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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 10:30
Les vœux de Cordes sur Ciel
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Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 16:45

      Je viens de participer à une passionnante rencontre à Londres avec plusieurs personnalités européennes de haut niveau, notamment des anciens ministres de la défense et des affaires étrangères de Russie, de Grande Bretagne, d’Allemagne, de Turquie, de France.

 

      Au cours de cette réunion*, a été débattue la question lancinante des relations entre la Russie et les pays occidentaux. Grâce à l’expérience des personnalités en présence et à leur connaissance approfondie des relations internationales, les échanges ont permis de jeter les bases d’un document susceptible d’être utilisé dans les contacts qui seront pris avec les décideurs politiques des différents pays impliqués dans le règlement de la crise actuelle.

     

      Pour ma part, après avoir donné mon analyse des origines de la crise (voir ci-après : A), j’ai fait 5 propositions concrètes qui pourraient constituer les grandes lignes d’un compromis permettant une désescalade (voir ci-après : B).

 

* Cette réunion a été organisée par le "Think tank" ELN (European Leadership Network), en liaison avec le RIAC (Russie) et le PISM (Pologne).

 

A- Les origines de la crise avec la Russie

 

      L’Ukraine est devenue le théâtre de tensions croissantes entre la Russie et les pays occidentaux depuis l'annexion russe de la Crimée et de la prise de contrôle de larges pans de l'Ukraine orientale par les rebelles pro-russes. Quelles sont les causes profondes de cette escalade dangereuse?

 

      1) Une politique russe à l’égard de l'Ouest qui se nourrit de la frustration et du mécontentement populaire survenus à la suite de la perte de pouvoir et d'influence de la Russie sur la scène mondiale. Vladimir Poutine semble vouloir attribuer toutes les difficultés de la Russie à ce qu’il considère comme « l'ingérence occidentale ». Sa dernière intervention devant l'Assemblée fédérale russe offre un exemple frappant de cette attitude. Il va jusqu'à accuser les Occidentaux de soutenir le terrorisme tchétchène. Il dénonce le retrait américain du traité ABM** en 2002 comme une tentative de perturber l'équilibre stratégique des forces.

 

     2) Une politique américaine qui a été pour le moins imprudente et parfois, sous la présidence de George W. Bush ouvertement provocatrice. Il n'y a pas eu de négociation après le retrait du traité ABM et les pressions sur l'OTAN pour envisager l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie ne pouvaient être considérées par la Russie que comme une menace directe à sa sécurité. Pour la Russie, cette adhésion de l'Ukraine à l'OTAN signifiait l’abandon de presque tout le contrôle de la région de la mer Noire à une coalition potentiellement hostile. Cela signifiait également la nécessité d’organiser la protection d'une large partie de ses frontières.

     Le tout récent vote du Congrès américain d’une proposition de loi autorisant de nouvelles sanctions économiques contre la Russie et prévoyant une augmentation de l’aide militaire à l’Ukraine, passant par la livraison d’armes, ne va pas dans le sens de l’apaisement.

 

    3) Une politique européenne de partenariat oriental qui n’a pas suffisamment pris en compte les intérêts légitimes russes. S’agissant de l'Ukraine, l'interconnexion de son économie et en particulier de son industrie avec celles de la Russie est une évidence. Au lieu de prendre en compte cette réalité, l'UE n’a concentré son attention que sur l'alignement des normes de production et règlements douaniers de l’Ukraine sur les règles européennes. Cela était maladroit, parce qu’aucun progrès n’a été réalisé dans le même temps pour définir un partenariat UE-Russie, en arguant de prétendus obstacles que les Russes ont considéré comme autant prétextes pour ne pas aboutir.

 

** Le traité ABM (Anti-Balistic Missile) a été signé à Moscou le 26 mai 1972, dans le cadre des négociations sur la limitation des armes stratégiques. Il interdisait de déployer un système pour défendre le territoire national contre une attaque de missile balistique stratégique.

 

B- Les grandes lignes d’un possible compromis

 

     L'annexion de la Crimée et les hostilités en Ukraine orientale ont ajouté un peu plus de complexité et de gravité à la crise entre la Russie et les pays occidentaux.

 

     Vladimir Poutine vient de déclarer que la Russie respecterait «le droit souverain et inaliénable de l'Ukraine de déterminer sa propre voie de développement, de choisir ses alliés et son régime politique, de créer son économie et d'assurer sa sécurité ».

 

     Nous devons le prendre au mot, en proposant d’agir dans 5 directions :

 

1- la mise en œuvre effective de l'accord de Minsk sur un cessez-le feu dans l'Est de l'Ukraine;

 

2- la reprise par le gouvernement ukrainien de ses paiements aux habitants de ces régions;

 

3- l’autorisation donnée à tous les réfugiés de retourner dans leurs foyers, avec l'aide des organisations internationales compétentes;

 

4- la réintégration progressive des régions de l'Est de l’Ukraine dans l'Etat ukrainien, sur la base d'un statut leur accordant l'autonomie et des droits linguistiques. Le statut récemment adopté par le Parlement ukrainien devrait être modifié, afin de mieux refléter les exigences des habitants, puis être soumis à un référendum pour adoption dans les régions concernées. Le règlement inclurait un désarmement négocié et la dissolution des autorités de facto des districts de Donetsk et Lugansk.

 

5- la traduction devant la justice des coupables de crimes de guerre (des deux bords). Le gouvernement ukrainien devrait accepter la compétence de la Cour pénale Internationale à cet effet.

 

     Si ces cinq conditions étaient remplies, les sanctions européennes pourraient être levées progressivement.

 

     La situation en Crimée soulève des questions plus délicates, dans la mesure où la Russie semble ne pas être disposée à reconnaître l'illégalité de l'annexion. Il serait cependant contre-productif de conditionner la levée des sanctions européennes au règlement de la question de la Crimée. Son retour à l’Ukraine devrait être traité par la diplomatie européenne comme un problème de long terme, de façon à ne pas compromettre les possibilités de parvenir à un accord avec la Russie dans d'autres domaines.

 

      Des solutions peuvent être imaginées pour ce retour. La Crimée pourrait, par exemple, se voir offrir une large autonomie en Ukraine, en conservant des liens particuliers avec la Russie et, dans le même temps, la Russie serait autorisée à garder sa base de Sébastopol pendant une longue période. Dans l'intervalle, le gouvernement ukrainien devrait être encouragé à reprendre certaines relations avec la Crimée, afin d’améliorer la situation des habitants en ce qui concerne, par exemple, l'approvisionnement en eau et en électricité.

 

       La mise en œuvre de cet ensemble de mesures de compromis exige une claire volonté des parties en présence, qui doivent être convaincues qu’une confrontation durable entre la Russie et les pays occidentaux pourrait présenter de sérieux risques de sécurité et avoir un coût très élevé pour toutes les parties en présence.

Comment sortir de la crise entre la Russie et les pays occidentaux ?
Comment sortir de la crise entre la Russie et les pays occidentaux ?
Comment sortir de la crise entre la Russie et les pays occidentaux ?
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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 11:03

      Alors que les Européens viennent de décider la réalisation de la fusée Ariane 6, je pense aux doutes qui assaillaient les décideurs politiques à la fin des années 80.

 

      J’étais alors ministre de l’espace et je me souviens des efforts qu’il avait fallu faire pour les convaincre qu’investir dans le spatial (en particulier pour développer Ariane 5 ou les satellites d’observation de la terre) était une dépense porteuse d’avenir.  

 

      Cette fois-ci, après bien des difficultés et des négociations serrées, c’est fait. Le nouveau lanceur, Ariane 6, permettra à l’Europe de mieux résister à la concurrence américaine.

 

      Bravo au directeur général de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), Jean-Jacques Dordain et au Président du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), Jean-Yves Le Gall, pour leur engagement dans ce projet.

 

    Après la réussite impressionnante de la mission Rosetta-Philae, la décision de réaliser Ariane 6 est une nouvelle preuve que l’Europe, quand elle le veut, peut faire de grandes choses.

Ariane 6 : une heureuse décision
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Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 18:30

      Lors de sa dernière interview à France Inter (25 novembre), le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a souligné à juste titre que le nucléaire militaire au Moyen-Orient "serait un danger considérable".

 

     L’emploi du conditionnel est curieux, puisqu’il existe déjà un Etat nucléaire dans la région : Israël. Il n’en reste pas moins que tout doit être fait pour empêcher que d’autres Etats de la région puissent également accéder à l’arme nucléaire.

 

      Les négociations internationales visant à garantir que l’Iran abandonne ses tentatives d’acquérir l’arme nucléaire doivent donc aboutir. Mais le succès de ces négociations, pour souhaitable qu’il soit, n’écartera pas tout danger de prolifération dans la région. Seule l’institution d’une "zone exempte d’armes de destruction massive" et en particulier nucléaires permettra d’y parvenir.

 

      Or la création de cette zone est prévue par un accord international conclu dans le cadre de l’examen quinquennal de la mise en œuvre du TNP (Traité de non-prolifération). Malheureusement, la conférence préparatoire prévue en Finlande à la suite de cet accord n’a  pas pu se réunir. Il est regrettable que le ministre n’ait pas annoncé d’initiative française pour relancer ces négociations essentielles pour la paix au Moyen-Orient.

Le nucléaire militaire au Moyen-Orient
Le nucléaire militaire au Moyen-Orient
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 18:05

      Il y a quelques mois, David Cameron enjoignait à la France de ne pas livrer les navires Mistral à la Russie. Laurent Fabius, notre ministre des Affaires étrangères, lui rappela alors que la Grande-Bretagne continuait à livrer des armes beaucoup plus sophistiquées à Vladimir Poutine, que Londres était la capitale d’adoption des oligarques russes et il lui conseilla donc de balayer devant sa porte, avant de nous faire la leçon.

 

      De l’autre côté de l’Atlantique, on n’a pas été avare non plus de "fermes recommandations" à la France, sommée de revoir sa coopération avec la Russie par le gouvernement américain, celui-ci n’hésitant pas à manifester ouvertement à plusieurs reprises son opposition à la vente des deux bâtiments. Par contre, ce même gouvernement se garde bien de nous dire que les moteurs russes RD-180 destinés à équiper les lanceurs américains Atlas V, qui envoient dans l’espace leurs satellites militaires, continuent à leur être livrés ! Touchante discrétion. La règle est bien : "Faites comme je dis, mais pas comme je fais"

 

Brève chronique des annonces et contre annonces

 

     1- Il y a quatre ans, Nicolas Sarkozy annonçait que les chantiers STX de Saint-Nazaire allaient construire pour la Russie deux bâtiments BPC (bâtiment de projection et de commandement) de classe Mistral*.

 

   2- En juillet dernier, malgré la tension entre Occidentaux et Russes, Laurent Fabius assure qu’il n’est pas question de revenir sur la vente des Mistral à la Russie. Pour lui, « il y a une règle que les contrats signés sont payés et honorés ».

 

    3- Quelques semaines plus tard, devant la montée de la crise ukrainienne, les Européens se mettent d'accord sur des sanctions économiques à l'encontre de Moscou, notamment une interdiction de vendre du matériel de défense.

 

    4- En septembre, le gouvernement français annonce que les conditions pour autoriser la livraison du premier navire Mistral à la Russie "ne sont pas à ce jour réunies". Le contrat est alors suspendu jusqu'en novembre. La raison invoquée est "la situation en Ukraine" jugée "grave", parce que les actions menées par la Russie "contreviennent aux fondements de la sécurité en Europe".

 

     5- Le 25 novembre, François Hollande "considère que la situation actuelle dans l'est de l'Ukraine ne permet toujours pas" la livraison des Mistral. Il estime qu'il convient "de surseoir, jusqu'à nouvel ordre" à son autorisation.

 

     6- Aujourd’hui, le premier navire, le Vladivostok** est prêt à être livré et, dans le contexte de tension forte créé par la crise ukrainienne, il n’y a que 2 solutions, aussi mauvaises l’une que l’autre :

      - soit on respecte le contrat, mais on donne le sentiment de ne pas être solidaire de la politique actuelle de fermeté des pays européens à l’égard de la Russie ;

      - soit on ne livre pas le bâtiment, mais on court le risque de conséquences économiques coûteuses et d’une perte d’image dans les contrats internationaux.

 

    Au-delà de ces contradictions et ces va-et-vient, on voit bien que la résolution du problème passe par l’instauration d’une relation nouvelle avec la Russie. Il faut s’efforcer de sortir des problématiques confuses et trop souvent traitées de façon irresponsable, comme en témoigne l’utilisation abusive de l’expression "nouvelle guerre froide". Il faut trouver les voies d’un dialogue, ni naïf, ni agressif, posant clairement les questions les plus délicates : les intérêts de chaque partie, les conséquences d’un conflit durable, les erreurs commises, les compromis possibles de part et d’autre.….

 

    Le sujet mérite d’être abordé en profondeur. J’y reviendrai prochainement.

_________________________________________________________________

* Le BPC est long de 199 mètres et capable d'embarquer 16 hélicoptères, 13 chars et 450 soldats. Le contrat se monte à 1,2 milliard d'euros et génère plus de 500 emplois pendant quatre ans.

** Le second navire, baptisé Sébastopol, doit être livré en 2015.

Mistral : le bal des hypocrites
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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 22:58

Lettre ouverte de Paul Quilès

au Premier ministre

à propos des

"pays qui ne veulent pas sortir de l'Histoire

et qui veulent faire entendre leur voix"

 

*****

     Monsieur le Premier Ministre,

 

     Le 23 octobre 2014,  en inaugurant le Laser Mégajoule - système phare du programme de Simulation des essais nucléaires – vous avez déclaré : « Pendant toute la Guerre froide, la France a fourni un effort considérable pour ne pas être distancée par les deux grandes puissances de l’époque. Mais désormais, elle fait la course en tête pour les technologies de dissuasion. [….] Les pays qui font le choix du nucléaire militaire et civil sont les pays qui veulent ne pas sortir de l’Histoire, qui veulent en permanence peser ».

 

     Permettez-moi de vous faire part de mon étonnement devant ces propos. Ils contredisent la ligne diplomatique de la France, qui a toujours revendiqué sa non-participation à la course aux armements, notamment pendant la Guerre froide.

 

     - Le 5 mai 1994, M. François Mitterrand, Président de la République, déclare: « Ne pas s'engager dans la course au surarmement, c'était très important de dire cela au moment où c'était la volonté politique des deux plus grandes puissances »

 

    - Le 21 mars 2008, M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, déclare: « La France n'a jamais participé à la course aux armements ».

 

     - Le 30 avril 2008, M. Dobelle, Ambassadeur, Représentant permanent de la France à la Conférence du Désarmement, déclare: « La France n’a jamais participé à la course aux armements et elle applique le principe de stricte suffisance ».

 

      - Le 24 février 2011, M. Chevènement, sénateur, déclare dans le rapport d'information n° 332 « Désarmement, non-prolifération nucléaires et sécurité de la France » : « La France n'a jamais participé à la course aux armements ».

 

      - En mai 2014, le rapport de la France, dans le cadre des actions 5, 20, et 21 du Document final de la conférence d’Examen du TNP, affirme: « Il [le TNP] ne peut progresser qu’en l’absence de nouvelle course aux armements ».

 

   - Le 20 octobre 2014, M Simon-Michel Ambassadeur, Représentant permanent de la France à la Conférence du Désarmement, déclare: « La France n’a jamais participé à une quelconque course aux armements nucléaires.»

 

     Ces propos risquent également d’être utilisés dans les tribunes de désarmement de l’ONU contre la France, qui, je le rappelle, est tenue par des engagements, notamment:

 

     - la Résolution N° 1887 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui l’engage à «s’acquitter pleinement de ces obligations et honorer ses engagements au titre du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires » et « à s’engager, en vertu de l’article VI du traité, à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces de réduction des armes nucléaires et de désarmement nucléaire» ;

 

     - le Document final du TNP (2010), Mesure 5.C, qui l’engage à « réduire encore le rôle et l’importance des armes nucléaires dans tous les concepts, doctrines et politiques militaires et de sécurité ».

 

     Il serait regrettable que la crédibilité du discours français sur le désarmement et la non-prolifération nucléaires soit mise en cause par vos propos, d’autant plus que vous avez conclu votre discours par cette phrase: « Et si sa voix est écoutée dans le monde, si ses armées contribuent à la stabilité et à la paix dans le monde, au Sahel, en Centrafrique, au Liban, aujourd’hui en Irak, la France le doit aussi au nucléaire de défense. »

 

    Même si cette affirmation semble particulièrement contestable, on est en droit de se demander comment il est alors crédible d’interdire à un pays qui ne veut pas sortir de l’Histoire et qui veut faire entendre sa voix de chercher à se doter de l’arme nucléaire ?

 

     Il est urgent que soit délivré un message diplomatique fort, afin d’éviter de laisser penser que la France s’éloigne de ses engagements. Cela pourrait se faire à l’occasion de la Troisième conférence intergouvernementale sur « l’impact humanitaire des armes nucléaires » organisée par l’Autriche les 8 et 9 décembre prochains. Plus de 150 Etats sont attendus à cette conférence, qui semble le lieu idéal pour indiquer la position de la France.

 

Paul Quilès,

ancien Ministre de la défense,

ancien Président de la Commission de la défense de l'Assemblée Nationale

Lettre au Premier Ministre
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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 20:08

La troisième conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires 

va se dérouler en Autriche les 8 et 9 décembre.

Des dizaines d’organisations internationales seront présentes, 

plus de 150 Etats seront représentés, sauf la France !  

      Cette conférence internationale fait suite aux deux premières qui se sont déroulées en Norvège (mars 2013) et au Mexique (février 2014). L’objectif central était de replacer la dimension humanitaire au centre de la thématique des armes nucléaires, de comprendre la réalité des conséquences humanitaires, sanitaires, environnementales et économiques en cas de détonation d’une arme nucléaire, qu’elle soit intentionnelle, accidentelle ou par simple folie humaine. 

      Les puissances nucléaires comme la France ont très largement décidé de boycotter et de critiquer ces initiatives, sous prétexte qu’elles créaient une diversion dans le processus international de désarmement… Très soudées au départ, elles sont obligées de revenir sur leurs pas, devant la détermination de plus de 150 Etats à vouloir travailler sur ce sujet. 

     C’est ainsi que les Etats-Unis viennent d’annoncer le 7 novembre qu’ils seraient présents à Vienne, déjouant ses alliances passées avec les autres puissances nucléaires. Il est donc quasiment certain que les Britanniques vont suivre cette posture américaine. 

      La France se doit d’assumer les pleines responsabilités qui sont les siennes en tant que troisième puissance nucléaire mondiale. Vingt-six jours, c’est ce qui reste à notre pays pour répondre positivement à l’invitation faite en février dernier par le Ministre des Affaires étrangères autrichien, Sebastian Kurtz. 

     Il ne faut pas se tromper. L’objectif de la conférence de Vienne est « de renforcer le régime mondial du désarmement et de non-prolifération nucléaires ». Si la France ne se rend pas à Vienne dans un esprit de travail constructif, alors, elle devra en supporter toutes les conséquences sur la scène internationale du désarmement. 

     Nous encourageons donc grandement notre diplomatie à être présente à cette conférence.

Communiqué de Paul Quilès, Bernard Norlain et Jean-Marie Collin 

Président et vice-Présidents de l'association ALB ("Arrêtez La Bombe")

L'impact humanitaire des armes nucléaires
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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 17:51

      Un grand merci à l’ESA et au CNES de nous avoir permis de vivre en direct cet après- midi les derniers moments d'un événement historique: l’atterrissage du robot Philae sur la comète 67 P, à 450 000 km de la Terre, après une odyssée de 10 ans.

 

      J’ai partagé à distance l’émotion, l’inquiétude, puis la joie des techniciens, des ingénieurs, des scientifiques, dans l’attente de la confirmation de la réussite de l’atterrissage.

 

      Cette superbe prouesse technologique ravit le scientifique, passionné d’espace, que je suis. Je n’oublie pas que la mission Rosetta a été imaginée à l’époque où j’étais ministre de l’espace….et que ceux qui défendaient ce type de projet n’étaient pas toujours bien compris par le monde politique.

 

      Le succès de la mission Rosetta/Philae est un bel exemple de la contribution de l’espace à la connaissance de l’Univers. C’est aussi la confirmation du caractère indispensable de la coopération européenne autour de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et du CNES.

 

      Merci et bravo à Jean-Jacques Dordain, Directeur Général de l’ESA, à Jean-Yves Le Gall, Président du CNES et à toutes les équipes qui se sont mobilisées depuis tant d’années autour de ce formidable défi !

Bravo: Philae s’est posé sur la comète!Bravo: Philae s’est posé sur la comète!
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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 19:35

      Le "robot laboratoire" Philae sera largué par la sonde spatiale Rosetta le 12 novembre en matinée pour se poser 7 heures plus tard sur le noyau de la comète 67 P, vers 16h30. Compte tenu de la distance, la confirmation de l’atterrissage est attendue après 17h.


      C'est une grande première, un événement exceptionnel ! Pour tous ceux, dont je suis, qui sont passionnés par l’aventure spatiale, c'est un moment fort que nous offre l'Agence Spatiale Européenne (ESA).

 

      Il faut savoir que Rosetta a effectué un périple de 10 ans à travers le système solaire, à des vitesses vertigineuses (jusqu'à 130 000 km/h !). L'atterrissage du robot Philae constituera la première rencontre avec une comète d'à peine 5 km de diamètre, à 450 millions de km de la Terre!

 

     Voici des informations sur l’atterrissage de Philae sur la comète demain:

 

- La Cité de l'espace de Toulouse organise le 12 novembre une journée exceptionnelle et gratuite. 

 

- L'événement est également relayé en direct vidéo sur ce site

 

- Les informations de dernière minute sont ICI

 

- Retransmission également à la Cité des sciences et de l'Industrie à Paris.

 

- La mission Rosetta en 10 chiffres

 

 

*************

      Les habitants de Cordes sur Ciel ont eu le privilège le 29 juillet dernier d'assister à une remarquable présentation de la mission Rosetta par Philippe Gaudon (CNES), dans le cadre de la manifestation "Le ciel sur Cordes"

 

 

Un grand événement spatial
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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 14:42

Extraits de l’intervention de Paul Quilès

 

devant le monument aux morts de Cordes,

 

le 11 novembre 2014

 

 

      « Il ne suffit pas de commémorer la fin de la guerre de 14-18 et de célébrer la mémoire de ceux qui ont payé de leur vie cette épouvantable boucherie. Il faut aussi, comme nous y invite le discours du ministre que je viens de vous lire, réfléchir aux conditions de préservation de la paix. » (…)

 

      « Il est des paix qui n’en sont pas vraiment. Le traité de Versailles (1919) qui suivit la fin des combats, portait en germe l’humiliation de l’Allemagne, dont l’exploitation par Hitler et les Nazis déboucha sur l’autre catastrophe du 20ème siècle, la seconde guerre mondiale. Les traités de Sèvres (1920) et de Lausanne (1923), censés régler la situation de la Turquie et des pays environnants à la suite du démantèlement de l’Empire ottoman, ne surent pas trouver une solution au "problème kurde" et nous en voyons les conséquences en ce moment. »  (…)

 

      « Le rôle des dirigeants des Etats, des responsables politiques, des diplomates est déterminant dans le déclenchement des conflits. Le beau discours de Jean Jaurès à Vaise le 25 juillet 1914, une semaine avant son assassinat, dont les jeunes collégiens viennent de nous lire des extraits (réécouter), montre bien que les voix les plus lucides ne sont pas entendues lorsque prévaut un climat de haine, de provocation et d’irresponsabilité. Non, ce ne sont pas les peuples qui veulent la guerre, mais ceux qui ne savent pas ou ne veulent pas chercher et construire la paix. »   (…)

 

      « Permettez-moi à ce propos de prendre un exemple proche de nous. Ici, dans le Tarn, un drame vient de se dérouler autour d’un projet d’aménagement, mal monté et confus à bien des égards Dans le climat tendu qui règne autour de ce projet, il est évident que ce n’est pas en jetant des braises dans le feu que l’on favorisera le dialogue indispensable pour calmer les esprits.

 

      C’est la raison pour laquelle je ne me rendrai pas à l’invitation du Président de l’Association des maires du Tarn de manifester à Albi samedi prochain en faveur du maintien du projet de barrage. Vouloir la paix, cela commence par la vouloir près de chez soi. Pour cela, on ne doit pas encourager les affrontements (bien entendu, c’est toujours la faute de l’Autre !) et il faut chercher avec patience et esprit de responsabilité tous les moyens d’aboutir aux compromis nécessaires. »

Gagner la guerre….mais aussi gagner la paix
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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez