins de voter sur le nouveau cap. C’est cette clarté, fruit du débat et du vote sur des options clairement explicitées qui doit permettre ensuite que se manifeste la nécessaire solidarité.

 

      On a parlé de débat à propos des échanges qui se sont déroulés à l’Université d’été du PS à La Rochelle. J’ai suivi attentivement les discussions, les analyses, les points de vue, les grandes envolées. J’ai écouté les militants, les personnalités, ceux qui pratiquaient l’interrogation critique, ceux qui approuvaient la politique gouvernementale, ceux qui s’indignaient et manifestaient leur incompréhension de certaines évolutions récentes…. Ces confrontations, pour intéressantes qu’elles aient été, n’ont naturellement pas vocation à résumer le débat que souhaitent les socialistes.

 

      Seul un congrès leur permettra de s’exprimer sur le fond et il devient urgent d’en fixer la date. Il va falloir éviter les faux fuyants et les subterfuges, comme celui consistant à interroger les militants sur un grand nombre de questions, laissant supposer que l’appréciation du cap politique fixé au pays n’est pas de leur ressort.

 

      Dans la période difficile et grave que traverse la France et devant la méfiance de plus en plus inquiétante des Français à l’égard du monde politique, nous avons un double devoir de vérité : à leur égard, mais aussi à l’égard de la gauche et de l’électorat du 6 mai 2012.

 

      Il ne sert à rien de se voiler la face, de nier des évidences ou, pour certains, de s’inspirer des principes de la « méthode Coué ». Ouvrons le débat, qui, seul, permettra la clarté et la solidarité.

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Published by Paul Quilès
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 17:05

      Cette tribune de Paul Quilès est publiée dans

                                                                           accueil

 

       Il a été affirmé que la fin de la Guerre froide et la suprématie incontestée des Etats-Unis avaient globalement pacifié la planète : les violences seraient en recul et l’impression de chaos mondial proviendrait de l’abondance des images et des reportages de guerre. Des recherches récentes [1] remettent en cause cette vision rassurante : si les risques de guerres entre États restent faibles (pour l’instant), le nombre des conflits intra-étatiques à dimension internationale, comme en Syrie, en Irak, en Ukraine, s’accroit dangereusement.

 

     Que faire devant ces « désordres du monde » ? Aux Etats-Unis et chez leurs alliés, notamment européens, la tentation de l’action unilatérale est forte. Il suffirait, pour remédier aux crises les plus graves, que les pays occidentaux, sous le leadership américain, sanctionnent, bombardent et arment les groupes qui leur sont proches, au nom d’un droit international dont ils seraient à la fois les législateurs, les juges et les exécutants.

 

      La crise irakienne offre un nouvel exemple de cette défiance à l’égard de l’action collective dans le cadre de l’ONU. Cette crise est pourtant le résultat d’une aventure des États-Unis, appuyés par quelques pays, en vue d’« aider le peuple irakien à bâtir une démocratie durable au cœur du Moyen-Orient » selon les termes de George W. Bush en 2005. C’est aussi une conséquence du chaos sanglant où s’est installée la Syrie. Le régime de Bachar El-Assad y a une lourde responsabilité. Mais l’opposition démocratique s’est elle-même piégée dans son refus intransigeant de tout compromis. Faut-il à présent appliquer à l’Irak les solutions préconisées pour la Syrie, en armant un partenaire privilégié (les Kurdes de Massoud Barzani) et en l’appuyant par des frappes aériennes, selon un scénario pratiqué en Afghanistan ou, plus récemment, en Libye ? Mais où en sont aujourd’hui l’Afghanistan et la Libye ?

 

     Il peut être indispensable de sanctionner un agresseur, d’écarter par la force une menace de massacres ou d’aider une population à se défendre. S’il s’agit du recours à la force, le Conseil de sécurité de l’ONU est la seule instance légitime et efficace. Il a fallu que le Pape soit l’une des rares personnalités à l’avoir dit clairement.

 

     Pour contrer « l’Etat islamique», le Conseil de sécurité vient d’adopter des mesures coercitives destinées à tarir ses sources de financement (en provenance du Golfe ?) mais on est loin de l’engagement pris par tous les Etats de l’ONU en 2005 : celui d’assumer leur « responsabilité de protéger » les populations civiles contre le génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les « purifications ethniques ».

 

     On objectera que l’ONU « ne peut rien faire » en raison des vetos des régimes autoritaires russe et chinois. Faut-il dès lors opter pour la passivité ou l’action discrétionnaire des Etats-Unis et de leurs alliés au service des intérêts d’une puissance ou d’un camp ? Dans le cas du conflit israélo-palestinien, ce sont d’ailleurs les Etats-Unis qui paralysent l’ONU. Et qui, en dehors de l’ONU, peut organiser la reconstruction d’après-conflit, en Afrique ou au Moyen-Orient ? Est-on condamné à la confrontation permanente entre « l’Ouest et le reste » ?

 

     L’ONU est le seul lieu où tous les Etats, sous la pression des mouvements transnationaux, dont l’influence s’accroît, peuvent régler ensemble les questions d’intérêt mondial. Des solutions existent pour rendre l’institution plus efficace : réforme du Conseil de sécurité, plus large implication de l’Assemblée générale. Nos interlocuteurs ne nous plaisent pas toujours, mais un fait demeure : sans la Chine, la Russie et les pays du Sud, il serait illusoire de vouloir répondre, non seulement aux défis de la sécurité internationale, de la lutte contre la prolifération et du désarmement, mais aussi à ceux du développement, de l’environnement, du climat ou de la lutte contre les pandémies.

________________________________________________________________

[1] Recherches du SIPRI notamment.

La crise irakienne, symptôme des désordres du monde 
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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 12:02

      Il faut être cohérent! Même si on n’aime pas le fonctionnement quasi-monarchique de la Vème République –ce qui est mon cas-, il faut en respecter les règles ou se battre pour qu’il évolue.

 

      J’ai eu l’occasion (dans mon livre, publié en 2001 : « Les 577, des députés, pour quoi faire ? ») de présenter les réformes susceptibles de mieux répartir les pouvoirs et de rétablir l’Assemblée nationale, censée représenter le peuple, dans un rôle plus conforme à celui qui devrait être le sien dans une véritable démocratie.

 

      C’est à cette époque que j’ai également mis en garde contre une évolution (quinquennat, inversion du calendrier électoral) qui accentuait les risques de dérive de nos institutions.

 

      Aujourd’hui, nous sommes donc toujours régis par la Constitution de 1958, qui, bien que fréquemment modifiée depuis, a conservé les prérogatives quasi-monarchiques du Président. Les principaux responsables politiques ne semblent pas pour l’instant désireux d’y toucher, constatant probablement qu’au cours des deux derniers siècles, les Français n’ont changé la constitution de la République qu’à l’occasion d’une révolution, d’une guerre ou d’un coup d’Etat….sans parler des changements de régime.

 

    Dans ce contexte, ceux qui, présents à une place importante au gouvernement, affichent publiquement leurs désaccords, font fausse route. Non pas que leurs critiques soient infondées ; nous sommes nombreux à gauche à dire depuis 2 ans que le cap fixé par François Hollande n’est pas conforme à ses engagements de 2012. Par contre, ils feignent d’oublier que leur comportement n’est pas conforme à l’esprit de la Vème République….qu’ils ne dénoncent pas par ailleurs !

 

      La cohérence aurait voulu qu’ils aillent jusqu’au bout de leur démarche en démissionnant de leur fonction ministérielle et qu’ils s’engagent désormais à agir pour faire évoluer le fonctionnement de nos institutions.

 

      Cette situation est une nouvelle preuve de l’urgence pour le principal parti de la majorité présidentielle, le Parti socialiste, de prendre ses responsabilités, en engageant rapidement la préparation d’un congrès.

 

       C’est ce que j’ai déjà demandé le 14 juin dernier, lors du Conseil national du PS, dont voici un extrait, qu'il n'est pas inintéressant de relire.

 

***************

 

      " Parmi les raisons de cet échec –largement analysés aujourd’hui- je souhaite en souligner une, qui me semble déterminante pour expliquer notre grande difficulté à modifier le cours des choses. Elle ne concerne pas les choix politiques –discutables par ailleurs- mais la façon dont sont préparés, annoncés et mis en oeuvre ces choix.

 

        Je veux parler ici des conséquences des institutions de la Vème République (système de monarchie républicaine) qui renvoient la plupart des décisions au sommet de la pyramide, avec un Premier ministre qui « exécute » la politique définie par le Président, une majorité parlementaire contrainte, un parti majoritaire sans grande marge d’initiative et dont les militants s’interrogent sur leur utilité. Il ne suffit pas de faire signe à des sympathisants tous les 5 ans lors du vote pour la désignation du candidat lors des primaires pour établir un lien avec un électorat désabusé, désorienté et qui croit de moins en moins à la parole des politiques.

 

        Prenez l’exemple de la réforme territoriale, importante, mais très mal engagée. On a mis la charrue avant les bœufs, en annonçant des mesures fortes (parfois démenties un peu plus tard), avant même d’avoir débattu et d’avoir défini clairement et publiquement les objectifs de cette réforme. Comment vont faire nos candidats aux élections sénatoriales pour s’y retrouver entre les annonces contradictoires (Président, ministres, 1er secrétaire, certains grands élus) ? Que vont comprendre les élus locaux à qui l’on veut s’adresser ?

 

     Certains –dont je ne suis pas- auraient tendance, dans cette ambiance préoccupante, à baisser les bras. C’est vrai qu’on peut toujours craindre la dégringolade fatale qu’ont connue d’autres grands partis français au cours du demi-siècle écoulé. C’est vrai aussi qu’on entend de plus en plus d’analystes et de commentateurs qui annoncent la fin des partis politiques.

 

        D’autres, qui s’étaient faits discrets jusqu’ici, joignent leur voix aux critiques et aux demandes de ceux qui étaient traités hier d’irresponsables ou d’incompétents, parce qu’ils demandaient avec insistance que les promesses de la campagne de 2012 soient respectées et qui s’inquiétaient des conséquences du régime infligé au pays, tout en préconisant d’autres réponses à la crise.

 

        La logique de la Vème République voudrait que tout ceci ne se traduise par rien de déterminant dans le cours de la politique du pouvoir. Pourtant, je persiste à penser – et je sais que je ne suis pas seul- que le rôle du PS pourrait ne pas être insignifiant..…..à condition que des décisions fortes soient prises, dès aujourd’hui et qu’elles mobilisent, non seulement les cadres du parti, mais aussi et surtout les militants. Nous avons un peu trop oublié que ce sont eux qui peuvent recréer le lien indispensable avec les Français, notamment ceux qui ont voté à gauche le 6 mai 2012.

 

        Voilà pourquoi il faut donner l’occasion aux militants socialistes de « relever la tête » (comme le souhaite J.C. Cambadélis). Montrons que le PS n’est pas un parti godillot, un simple outil de sélection de candidats, une chambre d’enregistrement, une agence de communication, qu’il est écouté et entendu.

 

         Donnons la parole à nos militants, en leur permettant de débattre librement et en profondeur. Cela s’appelle, chers camarades, un congrès, ce que François Mitterrand décrivait comme la « Pâques des socialistes », une façon pas très laïque mais bien imagée de parler de leur résurrection !

 

     Le temps est donc venu d’annoncer ce congrès, pour faire du PS un acteur…..un acteur utile….un acteur utile à la gauche…un acteur utile à la France."

Un peu de cohérence!
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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 15:14

    Dans un entretien au Monde qualifié par les observateurs d'explosif,  Arnaud Montebourg vient d’appeler à "faire évoluer nos choix politiques". Il demande que soient apportées "des solutions alternatives", que soit donnée "la priorité à la sortie de crise" et que l’on fasse "passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l'austérité et au chômage".

 

      Ceux -dont je suis, avec mes amis de Maintenant la gauche- qui font de telles demandes de changement de politique depuis 2 ans et qui viennent de se faire traiter dimanche dernier d’ "irresponsables" par le Premier ministre, ne peuvent qu’approuver de tels propos.

 

    Mais comment ne pas demander au ministre de l’économie Montebourg s’il compte, après ces déclarations qui contredisent le discours officiel, quitter le gouvernement A moins, et ce serait une bonne nouvelle, qu’il ait convaincu le Président et son Premier ministre de changer de cap !

 

      Nul doute qu’il aura à cœur de répondre clairement à ces 2 questions demain, lors de la fête de la Rose, qu’il organise à Frangy-en-Bresse en Saône-et-Loire.

Questions à Arnaud Montebourg
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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 23:12

Excellent film diffusé sur ARTE mardi 19 août

 

(Rediffusion mardi 2 septembre, à 9h45)

 

Pour visionner, cliquer ici

 

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Présentation du film :

 

« Au plus fort de la guerre froide, la folie atomique semblait n’avoir aucune limite. Si l’apocalypse nucléaire n’a jamais eu lieu, la course aux armements a fait bien des victimes.

 

11 mars 1958. Le contrôleur ferroviaire Walter Gregg travaille dans son garage lorsqu’il est surpris par une explosion assourdissante. En sortant, il découvre un véritable cratère au milieu de son jardin. La responsable : une bombe atomique – heureusement neutralisée – larguée par accident depuis un avion de l’armée américaine.

 

Des deux côtés de l’Atlantique, la période de la guerre froide regorge de ces "petites histoires" illustrant la désinvolture et l’inconscience d’une confrontation qui aurait pu déboucher sur une catastrophe. Entre le tournage d’un film de John Wayne dans un canyon irradié, les essais nucléaires dans des zones habitées, l’idée caressée par les États-Unis de réduire l’Allemagne à un désert radioactif, ou encore les armes insensées comme la "bombe atomique-sac à dos", la folie nucléaire semblait n’avoir aucune limite.

 

Si ces anecdotes appartiennent au passé, a-t-on vraiment tiré les leçons de la guerre froide ? Comme le rappellent les spécialistes interrogés, la course aux armements nucléaires est loin d’être révolue. »

LES HÉROS IRRADIÉS…histoires de la guerre froide
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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 08:59

Je vous recommande vivement la lecture

 

de cette excellente analyse d'Anne Nivat, publiée par Mediapart

 

et qui confirme mes inquiétudes à propos de la situation en Irak.

 

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 "Plutôt que de leur force, les frappes américaines en Irak sont le signe du désarroi des Etats-Unis face à une situation dont ils sont eux-mêmes comptables. La reporter de guerre et journaliste indépendante Anne Nivat interpelle les simplismes guerriers qui font fi du passif du passé et de la complexité du présent. Auteur de nombreux livres, dont Bagdad Zone Rouge (Fayard, 2008), elle couvre la guerre en Irak depuis 2003."  (....)

                                                                Lire la tribune

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 10:24

         Il a fallu que ce soit le Pape qui demande au Conseil de sécurité de l’ONU de se saisir de la situation en Irak pour apporter des réponses urgentes aux exactions intolérables de l’Etat Islamique (EI), notamment contre les communautés chrétienne et yazidie!

 

      Mais qu’attendent donc, pour engager cette démarche, ceux qui ont commencé à intervenir sans mandat international et sans approbation claire des autorités légitimes irakiennes ?

 

       En effet, ce n’est pas à des chefs d’Etat, quelle que soit la puissance de leur pays, de dire quel doit être le droit et de se substituer aux Nations-Unies ou aux autorités d’un pays qu’ils ont eux-mêmes reconnu comme souverain. Depuis 2005 et l’officialisation par la totalité des Etats du rôle de l’ONU dans la « responsabilité de protéger » les populations en cas de risque de génocide, de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre, c’est au Conseil de sécurité de se saisir d’un tel dossier et de définir les moyens susceptibles de répondre à cette menace : moyens diplomatiques et économiques pour prévenir la crise, moyens humanitaires pour répondre à l’urgence, moyens militaires d’une éventuelle intervention.

 

       On comprend que les Etats-Unis aient mauvaise conscience, constatant les conséquences de la calamiteuse invasion de l’Irak en 2003 voulue par George W. Bush et conduite sans mandat avec l’aide des Britanniques et de quelques autres pays. Il n’en demeure pas moins que la justification donnée par Barack Obama des bombardements engagés depuis quelques jours sur les positions jihadistes est plus qu’ambigüe, puisqu’il s’agit à la fois, selon ses propres propos, de protéger des intérêts américains (le consulat d’Erbil) et d’enrayer un début de génocide.

 

       De même, la France n’a pas à se substituer à la communauté internationale, dont la difficulté à se mobiliser ne peut constituer un alibi pour une intervention de caractère unilatéral. Sinon, comment pourrions-nous justifier notre action ou notre inaction dans toutes les tragédies qui agitent la planète aujourd’hui : Syrie, Soudan, Ukraine, Gaza, Nigéria (les lycéennes enlevées par Boko Aram)….pour ne prendre que quelques exemples des drames les plus médiatisés ?

 

       Bien sûr, me dira-t-on, il faut agir, il y a urgence à venir en aide à ces populations menacées d’extermination et à se donner les moyens pour éradiquer ce mouvement terroriste. Certes. Mais alors, pourquoi ne s’y est-on pas intéressé plus tôt ?

 

      Pourquoi les Américains, censés connaître cette région, ont-ils sous-estimé le danger de l’EI et ne se sont-ils pas inquiétés de l’origine de leur armement ?

 

         Quel rôle ont joué les pétromonarchies du Golfe, toutes sunnites (comme les Jihadistes de l’EI) et farouchement opposées au gouvernement chiite irakien ?

 

       Pourquoi n’a-t-on pas su dialoguer avec le parlement irakien démocratiquement élu, pour éviter qu’il tombe sous la coupe de Nouri al-Maliki et de son mode de gouvernement autoritaire, inefficace (avec une armée en lambeaux) et sectaire (en rejetant les sunnites dans une opposition totale à Bagdad) ? Ce sont pourtant bien les Américains qui ont largement inspiré l’actuel système politique irakien, construit sur une base ethnique et communautaire, comme l’a noté le chercheur spécialiste de l’Irak, Pierre Jean Luizard.

 

       Indépendamment de ces erreurs et de l’absence de légitimité des opérations de nature militaire qui se préparent, l’idée de renforcer l'armement des Kurdes irakiens peut se révéler à terme porteuse d’autres difficultés. Les Kurdes représentent 30 millions de personnes, réparties sur 4 pays (Turquie, Syrie, Iran, Irak) depuis les traités de Sèvres (1920) puis de Lausanne (1923) conclus après la Première Guerre mondiale avec la Turquie vaincue. Le renforcement du Kurdistan irakien, déjà en délicatesse avec le pouvoir de Bagdad, peut faire surgir des revendications toujours présentes de modification des frontières et relancer de nouveaux conflits. Il n’est pas certain d’ailleurs que la Turquie verrait cette évolution d’un bon œil (les Kurdes y représentent 20% de la population et le PKK, toujours considéré comme une organisation terroriste par les autorités turques, comme par les Etats-Unis et l’Union européenne, y était encore violemment combattu voici peu).

 

      Dernière remarque, qui concerne la France. La décision de livrer des armes, prise par le seul Président de la République, sans aucune « formalité » démocratique, est une démonstration éclatante et supplémentaire du caractère monarchique de nos institutions…… 

 

**********************

 

       Cette tribune, publiée sur le site de MEDIAPART, donné lieu à des échanges intéressants.

Merci le Pape !
Merci le Pape !Merci le Pape !
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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 20:58
Intervenir en Irak?

Que faut-il faire en Irak pour endiguer la progression des djihadistes de l'Etat Islamique et protéger les populations civiles, gravement menacées?

 

Comment s'y retrouver à travers les grandes proclamations d'intention, les formules diplomatiques floues, l'attitude du Conseil de sécurité de l'ONU, les contradictions américaines? 

 

Les réponses de Paul Quilès:

 

-au journal de 13h de France Inter du 8 août  (de 7'10 à 8'20)

 

-au journal 17-20 h de France Info du 8 août ( de 19h51 à 19h55)

 
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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 19:14
Bravo pour Rosetta

     Passionné depuis longtemps par tout ce qui concerne l’espace, j’ai eu la chance de participer à la mise en œuvre de certaines politiques qui ont permis le développement des activités spatiales en France et en Europe (en étant ministre de l’espace entre 1988 et 1992).

 

     Je continue à suivre de près l’évolution de ce secteur, dont l’importance est trop souvent méconnue ou sous-estimée.

 

     Aussi je me réjouis de la réussite de la mise en orbite de la sonde Rosetta autour de la comète 67 P/ Tchouriomov-Guérassimenko ce matin. C’est un très beau succès pour l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et pour tous ceux qui, depuis 20 ans, travaillent à ce projet complexe.


   Autant dire que je partage l’enthousiasme de Jean-Jacques Dordain, Directeur général de l’ESA et de Jean-Yves Le Gall, Président du CNES :

 

     "La sonde européenne Rosetta est désormais le premier véhicule spatial de l'histoire à avoir effectué un rendez-vous cométaire, ce qui constitue un jalon majeur dans l'exploration de nos origines. C'est maintenant que les découvertes vont vraiment commencer!" (Jean-Jacques Dordain)

 

  "La science-fiction devient réalité. Rosetta est une mission proprement extraordinaire"  (Jean-Yves Le Gall)

 

***************

Pour en savoir plus, voici quelques liens avec des documents intéressants, que je vous conseille de consulter :

http://www.esa.int/fre/ESA_in_your_country/France/Rosetta (site de l’ESA)

https://twitter.com/esa_fr (compte twitter de l’ESA)

http://www.lefigaro.fr/sciences/2014/08/05/01008-20140805ARTFIG00300-la-sonde-rosetta-a-rendez-vous-avec-la-comete-67p.php

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/08/05/les-noces-celestes-de-la-sonde-rosetta-et-d-une-comete_4466923_3244.html

 

***************

La mission Rosetta- Philae a été présentée à Cordes le 28 juillet, lors de la soirée "Le ciel sur Cordes" par Philippe Gaudon (CNES). Une présentation et un débat très appréciés par le public présent sous la Halle!

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CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez