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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 14:34

Tribune de Paul Quilès publiée dans l'Humanité du 30 septembre

 

       Ce qui se passe avec le pseudo Etat prétendument islamique est préoccupant. L’EI, qui a usurpé les habits de la religion, dispose de beaucoup d’argent, d’un armement important, d’une base géographique à cheval sur 2 pays, de soutiens locaux, d’effectifs provenant de plusieurs pays occidentaux. Il s’est rapidement développé, en tirant profit du sectarisme du précédent gouvernement irakien et des nombreuses erreurs commises par les Occidentaux dans cette région, notamment celles des Etats- Unis depuis 10 ans.

 

          Ce groupe se nourrit des multiples tensions qui traversent la région :

 

      - Le dessin des frontières, résultat d’un partage de la région entre la France et la Grande Bretagne datant de 1923, portait les germes de conflits futurs, en raison notamment du refus de la Turquie de reconnaître la minorité kurde.

      - Les sociétés du Liban, de la Syrie et de l’Irak sont marquées par une fragmentation entre des identités multiples, religieuses, ethniques ou tribales.

     - Les ambitions de l’Arabie Saoudite sunnite, alliée indéfectible de l’Occident, malgré son régime obscurantiste et répressif, se heurtent à celles de l’Iran chiite, qui aspire à prendre l’ascendant sur le monde musulman en proposant son modèle de république islamique.

      - L’influence de l’Iran s’étend au Liban en raison du poids du Hezbollah chiite, à la Syrie dominée par la minorité alaouite, proche du chiisme et à l’Irak majoritairement chiite.

      - Dans le camp sunnite, le leadership de l’Arabie saoudite est contesté par ceux qui réclament à la fois des élections libres et l’application de la loi islamique : le Qatar (malgré son régime autoritaire), la Turquie, mais aussi le mouvement des Frères musulmans.     

 

      L’apparition de l’EI est donc le produit d’une accumulation de tensions et de conflits non résolus. Dans cet imbroglio, la tentation est de limiter le débat public à des simplifications extrêmes, pouvant donner lieu à de la démagogie ou à des manipulations.

 

      Ainsi, vouloir arrêter la progression de l’EI et favoriser le rétablissement de l’autorité du gouvernement irakien, est légitime, mais l’idée que l’on pourra « éradiquer » militairement cette organisation « barbare » est une idée fausse.

 

      La réponse au défi de l’EI ne peut qu’être politique. Elle doit être recherchée par une nouvelle conférence internationale, moins dominée par la seule puissance américaine et clairement placée sous l’autorité de l’ONU. La fin du régime d’El-Assad serait un facteur déterminant dans la défaite de l’EI, mais ce serait une illusion de croire qu’elle ne pourra être obtenue que par des moyens militaires. La poursuite indéfinie de la guerre civile nourrit l’extrémisme.

 

      Il faut donc, sur la base des acquis des conférences de Genève, reprendre les négociations sans préalable entre toutes les forces syriennes (à l’exception des mouvements terroristes) et avec la participation de toutes les puissances intéressées, en vue d’un partage du pouvoir, conforté par de nouvelles élections sous contrôle international. La stabilisation durable de la Syrie, de l’Irak et sans doute du Liban ne pourra pas être acquise sans une réintégration progressive de l’Iran dans le jeu diplomatique, ce qui suppose un règlement négocié du litige nucléaire.

.

      En attendant, des questions se posent à propos de l’engagement de la France. Aura-t-elle la maîtrise des buts de cette opération pilotée par les Etats-Unis ? Son action aura-t-elle toute la portée politique souhaitable, en particulier si elle est associée à des campagnes de bombardement plus intenses frappant des populations sunnites ? En tout cas, notre pays doit avoir la sagesse d’exclure toute intervention en Syrie en l’absence de mandat international.

La réponse au défi de l’EI ne peut qu’être politique
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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 23:16

      L’émotion considérable qu’a suscitée l’assassinat du Français Hervé Gourdel par un groupe algérien affilié à l’EI est compréhensible et je la partage totalement.

 

      Pourtant, au-delà des flots de commentaires, largement médiatisés, auquel a donné lieu ce crime abominable, il faut essayer de comprendre ce qui se passe.

 

      On l’avait presque oublié : le mode principal d’action d’un mouvement terroriste est de terroriser ! C’est bien ce que fait l’EI depuis sa création : terroriser les habitants des territoires du Moyen-Orient qu’il souhaite conquérir, mais aussi traumatiser les Occidentaux, dont il pense que les populations pousseront à la faute leurs responsables politiques.

 

      La faute serait de considérer que seule la réplique militaire contribuera à réduire la nocivité de ce groupe exalté et criminel. L’expérience d’interventions ratées permet d’affirmer qu’il faut aussi une réponse politique, qui passe d’abord par une bonne compréhension des conditions d’émergence de ce groupe et de ses objectifs.

 

      L’EI dispose de beaucoup d’argent, d’un armement important, d’une base géographique à cheval sur 2 pays, de soutiens (tribus sunnites), d’effectifs provenant de plusieurs pays (notamment d’Europe). Il s’est développé à partir des erreurs commises et dans un contexte particulier modelé par des évènements historiques (la « vendetta » entre Chiites et Sunnites….. qui dure depuis 14 siècles, les frontières redessinées par les puissances occidentales il y a un siècle, les erreurs des Etats- Unis depuis 10 ans, le sectarisme du précédent gouvernement irakien….)

 

      Espérons que les responsables politiques occidentaux, mais aussi et surtout ceux des pays du Moyen- Orient sauront trouver les réponses susceptibles d’endiguer cet extrémisme barbare (voir "Comment sortir du chaos?")

 

      Dans ce combat de longue haleine, il faudra éviter les débordements intempestifs vers des considérations communautaristes ou religieuses. Il ne faudra pas non plus perdre de vue, puisque l’on parle beaucoup de « guerre », qu’il ne s’agit pas d’une guerre entre l’Occident et les pays du Moyen- Orient, mais d’une série de conflits, avec leurs terribles cortèges de destructions, de morts, de blessés, de déplacés…, qui touchent des Sunnites, des Chiites, des Kurdes, des Chrétiens d’Orient, des Yazidis.

 

       Dernière remarque. J’ai entendu dire que le risque terroriste était nouveau. Même si l’EI est une organisation d’un type particulier, cela fait des années que ce risque et les moyens de s’en prémunir ont été analysés. Je vous suggère à ce sujet de consulter le rapport que j’ai présenté comme Président de la commission de la défense de l'Assemblée nationale après les attentats du 11 septembre 2001 : "33 propositions pour améliorer la lutte contre le terrorisme"

Terroriser!
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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 09:14

      Barack Obama s’est engagé à rassembler une « large coalition » pour « éradiquer » le mouvement terroriste dénommé Etat Islamique (EI). François Hollande, pour sa part, a annoncé qu’il « engageait la France » dans cette coalition.

 

      Avant d’examiner les origines du véritable chaos que traverse le Moyen-Orient, ainsi que les réponses qui pourraient être apportées aux drames que vivent ses populations, constatons que de telles décisions, graves de conséquences, ne donnent pas lieu aux concertations qu’on serait en droit d’attendre dans des pays démocratiques.

 

      Pour ce qui concerne la France, on nous répondra que c’est ainsi, puisque l’on vit dans un système de monarchie républicaine, qui postule que certains sujets concernant la diplomatie et la défense n’ont pas à faire l’objet de débat préalable…. Combien de temps encore les Français vont- ils accepter de voir ainsi leurs représentants dessaisis du droit de débattre de l’opportunité de tels choix, qui engagent sérieusement notre pays ?

 

      Certes, l’écheveau des fils de l’invraisemblable imbroglio moyen-oriental est difficile à dénouer. La difficulté ne date pas d’aujourd’hui et on cite souvent la fameuse phrase de Charles de Gaulle dans ses Mémoires de guerre : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples »….en oubliant quand même la suite du propos -« Je savais qu’au milieu de facteurs enchevêtrés, une partie essentielle s’y jouait. Il fallait donc en être » 

 

      Cette référence ne justifie pas que le débat public se limite à des simplifications extrêmes, qui peuvent donner lieu à des jugements démagogiques ou à des manipulations, comme celle qui consiste à vouloir imposer des réponses, forcément simples, puisque le sujet est compliqué !

 

        Si l’on veut comprendre les enjeux de ce qui se passe au Moyen-Orient, il faut commencer par revenir sur les évènements passés, tenter de comprendre les causes profondes des divisions et des détestations, les ressorts profonds des parties en présence, le poids de l’Histoire et notamment de la religion, les intérêts croisés et parfois contradictoires, le rôle du pétrole….. Il faut aussi revenir sur les erreurs commises et dont on subit aujourd’hui les conséquences.

 

 Réécrire l’histoire serait vain, mais s’interroger sur la façon d’éviter

la répétition de ces erreurs peut être utile.

 

    Relevons d’abord que les Etats actuellement en crise sont des constructions récentes et fragiles : les frontières entre la Turquie, le Liban, la Syrie et l’Irak sont le résultat du partage de la région entre la France et la Grande Bretagne à la fin de la Première Guerre mondiale. Ce partage a été en partie corrigé par le traité de Lausanne (1923), lorsqu’Atatürk établit l’Etat national turc. Mais la fondation de la Turquie kémaliste portait également les germes de conflits futurs, en raison notamment du refus de reconnaître la minorité kurde.

 

      Les sociétés du Liban, de la Syrie et de l’Irak sont marquées par une fragmentation entre des identités multiples, religieuses, ethniques ou tribales. Il y existe un réel sentiment d’appartenance nationale, mais ce sentiment peut, en période de crise, passer au second plan derrière les loyautés communautaires, ressenties comme plus protectrices.

 

      Si les troubles du Moyen-Orient ont un tel impact sur la sécurité internationale, c’est naturellement en raison du poids de la région dans l’approvisionnement en pétrole de l’Europe, de l’Asie et même des Etats-Unis (malgré le développement récent des hydrocarbures non conventionnels). Autre facteur déstabilisant : le conflit israélo-arabe. Enfin les rivalités des puissances régionales entretiennent des tensions permanentes : les ambitions de l’Arabie Saoudite sunnite, alliée indéfectible de l’Occident, malgré son régime obscurantiste et répressif, se heurtent à celles de l’Iran chiite qui aspire à prendre l’ascendant sur le monde musulman en proposant son modèle de république islamique. L’influence de l’Iran s’étend au Liban en raison du poids du Hezbollah chiite, à la Syrie dominée par la minorité alaouite, aujourd’hui proche du chiisme et à l’Irak majoritairement chiite. Mais, dans le camp sunnite, le leadership de l’Arabie saoudite est contesté par tous ceux qui réclament à la fois des élections libres et l’application de la loi islamique. On trouve dans cette mouvance des Etats comme le Qatar (malgré son régime autoritaire) ou la Turquie, mais aussi le mouvement des Frères musulmans.

 

      L’apparition du prétendu « Etat islamique » (EI) est un produit de cette accumulation de tensions et de conflits non résolus. Il s’est développé en Syrie, où il a pu profiter de l’incapacité de l’opposition, dramatiquement divisée, à vaincre le régime. Il a rapidement étendu sa présence en Irak, en jouant sur les frustrations de la minorité sunnite. Il sans doute bénéficié du soutien de certains milieux saoudiens désireux de combattre l’influence des Frères musulmans et de la passivité de la Turquie, qui ne souhaite pas prendre parti entre l’EI et les mouvements autonomistes kurdes.

 

Dans ce chaos, que peut apporter l’intervention de la France ?

 

      Arrêter la progression de l’EI et favoriser le rétablissement de l’autorité du gouvernement irakien sont des objectifs parfaitement légitimes. Mais la France aura-t-elle la maîtrise des buts de cette opération politico-militaire pilotée par les Etats-Unis ? Son action aura-t-elle toute la portée politique souhaitable, en particulier si elle est associée à des campagnes de bombardement plus intenses frappant des populations sunnites ? Elle doit avoir la sagesse d’exclure toute intervention en Syrie en l’absence de mandat international. Mais la France prendra-t-elle pour autant ses distances par rapport aux opérations américaines en Syrie, qui viennent de démarrer ?

 

      Quant à l’armement de l’opposition syrienne « modérée », comment empêcher qu’il profite à des mouvements comme le Front Al-Nosra, qui, même s’ils combattent l’EI, recourent aux mêmes méthodes et entendent imposer une idéologie tout aussi totalitaire ? 

 

     La réponse au défi de l’EI ne peut qu’être politique.

 

      Elle doit être recherchée par une nouvelle conférence internationale, moins dominée par la seule puissance américaine et clairement placée sous l’autorité du Conseil de sécurité de l’ONU. La fin du régime d’El-Assad serait un facteur déterminant dans la défaite de l’EI, mais ce serait une illusion de croire qu’elle ne pourra être obtenue que par des moyens militaires. La poursuite indéfinie de la guerre civile nourrit l’extrémisme, d’ailleurs attisé par la rivalité des puissances régionales. Il faut donc, sur la base des acquis des conférences de Genève, reprendre les négociations sans préalable entre toutes les forces syriennes (à l’exception des mouvements terroristes) et avec la participation de toutes les puissances intéressées, en vue d’un partage du pouvoir, conforté par de nouvelles élections sous contrôle international.

 

      Soyons aussi conscients que la stabilisation durable de la Syrie, comme celle de l’Irak et sans doute du Liban ne pourront pas être acquises sans une réintégration progressive de l’Iran dans le jeu diplomatique, ce qui suppose un règlement négocié du litige nucléaire.

 

      Enfin, la relance des conversations en vue d’une « zone exempte d’armes de destruction massive » au Moyen Orient* contribuerait également, dans cette perspective, au retour de la confiance et à l’affaiblissement des extrémismes.

 

On le voit, dans l’Orient compliqué dont parlait De Gaulle, il faut s’efforcer de ne pas en rester à des idées simples !

__________________________________________________________________

* Le principe de ces négociations a été accepté lors de la conférence d’examen du Traité de Non-Prolifération (TNP) en 1995 et réaffirmé en 2010. La réunion préparatoire devait avoir lieu en 2012…..mais a été reportée sine die, à la demande des Etats-Unis, en raison de « l’absence de stabilité du Moyen-Orient » (voir sur ce blog: "Moyen-Orient: une occasion manquée")

Moyen-Orient : comment sortir du chaos ?
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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 18:57

      On m’a proposé de commenter à la télévision le grand événement « Sarkozy, le retour », mais, n’étant pas critique de cinéma, j’ai préféré refuser….Il m’a également semblé qu’il est actuellement des sujets de réflexion autrement plus préoccupants que cette nouvelle saison d’une mauvaise série.  

 

      En effet, où que l’on porte actuellement son regard sur le monde, on constate que les désordres se multiplient et parfois s’amplifient : Irak, Syrie, Ukraine, Libye, Gaza, Centrafrique, pour ne prendre que les exemples les plus médiatisés.

 

      Autant de raisons de s’inquiéter, mais il ne suffit pas d’agiter la peur des engrenages et de ne commencer à se mobiliser que lorsque se manifeste la crainte de subir les retombées du conflit. Il faut analyser avec lucidité toutes les menaces, avant qu’elles deviennent de vrais dangers, à la fois pour la sécurité des personnes et celle des Etats.

 

      Il y a quelques années, l’ONU les identifiait de la façon suivante :

 

- les guerres entre États ;

- la violence à l’intérieur des États provoquée par les guerres civiles ;

- les génocides ou la violation massive des droits de l’Homme ;

- la pauvreté, les maladies infectieuses, la dégradation de l’environnement ;

- les armes nucléaires, radiologiques, chimiques et biologiques ;

- le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

 

    Aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut à lui seul se mettre complètement à l’abri de telles menaces, qui sont interdépendantes et qui exigent donc des réponses de la part de ce qu’on appelle la « Communauté internationale » et notamment de son expression institutionnelle, l’ONU.

 

      Malheureusement, trop souvent, pour des raisons politiques, financières ou de mauvaise organisation, ces menaces sont prises en compte de façon tardive. C’est ce qui semble s’être produit avec l’explosion de l’épidémie liée au virus Ebola.

 

      La directrice générale de l’OMS avait alerté il y a plus d’un mois sur le risque d’une dynamique non maîtrisée de l’épidémie, qui a déjà causé 2630 décès sur 5357 personnes contaminées. Avec retard, le Conseil de sécurité vient d’intervenir de façon solennelle en qualifiant « la progression sans précédent de l’épidémie….de menace pour la paix et la sécurité internationale » (résolution 2177, adoptée à l’unanimité).

 

     Une aide urgente d’1 milliard de dollars va être dégagée, mais le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a prévenu que l’aide nécessaire sera de 20 fois plus élevée que celle fournie actuellement. Autant dire, si l’on veut éviter une véritable catastrophe humanitaire, sanitaire (et même économique et sociale, dans certains pays africains), qu’il va falloir prendre des décisions courageuses et coûteuses.

Ebola : trop tard ?
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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 15:00

        Chaque jour, dans un paysage politique assez désolant, de nouveaux propos viennent nous désoler un peu plus. Je me contenterai de prendre quelques exemples dans l’actualité récente.

 

   - Un ancien conseiller du Président se dit victime d’une « logique d’épuration ethnique » après avoir été chassé de l’Elysée, en raison de liens avec l'industrie pharmaceutique laissant entrevoir un possible conflit d'intérêts. C'est, dit-il « les Hutus contre les Tutsis » !

 

       - Une ancienne compagne du Président remercie « pour le moment » et, en guise de remerciement (indépendamment de son gain sur les ventes de 1,2 à 1,4 millions d’euros), déverse avec indécence un flot d’horreurs sur celui qui lui a accordé ce moment.

 

      - Un député, devenu ministre pendant quelques jours et révoqué pour malhonnêteté financière, tente d’excuser ses fautes en plaidant la « phobie administrative »

 

      - Un ancien socialiste compare le trader compulsif Kerviel au capitaine Dreyfus, en invoquant Jean Jaurès et en oubliant que Dreyfus, condamné à tort, a été la victime d’un complot antisémite, tandis que Kerviel a fauté!

 

      « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Albert Camus. Comme il avait raison !

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 21:20

      L’annonce de « suspendre » la livraison à la Russie du navire BPC (bâtiment de protection et de commandement) Mistral ne présente que des inconvénients pour la France.

 

      J’avais commencé à développer mes arguments et à expliquer pourquoi je pense que cette décision est malencontreuse, quand j’ai lu cette analyse de Jack Dion dans Marianne.

 

      Je suis d'accord avec ce texte et, plutôt que de le plagier, je préfère vous en recommander vivement la lecture.

 

********************************

 

" Il y a peu, Laurent Fabius assurait qu’il n’était pas question de revenir sur la vente du porte-hélicoptères Mistral à la Russie. Il était seulement question de rediscuter de la livraison du second navire, ce qui pouvait se concevoir vu le contexte du moment. 


Le 24 juillet dernier, le ministre des Affaires étrangères déclarait, en riposte aux injonctions de David Cameron, petit télégraphiste de la Maison Blanche : « Il y a une règle que les contrats signés sont payés et honorés ». Au passage, et non sans raison, Laurent Fabius lui rappelait que la Grande-Bretagne continuait à livrer des armes autrement plus sophistiquées à Vladimir Poutine, que Londres était la capitale d’adoption des oligarques russes, et donc qu’avant de faire la leçon aux autres il devrait commencer par balayer sa propre carpette. 

Tout ça est oublié. Fabius fait du Cameron, et Hollande rentre sagement dans le rang des bons soldats de l’Otan. Car il ne faut pas chercher ailleurs la raison du revirement tricolore. L’explication se trouve moins du côté de Donestk qu’à Newport, au Royaume-Uni. C’est là que s’ouvre le sommet de l’Otan, cette organisation militaire née à l’époque de la guerre froide, toujours en vigueur alors que l’ennemi soviétique a disparu de la carte, et qui entend régenter le monde en lieu et place de l’Onu, dont c’est pourtant la vocation première. 

D’ailleurs qui parle encore des casques bleus, aujourd’hui ? Dès qu’apparait une crise quelque part, au Proche-Orient, en Europe ou ailleurs, c’est l’Otan qui entre en scène, autrement dit l’armée des Etats-Unis et ses supplétifs, quitte à reprocher aux autres (les Russes par exemple) de vouloir s’inspirer de la prétention américaine à jouer au gendarme. 

La crise en Ukraine ne s’explique pas autrement. Au lendemain de l’effondrement du camp soviétique, au lieu de bâtir un nouveau système de sécurité collective, l’Occident a voulu arrimer la Géorgie et l’Ukraine à l’Otan. C’était la pire des provocations vis-à-vis de la Russie, de son histoire et de sa géographie. 

Du temps de Gorbatchev le mollasson, puis d’Eltsine le roi de la bouteille, cela pouvait passer. Avec Poutine, un président héritier des traditions tsaristes et nationalistes de la Russie, et qui se fait une certaine idée de son pays, cela ne passe plus. Mais au lieu de négocier avec Moscou, au lieu d’avancer vers cette Europe de l’Atlantique à l’Oural dont parlait le général de Gaulle, les Occidentaux ont tout fait pour utiliser l’Ukraine comme tête de pont politico-militaire contre la Russie, en dépit des appels à la raison entendus ici et là, y compris aux Etats-Unis. 

Dans cette histoire, la France a joué les mouches du coche, comme en témoigne l’affaire du Mistral, après l’alignement sur les sanctions. Qui peut croire que c’est la non livraison de ce navire qui va empêcher Poutine de continuer à soutenir manu militari les rebelles de l’Est ukrainien, qui ont quelques récriminations fondées à l’égard du pouvoir en place à Kiev ? Pourquoi se priver d’un tel contrat quand on connaît la situation de l’économie et de l’emploi en France ? Comment assumer une telle décision et négocier au même moment avec cette grande démocratie qu’est l’Arabie saoudite pour lui vendre des lance-missiles ? Comment convaincre les clients potentiels à l’achat du Rafale (l’Inde par exemple) que la France peut respecter ses engagements ? 

Cette décision est une Bérézina commerciale doublée d’un Waterloo politique. C’est la victoire de la diplomatie à la Bernard-Henri Lévy, l’homme du chaos en Libye, qui voit le monde divisé entre Bons et Méchants. Poutine, à qui on ne donnerait pas le bon Dieu orthodoxe sans confession, est évidemment dans cette dernière catégorie, alors que tous ceux qui lui sont opposés sont d’une candeur absolue, y compris les apprentis fascistes qui œuvrent dans l’ombre à Kiev. 

Aujourd’hui encore, dans Le Parisien, BHL somme l’Europe de désigner la Russie comme l’ennemi à abattre. Au détail près, c’est la ritournelle en vigueur au Monde et à Libération. Le mercredi 3 septembre, Libé titrait : « Ukraine : guerre à l’Europe », vitupérant au passage « l’inertie occidentale », comme si les néocons à l’américaine avaient pris le contrôle du journal fondé par Jean-Paul Sartre. 

Mais que veulent-ils ? Foncer sur la Russie ? Bombarder Moscou ? Soyons sérieux. Plutôt que de s’aligner sur les apprentis sorciers de l’Otan et ses adjudants en chemise blanche, il serait temps de retrouver le sens des réalités. Dans le dossier ukrainien, rien n’est simple, rien n’est univoque. A jouer la carte de l’escalade, le pire est possible. Mieux vaudrait s’en apercevoir avant qu’il ne soit trop tard. "

L’affaire du Mistral
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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 09:55

La question posée dans les coulisses de l'Université de la Rochelle

 

à de nombreux participants était intéressante et pertinente:

 

"Pour vous, qu'est ce qu'être socialiste aujourd'hui?"


Le temps imparti était malheureusement un peu court: 15 secondes!!

 

J'ai quand même essayé.  Voici ma réponse

 

Qu'en pensez-vous?

Etre socialiste?
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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 21:59

      En présentant le nouveau gouvernement, François Hollande a souhaité « la clarté et la solidarité ». Ce souhait en forme d’exhortation adressée aux socialistes se comprend. Encore faut-il que l’on s’entende bien sur le sens des mots et sur ce qu’il convient de faire pour que le souhait du Président devienne une réalité!

 

      La clarté exige que les choix fondamentaux qui définissent le cap politique suivi par le gouvernement soient exposés, débattus et qu’un vote vienne conclure ce débat.

 

      Or force est de constater que l’écart constaté avec les engagements de 2012 n’a pas fait l’objet d’une présentation explicite devant les socialistes, qui n’ont donc pas eu l’occasion de débattre et encore moins de voter sur le nouveau cap. C’est cette clarté, fruit du débat et du vote sur des options clairement explicitées qui doit permettre ensuite que se manifeste la nécessaire solidarité.

 

      On a parlé de débat à propos des échanges qui se sont déroulés à l’Université d’été du PS à La Rochelle. J’ai suivi attentivement les discussions, les analyses, les points de vue, les grandes envolées. J’ai écouté les militants, les personnalités, ceux qui pratiquaient l’interrogation critique, ceux qui approuvaient la politique gouvernementale, ceux qui s’indignaient et manifestaient leur incompréhension de certaines évolutions récentes…. Ces confrontations, pour intéressantes qu’elles aient été, n’ont naturellement pas vocation à résumer le débat que souhaitent les socialistes.

 

      Seul un congrès leur permettra de s’exprimer sur le fond et il devient urgent d’en fixer la date. Il va falloir éviter les faux fuyants et les subterfuges, comme celui consistant à interroger les militants sur un grand nombre de questions, laissant supposer que l’appréciation du cap politique fixé au pays n’est pas de leur ressort.

 

      Dans la période difficile et grave que traverse la France et devant la méfiance de plus en plus inquiétante des Français à l’égard du monde politique, nous avons un double devoir de vérité : à leur égard, mais aussi à l’égard de la gauche et de l’électorat du 6 mai 2012.

 

      Il ne sert à rien de se voiler la face, de nier des évidences ou, pour certains, de s’inspirer des principes de la « méthode Coué ». Ouvrons le débat, qui, seul, permettra la clarté et la solidarité.

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 17:05

      Cette tribune de Paul Quilès est publiée dans

                                                                           accueil

 

       Il a été affirmé que la fin de la Guerre froide et la suprématie incontestée des Etats-Unis avaient globalement pacifié la planète : les violences seraient en recul et l’impression de chaos mondial proviendrait de l’abondance des images et des reportages de guerre. Des recherches récentes [1] remettent en cause cette vision rassurante : si les risques de guerres entre États restent faibles (pour l’instant), le nombre des conflits intra-étatiques à dimension internationale, comme en Syrie, en Irak, en Ukraine, s’accroit dangereusement.

 

     Que faire devant ces « désordres du monde » ? Aux Etats-Unis et chez leurs alliés, notamment européens, la tentation de l’action unilatérale est forte. Il suffirait, pour remédier aux crises les plus graves, que les pays occidentaux, sous le leadership américain, sanctionnent, bombardent et arment les groupes qui leur sont proches, au nom d’un droit international dont ils seraient à la fois les législateurs, les juges et les exécutants.

 

      La crise irakienne offre un nouvel exemple de cette défiance à l’égard de l’action collective dans le cadre de l’ONU. Cette crise est pourtant le résultat d’une aventure des États-Unis, appuyés par quelques pays, en vue d’« aider le peuple irakien à bâtir une démocratie durable au cœur du Moyen-Orient » selon les termes de George W. Bush en 2005. C’est aussi une conséquence du chaos sanglant où s’est installée la Syrie. Le régime de Bachar El-Assad y a une lourde responsabilité. Mais l’opposition démocratique s’est elle-même piégée dans son refus intransigeant de tout compromis. Faut-il à présent appliquer à l’Irak les solutions préconisées pour la Syrie, en armant un partenaire privilégié (les Kurdes de Massoud Barzani) et en l’appuyant par des frappes aériennes, selon un scénario pratiqué en Afghanistan ou, plus récemment, en Libye ? Mais où en sont aujourd’hui l’Afghanistan et la Libye ?

 

     Il peut être indispensable de sanctionner un agresseur, d’écarter par la force une menace de massacres ou d’aider une population à se défendre. S’il s’agit du recours à la force, le Conseil de sécurité de l’ONU est la seule instance légitime et efficace. Il a fallu que le Pape soit l’une des rares personnalités à l’avoir dit clairement.

 

     Pour contrer « l’Etat islamique», le Conseil de sécurité vient d’adopter des mesures coercitives destinées à tarir ses sources de financement (en provenance du Golfe ?) mais on est loin de l’engagement pris par tous les Etats de l’ONU en 2005 : celui d’assumer leur « responsabilité de protéger » les populations civiles contre le génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les « purifications ethniques ».

 

     On objectera que l’ONU « ne peut rien faire » en raison des vetos des régimes autoritaires russe et chinois. Faut-il dès lors opter pour la passivité ou l’action discrétionnaire des Etats-Unis et de leurs alliés au service des intérêts d’une puissance ou d’un camp ? Dans le cas du conflit israélo-palestinien, ce sont d’ailleurs les Etats-Unis qui paralysent l’ONU. Et qui, en dehors de l’ONU, peut organiser la reconstruction d’après-conflit, en Afrique ou au Moyen-Orient ? Est-on condamné à la confrontation permanente entre « l’Ouest et le reste » ?

 

     L’ONU est le seul lieu où tous les Etats, sous la pression des mouvements transnationaux, dont l’influence s’accroît, peuvent régler ensemble les questions d’intérêt mondial. Des solutions existent pour rendre l’institution plus efficace : réforme du Conseil de sécurité, plus large implication de l’Assemblée générale. Nos interlocuteurs ne nous plaisent pas toujours, mais un fait demeure : sans la Chine, la Russie et les pays du Sud, il serait illusoire de vouloir répondre, non seulement aux défis de la sécurité internationale, de la lutte contre la prolifération et du désarmement, mais aussi à ceux du développement, de l’environnement, du climat ou de la lutte contre les pandémies.

________________________________________________________________

[1] Recherches du SIPRI notamment.

La crise irakienne, symptôme des désordres du monde 
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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 12:02

      Il faut être cohérent! Même si on n’aime pas le fonctionnement quasi-monarchique de la Vème République –ce qui est mon cas-, il faut en respecter les règles ou se battre pour qu’il évolue.

 

      J’ai eu l’occasion (dans mon livre, publié en 2001 : « Les 577, des députés, pour quoi faire ? ») de présenter les réformes susceptibles de mieux répartir les pouvoirs et de rétablir l’Assemblée nationale, censée représenter le peuple, dans un rôle plus conforme à celui qui devrait être le sien dans une véritable démocratie.

 

      C’est à cette époque que j’ai également mis en garde contre une évolution (quinquennat, inversion du calendrier électoral) qui accentuait les risques de dérive de nos institutions.

 

      Aujourd’hui, nous sommes donc toujours régis par la Constitution de 1958, qui, bien que fréquemment modifiée depuis, a conservé les prérogatives quasi-monarchiques du Président. Les principaux responsables politiques ne semblent pas pour l’instant désireux d’y toucher, constatant probablement qu’au cours des deux derniers siècles, les Français n’ont changé la constitution de la République qu’à l’occasion d’une révolution, d’une guerre ou d’un coup d’Etat….sans parler des changements de régime.

 

    Dans ce contexte, ceux qui, présents à une place importante au gouvernement, affichent publiquement leurs désaccords, font fausse route. Non pas que leurs critiques soient infondées ; nous sommes nombreux à gauche à dire depuis 2 ans que le cap fixé par François Hollande n’est pas conforme à ses engagements de 2012. Par contre, ils feignent d’oublier que leur comportement n’est pas conforme à l’esprit de la Vème République….qu’ils ne dénoncent pas par ailleurs !

 

      La cohérence aurait voulu qu’ils aillent jusqu’au bout de leur démarche en démissionnant de leur fonction ministérielle et qu’ils s’engagent désormais à agir pour faire évoluer le fonctionnement de nos institutions.

 

      Cette situation est une nouvelle preuve de l’urgence pour le principal parti de la majorité présidentielle, le Parti socialiste, de prendre ses responsabilités, en engageant rapidement la préparation d’un congrès.

 

       C’est ce que j’ai déjà demandé le 14 juin dernier, lors du Conseil national du PS, dont voici un extrait, qu'il n'est pas inintéressant de relire.

 

***************

 

      " Parmi les raisons de cet échec –largement analysés aujourd’hui- je souhaite en souligner une, qui me semble déterminante pour expliquer notre grande difficulté à modifier le cours des choses. Elle ne concerne pas les choix politiques –discutables par ailleurs- mais la façon dont sont préparés, annoncés et mis en oeuvre ces choix.

 

        Je veux parler ici des conséquences des institutions de la Vème République (système de monarchie républicaine) qui renvoient la plupart des décisions au sommet de la pyramide, avec un Premier ministre qui « exécute » la politique définie par le Président, une majorité parlementaire contrainte, un parti majoritaire sans grande marge d’initiative et dont les militants s’interrogent sur leur utilité. Il ne suffit pas de faire signe à des sympathisants tous les 5 ans lors du vote pour la désignation du candidat lors des primaires pour établir un lien avec un électorat désabusé, désorienté et qui croit de moins en moins à la parole des politiques.

 

        Prenez l’exemple de la réforme territoriale, importante, mais très mal engagée. On a mis la charrue avant les bœufs, en annonçant des mesures fortes (parfois démenties un peu plus tard), avant même d’avoir débattu et d’avoir défini clairement et publiquement les objectifs de cette réforme. Comment vont faire nos candidats aux élections sénatoriales pour s’y retrouver entre les annonces contradictoires (Président, ministres, 1er secrétaire, certains grands élus) ? Que vont comprendre les élus locaux à qui l’on veut s’adresser ?

 

     Certains –dont je ne suis pas- auraient tendance, dans cette ambiance préoccupante, à baisser les bras. C’est vrai qu’on peut toujours craindre la dégringolade fatale qu’ont connue d’autres grands partis français au cours du demi-siècle écoulé. C’est vrai aussi qu’on entend de plus en plus d’analystes et de commentateurs qui annoncent la fin des partis politiques.

 

        D’autres, qui s’étaient faits discrets jusqu’ici, joignent leur voix aux critiques et aux demandes de ceux qui étaient traités hier d’irresponsables ou d’incompétents, parce qu’ils demandaient avec insistance que les promesses de la campagne de 2012 soient respectées et qui s’inquiétaient des conséquences du régime infligé au pays, tout en préconisant d’autres réponses à la crise.

 

        La logique de la Vème République voudrait que tout ceci ne se traduise par rien de déterminant dans le cours de la politique du pouvoir. Pourtant, je persiste à penser – et je sais que je ne suis pas seul- que le rôle du PS pourrait ne pas être insignifiant..…..à condition que des décisions fortes soient prises, dès aujourd’hui et qu’elles mobilisent, non seulement les cadres du parti, mais aussi et surtout les militants. Nous avons un peu trop oublié que ce sont eux qui peuvent recréer le lien indispensable avec les Français, notamment ceux qui ont voté à gauche le 6 mai 2012.

 

        Voilà pourquoi il faut donner l’occasion aux militants socialistes de « relever la tête » (comme le souhaite J.C. Cambadélis). Montrons que le PS n’est pas un parti godillot, un simple outil de sélection de candidats, une chambre d’enregistrement, une agence de communication, qu’il est écouté et entendu.

 

         Donnons la parole à nos militants, en leur permettant de débattre librement et en profondeur. Cela s’appelle, chers camarades, un congrès, ce que François Mitterrand décrivait comme la « Pâques des socialistes », une façon pas très laïque mais bien imagée de parler de leur résurrection !

 

     Le temps est donc venu d’annoncer ce congrès, pour faire du PS un acteur…..un acteur utile….un acteur utile à la gauche…un acteur utile à la France."

Un peu de cohérence!
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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez