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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 22:40

J'ai signé ce texte avec les responsables nationaux

 

du courant "Maintenant la Gauche"

 

********

      Monsieur le Président,

 

      La défaite est sévère. Son ampleur, son impact sur tout le territoire en dépit du travail de qualité des élus locaux, témoigne d’une volonté des électeurs de gauche de sanctionner les choix politiques engagés depuis le début du quinquennat.

 

     Ce soir, c’est toute la gauche qui est pénalisée. Mais plus que nos partenaires écologistes ou communistes, ce sont les candidats socialistes qui subissent le plus durement le désaveu des urnes.

 

      L’exécutif ne peut rester sourd au message des électeurs. Rien ne serait pire que de relativiser l’ampleur de la défaite. Rien ne serait plus dangereux que de se tromper dans l’analyse de ses causes. Le problème n’est pas de nature méthodologique, il est politique. Le sujet central n’est pas la demande d’autorité, il est le refus de l’austérité. Il ne s’agit pas d’ "envoyer des signaux de gauche" à notre électorat, il faut changer de cap.

 

      Monsieur le Président, vous aviez fait du "redressement dans la justice" le mot d’ordre de votre campagne présidentielle. A juste titre, vous aviez pointé la responsabilité historique du monde de la finance dans les difficultés que traversent notre pays et notre continent. Vous aviez porté haut et fort l’exigence d’une réorientation de la construction européenne, en dénonçant le caractère néfaste des politiques d’austérité. Vous aviez rappelé avec force que "l’âme de la France, c’est l’égalité".

 

      Deux ans après, cette analyse nous paraît toujours aussi pertinente. Force est de constater que, parfois, les actes ont démenti les paroles. Certes, des réformes salutaires ont été entreprises. Certes, personne ne méconnaît la gravité de la crise et le lourd bilan laissé par Nicolas Sarkozy. Certes, l'éradication du chômage de masse requiert du temps et de la constance. Mais, comme nous le faisons inlassablement depuis des mois, nous vous exhortons à changer de cap.

 

      Augmentation de la fiscalité indirecte, flexibilité du marché du travail, réduction à marche forcée des déficits publics, baisse massive du coût du travail : nous ne contestons pas seulement ces solutions parce qu'elles risquent de fragiliser notre modèle social et nos services publics, nous les contestons parce qu'elles s'avèrent inefficaces pour relancer l'activité économique!

 

     Comme vous, nous pensons que les Français attendent avant tout des résultats en matière d’emploi. Comme vous, nous pensons que nous serons jugés sur notre capacité à améliorer concrètement les conditions d’existence du plus grand nombre.

 

     Aujourd'hui, c'est le pragmatisme qui impose d’être audacieux! Parce que la France n’est jamais aussi grande que dans le sursaut, il est possible de démentir les résignés, les fatalistes et les pessimistes. Il n'y a pas qu'une seule politique possible.

 

     Pour réussir une nouvelle étape du quinquennat, il faut remplir trois conditions.

 

     1) A l’échelon européen, il est temps de desserrer l’étau des contraintes du pacte de stabilité. Concrètement, il s’agit dès demain d’engager le rapport de force avec la Commission en lui notifiant non seulement l’impossibilité, mais surtout le refus respecter dans les délais les critères de déficit restrictifs qu’elle nous assigne. La réduction à marche forcée des déficits publics érigée en dogme est absurde en période de croissance atone, alors que c’est précisément l’investissement, et singulièrement l’investissement public qui soutient l’activité. L’austérité conduit l’Europe vers l’abîme, tant elle réduit les protections de ses citoyens sans aboutir à un autre résultat qu’un dumping social qui ne dit pas son nom. La politique monétaire est aujourd'hui plus un handicap qu'un atout, le libre-échange généralisé nous affaiblit. Les Français se moquent d’être présentés comme les mauvais élèves de l’Europe libérale. Au contraire, ils plébisciteraient un gouvernement qui se donnerait comme objectif d’être l’acteur déterminé de la réorientation du projet européen. Proposer un autre chemin pour l’Europe, jeter les bases d’une coalition progressiste contre l’austérité, voilà une façon de "réenchanter le rêve français"

 

      2) Sur le plan intérieur, le temps est venu d'un tournant économique majeur. Plutôt qu’à la "politique de l’offre" et aux coupes massives dans les dépenses publiques, la priorité doit revenir à la croissance, à l'emploi, au redressement productif. A l'évidence, la transition écologique doit en être le fil conducteur.

 

     Le pacte de responsabilité est mort-né. Prenons acte de la position intransigeante du MEDEF, qui refuse toute contrepartie pour le monde du travail. Désormais minoritaire chez les syndicats de salariés, extrêmement coûteux pour les finances publiques, ce pacte n’est pas aujourd’hui le "grand compromis social" que vous aviez souhaité. N'ayons pas peur d’abandonner cette voie. La mobilisation générale pour l’emploi passe par la relance de l'investissement public et par celle de la consommation.

 

      Car il est urgent d'agir pour le pouvoir d'achat. La réforme fiscale est évidemment un outil pour améliorer le quotidien des Français les plus modestes. Mais l'augmentation substantielle du SMIC lors de sa revalorisation annuelle, le dégel des salaires des fonctionnaires, la revalorisation des petites retraites nous paraissent tout aussi nécessaires

 

      3) De même qu’il n’y aura pas de redressement sans justice, il n’y aura pas de réussite de la gauche si elle ne parvient pas à se rassembler. Le changement ne peut devenir une réalité sans la prise en compte des aspirations de la majorité sociale à laquelle nous devons notre majorité politique acquise en 2012. Pour le traduire en actes, la gauche ne réussira qu’avec un nouveau pacte majoritaire qui rassemble, au service de la France, toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la défaite de la droite lors de la dernière campagne présidentielle.

 

      Mais au-delà de la gauche, c'est au profond malaise qui traverse notre pays qu'il faut aujourd’hui répondre. Comme à chaque période décisive de son histoire, la France peut retrouver le meilleur d'elle-même en s’inspirant des principes qui font la force et la singularité de son modèle républicain. Respect de la souveraineté populaire, défense de notre modèle social, promotion de l’égalité : en cette "année Jaurès", la République sociale reste un projet fédérateur. Ce projet, il vous appartient de le faire vivre.

 

     Nous espérons que vous entendrez cette adresse, qui se veut une contribution franche et constructive, tournée vers un seul objectif : la réussite de votre quinquennat, celle de la gauche, celle de la France.

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 07:54
Crise ukrainienne: il faut retrouver les voies du dialogue

Je viens de publier cette tribune sur les relations entre les pays occidentaux et la Russie à la suite de la crise ukrainienne.

Elle m'a été demandée par le réseau ELN (European Leadership Network)

Lire aussi la tribune sur le site d'ELN

*****

      Alors que nous commémorons le centenaire de la Première Guerre mondiale, des comparaisons inquiétantes viennent à l’esprit : une crise locale (l’attentat de Sarajevo en 1914, l’annexion de la Crimée par la Russie aujourd’hui), une escalade de la confrontation, puis une catastrophe générale.

  

      Nous ne sommes évidemment pas à la veille d’un cataclysme comparable à celui de 1914. Pourtant, si l’actuel enchaînement des coups de force et des réactions improvisées continuait, on pourrait glisser, sans l’avoir voulu, vers une guerre économique et un retour de la confrontation entre l’Occident et la Russie dont aucun des camps ne sortirait indemne. Des risques d’incidents armés entre Russes et Ukrainiens ne seraient plus à exclure. L’Europe devrait faire face aux graves conséquences pour elle-même d’une campagne de sanctions économiques où elle se serait laissé entraîner. Sur tous les théâtres de crise, de la Syrie à l’Iran, les Occidentaux trouveraient en face d’eux, une Russie acharnée à les contrer. Les espoirs de construction d’une sécurité commune et de désarmement, en particulier nucléaire, seraient réduits à néant pour de nombreuses années.

 

Comment sortir de cet engrenage?

 

       Il faut d’abord reconnaître les maladresses et les erreurs commises.

      

      Du côté de la Russie, elles sont évidentes : pression massive pour forcer l’Ukraine à adhérer à son projet d’union douanière et économique eurasiatique ; utilisation politique de l’arme du gaz ; développement brutal d’une présence militaire en Crimée.

 

       Mais du côté occidental et plus particulièrement européen, aucun dialogue n’a été noué avec la Russie pour tenir compte de certaines préoccupations légitimes. Pourquoi avoir voulu obliger l’Ukraine à choisir entre l’Union européenne et la Russie, alors que ce pays a pour vocation d’être un pont entre ces deux pôles ? Pourquoi ne pas avoir tenu compte du mécontentement des régions russophones d’Ukraine devant une politique trop centraliste et intolérante quant à l’usage des langues ? Pourquoi ne pas reconnaître que le gouvernement intérimaire, qui représente pour le moment quasi exclusivement l'Ouest de l'Ukraine, souffre d'un déficit de légitimité tant que des élections libres n'ont pas eu lieu ? Il ne peut donc être considéré que comme ce qu'il est : un gouvernement provisoire.

 

       La riposte russe consistant à s’emparer de la Crimée par la force et à maintenir une présence militaire inquiétante aux frontières de l’Ukraine est inexcusable, mais on peut regretter qu’elle ait été favorisée par les erreurs européennes et occidentales.

 

La Russie est-elle un partenaire, un rival ou un adversaire?

 

      C’est le fond de la question pour nous, Européens. Considérer la Russie comme un adversaire nous replongerait dans une situation d’affrontement. Des confrontations militaires indirectes seraient inévitables, comme à l’époque de la Guerre froide, mais dans un contexte plus instable et donc plus dangereux. Si nous considérons la Russie comme un simple rival, des accords ponctuels sont concevables, mais sans entente durable et stratégique. Il ne peut alors plus être question d’action commune pour faire face aux grands défis de la planète : renforcement de l’ONU, lutte contre la prolifération et désarmement, développement, climat. Ce qu’il faut donc souhaiter, c’est la restauration d’une relation de partenariat entre la Russie et l’Europe et, plus largement entre la Russie et l’Occident.

 

Quel partenariat?

 

       Une telle relation nécessite un accord entre l’Union européenne, les États-Unis, l’Ukraine et la Russie sur quatre points :

     

      1. Des élections rapides et incontestables doivent être organisées, sous contrôle international. Ceci implique que la Russie cesse ses menaces et que le gouvernement de Kiev n’entreprenne aucune action susceptible d’affecter la sincérité du scrutin (interdiction de partis, arrestation d’opposants, maintien de milices armées par exemple). Au cours de cette période de transition vers une situation juridique stable, le gouvernement ukrainien intérimaire doit veiller à empêcher tout incident ou provocation. Il en va naturellement de même pour la Russie. Les Européens doivent par ailleurs se garder d'encourager ceux qui veulent la victoire totale et sans compromis d'une Ukraine sur l'autre.

       2. Les élections ne devraient pas seulement conduire à la désignation d’un président mais aussi d’une assemblée constituante. Il est en effet indispensable qu’une nouvelle constitution soit adoptée, afin de garantir les droits des russophones et autres minorités et d’organiser la décentralisation du pays.

       3. Du point de vue géostratégique, le futur accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne devrait tenir compte des intérêts économiques légitimes de la Russie. De plus, une entente de toutes les puissances concernées devrait exclure l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

       4. Pour ce qui concerne la Crimée, il n’est pas question de reconnaître le coup de force russe. Dans un premier temps, Russes et Occidentaux ne peuvent donc que constater leur désaccord. Quand les passions seront retombées, il faudra faire appel à l'inventivité des diplomates pour vérifier quel est véritablement le souhait de la population de la Crimée (le statut de la péninsule ne peut pas se décider sans elle) et pour maintenir un lien juridique à définir entre la Crimée et l'Ukraine.

 

       Un accord sur ces points permettrait d’interrompre l’escalade des tensions. Les Occidentaux pourraient alors mettre un terme à leurs sanctions et l’ensemble de la communauté internationale, Russie comprise, pourrait s’atteler à la tâche prioritaire pour l’Ukraine : réussir son sauvetage économique et financier. Parallèlement, l’Union européenne aura la lourde responsabilité d’appuyer l’Ukraine dans l’indispensable réforme de sa gouvernance, mais dans un climat de dialogue et non de confrontation avec la Russie.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 23:52

L'hebdomadaire Marianne,

 

qui vient de publier un dossier sur le Rwanda

 

à l'occasion du 20ème anniversaire du génocide,

 

m'a interrogé en tant qu'ancien Président

 

de la "Mission parlementaire sur le Rwanda".

 

 

1) Vingt ans après le génocide rwandais, que peut-on ou doit-on reprocher à notre pays dans cette histoire complexe?

 

Au Rwanda, les colonisateurs allemands puis belges avaient systématiquement favorisé - pour s’appuyer sur elle – une élite traditionnelle tutsie qui représentait environ 15% de la population et dont était issu un roi coutumier, le Mwami. Cette couche sociale dominait une majorité hutue (83 % de la population, le groupe des Twas en représentant 2 %). L’ensemble de ces groupes parle la même langue, le kinyarwanda.

 

Pour expliquer mais aussi renforcer ce clivage (qui se retrouve au Burundi et dans l’Est du Congo voisins), les colonisateurs ont développé une théorie raciste : les Tutsis étaient vus comme les descendants de conquérants venus de l’Éthiopie actuelle pour assujettir la masse hutue. Cette vision raciste des rapports sociaux rwandais a été la cause première du génocide.

 

Dans le contexte de l’accession du pays à l’indépendance, de 1959 à 1961, puis jusqu’en 1963, les Hutus renversent la monarchie tutsie et massacrent un grand nombre de Tutsis. Ils s’emparent de leurs richesses et du pouvoir. Près de la moitié des Tutsis s’enfuient en Ouganda, les autres restent. D’où une situation déterminante pour l’évolution politique du Rwanda : les Tutsis de l’extérieur veulent retrouver leur patrie perdue, les Hutus entendent les en empêcher et soumettent les Tutsis de l’intérieur à une discrimination et à des persécutions constantes. L’appartenance ethnique était inscrite à l’état civil et figurait sur les cartes d’identité. Des quotas limitaient à 9 % la présence des Tutsis dans l'enseignement supérieur et l’administration. Des massacres de Tutsis par des Hutus ont été perpétrés à diverses reprises dans les années 60 et 70.

 

À l’indépendance, le régime hutu s’était tourné vers la France. Le Général de Gaulle avait accueilli le Rwanda dans l’ensemble africain francophone. Après 1981, ces liens n’ont pas été mis en cause.

 

En Ouganda, les Tutsis exilés, sous la conduite de Paul Kagamé, ont aidé le président Yoweri Museveni‎ à prendre le pouvoir à Kampala. Dotés d’une organisation armée, le FPR (Front Patriotique Rwandais), ils ont lancé en octobre 1990 une offensive pour renverser par la force le pouvoir hutu. Lorsque le président Juvénal Habyarimana demande son aide, François Mitterrand estime, comme en 1983 au Tchad face à la Libye, que la France doit défendre un gouvernement lié à elle par des accords de coopération, à moins de perdre sa crédibilité de pays garant de la stabilité africaine. Sa politique revêt alors deux aspects indissociables :

 

1) aider, former et équiper les forces armées rwandaises pour les mettre en état de résister à l’offensive du FPR soutenue par l’Ouganda, mais sans engagement militaire direct ;

 

2) parallèlement, obliger le régime hutu à engager un processus de démocratisation englobant toutes les composantes de la société, dans la ligne du discours de La Baule du 20 juin 1990. Pour cela, la France a demandé au président Habyarimana de rétablir le multipartisme et de former un gouvernement de coalition avec l’opposition hutue et tutsie, en vue d’un accord politique avec le FPR pour régler notamment la question du retour des réfugiés.

 

Les extrémistes hutus et le FPR se sont violemment opposés à cette politique, pour la simple raison qu’ils ne voulaient pas partager le pouvoir mais l’accaparer.

 

La France a néanmoins réussi à imposer la négociation et à contraindre les deux camps à conclure le 4 août 1993, les accords d’Arusha, qui organisaient le partage du pouvoir dans les institutions et l’armée. Après la signature de cet accord, les troupes françaises ont été retirées (à l’exception d’une vingtaine de coopérants) et la surveillance de la mise en œuvre du processus de paix a été confiée à une force de l’ONU, la Mission pour l’assistance au Rwanda (MINUAR). Le mandat de cette force très hétérogène était cependant dramatiquement inadapté : elle ne pouvait accomplir que des missions d’interposition ou de surveillance du cessez le feu, sans possibilité de faire usage de ses armes dans d’autres cas que la légitime défense. Cette faiblesse de l’implication internationale a directement favorisé le génocide.

 

Le président Habyarimana pensait que les élections libres prévues par les accords lui permettraient de conserver un rôle central. Il s’est alors éloigné des extrémistes hutus qui, pour saboter les accords d’Arusha, se sont mis à attiser par tous les moyens, la haine raciale et à préparer des massacres de Tutsis à grande échelle. De son côté, le FPR maintenait sa pression militaire.

 

Dans cette situation de tension extrême, la destruction, le 6 avril 1994, de l’avion qui transportait les présidents rwandais et burundais a ruiné les espoirs de paix. Dès l’assassinat de leur président, les Hutus les plus fanatiques ont déclenché, sous prétexte de le venger, des tueries qui ont vite dégénéré en génocide.

 

L’action de la France a alors été limitée et sans doute insuffisante : elle a d’abord pris la forme d’une opération d’évacuation de ressortissants, puis d’une intervention très tardive, le 22 juin 1994, sous un mandat de l’ONU. Cette intervention, connue sous le nom d’opération Turquoise, a permis la protection de la population civile (très majoritairement hutue) fuyant vers le Congo et le sud du Rwanda devant les forces du FPR. Elle a également permis le sauvetage d’environ quinze mille Tutsis.

 

Ce rappel conduit aux observations suivantes : le génocide est d’abord un crime rwandais, produit d’une organisation autoritaire du pouvoir et d’une propagande raciste structurée, dans un contexte de guerre et de crise économique et humanitaire profonde. L’ONU a, quant à elle, laissé le génocide se dérouler sans pouvoir ni vouloir réagir efficacement. L’obstruction américaine a joué un rôle déterminant dans cette paralysie.

 

Quant à la France, elle a sans doute, depuis de Gaulle, prêté trop peu d’attention à la nature des régimes qu’elle soutenait en Afrique. François Mitterrand a voulu rompre avec cette indifférence, lorsqu’il a prononcé son discours de La Baule. Mais, dans une situation de crise intense et de guerre, les nouvelles institutions démocratiques rwandaises ont vite été paralysées par les rivalités ethniques et politiques. La diplomatie française a alors été accaparée par les nécessités de la médiation entre les forces politiques rwandaises et le président Habyarimana. Le soutien français aux forces gouvernementales rwandaises a peut-être été trop marqué lorsqu’il s’est agi de contrer l’offensive du FPR de février-mars 1993. Mais il était alors indispensable de contraindre le FPR à la négociation. Quand le génocide s’est déclenché, la France a été le premier pays à l’avoir explicitement dénoncé comme tel, le 15 mai 1994. Elle s’est également battue, mais sans succès, pour le renforcement du mandat et des effectifs de la MINUAR. Néanmoins, elle a trop longtemps misé sur le cessez-le-feu et a, dans ce but, maintenu (comme les États-Unis) des contacts avec tous les protagonistes, y compris les responsables du génocide, jusqu’en mai. Mais, dans une situation où les forces internationales avaient été retirées, il n’existait plus d’autre espoir d’interrompre les massacres.

 

2) Comment expliquez-vous que certains milieux médiatiques et politiques persistent à accuser la France d'avoir été le bras armé des génocidaires?

 

Les accusations contre la politique française au Rwanda ont parfois été d’une très grande violence. Elles ont confiné à l’absurdité, par exemple lorsqu’il a été soutenu que la France aurait lancé l’opération Turquoise pour sauver les responsables du génocide : ces individus n’avaient nullement besoin de l’aide de la France pour quitter le Rwanda et si elles avaient voulu les aider, les autorités françaises n’auraient certainement pas attendu, comme elles l’ont fait, l’accord du Conseil de sécurité.

 

Certaines accusations sont formulées de bonne foi par des personnes sincèrement bouleversées, qui ne comprennent pas que la France, qui s’était fortement impliquée dans la gestion de la crise rwandaise, ne soit pas tout simplement intervenue militairement pour mettre fin au génocide par la force. Elles sous-estiment les contraintes de la politique internationale et les conséquences du refus catégorique par le FPR de toute intervention française qui l’aurait conduit de fait à limiter ses ambitions de contrôle politique total du Rwanda.

 

D’autres accusations sont calculées et ont pour but de discréditer tout engagement français en Afrique. Elles se sont atténuées dans la période récente en raison, notamment, de l’aggravation des difficultés sécuritaires du continent africain et des responsabilités qu’a assumées la France au Mali ou en Centre Afrique, avec l’approbation de la communauté internationale. Elles sont également devenues moins vives avec la prise de distance des États-Unis à l’égard du régime de Paul Kagamé. Le Rwanda est en effet responsable de graves ingérences dans l’est du Congo. Il appuie en particulier un mouvement rebelle, le Mouvement du 23 mars (M 23), responsable notamment du recrutement à grande échelle d’enfants soldats. Cette ingérence et ces méthodes ont été condamnées par les États-Unis et de nombreux pays européens (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas), qui ont suspendu leur aide au Rwanda.

 

À l’origine, les mises en accusation calculées de la France émanaient de personnalités politiques tutsies, africaines anglophones, anglaises, américaines et belges. Elles ont été reprises sans examen critique par une partie de la presse française. Elles ont connu leur plus grande intensité en avril 2004 lorsque le juge Bruguière a voulu explorer la piste, pourtant envisageable, d’une implication du FPR dans l’attentat contre l’avion du président Habyarimana. Kigali a alors publié des rapports très violents où il était par exemple soutenu que les médecins militaires français de Turquoise s’étaient livrés à des refus de soins et à des amputations abusives à l’encontre de Tutsis.

 

3) Votre vision de la tragédie s'est-elle modifiée depuis les travaux de la Mission parlementaire que vous présidiez?

 

Pour l’essentiel, les travaux de la mission parlementaire d’information que j’ai présidée me semblent donner une image fidèle des circonstances de la tragédie rwandaise et de la politique française au Rwanda entre 1990 et 1994. Des précisions ont été depuis apportées par des rapports comme celui de l’ONU et des travaux de chercheurs. Mais je n’y ai pas trouvé d’éléments remettant profondément en cause les conclusions de la mission d’information. Il existe toujours des zones d’ombre concernant en particulier les auteurs de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana. De même, on ne sait pas encore quel était le degré exact de préparation et d’organisation du génocide. Les travaux du Tribunal pénal international d’Arusha ne permettent pas de se prononcer définitivement sur ce point. En raison de son ampleur, de la multiplicité des facteurs qui l’ont provoquée, de ses implications, la tragédie rwandaise reste une question brûlante pour les chercheurs, pour le public et pour les responsables politiques.

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 18:26

      Dans une soirée électorale plus que morose au plan national, il peut arriver qu'un modeste évènement améliore un peu l'ambiance.


      C'est ce que j'ai ressenti hier soir à Cordes, lors de la proclamation des résultats des élections municipales.

 

      En effet, l'ensemble des 15 membres de la liste que je conduisais ont été élus dès le 1er tour, malgré la présence de deux autres listes.

 

**********

 

      Voici la lettre de remerciement destinée aux habitants de ma commune:

 

     Dimanche, dès le premier tour des élections municipales, vous avez accordé votre confiance à l’ensemble de la liste « Cordes, Hier, Aujourd’hui, Demain » et nous vous en remercions.

 

     Nous nous félicitons que l’abstention à Cordes ait été deux fois moins importante que dans le reste de la France, preuve de votre civisme et de votre attachement aux élus de proximité.

 

     Le débat démocratique a été riche et passionné. Lors de nos rencontres, nous vous avons dit notre volonté d’être efficaces dans l’application du programme que nous vous avons proposé. Vous nous avez fait part de vos souhaits, notamment pour ce qui concerne l’amélioration de la vie quotidienne et le développement de l’activité économique par le tourisme, tout en maintenant la pression fiscale à un niveau modéré. Nous avons également entendu des propositions émanant des autres listes, qui pourront enrichir la réflexion du nouveau conseil municipal.

 

     Dans cette période difficile, nous continuerons à être à votre écoute à travers les commissions mixtes qui seront mises en place.

 

     Forts de votre soutien, nous abordons avec confiance l’avenir de notre cité, qui fêtera dans quelques années le 800ème anniversaire de sa création.

 

Paul Quilès et les membres de la liste

« Cordes, Hier, Aujourd’hui, Demain »

Remerciements
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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 17:34
Mieux vaut en rire!
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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 14:49

      Le Sommet sur la sécurité nucléaire qui se déroulera à La Haye les 24 et 25 Mars 2014 est un évènement important. Il doit permettre aux dirigeants politiques de préciser comment il est possible de prévenir le terrorisme nucléaire, qui représente un danger terrible pour l’humanité.

 

      Dans la perspective de ce sommet, j’ai signé, avec 4 personnalités britanniques et françaises*, un appel demandant que soient définies des règles de sécurité pour les 85% des stocks mondiaux de matières nucléaires qui sont insuffisamment sécurisés !

 

      Ce texte est publié dans le cadre des initiatives du réseau ELN (European Leadership Network), qui comprend de nombreuses personnalités européennes.

 

* Malcolm Rifkind et Des Browne, anciens ministres britanniques de la défense ; Hervé Morin, ancien ministre français de la défense ; Général Bernard Norlain, ancien chef de la force aérienne française de combat .

 

 

                                                                Les 85%

 

      Comme anciens ministres de la Défense ou hauts responsables militaires, chacun de nous a passé des nuits blanches à imaginer les horribles conséquences d'une attaque terroriste avec une arme nucléaire dans une de nos grandes villes. Une telle attaque entraînerait des centaines de milliers, voire des millions de victimes immédiates et une panique généralisée. Les dirigeants et les citoyens feraient alors face à des répercussions mondiales à long terme de nature économique et de sécurité.

 

      Il y a cependant une bonne nouvelle : nous savons comment éviter cela. L'étape la plus importante pour éviter l’acquisition d’une bombe nucléaire par les terroristes est de les empêcher d'obtenir les matières nucléaires essentielles pour la fabriquer. Ces matières - plutonium ou uranium hautement enrichi - sont difficiles à produire, nécessitent des investissements importants et de grandes infrastructures industrielles, qui sont à la portée des seules nations. Les terroristes devraient donc voler ces matériaux ou les acheter sur le marché noir.

 

      Mais il y a une mauvaise nouvelle : nous ne faisons pas assez pour prévenir le terrorisme nucléaire. Aujourd'hui, près de 2000 tonnes de plutonium et d'uranium hautement enrichi sont stockées dans des centaines d'installations à travers 25 pays et en grande partie mal sécurisées. Malgré ce risque, étonnamment, il n'existe pas de système international efficace pour indiquer quelles règles de sécurité doivent être mises en place à l’égard de ces matériaux.

 

      Dans d'autres domaines où les risques mondiaux sont partagés, il existe des normes internationales fortes, avec des systèmes de surveillance et de responsabilisation. Dans l'aviation civile par exemple, l'Etat peut décider ou non de laisser des compagnies aériennes atterrir sur ses aéroports, si elles respectent ces règlements. Pourtant, quand il s'agit des matériaux nucléaires les plus dangereux au monde - plutonium et uranium hautement enrichi- il n'existe pas de système de sécurité similaire. C’est un point faible qui nous met tous en danger.

 

      Plusieurs instruments importants fournissent des orientations aux Etats sur la sécurité des matières nucléaires, comme les procédures édictées par l'Agence internationale de l'énergie atomique et par la Convention sur la protection physique des matières nucléaires. Ces instruments sont cependant loin de constituer un système complet. Ils ne fixent pas de normes, ils ne définissent pas les moyens de rendre les États responsables de leur laxisme sécuritaire et ils ne s'appliquent qu'à une fraction de tous les produits utilisés dans les armes nucléaires, les 15% utilisés pour des applications civiles et pacifiques. Pourquoi ? Parce que, sur les 2000 tonnes de matières de qualité dite militaire, 85 % sont classés comme militaires ou non civiles et ne sont pas soumises aux directives existantes.

 

      Le prochain Sommet sur la sécurité nucléaire à La Haye approche et il est temps de faire appel à nos dirigeants pour créer un système international qui nous protège contre l'impensable. Lors de ce sommet, qui se tiendra les 24 et 25 mars, il sera particulièrement important que les dirigeants des Etats dotés d'armes nucléaires s'engagent à prendre des mesures qui augmentent la confiance dans la sécurité de leurs matières nucléaires à des fins militaires ou autres usages non civils (les « 85% »). Personne n'aurait confiance dans le système de sécurité de l'aviation civile internationale, s’il ne s'appliquait qu'à 15% des avions qui volent. Pourquoi devrions-nous concevoir ou accepter un système de sécurité sur les matières nucléaires qui ne s'applique qu’à une petite fraction des matériaux qui pourraient être utilisés pour détruire une ville entière et faire des ravages dans le monde ?

 

      Certains pensent que les matières nucléaires militaires doivent être maintenues à un niveau de sécurité bien plus élevé que les matières civiles. Notre expérience du monde réel nous révèle le contraire, comme le montre le nombre record d'incidents récents. Si les États-Unis peuvent laisser un avion traverser leur territoire avec six armes nucléaires, si des officiers responsables du lancement de missiles nucléaires peuvent s'endormir sur leur lieu de travail en laissant ouvertes les portes d’accès aux installations de contrôle et si une religieuse de 85 ans peut couper avec succès quatre couches de clôtures barbelées et dégrader un bunker de stockage d'uranium hautement enrichi……alors il y a sûrement des raisons d’être inquiet. La récente enquête menée au Royaume-Uni, montrant le personnel de garde des ogives nucléaires en train de dormir sur le lieu de travail et ne terminant pas leurs patrouilles, souligne encore ces préoccupations.

 

     Certains responsables craignent que les mesures de renforcement de confiance ou toute autre forme d’édiction de normes et de rédaction d’inventaire viennent compromettre des secrets d'Etat. Nous leur disons : cela a déjà été fait. Il y a une longue histoire de coopération entre les Etats-Unis et la Russie sur la sécurisation et l'élimination des matières sensibles et des armes à travers le Programme de réduction de la menace par la coopération (Cooperative Threat Reduction Program), le nouveau traité START et l'accord américano-russe sur le plutonium, entre autres. Si les États-Unis et la Russie peuvent le faire, il est certain que tous les États dotés d'armes nucléaires peuvent accepter de prendre de telles mesures de confiance.

 

      À l'heure actuelle, il n'existe pas de normes communes pour la sécurité de ces matériaux nucléaires, aucune action pour renforcer la confiance et rassurer les autres Etats sur nos pratiques, et aucun moyen de tenir les États responsables de ces matériaux. Nous n'avons aucun moyen de savoir si ces matériaux classés comme militaires sont effectivement en complète sécurité contre des terroristes. Le sommet de La Haye offre aux dirigeants une occasion importante de renforcer et de combler cette dangereuse lacune. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France doivent donner l'exemple et s'engager à renforcer la sécurité autour des matériaux militaires, d'une manière qui donne confiance aux autres nations, alors même que nous travaillons à rassembler tous les Etats nucléaires militaires dans ce même processus.

 

      Nous ne pouvons plus tolérer que la question de la sécurité nucléaire, compte tenu des énormes enjeux mondiaux qu’elle implique, soit traitée dans une approche « du cavalier seul ».

 

Paul Quilès, Malcolm Rifkind, Des Browne, Bernard Norlain, Hervé Morin

______________________________________________________________

 

Lire la version originale du texte sur le site d'ELN (ci-dessous)

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 08:02

Editorial du document

 

remis aux électrices et électeurs de Cordes,

 

qui présente le programme de la liste

 

"Cordes, hier, aujourd'hui, demain"

 

*****

      A l’occasion des élections du 23 mars prochain, je vous présente une équipe renouvelée, composée à parité d’hommes et de femmes représentatifs de la diversité de Cordes et disposant d’expériences variées et complémentaires.

 

     Compétents et disponibles, ils aiment Cordes et ils sont prêts à consacrer une bonne part de leur énergie à la gestion de notre commune. C’est un engagement qui exige un savoir-faire dans plusieurs domaines :

     - la protection de notre patrimoine exceptionnel ;

     - le développement du tourisme dans un des plus remarquables "grands sites de Midi- Pyrénées" ;

     - l’amélioration de notre vie quotidienne.

 

      Si vous nous accordez votre confiance, j’accompagnerai l’équipe de "Cordes, hier, aujourd’hui, demain" dans l’accomplissement de ces tâches lourdes, mais passionnantes.

 

      Elle aura notamment à mettre en oeuvre les nombreux projets que nous présentons dans ce document (voir ci-dessous). Il faudra, comme nous l’avons fait jusqu’ici, dégager les financements nécessaires, avec le soutien de nos partenaires, tout en maintenant la fiscalité locale à un niveau modéré.

 

     Nous conduirons ces tâches avec vous, en restant à votre écoute, en particulier grâce à sept « commissions mixtes » associant élus et non-élus (voir dans ce document le paragraphe “Une concertation permanente”) et avec la volonté d’être efficaces.

 

     Agir au service de l’intérêt collectif, préparer l’avenir, assurer la relève : tels sont nos objectifs. Nous espérons vous les faire partager.

 

     Bien cordialement

                                                    Paul Quilès

Une équipe unie pour Cordes
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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 13:05

     En prévision des prochaines élections municipales, j'ai transmis une petite brochure aux électrices et aux électeurs de Cordes.
 

     Vous pourrez la consulter en cliquant sur ce lien.

 

****

Présentation:

 

      Madame, Monsieur,

 

     Vous avez accordé votre confiance, le 9 mars 2008, à la liste que je conduisais, nous mandatant pour gérer la commune de Cordes.

 

      Avant que vous ne vous prononciez pour élire une nouvelle équipe municipale,* il m’a semblé normal de vous donner un court bilan de notre action au cours de ce mandat.

 

      Nous avons pris devant vous un certain nombre d’engagements. Pour la plupart, les projets envisagés ont été menés à bien. Il nous a fallu en réaliser d’autres, que nous n’avions pas imaginés et que l’urgence nous a conduits à prendre en compte.

 

      Que ce soit dans le domaine de la voirie, de la protection du patrimoine, des services publics ou de l’animation culturelle et touristique, nous avons mis en oeuvre de nombreuses décisions pour améliorer la vie quotidienne et faire en sorte qu’il soit agréable de vivre à Cordes.

 

       Tout au long de ce mandat, nous avons travaillé avec le souci constant de gérer notre Cité avec rigueur, en nous préoccupant de l’avenir et en allant chercher des subventions auprès de nos partenaires institutionnels pour préserver le bon état des finances de la Commune.

 

      Bien cordialement.

 

                                                            Paul Quilès

 

* Je vous présenterai prochainement la liste que je conduirai et qui portera le nom “Cordes, Hier, Aujourd’hui, Demain”, ainsi que le programme qu’elle s’engagera à mettre en oeuvre.

Bilan de l’action au service de Cordes
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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 22:27

        Les évènements qui se déroulent en ce moment en Ukraine et les tensions internationales qui en découlent font resurgir des souvenirs pas si lointains. On ne peut s’empêcher de penser à la "normalisation" de la Tchécoslovaquie en 1968 ou à l’écrasement de l’insurrection hongroise en 1956. On se souvient aussi des tensions extrêmes entre l’Est et l’Ouest à l’époque de la Guerre froide, lors de l’affaire de Suez (1956) ou, plus grave encore, au moment de la crise des missiles de Cuba (1962), où, pendant 13 jours, le monde a été au bord de la guerre nucléaire.

 

       Et pourtant, ces souvenirs ne sont pas pertinents pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Le Guerre froide est finie. Les rapports de force dans le monde ont changé. La Russie n’est pas l’URSS, malgré les tendances autoritaires de V. Poutine et son comportement, probable héritage de sa formation initiale dans les services du KGB.

 

      Pour comprendre l’attitude du Président russe, il faut cependant aller au-delà de cette considération de nature psychologique et bien voir qu’il a l’obsession de maintenir, voire de rehausser le statut de son pays, même s’il sait que la Russie ne retrouvera pas une position internationale comparable à celle de l’URSS. Il souhaite néanmoins apparaître aux yeux des Russes comme un chef inflexible, déterminé à résister aux Occidentaux et à obtenir d’eux une reconnaissance de son droit de regard sur les anciens territoires soviétiques.

 

       Voilà pourquoi V. Poutine a vécu ce qui s’est passé à Kiev comme un échec personnel, d’autant plus cinglant qu’il s’accompagne d’une crainte : celle de voir la "contagion démocratique" atteindre la Russie après l’instauration en Ukraine d’un Etat de droit, débarrassé de la corruption et de la véritable "kleptocratie" qui y régnaient, ce dont la Russie n’est pas exempte. Les gesticulations russes peuvent paraître incompréhensibles si on ne les replace pas dans ce contexte.

 

    Pour sortir de la crise, il faudra beaucoup de sang froid aux dirigeants et aux diplomates, car la situation est tendue et elle peut dégénérer à la suite d’un accident ou d’une provocation d’extrémistes. C’est pourquoi il est important que le contact soit maintenu entre les protagonistes. Les longues conversations entre responsables des grands pays ont certainement pour objet de définir les concessions à faire de part et d’autre pour éviter l’escalade et permettre à chacun de « sauver la face ».

 

      Loin des gesticulations et des bruits de bottes, il faut aller vers une négociation internationale, qui mettra toutes les parties concernées autour de la table et qui abordera l’ensemble des questions (politiques, économiques, culturelles….) posées par cette crise. Il faudra notamment donner aux Ukrainiens, mais aussi aux Russes, les garanties sans lesquelles il ne pourra y avoir d’équilibre durable. Les élections qui se dérouleront fin mai seront importantes, puisqu’elles détermineront un gouvernement légitime ; elles doivent donc se tenir sous le contrôle d’observateurs internationaux. Cette négociation globale est la seule voie pour éviter les risques que pourrait faire courir à la paix une évolution incontrôlée de la situation.

Ukraine: au delà des gesticulations et des bruits de bottes
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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 16:41

Débat organisé par la chaîne de télévision LCP:

 

"Journalistes de guerre: kamikazes ou héros?"

 

Invités:

 

    -Paul Quilès, ancien ministre de la Défense et ancien président de la Mission d’information sur le Rwanda.

    -Pascal Manoukian, grand reporter, directeur éditorial de l’agence CAPA, auteur de « Le Diable au creux de la main ».

    -Hervé Ghesquière, journaliste et ancien otage, auteur de « 547 jours ».

Journalistes de guerre
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Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez